Vibration Clandestine n°19 jan/fév 2012
Vibration Clandestine n°19 jan/fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de jan/fév 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Vibration Clandestine Édition

  • Format : (175 x 245) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : le Baron de Vezeline.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Théâtre pluridisciplinaire vibrationclandestine.com/membres/cie_chiloe chiloe.ilot@gmail.com - 04 78 53 15 99 - www.cie-chiloe.com Art Kunst Arte 4 Crédit photo Anne Musslin Cie Chiloé Une petite page pour une grande histoire, Les Habits neufs de l’empereur, de Hans Christian Andersen qui, après le travail d’auteur de Patrick Dubost et la mise en jeu d’Isabelle Paquet, devient La Conteuse et son roi nu. Alors bien sûr, il n’y a pas que ces 2 personnes derrière cette pièce, le reste de la Cie Chiloé est également présent sur ce projet car l’interprétation, la scénographie, la sonorisation et la lumière ne peuvent évidemment pas se gérer à deux. La pièce, La conteuse et son roi nu, met en lumière d’une manière intéressante le fait que certaines personnes préfèrent tout simplement mentir un peu ou beaucoup, au risque de passer pour un inculte... Interview d’Isabelle Paquet (Cie Chiloé) par Vibration Clandestine La Cie Chiloé regroupe bon nombre de personnes, pouvez-vous tout d’abord nous parler de tout ce petit monde ? Le spectacle vivant se crée en équipe. Tout d’abord, un désir naît de créer un spectacle. Si je prends l’exemple de La conteuse et son roi nu, c’est une envie de dire qu’enfant, je me sentais différente. J’étais souvent exclue des groupes, mais en lisant le conte d’Andersen, cela me donnait l’envie d’assumer mes différences. J’ai alors cherché un auteur (Patrick Dubost) qui pourrait adapter ce texte de manière contemporaine. J’ai proposé à une comédienne (Aude Pellizzoni), à une réalisatrice sonore (Chloé Catoire), à une scénographe (Ludivine Defranoux) et à une éclairagiste (Cécile Boudeaux) de travailler avec moi sur ce projet. L’altérité me passionne, bien qu’elle soit difficile à accepter car elle remet en question mes idées et même quelquefois mes convictions. [...] Vous définissez Chiloé comme îlot d’audaces artistiques et pédagogiques, pourquoi ? Chiloé est une île côtière du Chili dans l’Océan Pacifique, où je suis restée quelques temps. Là-bas, il y avait un patrimoine d’églises tout à fait originales, bâties en bois et peintes de couleurs vives. Pour moi, c’est parce que cette île était proche du continent (et donc pas spécialement exotique) que quelque chose de commun (l’église) et en même temps de singulier (leurs constructions et leurs apparences) pouvait y naître. Revenue en France, j’ai souhaité créer un îlot artistique : à la fois participant au monde, ne s’isolant pas de lui, ne le méprisant pas, mais suffisamment protégé et isolé pour qu’un élan artistique particulier puisse émerger. [...] Cet îlot est un endroit de liberté artistique ; liberté qui se cherche à l’écart des conditionnements sociaux et économiques dans lesquels nous vivons. Pouvez-vous nous parler de ce qui se passe dans le royaume de Panelange, l’univers de La Conteuse et son roi nu ? Panelange est un royaume imaginaire dans lequel la conteuse situe son histoire. Elle est obligée d’inventer ce royaume pour répondre à une voix off qui intervient de manière abrupte et désordonnée. Là-bas vit un roi qui adore les habits et qui se laisse berner par deux tisserands prétendant tisser une étoffe que seuls les gens intelligents - ou les cœurs purs - peuvent voir. Chacun clame que les tissus sont magnifiques, bien que ne les voyant pas, de peur de passer pour un imbécile aux yeux des autres. Il nous arrive souvent de dire des choses qu’on ne voit pas, qu’on ne pense pas, pour dire comme les autres, par peur, par paresse ou pour avoir la sensation de ne pas être différent des autres…[...] Finalement cette réflexion colle plus ou moins avec le contexte actuel, celui qui concerne les adultes, non ? Oui, bien sûr ! Nous avons quotidiennement ce type de réaction : nous taire ou dire ce que pense le courant majoritaire, parce que nous avons peur d’être incompris ou stigmatisé comme un empêcheur de tourner en rond. C’est difficile d’assumer son point de vue. Les courants majoritaires de pensée nous sont imposés par les médias, par les politiciens, qui se calent souvent sur ce qui fait plaisir à entendre, ce qui rassure ou entretient nos peurs primitives. Ils se basent sur le plus petit dénominateur commun de compréhension des personnes. À partir de ce constat, cela nous demande un effort de ne pas nous y soumettre. Effort que nous ne sommes pas toujours prêts à engager : celui de chercher, de s’informer auprès de penseurs, philosophes, poètes, d’écritures plus ardues, plus difficiles parce qu’elles reflètent une pensée plus complexe comme l’est notre monde. En plus de vos multiples représentations, vous organisez régulièrement des actions pédagogiques tels des stages de prise de parole en public et entreprise, pourquoi ? En plus d’ateliers théâtraux à destination d’enfants, adolescents et adultes, nous proposons des formations à destination du monde de l’entreprise. C’est une grande richesse que de me confronter à un univers que je connais peu. Je rencontre des personnes extraordinaires, très brillantes et pleines d’humilité par rapport à la matière artistique que je leur propose. Je leur fais travailler les techniques de l’acteur qui leur sont utiles pour mieux appréhender leur métier. Je leur transmets la force de "la parole vraie", tellement plus convaincante que la parole convenue. Je leur dis aussi que les objectifs de l’acteur sont très différents de ceux d’un "bon communicant". L’acteur doit être un "mauvais communicant" : il porte une parole subversive, une vision du monde. Interview complète sur www.vibrationclandestine rubrique Interviews
vibrationclandestine.com/membres/timothee_mathelin tim@futurorg.com - 07 77 34 02 74 - www.futurorg.com Crédit photo Timothée Mathelin Art Kunst Arte Bienvenue dans le futur ou plutôt, bienvenue dans l’univers graphique et futuriste de Timothée Mathelin aka shift. Puissance, courbes aériennes, fantaisies et souci du détail sont au rendez-vous. Cet artiste laisse exploser son imagination à travers ses œuvres qui génèrent de véritables chimères biomécaniques. Il nous prend par le col de chemise et nous jette dans sa fosse aux lions, dans son imagination, dans une sphère abyssale afin de découvrir les méandres de ses civilisations. Cramponnez-vous ! Interview de Timothée Mathelin par Vibration Clandestine Graphiste, photographe, illustrateur etc. Mais qui es-tu et que fais-tu ? Je suis un garçon de 26 ans qui a toujours été marqué par les univers futuristes. Enfant, en me nourrissant de cultures filmique et littéraire, et aujourd’hui encore mais en essayant en plus d’y amener ma patte personnelle, avec la photographie et la retouche photo. Ce qui nous a le plus attiré dans ton travail ce sont tes illustrations graphiques. Quelles sont tes sources d’inspiration et pourquoi ces directions ? Mes sources d’inspiration sont très larges et même un peu floues je crois. Je ne découvre parfois que bien plus tard les choses qui m’inspirent et qui ont pourtant toujours été en moi. Récemment, je me rends compte à quel point je suis porté par l’imagerie des années 80. Tout cet univers glucosé à l’ecstasy, les néons des villes colorés où règnent une moiteur étrange et un romantisme aussi fantasmant que déconcertant…ça a toujours été en moi ce truc mais je commence juste à le comprendre et à l’assumer. C’est bizarre, je n’ai même pas l’impression de retrouver cette influence dans mon travail et pourtant, je ne me nourris que de ça en ce moment … Timothée Mathelin Quelles sont tes méthodes de travail ? C’est sur du coup de tête…Sur du travail pour des clients, je suis ordonné et régulier, mais quand c’est pour moi c’est beaucoup plus anarchique. En gros, ça va être beaucoup de matières photographiques (les miennes la plupart du temps), beaucoup de musique électronique et du Photoshop pendant des heures. Dans certaines de tes œuvres nous retrouvons un esprit très mécanique, équilibré avec une pointe de nature, à travers des personnages ou des animaux, pourquoi ? Oui c’est vrai. En fait, je ne suis pas trop capable d’expliquer mes travaux quand je les crée. Ce sont les gens qui me font pointer sur quelque chose lorsqu’ils me font des retours sur mon travail et c’est à ce moment-là que je l’analyse plus. On m’a souvent fait remarquer cette alliance organique et minérale associée à ces aspects technologique et industriel. Je crois que j’aime bien mélanger l’idée d’une nature immortelle, mais qui continue à vivre avec les dérives de la création humaine… Cybernétique, robotique, post-industrielle… Mais ceci, dans l’absence de l’homme… En fait, je crois que j’aime illustrer des mondes où l’homme est passé mais où il n’est plus… Car il n’est pas capable de s’adapter… Ce qui explique sans doute le mélange naturel/industriel, le tout dans un "équilibre" comme tu le dis en effet. [...] Quel serait ton projet le plus audacieux si tout était permis ? Je ne sais pas si je suis très ambitieux et audacieux sur mon travail, je n’ai pas forcément pensé à des projets extraordinaires par rapport à mes créations. Les choses vont au fil de ce qu’il se passe et des propositions qui me sont faites. Mais j’avoue que je ne serais pas contre de faire la prochaine pochette CD d’Aphex Twin ou d’exposer mes dessins en haut de la plus haute tour de Tokyo… si Aphex Twin nous lit… Photomanipulation 5



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