W-Fenec n°21 jan/fév/mar 2016
W-Fenec n°21 jan/fév/mar 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de jan/fév/mar 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : www.w-fenec.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : zone libre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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INTERVIEW TEXTE 6 INTERVIEW > ZONE LIBRE Cofondateur de Noir Désir, Serge Teyssot-Gay a outre deux albums solos, collaboré à un myriade de projets et se trouve à l’initiative des formations Interzone et Zone Libre. Ce dernier groupe fait l’actualité avec son quatrième album qui vient de se poser dans les bacs. Entouré de Cyril Bilbeaud (Sloy), Marc Nammour (La Canaille) et Mike Ladd, le guitariste revient sur le concept du collectif et nous parle dans les détails de « Zone Libre PolyUrbaine ». Le nom de Zone Libre fait-il uniquement référence à la musique ? C’est un terme qui a une connotation historique et fait écho à l’actualité, encore plus ces dernières semaines... C’est une référence à la Seconde Guerre Mondiale et à la zone de résistance inoccupée. C’est un clin d’œil, une façon de réfléchir par rapport au monde où l’on est  : où est-ce qu’on est ? Où est-ce qu’on se situe ? Il faut absolument se situer, je pense que c’est important. Surtout quand tu es artiste. C’est fondamental ou alors tu fais du divertissement, mais ce n’est pas mon cas. J’ai besoin de savoir où je suis et pourquoi je fais ça. Au départ, c’est une aventure entre Cyril Bilbeaud et toi. Comment s’est faite cette rencontre ? Cyril, je le connais depuis Sloy. C’est milieu des années 90. J’étais déjà complètement admiratif de son jeu de batterie. Plus tard, on imagine qu’on va travailler ensemble. La formation dans son concept tient plus du collectif que du groupe. Quelles différences dans le travail cela fait pour toi ? Pour moi, le seul groupe qu’il peut y avoir c’est quand tu es ado ou que tu sors de l’adolescence et que t’attaques l’âge adulte. C’est le seul moment où tu peux faire un groupe. On est tous pareil, on a tous besoin d’être en tas quand on est ado ; et du coup on fait tout ensemble. Plus tard, les choses changent mais je pense que naturellement, on fait tous ça. Après, tu n’es plus dans une conception de groupe telle qu’on l’entend. Ce que je peux te dire, c’est que toutes les formations s’enrichissent les unes et les autres. Ce dernier album est publié sous le label Intervalle Triton que tu as créé. Pourquoi avoir quitté les majors ? En grande partie à cause de l’idée d’arrêter d’exploiter les artistes en les rémunérant par le streaming. C’est déterminant. Le nombre de musiciens que je connais et qui ont arrêté de bosser est assez énorme. La musique est devenue gratuite pour tout le monde. Pourquoi pas faire un accès à la musique très peu payant, je trouverais ça génial. De l’argent, il y en a énormément qui circule. Seulement il est partagé entre les majors et les fournisseurs qui ont des millions d’artistes dans leur catalogue. C’est juste un problème de répartition. Moi ça fait 10 ans que je pense au fait de quitter les majors et le faire est dans une suite logique. Au départ, quand on avait signé avec Noir Désir, je n’avais pas toutes ces considérations en tête.
Plus tard, tu t’ouvres au monde et tu réfléchis autrement. De quelle idée part le projet Zone Libre PolyUrbaine ? C’est l’envie de faire avec Cyril une musique différente de celle présente sur L’angle mort ou Les contes du chaos où la musique et les textes partaient de constats très sombres. Pour Zone Libre PolyUrbaine, il fallait un parti pris différent ; fonctionner par contraste. Je me suis aidé de mon imaginaire, c’est comme ça que j’avance. Je me suis dit que c’était une bonne idée que de partir de l’énergie positive des villes et des gens qui habitent dedans. Sur ce dernier album, on retrouve donc une énergie plutôt positive accompagnée de textes puissants. Quelles ont été vos sources d’inspiration ? Les gens des villes - qui se déplacent tout le temps et qui viennent de partout dans le monde - nous ont inspiré une musique polyrythmique qui groove tout le temps. Pour créer cette musique, nous avons mélangé des influences afro beat, orientales, rock et rap. Comment s’est réalisée la composition des morceaux entre vous, pour lier textes et musique ? A la base, c’est un projet musical. Avec Cyril, nous avons essayé de nous représenter subjectivement l’énergie de la ville  : cet écosystème tout le temps en ébullition. Et puis, nous avons composé pour accueillir des voix en les fantasmant. Quand je demande à Marc Nammour et à Mike Ladd de nous rejoindre et de faire leurs textes, je sais que nous sommes d’accord sur des choses de fond, alors nous ne discutons pas du contenu. En parallèle se conduit le projet Debout dans les cordages également avec Marc Nammour de La Canaille. Y-a-t’il eu des échanges entre les deux projets ? Non, ce n’est pas du tout la même chose. C’est ni la même musique, ni la même façon d’approcher la musique. On est en improvisation totale avec Debout dans les cordages. Le seul point commun, c’est qu’on connait Marc Nammour. En réalité, Debout dans les cordages est un projet qui précède Zone Libre PolyUrbaine. En travaillant avec Marc sur le premier projet, je me suis dit qu’il fallait l’inviter à nouveau pour ce dernier projet. Après, j’ai fait le lien avec Mike Ladd avec qui je bosse depuis 2007. Connaissant les deux, je pensais qu’ils s’entendraient bien sur le fond et ce fût le cas puisqu’ils ont une bonne complicité. Tu as pas mal bossé avec divers personnes issues d’autres courants artistiques comme la littérature ou la peinture. Est-ce que tu pratiques un art en parallèle de la musique ? Non, autant je les apprécie, autant la musique me prend tout mon temps. D’ailleurs, je ne fais que de la guitare électrique  : c’est vraiment mon identité. Par contre, j’aime bien être confronté à des artistes qui pratiquent des arts différents parce que ça m’oblige à envisager mon travail d’une autre façon. Si je ne me trompe pas, ton dernier album solo date d’il y a 15 ans, est-ce que tu as en tête d’en recomposer un autre ? Ou seules les collaborations t’intéressent ? Dans le futur, il y aura des solos. Je commence à avoir besoin de faire ça mais c’est encore un peu tôt. Par contre, il n’y aura pas de voix, juste de la guitare. Est-ce que tu es quelqu’un de nostalgique ou, pour toi, seul l’avenir importe ? La nostalgie, c’est l’horreur, c’est un boulet. Je me suis demandé pourquoi je ne mets jamais de photo dans les endroits où je travaille. Et puis, j’ai réalisé qu’elles ne rappelleraient que des souvenirs. Tout ce qui te rattache au passé t’empêche de voir devant et du coup de créer. Et pour le mot de la fin, quel(s) coup(s) de cœur(s) astu eu dans l’actualité musicale ? En ce moment, j’écoute que des vieilleries. Ah non ! Dans les nouveautés, j’écoute The Afrorockerz, c’est des cousins de Polyurbaine. Merci à Serge Teyssot-Gay et à Selma de VS Com Crédits photos  : Ced Forban Julien 7 INTERVIEW TEXTE



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