W-Fenec n°37 mai/jun 2019
W-Fenec n°37 mai/jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de mai/jun 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : www.w-fenec.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 74

  • Taille du fichier PDF : 14,7 Mo

  • Dans ce numéro : membrane...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MOTHERS Render another ugly method (ANTI Records) Si vous n’avez jamais entendu parler de Mothers, c’est probablement parce que ce groupe américain originaire d’Athens en Georgie, formé en 2013 par la guitariste-chanteuse Kristine Leschper, n’a que deux petits albums à son actif. Après When you walk a long distance you are tired en février 2016, Kristine et ses trois garçons (Chris, Drew et Matthew) ont sorti Render another ugly method chez ANTI Records en septembre dernier. Produit par le magicien du son John Congleton (Explosions In The Sky, Baroness, Disappears, Alvvays), ce nouvel album démontre une certaine forme de dévotion à un post punk capricieux au sens large (l’excellent « Pink ») se mouvant tantôt en slowcore déstructuré (« Beauty routine ») , tantôt en morceaux indie-pop dérangé (« Circle once ») , ou encore se livrant à des velléités de minimalisme pour ne faire ressortir que la voix souffrante de Kristine (« Mother and wife »). Car c’est bien cette navrante amertume qui caractérise si bien ce disque dense, un trauma ressenti également dans l’architecture dérangée des morceaux dont la lenteur ténébreuse peut autant rebuter qu’être étincelante. Bluffant et touchant. Ted NERVENBEISSER Alles gut (Echozone) Quelques semaines avant le nouveau Rammstein, l’Allemagne nous envoie l’EP de Nervenbeisser, combo qui offre une forme de synthèse électro-gothmétal-indus entre les premiers cités et Oomph ! avec qui ils tournent. Un EP histoire d’avoir une petite actualité à un moment où on va donc pas mal parler de ce genre de musique. Moins EBM et plus martial (« Probleme ») , les 4 titres et 2 remix qui garnissent l’opus ne sont pas pour autant des compos écrites et enregistrées à la va-vite, les ambiances amenées par les samples (et les chœurs sur « Liebesschmerz ») , les mélodies (« Alles gut ») , les riffs, la rythmique (y compris quand elle ralentit comme sur « Märchenland ») sont très travaillées et on devrait retrouver ces morceaux sur un album davantage exposé. En bonus, Andy Haywire remixe « Verkehrte welt » (paru sur Zeitenwandel) en mode rave party ou soirée mousse belge (et je ne parle pas de la bière), l’intérêt est tout relatif, surtout comparé à la version alternative de « Alles gut » proposée par Das Ich (excusez du peu), le titre est moins dénaturé mais le côté sombre des pionniers de la vague électro indus teutonne donne une autre lecture laissant croire que tout ne va pas si bien... Oli LA POISON La poison (HYP/PIAS) Envie de gesticuler, de libérer vos bas instincts ? Je crois qu’on tient là un disque qui accompagnerait à la perfection vos émois. Il n’a pas de nom, ou plutôt il est éponyme, il s’agit du premier album des Parisiens de La Poison. Avec un premier EP de 4 titres au compteur sorti en 2017, le trio composé de Moon au chant, Daniel Jamet à la guitare (Mano Negra, Pause, Desert Rebel) et de David Ménard à la batterie, au clavier, à la guitare et aux chœurs (Maximum Kouette) s’apprête à renverser la scène électro-rock française. Après avoir laissé ces dernières années des traces (vertes) sur scène (La Fête de l’Humanité, Bar En Trans), La Poison formalise son savoir-faire sur un disque survitaminé alliant avec brio plusieurs genres tels que la new-wave 80’s (« Super hero ») , la pop acidulée (« The last train ») , les ritournelles funky (« Mrs Jane ») , la soul (« Shake it ») ou même le post-punk (« Wanted girl »). Vous l’aurez compris, ce disque ne manque pas d’atouts pour faire profiter tout le monde, sans pour autant amener une nouvelle pierre à l’édifice de la musique. Mais est-ce bien le plus important ? Ted 69EN BREF
IL Y A 10 ANS 70 IL Y A 10 ANS  : ISIS Wavering radiant (Conspiracy Records) Si on ne savait pas trop quoi attendre du groupe avec Wavering radiant, il est assez curieux de voir Isis prendre un virage rock « light » sur des passages aériens qui viennent rompre avec la tradition monolithique des précédents albums. Le groupe nous met devant le fait accompli, le Isis nouveau est foncièrement moins hardcore que ses prédécesseurs et laisse une (trop ?) large place aux divagations mélodiques de ses auteurs. Forcément, ça va déplaire. En clair, des titres comme « Ghost key » ou « Hall of the dead » se laissent aller à poser les bases d’un post-rock éthéré aux tentations psychédéliques là où on attendait un mur de son quasi infranchissable. En soit ce n’est qu’une question de goût donc il n’y a rien à redire. Par contre, le problème réside plus dans l’impression qui s’en dégage de voir un groupe en réglage(s), pas encore décidé à clairement affirmer ses intentions avec son disque. Pas complètement post-rock, encore moins post-hardcore, ce album tape tout pile entre les deux. Post-metal aux tendances hardcore dira-t-on pour faire plaisir à tout le monde (« Hand of the host »). On imagine déjà les puristes et les inconditionnels de la première heure complètement désarçonnés par une première écoute qui nous laisse, il faut bien l’admettre, régulièrement intrigué. Des hurlements contenus, une noirceur bien moins palpable qu’à l’ordinaire, une volonté délibérée d’illuminer sa musique, sans sacrifier à son épaisseur harmonique, Aaron Turner et sa bande doivent bien se marrer en imaginant la tête de celui qui était scotché par Celestial ou Panopticon et qui écoute de « Stone to wake a serpent », un titre somme toute très lisse, assez simple, qui surprend de la part d’un groupe ayant l’habitude d’empiler les couches instrumentales afin de donner cette consistance très magmatique qui a notamment fait sa réputation. Au lieu d’avoir des riffs plomb, une section rythmique pachydermique et des hurlements infernaux parsemés de quelques incursions plus aériennes, le groupe propose ici l’inverse, et, malgré un son assez âpre et synthétique sur lequel il essaime quelques cristaux hardcore, ne parvient pas toujours à être assez immersif pour réellement nous scotcher sur place. Le groupe y va au bluff mais ne parvient pas à rallier tout le monde à sa cause malgré quelques jolies réussites (le final notamment avec « 20 minutes/40 years » et le romantique « Threshold of transformation »). Wavering radiant semble être le fruit d’un très long processus de fabrication et c’est bien là le souci, l’effet pervers d’un disque sans doute un peu trop égocentrique. En clair, il est trop écrit, se retrouve dépourvu de la moindre spontanéité. Le groupe est continuellement dans le calcul et si la démonstration de maîtrise est toujours remarquable, il manque un supplément d’âme que les écoutes répétées ne parviennent pas à faire naître. Chef d’oeuvre incompris ou disque en partie foireux  : faites vos jeux, on en reparle dans dix ans ? Aurelio Aujourd’hui, on retient surtout que c’est leur dernier album, le groupe se séparant quelques mois plus tard...



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