Yegg n°43 janvier 2016
Yegg n°43 janvier 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de janvier 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 13,5 Mo

  • Dans ce numéro : la beauté des corps.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CÉLIAN RAMIS Wilkommen, Bienvenue, Welcome. Im Cabaret, au Cabaret, to Cabaret. 1931, Berlin, au Kit Kat Club, la fête bat son plein et Sally Bowles incarne la féminité, la frivolité, la légèreté, la liberté. Interprétée par Liza Minelli en 1972 dans le film de Bob Fosse, Cabaret, la jeune femme se montre ambitieuse, émancipée et affranchie du jugement social dans un contexte de tension et de radicalisation. Prémices du new burlesque ? À n’en pas douter. La discipline puisant dans les époques de la fin XIXe jusqu’aux années 50, dans les codes du cabaret, festif et humoristique, et voyageant dans les milieux underground de l’Allemagne, des Etats-Unis ou encore dans les salles mythiques du Paris de la Janvier 2016/yeggmag.fr/14 Belle époque aux années folles. Et même au-delà. À Rennes, pas de cabaret. Mais des espaces inattendus transformés pour recevoir des grands noms du burlesque. En 2011, puis en 2013, la scène du chapiteau du Grand Soufflet, alors installée sur la place du Parlement, accueille le spectacle « Portejarretelles et piano à bretelles », créé sous la direction artistique d’Etienne Grandjean. À la manière de Tournée, de Mathieu Amalric en 2010, qui met en scène les talents du Cabaret New Burlesque, une troupe d’artistes américain-e-s débarque en France, menée par le déluré Francky O’Right, meneur de revue mafieux et cocaïnomane. Louise de Ville, Miss Vibi, Miss Anne Thropy, Loolaloo des
Bois et Jasmine Vegas assurent le show. En 2013 toujours, quatre artistes internationales reconnues, Miss Anne Thropy, Lada Redstar, Loulou D’Vil et Lolly Wish, accompagnées de Charly Voodoo, foulent les planches du Ponant, à Pacé, pour le Breizh Burlesque festival – orchestré par Frédérique Doré, présidente de l’association Binic Burlesque festival – à l’occasion d’Octobre rose. Fin 2015, le 12 décembre précisément, c’est le 1988 Live Club de Rennes qui prend des airs de cabaret burlesque et lance un rendez-vous mensuel incontournable  : Les lapins voient rose. AMBIANCE FEUTRÉE ET CONVIVIALE Minuit largement passé, le public entre au compte goutte dans le club. Les spectateurs sont majoritairement des spectatrices, enthousiastes et curieuses. C’est Cherry Lyly Darling qui inaugure focus le show, dans une robe noire, soyeuse et voluptueuse. Comédienne et danseuse de formation, elle découvre le new burlesque il y a 7 ans, avec Juliette Dragon, fondatrice de l’école des Filles de Joie, à Paris, elle se documente, regarde des vidéos et apprend les techniques sur le tas, attirée par l’univers et l’imagerie des pin-up ainsi que par les arts du cabaret. Elle effectue ses chorégraphies avec finesse, grâce et humour – habillée en Mexicaine, rincée à la Tequila, elle prend le contrepied de la femme sage et élégante - le regard intense et l’œil brillant. À l’instar de celle qui lui succède sur la scène, Maud‘Amour, jeune artiste qui exerce son art depuis 3 ans. Vêtue de plumes flamboyantes, elle dévoile un corps pulpeux et une attitude de femme fatale. Toutes les deux pratiquent leur effeuillage sur des airs jazzy, où sensualité et érotisme sont de mise et sont accentués par les artifices lumi- Inspirée par l’art burlesque À 22 ans, Andréa Rose travaille auprès d’adultes handicapés. En parallèle, elle est modèle et commence à pratiquer l’effeuillage en vue de monter sur scène prochainement. Et pourquoi pas sur celle des Lapins voient rose, Directrice au 1988 des Live Ressources Club. Humaines du groupe des hommes, c’est un autre problème ! », affirmet-elle. Une bonne partie du travail est donc à faire Technicolor pour la France, la Belgique, l’Allemagne et la Suisse, nommée en juin dernier auprès des femmes, car il en va de l’équilibre YEGG  : Quel est votre rapport à l’art burlesque ? de mon imagination également. J’ai commencé par faire un shooting photo Burlesque, à la tête du Centre de Recherche de groupe à des entreprises où il est primordial d’avoir si ce j’ai ensuite décidé de me lancer seule. J’ai pris un cours Est-ce pour vous un art féministe ? Rennes, Aude Goulon, ingénieure diplômée de n’est la parité, du moins une vraie mixité. « J’ai d’effeuillage l’été dernier avec une professionnelle de J’ai envie de dire oui et non. Il y a plusieurs formes de l’Ecole des Mines de Nancy, s’est étonnée de pu noter que dans les milieux très masculins il Saint-Nazaire, la pétillante Coco Patchouli, pour qu’elle Burlesque. Si on parle d’effeuilleuses telles que Dita Von voir si peu de femmes dans la communauté de y a souvent démonstration de testostérone. Les corrige mes erreurs. En fait, cela fait plusieurs années Teese je dirais non, elle a une plastique parfaite, ses Rennes-Atalante. Pour autant, la nouvelle directrice ne voit pas là une question de machisme ou a des femmes, il y a un certain contrôle de soi, hommes se comportent différemment quand il y que je voulais me lancer, j’ai fait plusieurs années de shows sont glamour à souhait. Si on parle par exemple danse classique, j’aime beaucoup l’univers du glamour de Dirty Martini qui est plutôt Punk et qui veut montrer de ségrégation, car il est compliqué de recruter ils sont plus modérés, c’est bien », confie Aude et évidemment de l’effeuillage. que les femmes, rondes, petites, maigres, etc. peuvent des femmes ingénieures, le vivier n’étant logiquement pas très important. Sa problématique pas de recette miracle, elle pense que des efforts Goulon. Si elle cherche des solutions et ne voit aussi se montrer, faire des shows mêmes si elles ne correspondent pas aux critères des magazines, là oui pour Qu’est-ce qui vous a attiré vers le burlesque ? est donc plutôt de savoir comment féminiser les sont à faire à tous les niveaux de la société  : dans Le coté glamour, l’esthétique des costumes, la grâce des moi c’est féministe. entreprises comme la sienne. « Je crois qu’il y les familles, à l’école, dans les entreprises, et effeuilleuses. a d’abord le fameux « plafond de verre »  : les que cela peut passer par la discrimination positive. « Afin d’augmenter le nombre des femmes Une femme à la plastique « parfaite » ne peut pas être femmes ne se sentent pas capables, elles ont Vous avez déjà des performances prêtes ? féministe et véhiculer un message d’émancipation ? peur. Il faut comprendre les raisons de ce blocage dans les entreprises, à compétences égales, oui J’ai pour le moment un numéro quasiment prêt. Il faut Non pas du tout, tout est permis dans le Burlesque ! et tenter de le déverrouiller via des formations, je fais de la discrimination positive. Un fois que juste que je le peaufine, j ai envie de faire quelque chose Après ca dépend de chacune, certaines veulent défendre une cause comme le féminisme, c’est assez per- des workshop d’accompagnement. Ensuite, j’ai l’on sera dans un cercle vertueux, où l’équilibre qui me corresponde vraiment, je m’inspire de ce que je pu constater que parfois les femmes qui ont des sera trouvé, alors on pourra s’en passer, pas pour peux voir dans les films, les chanteuses/danseuses, des sonnel, mais pas toutes. Encore une fois ça dépend de postes à responsabilités se comportent comme l’instant », note Aude Goulon. photos que je peux voir sur le net et des idées qui sortent chacune mais tout est possible !



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