W-Fenec n°39 sep/oct 2019
W-Fenec n°39 sep/oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de sep/oct 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : www.w-fenec.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 15,6 Mo

  • Dans ce numéro : Ventura, l'interview.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 42 - 43  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
42 43
parcours musical. Donc j’ai commencé à fouiller dans mes bribes de morceaux que j’avais au fond de tiroirs et dont je savais qu’ils ne seraient jamais utilisés dans Los Disidentes Del Sucio Motel. Puis après avoir acheté une nouvelle guitare dont je suis tombé follement amoureux, j’ai commencé à écrire des morceaux dans mon coin. Et puis un soir, après avoir composé la base du titre qui allait devenir « Surreal estates », je n’arrivais pas à dormir car ces mélodies m’obsédaient. Je me disais « Ok cette chanson a un super potentiel, mais je ne me vois pas la chanter. Si seulement Julien Pras acceptait de le faire, ça serait génial, elle lui irait tellement bien ! ». Et puis après, je me suis dit « mais pourquoi demander seulement à Julien ? Je pourrai peut-être faire tout un album comme ça et inviter plein de chanteurs que j’aime à participer. Ça, ça serait vraiment un nouveau défi et un truc que personne n’a fait en France ! ». Donc c’est ce que j’ai fait. Je les ai contactés un par un et tous ont dit oui. Personne n’a donc refusé de prendre part au projet ? Tibal  : De tête, y’a uniquement le chanteur de Klone qui a refusé, par peur de ne pas avoir le temps de bien faire les choses avec l’album de Klone qui était en préparation à ce moment-là. Nico, y’avait quelqu’un d’autre ? Nico  : Pas vraiment non. J’aurai effectivement beaucoup aimé avoir Yann, mais je trouve ça très bien qu’il m’ait dit non tout de suite, plutôt que d’avoir freiné l’avancement du projet ou « bâcler » son travail, ce qui ne lui ressemble pas. Ensuite, j’aurai rêvé d’avoir Joe Duplantier, mais malheureusement pour lui aussi, son planning et ses obligations avec Gojira ne permettaient clairement pas une participation. J’avais peu d’espoir, je dois le reconnaître. Peut-être pour une prochaine fois ? D’autres viennent vers vous spontanément ? Tibal  : Il ne me semble pas, non. Mais après, le projet ne s’est fait que parce que les 10 mecs à qui on a demandé ont accepté. On a pas lancé d’appel à la participation. Pour Sapiens II, qui sait ? Nico  : J’ai eu 2/3 propositions en privé mais ma liste de chanteurs était déjà figée et pour une première expérience, j’avais vraiment envie de bosser avec les gens que je voulais, que j’avais choisi moi. Et 10 titres c’est bien, c’est un chiffre rond. J’ai eu beaucoup de chance que tous acceptent mon invitation dès le premier coup en fait. Je n’y croyais pas forcément lorsque le concept m’est apparu. En tout cas, j’ai déjà des idées d’autre chanteurs si un jour on a envie de remettre le couvert ! Mais ça sera la surprise. Il devait y avoir un titre avec Low Jones des Loading Data, qu’en est-il ? Tibal  : Lo nous a envoyé une maquette assez rapidement, et c’était juste hyper classe. Mais il a eu des impératifs assez graves qui l’ont malheureusement empêché d’aller au bout du truc. C’est un peu dommage, certes, mais on lui garde une place au chaud, si jamais on fait une suite à Sapiens. Nico  : Oui, je ne te cache pas que pour moi c’était une grande déception car Lo était l’un de mes tous premiers choix. Je le voulais absolument sur l’album. On s’est croisé plusieurs fois sur la route étant plus ou moins du même réseau musical assimilé « Stoner » et compagnie. J’adore ce mec, il a une voix démente et un charisme énorme et c’est un garçon adorable. La démo qu’il nous avait envoyée m’avait complètement bluffé et je voulais de tout cœur aller au bout. Mais la vie est ainsi faite et des fois on ne choisit pas ce qui peut arriver. Donc il a dû quitter le projet et nous ne lui en voulons pas une seconde. Désolé, tu n’auras pas de bullshit de commères sur ce coup ! (rires) Mais au final, son morceau est devenu celui de Math Dottel de Bukowski que j’apprécie beaucoup aussi et qui a lui aussi tout déchiré ! Il a été hyper efficace. En quelques jours, il avait écrit son texte, ses mélodies et s’était enregistré de façon parfaite. C’était un vrai bonheur de l’avoir avec nous. Au final, c’est son morceau que nous avons décidé de clipper tellement il est cool ! Comment se fait le choix du chanteur ? Vous composez en pensant à une voix ? Nico  : Le choix des chanteurs, c’est d’abord un choix affectif et artistique. J’ai choisi ces chanteurs car je suis avant tout un fan. Il n’y a aucune démarche opportuniste là-dedans. Je me suis juste fait un méga kiff en fait. J’écoute ces groupes depuis tellement d’années. J’adore la scène française. Je suis fan de Lofo depuis le collège. Psykup et Black BombA ont sorti des albums qui ont clairement façonné ma façon de composer, il y a 15 ans de ça. Quant à Mars Red Sky ou Hangman’s Chair, ils font partie de mes groupes préférés actuels tout style et toute nationalité confondue. Et ensuite, à côté du fan, il y a aussi l’ami. J’ai profité de cette opportunité pour inviter des gars peutêtre un peu moins « célèbres » que d’autres mais que j’aime tout simplement. Dany d’LDDSM, mon frère bien évidemment, mais aussi Stevede Robot Orchestra qui est un ami depuis l’adolescence ou bien Forest Pooky et Mat Peq qui sont des potes d’LDDSM depuis presque 10 ans. Ensuite, pour ce qui est de la composition, la difficulté de la tâche était d’arriver à les emmener hors de leur zone de confort mais pas non plus sur des terrains complètement hors sujet. Bien évidemment, je n’allais pas proposer un morceau tout joyeux à Cédric d’Hangman’s Chair. Pas non plus une ballade à Mat Peq, etc... Mais pourquoi pas un morceau aux sonorités trip hop pour 43 INTERVIEW
INTERVIEW 44 l’un et un blues à l’autre ? Tu vois ce que je veux dire. Après comme j’ai dit, j’écoute tous ces mecs depuis si longtemps que je connaissais d’avance leurs capacités et où je pouvais potentiellement les emmener. La question était de savoir si j’en étais capable et si eux allaient aimer ce que j’allais leur proposer. Tibal  : Moi j’étais plus du côté neutre. Les chanteurs de Sapiens sont des connaissances de Nico, j’en connaissais certains mais seulement très peu, du coup, j’avais tendance à faire confiance à l’instinct de Nico sur le « quel titre pour qui ? », et mon job était de rendre le morceau le plus ouvert possible, pour ne pas forcer la main des chanteurs. Je voulais vraiment que chaque chanteur se sente libre de faire tout ce qu’il voulait du morceau. Vous aviez des attentes en envoyant les bandes sons ou alors vous n’aviez pas pensé aux mots avant de les recevoir ? Tibal  : Moi, pas vraiment. Je me suis vraiment appliqué à garder l’esprit le plus ouvert possible. C’est pour ça que j’étais partisan de l’envoi d’une maquette aussi simple que possible, pour ensuite laisser le chanteur choisir la direction, et voir où ça nous menait. Nico  : Des attentes, ce n’est peut-être pas le bon mot, je parlerai plutôt de « visions ». Dans ma tête, lorsque je compose, j’imagine toujours des formes, des images, des couleurs. C’est très vague mais chaque chanson a son univers. Ici quand j’écrivais les compos pour tel ou tel chanteur, j’avais aussi cette image globale de ce que ça pourrait donner. Par exemple pour Reuno, je me doutais très fortement qu’il aborderait le morceau avec son timbre de voix grave très crooner et ça n’a pas loupé. Pour Julien Pras, je m’attendais à ces mélodies harmonisées sublimes dont il a le secret, accompagné de la fragilité magnifique de sa voix. Lorsqu’on recevait les prises de chaque chanteur, on avait l’impression de redécouvrir notre propre morceau et cette sensation était purement géniale. C’était des moments magiques. Pour ma part, j’avais à la fois ce sentiment de surprise délicieux mais aussi de satisfaction parce qu’ils avaient été pile là où je les attendais, mais en mieux ! Les textes et les thèmes abordés, c’était du secondaire ou alors vous vouliez aussi avoir une idée directrice ? Tibal  : Ni l’un, ni l’autre (rires). Simplement, on a estimé que comme ce n’était pas nous qui chantions, ce n’était pas à nous d’imposer quoi que ce soit aux chanteurs. Après si l’un d’entre eux nous avait demandé une direction ou un thème, on aurait tout fait pour lui donner une réponse. L’idée pour moi, c’était que l’album soit un terrain de jeu pour les chanteurs, et les autres zicos, et surtout qu’il reflète l’individualité de chacun. Et après, c’était notre boulot de garder une cohérence tout au long de l’album. Nico  : Personnellement, à la genèse du projet, j’avais pensé à leur « imposer » un sujet. Je me disais que ça permettrait d’avoir une certaine cohérence sur l’album, un fil conducteur. Et puis finalement après réflexion, on s’est dit que c’était une F.B.I., une Fausse Bonne Idée... Si le sujet n’avait pas spécialement parlé à chaque chanteur on aurait eu probablement des interprétations moins bonnes puisque moins inspirées et moins motivées. Là, chaque chanteur a eu une liberté totale pour les paroles et les mélodies du chant, et nombreux ont utilisé ce terrain d’expression pour aborder des sujets très personnels qu’ils n’auraient peut-être pas osé proposer à leur formation originale. Ça fait partie des grandes satisfactions personnelles de ce projet. Si Sapiens pouvait engager « son » chanteur, ce serait qui ? Tibal  : Un seul chanteur ? Franchement, je pense que celui qui a la plus grande amplitude vocale, c’est Forest, mais y’a des voix qui ont tellement de cachet, comme celle de Reuno, de Ju Cassarino, de Julien Pras, ou de Dany, c’est juste impossible que quelqu’un d’autre chante leur titre. Nico  : Ouais, je suis assez d’accord. Tout l’intérêt de cet album, c’est de montrer la pluralité de cette scène et la diversité immense de ses interprètes. Je pense que celui qui a la plus grande amplitude vocale, c’est peut-être Ju Cassarino mais si je devais en choisir un, je crois que je prendrai aussi Forest. Mais c’est une putain de question piège ça ! Tu veux qu’on se fâche avec eux ou quoi ? Non, mais il me semble compliqué de faire des concerts, ce serait peut-être envisageable avec un chanteur unique ? Tibal  : Je pense que la formule la plus réalisable, mais pas réaliste, serait plus un unique concert avec tous les chanteurs. Mais le cauchemar logistique que ce serait quoi ! (rires) Nico  : Tu trouves toi ? Moi j’aurai dit le contraire justement. Je pense qu’une petite série de concerts avec une config’réduite et 1 ou 2 chanteurs en plus de moi, ça serait déjà plus jouable. S’il y a des promoteurs ou des bookers qui lisent ces lignes et qui veulent nous programmer, ils n’ont qu’à me contacter et on réfléchira à la question. On parle beaucoup des voix mais les parties instrumentales sont très soignées avec de nombreux arrangements, ça ne vous dérange pas que la plupart se focalise sur les chanteurs ? Tibal  : Perso, ça me pose pas trop de problème. La voix, c’est le truc qui rassemble le plus les gens. Les guitaristes vont écouter les parties de guitares, les batteurs vont écouter les batteurs, mais



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 1W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 2-3W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 4-5W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 6-7W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 8-9W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 10-11W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 12-13W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 14-15W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 16-17W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 18-19W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 20-21W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 22-23W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 24-25W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 26-27W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 28-29W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 30-31W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 32-33W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 34-35W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 36-37W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 38-39W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 40-41W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 42-43W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 44-45W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 46-47W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 48-49W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 50-51W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 52-53W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 54-55W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 56-57W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 58-59W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 60-61W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 62-63W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 64-65W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 66-67W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 68-69W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 70-71W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 72-73W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 74-75W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 76-77W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 78-79W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 80-81W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 82-83W-Fenec numéro 39 sep/oct 2019 Page 84