Vivre la Wallonie n°45 sep/oct/nov 2019
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26 L'INVITÉ THIERRY LUTHERS UN JOURNALISTE AUX CENT PASSIONS PROPOS RECUEILLIS PAR EVELYNE DUBUISSON ET MICHAËL MODOLO Journaliste sportif, chroniqueur, auteur, chanteur, Thierry Luthers n’a jamais assez d’une journée pour faire tout ce qu’il entreprend. Celui dont la voix est reconnaissable à la première parole, vit ses passions à fond et sans concession. C’est en Ardennes, que Thierry Luthers a gentiment accepté l’invitation de Vivre la Wallonie. Notre invité y rédige son 4 e ouvrage sur les cimetières et plus précisément sur les « Derniers domiciles connus » des célébrités belges. Vivre la Wallonie (VLW) – L’animation, c’est une histoire de famille chez les Luthers. Racontez-nous. C’est exact. Mon frère Philippe était aussi producteur et animateur. Il travaillait sur Liège et moi sur Bruxelles. Tout le monde nous confondait allègrement par la ressemblance physique. En 1994, j’ai embrassé le métier de journaliste sportif. Pour l’anecdote, enfant, je commentais les matchs de foot dans mon lit. Ma mère croyait d’ailleurs que je faisais mes prières (rires). VLW – Le métier de journaliste sportif n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur, comme s’il ne s’agissait que de commenter un match de football. POUR MOI, COMMENTER À LA RADIO, C’EST RACONTER UNE HISTOIRE. JE M’ADRESSE À L’IMAGINAIRE DE L’AUDITEUR. C’est clairement réducteur. J’estime qu’un journaliste sportif doit aussi être un journaliste « tout terrain », capable de rebondir sur des dossiers divers. VLW – Dans vos commentaires, vous maniez le verbe comme le faisait Franck Baudoncq (journaliste sportif des années 1990). Jouer avec les mots, c’est une marque de fabrique ? La comparaison est flatteuse. On fait aussi référence à Luc Varenne, une légende au commentaire volubile et à la voix inoubliable. Pour moi, commenter à la radio, c’est raconter une histoire. Je m’adresse à l’imaginaire de l’auditeur. Un jour, un supporter aveugle m’a dit qu’en écoutant ma voix, il voyait le match. C’est le plus beau compliment de toute ma carrière. Il faut d’ailleurs souligner que l’audiodescription pour personnes aveugles en football est une très bonne initiative qui devrait être présente dans tous les stades. VLW – « Le Grand cactus » vous permet d’endosser un costume de chroniqueur. Comment expliquer le succès d’une telle émission ? C’est une réponse à l’adéquation entre l’offre et la demande. Il n’y avait plus d’émission d’humour à la RTBF. La plume de Jérôme de Warzée, conjuguée à l’autodérision et au talent des comédiens sont les ingrédients de cette réussite. Dans une niche pourtant concurrentielle, on nous demandait de réaliser 100 000 spectateurs et notre audience en affiche parfois 300 000 ! Les gens que je croise dans la rue ne me parlent que du Grand cactus… VLW – Chanter du Johnny, c’est un exercice de style. Comment se lancet-on un jour dans l’aventure ? Le coup de foudre artistique date du 9 décembre 1976 au Country hall de Liège. J’étais avec mon frère. C’est la 1 ère fois que je le voyais sur scène. C’est devenu mon idole. J’ai pris des cours de chant et j’ai arrêté de fumer. Je ne suis ni dans l’imitation, ni tombé dans le piège schizophrénique. Je lui rends hommage en interprétant son réper-
toire. Je tourne avec deux spectacles  : le premier avec 5 ou 7 musiciens et un autre en formule acoustique (clavier-guitare) où je raconte la vie de Johnny. Le week-end dernier, j’ai donné trois concerts et ma voix est un peu fatiguée. En 2018, je me suis produit à 57 reprises. Cette année, on est parti pour en faire 40. Le 5 décembre, pour le 2 e anniversaire de la disparition de Johnny, je vais réaliser un rêve  : chanter au forum de Liège avec 9 musiciens. Croyez-moi, je vais mettre le paquet ! VLW – D’où tenez-vous cette passion pour les tombes de gens célèbres ? J’ai toujours eu cette passion-là, cette attirance pour le dernier lieu de repos des gens célèbres. C’est aussi un retour à ma formation d’historien. J’aime l’idée d’un travail de mémoire, d’une sauvegarde du patrimoine et le côté ludique pour retrouver une tombe ; c’est comme un jeu de pistes (rires). Dans cette tâche, je suis aidé par Jean-Paul Remiche, un photographe génial. J’ai essayé d’être le plus exhaustif possible dans tous les domaines avec comme critère principal  : un référencement de la personne sur internet. VLW – Quelles sont les particularités des cimetières en Wallonie ? Avec l’interdiction d’utiliser les herbicides, on retrouve des cimetières plus verts. Dans la région de Namur-Luxembourg, on recense 616 cimetières. A Liège, il y en a 20, autant qu’à Paris ! Au cimetière de Belgrade, où sont enterrés François Bovesse et Nicolas Boseret, l’auteur du « Bia bouquet », il faudrait un plan plus précis pour s’orienter dans les allées. Le cimetière de Robermont à Liège (44 ha) a une superficie équivalente au Vatican et à celui du Père Lachaise ! Pour mes recherches, je me suis appuyé sur l’expertise des pompes funèbres, des communes, des archives et des fossoyeurs, des gens fantastiques qui connaissent leur cimetière sur le bout des doigts et qui en sont fiers. PRINCIPALE QUALITÉ/DÉFAUT ? Persévérant/Impatient chronique COMBIEN D’HEURES DE TRAVAIL PAR JOUR ? Impossible à chiffrer, c’est tout le temps. Un journaliste sportif n’a pas de week-end. Même en vacances, j’écris sur le web pour la RTBF. SPORTS DE PRÉDILECTION À COMMENTER ? Football et athlétisme. J’aimerais aussi commenter le golf, un sport que j’adore. QUELLE PERSONNALITÉ VOUS A INSPIRÉ DANS VOTRE PARCOURS PROFESSIONNEL ? Raymond Arets, mon mentor, un journaliste sportif et écrivain à ses heures. Pendant 20 ans, je l’ai côtoyé sans jamais le tutoyer. Par respect. C’est mon 2 e papa. DES FOSSOYEURS, DES GENS FANTASTIQUES QUI CONNAISSENT LEUR CIMETIÈRE SUR LE BOUT DES DOIGTS ET QUI EN SONT FIERS. VLW – Comment analysez-vous l’évolution d’une ville comme Liège ? Ce sont mes racines mais c’est aussi la patrie de Tchantchès et de Simenon, l’auteur le plus lu dans le monde après la Bible ! Le Liégeois est quelqu’un de chaleureux, fier, têtu et orgueilleux, très attaché à son territoire. Liège se fait appeler « cité ardente » car l’activité y est constante, de jour comme de nuit. Sur le plan économique, la proximité de l’Allemagne et des Pays-Bas constitue un atout indéniable. Urbanistiquement, on ne compte plus les projets qui transforment la ville (la gare Calatrava, la passerelle, le quartier Boverie, les quais de Meuse, le Val Benoît…). Liège s’inscrit, par ailleurs, dans l’évolution toute entière de la Wallonie, une région qui a des atouts à faire valoir économiquement, touristiquement mais aussi au niveau de ses richesses naturelles. Ne dit-on pas que la Wallonie est le territoire de l’or bleu (l’eau) ? 27 27



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