W-Fenec n°21 jan/fév/mar 2016
W-Fenec n°21 jan/fév/mar 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de jan/fév/mar 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : www.w-fenec.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : zone libre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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INTERVIEW TEXTE 48 INTERVIEW > THE PRESTIGE On est habitué à écouter du très lourd avec The Prestige, on a voulu savoir comment il était possible d’en arriver là... Et c’est Alex qui s’est chargé de répondre à nos questions sur leurs choix (de producteur, de pochettes, de textes.) mais aussi de l’actualité récente qu’elle soit tragique (les attentats) ou plus heureuse (une tournée en Angleterre). Avant de parler musique, parlons du choix du producteur... Guyom n’était pas dispo ou vous aviez directement demandé à Amaury de travailler sur l’album ? Tout d’abord, Amaury avait travaillé avec nous sur Black mouths. Nous étions dans son studio, et il travaillait donc avec Guyom, l’assistait pendant les prises. Puis, à la sortie de l’album nous sommes partis en tournée avec The Brutal Deceiver, le groupe défouloir de As We Draw dans lequel Amaury joue de la batterie. On était déjà potes mais passer 15 jours ensemble nous a bien trop appris à nous connaître. Nous avions déjà une ou deux compos de prêtes pour un nouvel album et on a commencé à en parler avec lui de l’ambiance de l’album et de ce qu’on en attendait. Et on était sur la même longueur d’onde. Nous avons toujours été fans du boulot d’Amaury et la combinaison copain plus gros son a fait le reste. Entrer en studio avec quelqu’un que vous connaissez est important ? Je ne saurai pas dire si c’est important ou pas. C’est rassurant c’est sûr. Ce qui est important c’est plutôt la confiance que tu as dans cette personne. Amaury c’est un ami pour qui on a beaucoup de respect tant pour le musicien que pour le producteur. Lors de l’enregistrement c’est surtout important de parler librement, de donner son avis, de prendre en compte l’avis de l’autre. Pour nous, un producteur c’est un cinquième membre. Vous avez discuté de l’éventualité d’avoir un producteur qui ne vous connaissait pas ? Non, à aucun moment. Bob Weston pour le mastering, comment ça se passe ? C’est juste un colis avec les bandes et un chèque ou c’est plus que ça ? Après le mixage on s’est dit « A qui donner le bébé maintenant ? », parce que c’est un peu ça. Tu dois filer ton gosse à quelqu’un pour qui te le rende encore plus beau, tout en respectant ce qu’il est. Bob Weston, c’était juste le mec parfait. Il a gardé la personnalité de l’album tout en affinant certaines choses. On pensait que le mec allait nous envoyer chier mais au contraire, ça s’est très bien passé. Il nous envoyait même des messages genre « Désolé les gars j’ai pris du retard aujourd’hui, j’ai dû remasteriser de bandes de synthés des années 80, vous aurez la chanson un peu plus tard dans la soirée ». Le mec est à la cool. Les pochettes sont superbes, sortir plusieurs versions c’est pour les fans de collection ou parce que vous ne
saviez pas trancher pour en choisir une seule ? Tu crois qu’on a des fans qui vont faire collection de nos albums ? (rires) C’était juste pour faire des versions différentes et nous faire plaisir aussi. La séance de photo pour la pochette a duré une bonne journée avec notre pote Loic Véra. On a fait celle du vinyle en premier, puis une deuxième en bougeant les éléments et on s’est dit « ah bah, on va en faire une différente pour le CD ». Et une troisième qui va être exclusive à la tape qu’on va sortir dans quelques semaines. Vous avez dirigé ce travail ou vous l’avez récupéré « tout fait » ? On l’a dirigé entièrement, avec l’aide de Loic. D’abord, on avait contacté un graphiste pour faire le boulot mais on avait pas la même sensibilité. Et je crois qu’on était très protecteurs vis-à-vis de l’album. On a beaucoup parlé de ce qu’on voulait représenter, du principe de la nature morte revisitée, etc. Cela a pris quelques semaines. Et à force de tourner, on s’est dit « allez on booke un studio photo et on le fait ». Le français dans les textes, ça a du en surprendre plus d’un, c’est venu naturellement ou vous vous êtes forcés ? Au contraire, c’est le fait de ne pas se forcer à écrire en anglais. Pour moi, l’anglais est assez naturel mais en vieillissant je me suis rendu compte que cela crée une distance avec le sens de mes mots. Pendant l’enregistrement j’écris les textes la veille pour le lendemain. Un jour, les gars étaient partis faire la fête pendant que j’écrivais. Je voulais tenter le français sur la chanson « Négligée » dont Paris est le sujet. Je crois que la pudeur me retenait mais j’étais seul alors j’ai enregistré les premières phrases de la chanson et j’ai trouvé ça cool. A leur retour je leur ai fait écouter et ils ont aimé. D’abord, j’ai pensé que c’était surtout à cause de l’alcool mais ils n’avaient pas changé d’avis le lendemain matin. Maintenant j’assume beaucoup plus le français dans les textes, je ressens encore plus le poids de chaque mot et je pense que l’auditeur aussi. J’ai l’impression que le son prime sur le sens pour les mots choisis, je dois avoir un peu tort, non ? Mmmh. Il y a un peu de vérité là-dedans je crois ! La voix, c’est un instrument et il doit avoir sa propre partition. Il faut parfois faire la concession du sens pour celle du son, sinon, et particulièrement en français, tu te retrouves avec des phrases certes pleines de sens mais complètement dépourvue de musicalité. Et en général, mes paroles n’ont pas de sens direct, il faut parfois aller loin pour le chercher. Comme j’écris la nuit, c’est parfois une sorte d’écriture « automatique ». Côté musique, ça broie et ça broie plutôt du noir, où puisez-vous une telle envie de tout détruire ? Je crois qu’on est plutôt des gens calmes dans la vie de tous les jours mais la violence que l’on observe autour de nous est la source d’inspiration de notre musique. Et quand je parle de violence je parle surtout de celle qu’on ressent plus que la violence physique. La violence d’Amer n’est pas permanente, elle est sournoise, sourde, sale et indirecte. Et ça correspond à l’état d’esprit dans lequel on était. Les événements récents, ça peut vous nourrir ou c’est indécent d’utiliser une telle atrocité pour créer ? On parle des attentats... il me semble important de ne pas les évoquer par un euphémisme. Pour te répondre, je pense que tout le monde a été touché par cette tragédie, à Paris comme tout autour du monde. On connaît tous quelqu’un qui était là-bas, ou qui aurait pu y être. Certains de nos amis proches y étaient. Ce qui est sûr c’est que je n’utiliserai, et j’insiste sur ce mot, pas ce drame car ce n’a jamais été ma démarche, quelque soit l’événement. Je n’écrirai pas un texte qui parle de ces attentats ou de tout autre « événement », à moins peutêtre de l’avoir vécu. Mes paroles ne sont jamais directes donc je ne m’appuierai pas là dessus. Mais cette tragédie nous a affecté et d’une manière, elle nous a changé. Début décembre, il y a eu une petite fête pour Basement Apes, quel est votre groupe préféré sur le label ? En gros, c’est comment nous mettre à dos tous les groupes du label sauf un ! On a beaucoup écouté de Sofy Major, de Cortez ou Plebeian Grandstand. Mais les copains du label, c’est surtout General Lee et Plèvre. Ensuite, il y a une petite tournée en Angleterre, le public anglais n’est pas facile, vous attendez quoi de ces dates ? C’est pas le public qui est difficile, ce sont les conditions. Le public est difficile partout. Tourner en Angleterre, c’est un autre univers où il y a beaucoup de groupes et pas forcément l’attention genre le catering super bon, les boissons, le lit... que tu peux avoir ailleurs en Europe. On prendra ce qui a à prendre, on verra pour le reste. Le disque est aussi sorti aux Etats-Unis, vous avez des retours ? On a reçu pas mal de messages par mail ou sur les 49 INTERVIEW TEXTE



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