W-Fenec n°21 jan/fév/mar 2016
W-Fenec n°21 jan/fév/mar 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de jan/fév/mar 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : www.w-fenec.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : zone libre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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INTERVIEW TEXTE 14 INTERVIEW > GENERAL LEE Interview de masse pour le General Lee et donc toute sa troupe qui disserte à loisir sur leur nouvel excellent album emballé dans un excellent artwork et qui parachève une excellente évolution depuis quelques années... Le post-hardcore, c’est du passé ou on peut espérer en retrouver un de ces jours ? Il ne faut jamais dire « jamais » par principe, même si le post-hardcore semble bien loin maintenant, en tous cas au niveau de notre vision de comment on voit évoluer le groupe. Ça ne veut pas dire qu’on va laisser tomber la mélodie, mais on va essayer de l’exprimer d’une façon peut être moins évidente. Par contre, pour le live, on bosse en ce moment sur un set plus varié avec des titres de toutes les périodes afin d’ajouter davantage de diversité et de respiration, et nous éviter aussi de mourir car jouer les titres de Knives out, everybody ! sur scène est un sacré challenge. Ce sont les différentes modifications du line-up qui ont fait évoluer le groupe ou c’était irrémédiable ? Je pense effectivement que le changement de line-up a grandement influencé ce changement d’orientation musicale, et il faut dire aussi qu’en 15 ans tu as forcement des envies différentes. C’est sûr qu’entre Hannibal ad portas et Knives out, everybody ! il y a un fossé et je peux comprendre que certains restent sur le carreau, mais on a toujours évolué d’album en album et ça ne changera pas. Le groupe essaye toujours d’avoir des idées directrices dans ses albums, elles touchent un peu à tous les domaines, comment vous faites le choix ? Ça arrive au début des compositions et ça s’affine avec le temps, on est tous ensemble en répète, on joue et on parle beaucoup sur des choses qui nous plaisent, c’est plus un délire car on fait de la musique pour s’amuser, entre potes, pas pour avoir des bonnes chroniques ou faire le même album que le précédent parce que ça marche ou pas d’ailleurs (rires). Là, dès le début, on voulait quelque chose de plus brut, rapide et noisy. On est allé au bout de notre démarche. L’artwork est comme toujours superbe, et c’est encore une autre direction qui est essayée avec ce dessin de Matt Ryan, comment s’est-il construit ? On voulait s’orienter vers un artwork type illustration, on avait déjà beaucoup parlé de la direction artistique et musicale de l’album, Florian était en contact avec Matt, le chanteur du groupe canadien Ritual et ex-Dead and Divine, son boulot collait bien avec nos envies. Vous aviez des directives très précises ou il a tout compris de qui vous étiez ? C’est à dire qu’il avait un peu carte blanche, on lui a juste
donné nos idées de films et de références et les éléments divers et variés à intégrer  : femme à poil, voiture, zombies, alien, un black samurai... et lorsqu’on a vu les ébauches, on a tout de suite su qu’on avait fait le bon choix. Cet artwork colle tout à fait à General Lee et ce que vous faites sur ce disque, vous pensiez avoir un dessin aussi incroyable ? C’est toujours une grosse surprise lorsqu’on laisse carte blanche à un artiste. Matt a quand même une sacrée expérience et ses travaux étaient vraiment très bons, on se doutait que ça allait être mortel ! On est vite tombé amoureux du mec. Qu’est-ce qui vous plaît dans les séries B et Z ? Tout le coté improbable et inattendu. Les mecs se permettent tellement tout et n’importe quoi. Coincés dans une cave ? Pas grave, il y a une caisse avec un jetpack fonctionnel justement laissé par un gang indonésien après la seconde guerre. Et puis il y a aussi le côté « petit budget » et DIY, qui correspond bien à ce qu’on vit en tant que musiciens de notre niveau. Quel est votre acteur préféré ? On part plus dans le cinéma Z là mais il y a « une personne de petite taille » et accessoirement agent secret et coureur de jupons qui se prénomme Weng Weng. Il est particulièrement efficace dans les déboulés d’escaliers à grande vitesse et autres glissades improbables, et le tout avec la fleur à la boutonnière On l’aime bien ici. La musique est souvent aussi assez catastrophique pourtant, même avec peu de moyens on doit pouvoir trouver de bons musiciens, non ? Tu ne peux décemment pas demander à des réalisateurs qui piquent des images des « Dents de la Mer » ou d’ » Alien » pour leurs films ou qui collent à un ancien Béret vert le doux sobriquet de « Philippe » d’investir dans une bonne musique de film. Sergio Leone ou From Hell, ce n’est pas de la série B, à choisir entre revoir un Sergio Leone et découvrir une série B, tu fais quoi ? Difficile de surpasser un combo Sergio Leone/Ennio Morricone à mes yeux. Avec Sam Peckinpah on touche à la sainte trinité. Vous trouvez facilement ces jeux de mots et de références ou vous cherchez beaucoup et devez trier le bon grain de l’ivraie ? S’il y a des chutes inexploitables, on les veut bien ! Il y a eu un brainstorming pour le nom des chansons, où en gros on lançait tout ce qui pouvait nous passer par la tête. Après Arnaud s’est débrouillé pour faire coller tout ça à ses textes, et vu la dose de WTF qu’on a envoyé, il a du mérite. Les autres idées qu’on a eu, on les collait sur des versions de travail pour se repérer dans les morceaux, comme « Matriochka & jetski » pour un des morceaux qu’on a expérimenté en Russie, ou « Nunchagod ». De la belle poésie donc. Parmi les références, il y en a une à un vieux tube de Ministry, musicalement, on est assez loin de votre univers, pourquoi ce choix ? Je suis un très grand fan de Ministry jusqu’au départ du bassiste Paul Barker après The dark side of the spoon. Depuis Al Jourgensen a plus de piercing qu’une meute de punks à chiens et il a perdu l’essence du groupe au passage. Filth pig est surement dans le top 5 de mes albums préférés. Musicalement ça n’a pas grand-chose à voir avec General Lee mais je tenais à faire ce petit clin d’œil avec « Sergio Leone built my hotrod ». Il y a quelques beaux invités sur l’album, il y avait de la place prévue pour eux lors de l’écriture des titres ou ça c’est fait « comme ça » ? C’est un album où on voulait se faire plaisir, et ça passait par inviter des amis à s’amuser avec nous. A part « Nightchaser » qu’on a vraiment composé autour du chant de Manon, c’était assez spontané pour Alex de The Prestige et Vincent de The Butcher’s Rodeo, genre « Vous voulez venir chanter les gars, on a de la bière au frais ? On a de la place là et là si vous êtes chauds ». Ils ont été chaud et on a enregistré à la cool entre deux américains fricadelle. Vous avez encore bossé au Boss Hog, c’est plus simple, c’est moins cher, c’est mieux, c’est moins loin ? Quelle est la principale raison de ce choix ? Le BossHog c’est tout un état d’esprit, c’est notre maison les factures en moins, Clément Decrock qui est d’ailleurs un des pionniers de General Lee connaît bien nos fondamentaux, il est le plus à même de nous comprendre. Le son y est bon, le travail de production excellent, les lieux sont plus que bien pour des mecs de notre rang social (rires) et les prix très sympas, à l’image du patron. Et quel plaisir de le voir plisser les yeux à l’écoute des nouveaux morceaux. 15 INTERVIEW TEXTE



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