Vivre à Genève n°58 déc 14/jan 2015
Vivre à Genève n°58 déc 14/jan 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de déc 14/jan 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ville de Genève

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : découvrez le nouveau Geneva Lux Festival.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
Musée d’art et d’histoire : du « Grand Musée » au projet de rénovation et d’agrandissement Luttes, combats politiques, rêves et durs retours à la réalité ont alimenté les passions durant de nombreuses années avant que le Musée d’art et d’histoire n’ouvre ses portes en octobre 1910. Un siècle plus tard, ce bâtiment n’a malheureusement fait l’objet d’aucune rénovation d’envergure. Au début du 19 e siècle, Genève inaugure son Musée Rath, don des sœurs du même nom. En 1826 précisément, la ville du bout du lac est parmi les premières à inaugurer un bâtiment consacré à l’exposition des beaux-arts. Un saut dans le temps nous transporte à la fin du siècle. Des discussions animées secouent la cité : beaucoup réclament la création d’un « Grand Musée » ou « Musée central » dans lequel rassembler les collections dispersées dans différents établissements. Cette fois, Genève a perdu son statut de locomotive : beaucoup de collectivités publiques, même plus petites qu’elle, ont déjà érigé de tels bâtiments. Pour beaucoup, cela est ressenti comme une humiliation. La nécessité de construire La Société auxiliaire du Musée de Genève – aujourd’hui rebaptisée Société des Amis du Musée d’art et d’histoire –, véritable initiatrice du projet, souhaitait par là « mettre en valeur les collections existantes, satisfaire l’appétit de connaissances, favoriser la création artisanale et industrielle et, par l’évocation du passé, susciter la fi erté d’être genevois », énumère David Ripoll dans l’ouvrage publié à l’occasion du Centenaire du MAH, Le Grand Musée. Or, si tous les protagonistes reconnaissaient la nécessité de construire le « Musée central » au cœur de la cité, peu étaient d’accord sur son emplacement idéal. Bastions, tête de l’Ile, plaine de Plainpalais… Mais le grand combat eut lieu entre partisans de Saint-Jean et ceux du quartier des Tranchées. Entre ceux qui voulaient donner plus d’allure et d’importance à un quartier bourgeois en pleine construction et ceux qui voulaient mettre les arts à la portée des ouvriers des quartiers de la rive droite… Avantage aux Tranchées Les Tranchées l’emporteront en partie car c’était le souhait de Charles Galland – dont l’argent légué à la Ville de Genève servira à la construction du bâtiment. Mais aussi parce que la Ville n’avait pas besoin de payer le terrain, offert par l’Etat en cas de construction d’un musée, et parce que « [la] situation [du musée] dans un quartier tranquille, habité par de pacifi ques « intellectuels », donne une sécurité relative pour sa conservation dans l’éventualité – très improbable mais toujours possible – de grands débordements populaires », selon l’historien Charles Dubois- Melly. A cette époque, trois hommes marqueront le projet : Camille Dubois, à la tête de la Société auxiliaire ; Charles Galland, dans le rôle du mécène ; et Marc Camoletti, dans celui de l’architecte. 104 ans plus tard, ce bâtiment n’a malheureusement fait l’objet d’aucune rénovation d’envergure. En 2007, quand une corniche de l’étage des beaux-arts s’effondre juste après le passage d’une classe, quelques travaux sont entrepris pour parer au plus pressé. Mais tout reste à faire. Le projet de rénovation et d’agrandissement du MAH est donc aujourd’hui étudié par le Conseil municipal. 26 VIVRE À GENÈVE N°58 Le futur Musée d’art et d’histoire : vue sur l’espace d’accueil au niveau de l’entrée Charles-Galland, ainsi que sur la mezzanine principale de l’étage des beaux-arts, le restaurant et la verrière qui recouvre la cour. Ouvert sur la cité En 2014, celles et ceux qui défendent ardemment le projet de rénovation et d’agrandissement du musée le font en grande partie au nom des mêmes arguments que ceux mis en avant par la Société auxiliaire de l’époque. Une différence de taille cependant : aujourd’hui, les musées doivent être beaucoup plus ouverts sur la cité. Ils doivent pouvoir intéresser tous les publics, être des lieux d’accès à la connaissance, de pédagogie, de culture pour toutes et tous. Un musée, on y admire des œuvres, bien sûr, mais on y assiste aussi à des conférences, des concerts ; on y achète des livres, on y boit le thé ; on y participe à des ateliers, à des animations et on y confronte les différentes disciplines artistiques, qui se complètent et se répondent. Et surtout, on éclaire son présent grâce à la découverte de son passé. Dans le musée actuel, tout cela ne peut se faire que dans des conditions précaires, les locaux restant peu adaptés à ce type d’accueil des publics. Les discussions sur l’emplacement n’ont cependant plus cours. Et c’est bien la seule chose qui ne fait pas débat. Tout le monde s’accorde à dire que le musée actuel doit être rénové et non pas reconstruit ailleurs… En revanche, cent ans plus tard, on retrouve un « trio » d’intervenants identiques pour porter ce projet : le Cercle de soutien MAH+, avec à sa tête la présidente de la Société des Amis du Musée d’art et d’histoire, Charlotte de Senarclens, et l’ancien Conseiller administratif et actuel Conseiller national Manuel Tornare ; la fondation chargée de récolter des
CULTURE fonds pour l’agrandissement du MAH, initiée par Renaud Gautier, ainsi que la Fondation Gandur pour l’Art sont les mécènes ; les Ateliers Jean Nouvel (Paris), Architectures Jucker et B. Jucker-Diserens (Genève) sont porteurs du projet architectural devant permettre au bâtiment de Marc Camoletti d’entrer enfin dans le 21 e siècle. Un projet essentiel pour Genève Il a fallu, entre les premiers espoirs – déçus – de pouvoir construire un nouveau musée avec l’argent du duc de Brunswick (en 1873) et le début des travaux en janvier 1903, trente ans pour que le projet MAH se concrétise. C’est en 1998 que la Ville lance un appel d’offres aux La Semaine qui donne la patate fait un tabac ! Depuis plusieurs années, le MAH a développé de nombreuses propositions visant à faciliter la visite à tous les publics, faire dialoguer les disciplines artistiques au sein du musée, découvrir les salles et leurs œuvres de manière insolite et avec un regard renouvelé. Et le succès est au rendez-vous ! La deuxième « Semaine qui donne la patate » pour les familles, en octobre dernier, a attiré plus de 6000 émotions à très haut débit Internet TV HD Téléphone naxoo.ch 0844 822 123 personnes. Les « Visites à tout petits pas », pour les très jeunes enfants, initiée en septembre, sont déjà très fréquentées. Les visites spécialement destinées aux personnes du troisième âge, notamment celles qui vivent dans des institutions spécialisées, sont également une offre récente qui permet à celles et ceux qui ne peuvent plus se déplacer facilement, de venir accompagnés et pour des visites ciblées au MAH. Enfin, des visites et des ateliers sont architectes pour un projet de rénovation et d’agrandissement. Le Conseil administratif a planifié, sous réserve de l’aval du Conseil municipal, une réouverture en 2020, soit 22 ans « seulement », pour un projet essentiel pour Genève. Les informations sont tirées des recherches de David Ripoll, publiées dans la revue du Musée d’art et d’histoire Genava de 1997 ainsi que dans la publication du Centenaire Le Grand Musée. Pour en savoir plus : www.ville-geneve.ch/mah, rubrique Musée en projet proposés aux Maisons de quartier, pendant les temps scolaires et durant les vacances. Tout ceci est possible grâce notamment au généreux soutien de la Fondation genevoise de Bienfaisance Valeria Rossi di Montelera, de la Fondation Hans Wilsdorf et de la Fondation Gandur pour la jeunesse. Pour en savoir plus : www.ville-geneve.ch/mah PUBLICITÉ le réseau qui relie les genevois



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :