W-Fenec n°21 jan/fév/mar 2016
W-Fenec n°21 jan/fév/mar 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de jan/fév/mar 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : www.w-fenec.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : zone libre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LES DISQUES DU MOMENT 8 ARTWEG Drunk’n high (Juste Une Trace) On l’a déjà dit mais on ne le dira jamais assez, le moment où on rédige une chronique est extrêmement important parce que notre ressenti, nos émotions, notre perception du message envoyé par un groupe est reçu différemment selon notre humeur. Je rédige cette chronique le 23 novembre 2015 soit 10 jours après l’impensable. J’avoue que ces derniers jours, écouter et écrire sur la musique m’a semblé totalement inutile, prendre du plaisir en écoutant de la musique m’a semblé presque indécent vis-à-vis de tous ceux qui sont morts au Bataclan comme ailleurs. Et on a beau lire, dire, écrire qu’il faut résister en ne changeant pas notre mode de vie, pour le chroniqueur touché par les événements que je suis, ça a été difficile. D’autant plus que certains de nos morts attendent encore dans un frigo avant de rejoindre leur dernière demeure, bref, le deuil des tout proches et des familles est très très long... Et même si d’autres s’en sont sortis vivants, nombreux sont encore cloués dans des hôpitaux et ne récupéreront jamais une « vie normale ». Ce soir on est le 23 novembre et Artweg va envoyer un gros fuck aux terroristes en explosant la Flèche d’Or avec The Exploited et peut-être qu’ils joueront (ont joué vu que tu lis ces lignes quelques temps après) « Human bomb », « Never again » ou « United for the Earth », autant de titre, tu l’avoueras, qui prennent une résonance différente avec cette pute d’actualité. Alors, je m’excuse auprès des Artweg, peut-être auriez-vous préféré une chronique normale à base de « ça tabasse entre punk et hardcore » ou « t’imagines si Black BombA jammait avec The Arrs ? » mais mon article a déjà une autre tronche. Désolé que ça tombe sur vous mais, ce n’est pas plus mal car vous êtes Parisiens, vous avez la rage, vous avez les idées claires malgré le titre de votre opus (Drunk’n high) et je pense ne pas être trop loin de votre état d’esprit. Véritables citoyens du monde, Artweg s’exprime en anglais comme en français, scande ses textes plus qu’il ne les chante, va droit au fait et s’il trace quelques paraboles instrumentales, c’est pour embellir le propos et démontrer qu’on peut avoir une base punk-HxC et des idées larges pour construire un morceau. Monde brutal, monde de brutes, mais aussi monde où la retenue peut jouxter son auto-promotion (« Evolution »/« Artweg ») parce que faire parler de soi est indispensable aujourd’hui pour qu’on vous situe sur une carte qu’elle soit musicale ou géo-stratégique. Putain de monde où la concurrence sévit chez les plus intégristes qui s’explosent les coudes au lieu de se les serrer. Bienvenue à Paris, bienvenue chez Artweg, ici, on explose quelques codes pour desserrer l’étau des étiquettes et on cherche à partager, à boire des coups, à faire la fête, à ne pas se prendre la tête, à juste laisser une petite trace, des instantanés de bonheur dans un pogo où tout le monde est beau (vu que les mosh part), où la connerie fait marrer plutôt que pleurer. Ne lâchez rien. Ne lâchons rien. Oli
CHELSEA WOLFE Abyss (Sargent House) Alors, celui là...comment dire ? Je l’attendais pas forcément, il m’est tombé dessus entre deux découvertes d’albums sympas mais sans plus, et puis BAM ! Claque de cow-boy dans la tronche, high-kick circulaire façon MMA catégorie Super Heavyweight, coup de boule en loucedé au gré des pistes. Bref, ce nouvel album de Chelsea Wolfe risque de se retrouver dans le top des sorties musicales de l’année tant il semble difficile pour un artiste aujourd’hui de concevoir un disque aussi abasourdissant et touchant au plus haut point, et ce de A à Z, sans fauter ne serait-ce qu’une seule seconde. Voilà pour l’extatique enthousiasme expansif, venons-en au fait maintenant. Je tiens à préciser pour celles et ceux qui ne connaissent pas cette Californienne, que sa musique est loin de respirer la joie de vivre. En même temps, avec un titre d’album et un artwork aussi explicite, difficile de se planter sur les intentions de la demoiselle. C’est plutôt d’un appel à l’aide et plus particulièrement de troubles du sommeil que la prêtresse du folk-drone témoigne sur Abyss. Une façon pour elle de ne pas s’oublier dans toute cette noirceur en amalgamant avec entrain les styles (doom, electro, post-rock, folk, rock goth, expé) et en contrastant les champs d’expressions comme sur l’introductive « Carrion flowers » où les sons électro saturés se mêlent à la voix sublime et satinée de Miss Louve. Deux ans après un Pain is beauty également très réussi, Chelsea Wolfe accompagnée de sa troupe de mecs (dont Mike Sullivan de Russian Circles), continue de sublimer la noirceur en musique, qu’elle soit oppressante (« Iron moon », « Dragged out ») , anxiogène (« After the fall », « The abyss ») , salvatrice (« Maw », « Crazy love ») voire flippante avec un « Color of blood » dans lequel la chanteuse semble s’être prise une mandale tant sa diction est altérée par moments. Ces onze titres d’un peu moins d’une heure au total démontre un état proche de la neurasthénie, sa froideur et sa lourdeur assumée magnétise avec facilité et agilité l’auditeur. En effet, et cela peut paraître paradoxal, Abyss s’écoute et se digère sans trop de difficulté, Chelsea Wolfe jouant ainsi la carte du contraste équilibré entre la sensation de claustrophobie et l’espace abyssal. Notons la préciosité des arrangements et le traitement parfait sur la voix de Chelsea qui ne tombe pas commodément sous l’opulence d’effets. L’album se clôt avec « The abyss » rappelant le Third de Portishead mais aussi que l’Américaine est souvent hantée par le fantôme de Beth Gibbons. Noir c’est noir, il y a toujours de l’espoir. Ted 9 LES DISQUES DU MOMENT



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