Yegg n°73 octobre 2018
Yegg n°73 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°73 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 30

  • Taille du fichier PDF : 17,0 Mo

  • Dans ce numéro : se reconnecter à la nature.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 septembre. Calqué sur l’agriculture productiviste intensive, le réalisateur explique dans une interview à l’Obs les conséquences de ce modèle  : « Dans les forêts où on ne trouve qu’un seul type d’arbre, il n’y a pas ou peu de biodiversité. Mon film s’ouvre sur une scène tournée dans une forêt du Limousin. On y voit des rangées d’arbres uniformes. Il règne dans cette forêt un profond silence, il n’y a aucun bruit d’oiseaux. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils n’ont pas de quoi se nourrir ou construire leur nid. Ces plantations en monoculture sont des plus en plus privilégiées alors qu’elles appauvrissent considérablement les sols et la biodiversité. » Les forêts sont pourtant nourricières et peuvent servir d’inspiration pour le développement de « synergies entre les différents règnes minéral, fongique, végétal, animal et humain », comme l’indique le centre de recherches en permaculture, la Forêt Nourricière, association créée en 2011 autour des recherches de Franck Nathié et qui accompagne des projets d’éco-villages ou d’installations permacoles professionnelles ou familiales vers leur autonomie alimentaire, énergétique et organisationnelle. Ce sont aussi des impacts conséquents sur la santé. À cause des perturbateurs endocriniens et autres saletés composant les produits nocifs et toxiques répandus très largement dans la nature, les sols, les eaux et l’air. On les ingère à travers l’alimentation, on les respire au quo- Octobre 2018/yeggmag.fr/18 focus tidien, on se les étale sur la peau, on tapisse les fesses des bébés avec et on les introduit dans les vagins des femmes… Quoi de mieux pour le développement des maladies telles que Parkinson, dont le lien avec les pesticides a été reconnu – le 7 mai dernier, un décret est entré en vigueur reconnaissant cette maladie neurodégénérative comme maladie professionnelle pour les agriculteurs – ou autres pathologies bien lourdes, comme le diabète ou l’endométriose (dont la causalité environnementale n’est toujours pas reconnue officiellement mais fortement suspectée) ? On avance, lentement, vers la prise de conscience, tout en continuant d’agir comme si de rien n’était. On se goinfre de toutes les richesses que peut nous offrir la planète, sans jamais se soucier de son avenir. Par confort. C’est ce que montre le (très chouette) court-métrage animé Thermostat 6, diffusé par le média Usbek et Rica et réalisé pour leur projet de fin d’études à l’école des Gobelins par Maya Av-ron, Marion Coudert, Mylène Cominotti et Sixtine Dano. SAUVER NOTRE PATRIMOINE VÉGÉTAL L’appel des 100 dépasse désormais le cadre formel d’une pétition. Il devient une mobilisation citoyenne dans toute la France. Chaque mois, un rassemblement sera organisé pour défendre nos droits d’évoluer sur une planète sans pesticides, à compter du 5 octobre (puis le 2 novembre, le 7 décembre et le 4 janvier). CÉLIAN RAMIS
À Rennes, le rendez-vous est donné – pour chaque date – place de la Mairie, dès 18h. Pour affirmer à l’unisson que nous voulons des coquelicots, du cœur de la ville jusqu’aux champs les plus isolés. focus « Les coquelicots sont des bio-indicateurs. Quand on ne les voit plus, ça veut dire qu’ils sont impactés. Faut se poser des questions… » Dimanche 16 septembre, une quinzaine de personne est réunie, à l’occasion de la Fête des possibles, dans la pépinière spécialisée dans la production de plantes sauvages locales de Floridée’o, située à Bruz. Thao Ngo, éco-conceptrice, en est la fondatrice. À 52 ans, son « trip », sa motivation « pour se lever et savoir pourquoi on se lève », c’est de « partir à la sauvegarde de l’environnement, parce qu’il y a une disparition énorme de la flore locale. » L’idée  : « lister les espèces menacées et partir à la recherche de la graine pour relancer la production. Si on ne les sauve pas, toutes les fleurs du massif armoricain vont disparaître. Il y a malheureusement dans l’imaginaire collectif une connotation péjorative quand on pense aux plantes sauvages. On pense à « sales ». Mais tout a un rôle. » Sur son terrain, elle met en culture une grande diversité de végétaux, disponibles ensuite sous forme de plants et de semences. Tous les prélèvements de semences sont réalisés par l’équipe afin de garantir l’origine locale des plantes. « On étudie les différents éco-systèmes, les biotopes, comment recréer les milieux des plantes sauvages. Ça devient très très demandé. Au début de notre projet, personne ne voulait y croire. Mais on oublie que ces plantes ont toujours été présentes. Mais l’évolution, l’urbanisme,… font qu’elles disparaissent. On peut tous et toutes en mettre 2 ou 3 dans nos jardins pour sauvegarder l’environnement. », présente Thao. Une partie de son activité consiste également à étudier et rechercher les plantes locales phytoépuratrices et phyto-rémédiation que Floridée’o cultive dans des bassins extérieurs.  : « Selon les problèmes, on fait des études pour trouver les plantes adaptées. Ça peut être des cours d’eau contaminés à cause des nitrates des agri- PRENDRE SOIN LikS`LLLN C’est l’histoire d’une femme de 56 ans qui rêve depuis ses 20 ans de planter des arbres. Elle achète fait et puis vient qui veut ! C’est modeste mais ça des rencontres. Plein de rêves se conjuguent. On alors un terrain d’un hectare situé sur le Chemin participe à une même dynamique », s’enthousiasme du petit Haut Bois, à la fin du chemin de l’Enfer, à Agnès Gervaisot. Cette dynamique, c’est celle de Saint-Jacques-de-la-Lande et co-fonde l’association du partage, de la transmission, de la trace de notre La clé du champ destinée à cultiver cette parcelle passage. Avec le Care, l’idée est de prendre soin baptisée Care (Champ à rêves étoilés)  : « J’ai cherché un jeune que ça intéressait, j’ai trouvé Romain, bienveillance. Et de lancer des initiatives, comme de l’environnement et de soi, dans le respect et la éco-concepteur, qui a dessiné le lieu en coordination avec l’association et qui a réuni nos rêves  : en pour ensuite nourrir le rêve d’une ville vivrière. « Les les prairies fleuries à Saint-Jacques-de-la-Lande faire un tiers lieu avec une production vivrière avec gestes gratuits, on en a besoin dans notre société. des arbres fruitiers et des arbres utilisés en strates C’est parti de mon rêve mais je ne suis pas toute comme dans la Forêt Nourricière, des légumes, des seule. Il y a les gens qui participent au projet, les plantes médicinales, des plantes sauvages… On volontaires, les passant-e-s, les inconnu-e-s qui peut aussi y pratiquer des ateliers de s’arrêtent. Ensemble, on apprend, on échange, on yoga, de méditation, on aimerait également créer un bar à tisanes… tant la relation à la terre, c’est très intime. Les gens confronte les idées. Je trouve que c’est très impor- Le projet se construit au fil se racontent à travers la terre. », conclut Agnès. N ors 111,45 '



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