Vivre à Genève n°76 jan/fév/mar 2019
Vivre à Genève n°76 jan/fév/mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°76 de jan/fév/mar 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ville de Genève

  • Format : (195 x 290) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : la somptueuse rénovation du grand théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Vivre à Genève Nº 76 8 Dossier LA SOMPTUEUSE RESTAURATION DU GRAND THÉÂTRE En travaux depuis février 2016, le Grand Théâtre de Genève achève sa mue. Le démontage des échafaudages, mi-septembre, a permis au public de découvrir la façade rafraîchie, resplendissante dans la lumière automnale. Mais quelles ont été les réalisations de la Ville de Genève dans ce bâtiment emblématique ? Visite guidée d’un chantier historique. Les images de ce dossier ont été réalisées par Nicole Zermatten Un peu d’histoire Dessiné par Jacques-Élisée Goss, le Grand Théâtre de Genève a été inauguré en 1879. Le 1er mai 1951, durant une répétition de La Walkyrie de Wagner, le test d’un effet pyrotechnique propagea un incendie dans tout le théâtre. Seuls les foyers, à l’avant du bâtiment, furent relativement épargnés. Après plusieurs années de fermeture et une rénovation rapide, le théâtre a rouvert fin 1962. La démarche de l’importante rénovation actuelle remonte à 2004. En effet, malgré les efforts soutenus d’entretien, le bâtiment et ses installations techniques étaient vétustes. L’institution était également à l’étroit dans ses murs et avait besoin de nouvelles surfaces. Trois chantiers en un L’objectif de ces travaux était triple  : patrimonial, fonctionnel et sécuritaire. Le programme était complexe puisqu’il s’agissait de restaurer les éléments décoratifs, de remettre les installations techniques aux normes et de créer de nouveaux espaces de travail. Afin d’améliorer le confort du public et des artistes, les espaces d’accueil ont aussi bénéficié d’interventions importantes. À l’ouverture du théâtre, le public pourra admirer des espaces d’accueil repensés, des décors d’origine redécouverts et des fresques restaurées. Restauration d’art L’ensemble des éléments décoratifs du bâtiment était défraichi et abîmé, nécessitant une remise en état conséquente. En façade, la pierre était fortement altérée, ainsi que les décors et les sculptures. Un important travail de ponçage léger a donc été effectué sur toute la façade principale, afin d’effacer les dégradations dues aux infiltrations d’eau, aux pigeons et à la pollution. Les statues et les ornements ont patiemment été remis en valeur par des tailleurs de pierre. Il a également fallu s’occuper des taches d’huile de vidange laissées par une manifestation nocturne en décembre 2015. Les pierres d’origine ont néanmoins été conservées et traitées, et les rayons du soleil se chargeront de faire disparaître les dernières traces de l’événement. Mais c’est à l’intérieur du bâtiment que l’ampleur du travail accompli se révèle. Un accueil repensé L’entrée du Grand Théâtre a été réorganisée et propose désormais deux comptoirs circulaires  : sur la gauche, une billetterie plus élégante accueillera les spectateurs ; sur la droite, un nouveau bar ouvert au public pourra se prolonger en terrasse aux beaux jours. De nouveaux luminaires ainsi que de monumentales portes en bois, inspirées des portes d’origine, parachèvent la transformation de ce premier espace. Décors intérieurs, patrimoine redécouvert Par manque de moyen, les espaces d’accueil avaient été rénovés de façon plutôt grossière après l’incendie, les efforts s’étant surtout concentrés sur la salle de spectacle. Le début des travaux n’a donc pas manqué de surprises puisque les restaurateurs d’art sont allés de découverte en découverte en retrouvant, sous les couches de peintures et les panneaux de plâtre, des éléments que tous pensaient disparus. Les sondages effectués sur les murs et les plafonds ont permis de faire réapparaître les décors et les couleurs d’origine du Grand Théâtre. Sur un plafond du hall d’entrée, les restes d’une fresque ont été mis à jour. Elle a été méticuleusement déposée pour être restaurée. Dans l’avant-salle, sous les faux plafonds gris, des caissons ont été retrouvés ainsi qu’une unique rosace magnifiquement ouvragée. Elle a servi de modèle à la reconstitution du plafond, qui retrouve ainsi son volume et sa polychromie d’époque. Sur les parois des escaliers monumentaux, d’anciens faux-marbres originaux étaient dissimulés sous une épaisse couche de plâtre. Ils ont été remis au jour et entièrement reconstitués avec soin par des spécialistes de cette technique ancienne. A l’étage, le sol libéré de la lourde moquette rouge laisse apparaître le parquet d’origine entièrement refait sur la base de son dessin original. Les foyers et avant-foyers ont également été minutieusement restaurés par des artisans d’art  : stucs, sculptures et peintures monumentales retrouvent leur lustre d’antan grâce au nettoyage et au colmatage des lacunes. Sur le côté, les anciennes tapisseries du foyer lyrique, très dégradées, ont été nettoyées puis patiemment recousues à la main à même les murs. Enfin, le Carré d’or est transfiguré. Il a retrouvé, caché sous des couches de peinture, ses couleurs d’origine  : un camaïeu de bruns rehaussé de filets d’or, d’une indéniable élégance.
Vivre à Genève Nº 76 9 Les décors d’origine ont été restaurés avec soin par des artisans d’art



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