W-Fenec n°39 sep/oct 2019
W-Fenec n°39 sep/oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de sep/oct 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : www.w-fenec.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 15,6 Mo

  • Dans ce numéro : Ventura, l'interview.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MEDIOKRIST Traumwelt (TimeZone Records) Même registre metalcore, même goût pour le « o barré » ou ensemble vide, on peut rapprocher MedioKrist de Show Me Your Universe car les deux groupes sortent leur premier album. Sauf que ceux qui nous intéressent ici sont Allemands et ont fait le pari de s’exprimer dans la langue de Rammstein (on est plus nombreux à chantonner n’importe quoi sur « Deutschland » qu’à lire Goethe dans le texte !). Et ça ne pose pas de problème, alors oui, le yaourt a une sale tronche sur certaines parties où l’envie nous prend de les accompagner mais l’ensemble sonne et tient la comparaison avec les gros bras locaux que sont Caliban et Heaven Shall Burn (qui se sont eux aussi parfois laissés tenter par leur langue natale), ça va certainement cartonner en Allemagne mais ça peut donc plaire ici aussi car la came est bonne. Le cahier des charges est rempli avec ce qu’il faut d’attaques de gratte, de chant velu et doucereux, de petits samples, de rythmes bien bourrins et de passages plus délicats pour donner du relief à l’ensemble. Si tu n’es pas rassasié de metalcore, tu peux donc aller voir outre-Rhin et tu ne seras pas déçu, si tu veux juste y goûter un peu, commence par les französisch de Show Me Your Universe ! Oli POLAR MOON Rituals (The Orchard/Sony Music) Avec toutes les galettes estampillées électro-pop qu’on reçoit - quelques beats sur lesquels on pose un chant nauséeux (ou un rap mou) et quelques notes de claviers - on en vient à penser que c’est la norme  : électro pop = musique fade et minimaliste. Mais il ne faut jamais généraliser avec les étiquettes, car à l’écoute de Rituals du trio Poitevin Polar Moon, on révise totalement ce jugement arbitraire. Pourquoi ? Parce que la voix de Julie Trouvé, douce et chargée émotionnellement nous agrippe en quelques secondes pour 20 minutes de déambulations délicates. Parce que le compositeur et guitariste Guillaume Bernard a déjà démontré son talent et sa capacité de toucher à tous les styles dans ses autres formations (Klone mais aussi Cloud Cuckoo Land). Parce que l’autre compositeur et guitariste Julien Lepreux sait personnaliser chaque titre d’une coloration différente avec des fioritures légères et justes. Il en ressort 5 titres qui ont chacun leur propre atmosphère, mélancolique à enjoué, glacée à dansante. En conclusion, Les membres de Polar Moon ne font pas que de l’électro pop, ils font surtout de la belle musique. Eric CHARLES IN THE KITCHEN The fifth mechanism (Division Records) Voilà un groupe qui ne fait pas forcément les choses dans l’ordre, cet EP est leur premier et arrive après deux LPs et une collaboration (avec Them Stones), preuve supplémentaire qu’aujourd’hui, les sorties « physiques » ne sont que des prétextes à se faire plaisir, les Suisses éditent ce The fifth mechanism en K7 ! Les titres s’écoutent surtout numériquement et tout va si vite que se poser plus de 20 minutes pour écouter du rock, ça semble compliqué. Pourtant on passerait bien un peu plus de temps avec les Neuchâtelois qui donnent un coup de jeune au rock des sixties en le jouant plus vite, plus fort et avec plus de saturation. Derrière leur côté garage et les accords qui laissent traîner le son, les gaillards peaufinent les mélodies et calibrent les rythmes pour que ça fasse tilt tout de suite et qu’on batte la mesure en signe de soumission à leur talent. D’ailleurs, ils sont moins persuasifs quand ils veulent se faire plus mordants (« I wanna know ») , je les préfère quand ils font remonter leurs influences pop à la surface et qu’ils les maltraitent pour faire de ces deux morceaux deux excellents tubes de rock high energy. L’expérience « You never talk » plus ancrée dans l’esprit psyché seventies ne me convainc pas forcément (à cause du chant haut perché) mais n’entache pas la qualité générale de cette petite galette. Oli 53EN BREF
EN BREF 54 SPOTLIGHTS Love & decay (Ipecac Recordings) Deuxième opus pour le couple Quintero qui s’est adjoint l’expertise d’un batteur pour étoffer son rock enchanteur, évoluant dans un registre peu courant qu’on pourrait qualifier de post-shoegaze. C’est Mario qui a enregistré l’album à la maison et a pris le temps de soigner chaque sonorité, les plus claires comme les plus saturées et c’est un régal que de se laisser porter par cette basse qui ronronne férocement et de se faire malmener par des guitares brutes et sourdes flirtant avec le stoner-doom (celui de Mars Red Sky sur « Until the bleeding stops »). On s’en délecte d’autant plus que les voix des deux tourtereaux sont aussi douces l’une que l’autre (même si monsieur s’énerve parfois comme sur « Mountains are forever ») et que le subtil mélange de l’ensemble donne une saveur particulière à Spotlights qu’on aime sans réfléchir à savoir où les caser. Ils brisent les codes, ils assemblent les styles (pop, rock, métal, sludge, post, prog...), ils osent des mariages improbables et réussissent à nous faire vibrer avec des titres clairs/obscurs et des rythmiques excitantes (« The beauty of forgetting »). Pas étonnant que le label de Mike Patton (mais aussi Aaron isis Harris ou Chino Deftones Moreno) ait flashé sur eux. Oli LECHE MOI A6 (Atypeek music) Mais quelle sensation peut bien se cacher derrière l’invitation à cette activité linguale mystérieuse ? Sucrée, épicée, érotique, sexuelle ? Plutôt celle procurée lorsqu’on teste le voltage d’un pile 9V  : Ça surprend, ça picote, ça chatouille. Après un 1er EP en 2017 (Sortie 13), le duo parisien sort son 1er LP, en compagnie d’un paquet d’invités tout au long des 11 coups de langues, pardon des 11 titres. La musique est métallique, industrielle, mécanique, à la sauce dark ambient du siècle dernier. Lèche Moi y met en scène une atmosphère angoissante, froide et entêtante. Et les divers guests (dont plusieurs copains du label Bisou Records) qui viennent poser leur voix ou leurs instruments, n’apportent pas forcément de réconfort anthropique ou social tant leurs interprétations, sombres, provocatrices, ou charmeuses rajoutent une facette différente au prisme perturbant d’A6. En définitive, on est secoué, mais on y prend un plaisir certain. Après le space cake ‘mange moi’d’Alice au Pays des merveilles, voici la galette Lèche Moi, toute aussi surprenante pour une invitation à un voyage atypique. Eric NI Pantophobie (Dur et Doux) 4 ans après Les insurgés de Romilly et pris dans le projet gargantuesque PinioL avec les copains de PoiL, nos quatre turbulents de Ni ont sorti en mars dernier un nouvel LP répondant au nom de Pantophobie. Alors, vous allez me dire, mais qu’est-ce que la pantophobie ? Et bien, c’est la peur de tout. Selon le site Doctissimo (une grande référence...), la pantophobie est très souvent associée à « des attitudes mélancoliques qui enferment le sujet dans la remémoration continuelle du passé ». Vous savez le fameux « C’était mieux avant ! ». Pas sûr que ce soit le cas des gars de Ni qui essayent tant bien que mal de projeter l’image d’un groupe qui avance et évolue. Soyons honnêtes, Ni a déjà 10 ans et a su rapidement se trouver une patte artistique quelque part entre le métal et le math-rock. Difficile pour eux alors de déroger à cette règle. Enregistré par Hervé Faivre (Igorrr) à l’Improve Tone studio, ce dernier méfait parait plus massif et métal que les autres (« Leucosélophobie » et « Stasophobie » ne sont pas loin d’un Meshuggah), bien aidé par ses hurlements/cris disséminés ci et là. Toujours aussi talentueux et techniques, les Ni sont d’une certaine manière les Magma des années 2010  : écriture rigoureuse, de longues partitions épineuses, un univers totalement étrange et mystérieux et un langage musical rare. Ted



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