Yegg n°43 janvier 2016
Yegg n°43 janvier 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de janvier 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 13,5 Mo

  • Dans ce numéro : la beauté des corps.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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focus néo-burlesque est un métier qui demande du travail, le sens du rythme et une certaine créativité artistique. « Ne devient pas performeuse qui veut malgré ce que l’on pourrait penser ! Des femmes ne savent pas se mouvoir sur scène. C’est un métier, pas un délire. Quand je donne des cours, pour des enterrements de vie de jeune fille par exemple, elles réalisent à quel point c’est un art de s’effeuiller et que ce n’est pas si facile que ça », précise Maud’Amour. Il faut pratiquer plusieurs années avant de pouvoir s’estimer professionnelle. ÉTUDIER SA FÉMINITÉ Lada Redstard évoque un point essentiel  : la féminité doit être étudiée car elle ne peut pas être naturelle. L’occasion de s’interroger (à nouveau) L’accomplissement personnel et professionnel Comédienne et chanteuse au sein de la compagnie rennaise Ecoute Le Paradis, Moona Gay a toujours été attirée par l’univers des cabarets qu’elle découvre avec Lys Gauty, Arletty ou encore Marie Dubas. Pour sa prochaine création, « Moonamoor fait son cabaret », elle s’est formée à l’art de l’effeuillage burlesque pour donner de la profondeur à trois personnages féminins sur le point de mourir, en jouant « avec l’ombre et la lumière, le sale et le clinquant, en marchant sur un fil entre réalisme et poésie ». YEGG  : Quelles écoles avez-vous fréquenté ? les approprier et à s’amuser avec, pour donner vie à des Moona Gay  : J’ai fait quelques stages à la Coquinerie personnages. J’ai appris à découvrir et développer ma School de Sugar Da Moore, à la Néo Retro School de propre sensualité. Et tout ça dans une très belle bienveillance collective et un second degré qui permettait Lady Flo et c’est à l’École des filles de joie de Juliette Directrice Dragon des que Ressources je suis allée Humaines le plus régulièrement du groupe pendant des hommes, d’avancer c’est rigoureusement un autre problème tout en ! », s’amusant. affirmet-elle. mois, Une ressortie bonne plusieurs partie du fois travail bouleversée est donc par à la faire richesse de ce Je suis Technicolor deux ans pour (depuis la France, 2009, à la raison Belgique, d’une l’Allemagne le et samedi la Suisse, des cours nommée à la journée en juin étaient dernier organisés auprès à que des je femmes, recevais humainement car il en va et de par l’équilibre ce que je découvrais fois par à la tête la du Bellevilloise). Centre de Sugar Recherche Da Moore de est groupe la maitresse à des de entreprises sur moi même. où il est primordial d’avoir si ce Rennes, la Aude sensualité, Goulon, du détail ingénieure et de la diplômée précision. Grâce de à n’est son la parité, du moins une vraie mixité. « J’ai l’Ecole enseignement, des Mines de j’ai Nancy, pu acquérir s’est un étonnée lexique très de précis pu de noter Qu’est-ce que dans qui les vous milieux plait dans très le masculins new burlesque il ? voir si peu techniques de femmes d’effeuillage. dans A la la communauté Néo Retro school, de c’est y a littéralement un Pour saut autant, dans le passé. la nouvelle La démarche direc- de hommes Lady pousse se comportent vraiment les différemment femmes à s’assumer quand telles il y qu’elles souvent J’aime démonstration beaucoup ce de second testostérone. degré et le Les fait que ça Rennes-Atalante. trice ne Flo voit est pas celle là d’une une question historienne, de c’est machisme vraiment ou très intéressant. Et L’école car il des est filles compliqué de joie est de la recruter formation qui ils se sont pondre plus modérés, à des diktats. c’est Les bien codes », confie du burlesque Aude ne sont a des femmes, sont en faisant il y a ressortir un certain leur contrôle vraie personnalité de soi, sans ré- de ségrégation, des femmes rapprochait ingénieures, le plus de ce le que vivier je recherchai, n’étant logiquement des pas outils très pour important. donner vie Sa à des problématique personnages haut-en- pas de recette je me sers. miracle, Mon but elle n’est pense pas que de créer des efforts un numéro d’ef- j’y ai trouvé Goulon. pas Si elle une cherche fin en soi des dans solutions mon travail, et mais ne voit un outil dont est donc couleur. plutôt Et de surtout, savoir il y comment a un vrai fond féminiser dans tout les ça, Juliette sont à faire feuillage à tous mais les de niveaux donner de de la la société densité  : dans physique à un entreprises Dragon comme est une la femme sienne. très « engagée, Je crois qui qu’il redonne y les par familles, personnage. à l’école, C’est dans du théâtre, les entreprises, mais profondément et dirigée peut vers passer « l’éternel par féminin » la discrimination comme l’appelle posi- Juliette Dra- a d’abord ses valeurs le fameux un nouveau « plafond sens de au mot verre « féminisme ». »  : les En que ce cela femmes sens ne ça se se sentent rapprochait pas vraiment capables, de mon elles travail ont au tive. sein « Afin gon. d’augmenter Pour le spectacle le nombre « Moonamoor des femmes fait son cabaret », peur. Il de faut notre comprendre compagnie les Ecoute raisons Le de Paradis. ce blocage dans les j’interpréterai entreprises, trois à compétences personnages, et égales, grâce à oui ce travail, il et tenter de le déverrouiller via des formations, je fais de s’agira la discrimination moins de créer positive. une chorégraphie Un fois que que de faire des workshop Qu’apprend-on d’accompagnement. en premier dans Ensuite, ces cours j’ai ? l’on sera une dans direction un cercle d’acteur vertueux, axée sur où la composition l’équilibre physique pu constater Des techniques que parfois d’effeuillage les femmes bien qui sûr ont mais des pas que. sera A trouvé, des personnages. alors on pourra s’en passer, pas pour postes l’école à responsabilités des filles de joie, se comportent je prenais des comme cours de l’instant barre », note Aude Goulon. au sol, de danse et je participais à des coachings collectifs sur la respiration, les émotions, les expressions de C’est celui définit par Juliette Dragon, « L’éternel fémi- Qu’est-ce que « l’éternel féminin » ? visage, la présence en scène et l’animalité. On explorait nin c’est prendre conscience qu’être une femme c’est un les codes de la séduction féminine, on apprenait à se pouvoir extraordinaire. « 
CÉLIAN RAMIS sur la nature féminine, si toutefois elle existe, sur les diktats de la mode et les conséquences des normes et pressions sociales. Le new burlesque permet de casser tous les dogmes de la beauté et de la féminité parfois décriée par les mouvements féministes. Se connaître, rire de ses défauts… « ça s’apprend ! Et ça permet de retrouver confiance en soi. Ce n’est pas utile que pour la scène mais aussi pour le quotidien. Rompre avec la routine, le métro, boulot, dodo ou avec l’image actuelle de Wonder Woman. » Cherry Lyly Darling n’a pas sa langue dans sa poche, et son franc parler n’est pas pour nous déplaire. Pour elle, il faut « arrêter de se regarder la cellulite ! Les femmes ont plein de choses à montrer, elles sont belles. Il faut être soi et arrêter de se regarder dans le regard des autres. Une femme qui est bien dans sa peau a souvent des formes ! Arrêtons avec les diktats de la minceur… » Un discours que ne contredira pas Louise de Ville qui voit dans le burlesque « l’exploration d’un érotisme fait par les femmes, pour un public à ¾ féminin, loin de la femme objet des magazines et des pubs. » C’est ainsi qu’elle définit alors ses personnages  : des exemples de jouissance et de puissance de femmes qui expriment leurs désirs. À 24 ans, Maud’Amour se dit clairement féministe et considère toutes les femmes féministes dès l’instant où elles défendent « la liberté, la libération, la création ». Pourtant, aucune ne prend la responsabilité de qualifier le néo-burlesque d’art féministe, laissant à chaque artiste la liberté d’interpréter et de militer comme elle/il l’entend. Pétillantes, sensuelles, engagées, charnelles, sensuelles, féminines, masculines, érotiques, poétiques, fanfaronnes, animales, frivoles ou autre, loin d’une question de définition et d’étiquette, le burlesque serait l’art de renouer avec son corps, l’accepter, l’assumer et le porter avec fierté, strass et paillettes. Glamour, élégance, ou pas. Janvier 2016/yeggmag.fr/21



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