Vérité n°6 fév/mar/avr 2013
Vérité n°6 fév/mar/avr 2013
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°6 de fév/mar/avr 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 29 Mo

  • Dans ce numéro : « J'ai simulé des viols ! »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
se sont noyés Ma vie… 14 « Mon père et ma fille « Lara était une magnifique petite fille, pleine de vie et d’énergie. Elle respirait la joie de vivre. » Ils étaient partis en famille en vacances au Portugal pour ce qui devait être un bel été. Philippe et Sian avaient emmené leur fille Lara, cinq ans, chez les parents de Sian pour se reposer et profiter de la mer, de la plage et du soleil. Mais un drame inattendu a bouleversé leur vie de famille. « Nous étions restés avec Philippe sur les transats, sur la plage à profi ter du soleil. Lara avait fait sa sieste, comme tous les jours, avec mes parents à côté d’elle. Il faisait beau. C’était une journée parfaite » raconte Sian, avant de sangloter sans pouvoir s’arrêter. « C’était un ange » lâche-t- elle avant de quitter la pièce. La petite fille faisait des pâtés de sable avec ses grandsparents, au bord de l’eau, lorsqu’une terrible vague a fondu sur elle et l’a emportée au loin. Le grand-père, Brian et sa femme, Jill ont alors couru dans l’eau pour la sauver mais le grand-père a été emporté avec elle et la grand-mère a failli mourir noyée elle aussi. Les parents de Lara n’étaient pas loin et ont été alertés par les cris. Ils
ensemble ! » sont arrivés trop tard. Jill O’Dwyer a été sauvée par des pêcheurs qui l’ont ramenée sur la plage, là où les sauveteurs essayaient de ranimer son mari et la petite Lara. Lara Sara Lewis, la grand-mère paternelle de Lara, raconte : « Mon fils m’a appelée et j’ai tout de suite entendu à sa voix qu’il y avait un problème, un gros problème. Il pouvait à peine parler. J’ai su que quelque chose de terrible était arrivé. Il n’arrivait pas à me dire ce qui s’était passé et je ne comprenais pas bien ce qu’il me disait mais je ne pouvais pas le faire répéter. Il n’arrivait tout simplement pas à mettre des mots sur le drame qu’il vivait. J’en avais le cœur brisé. Il parlait d’une vague, d’une énorme vague et de Lara. J’ai compris que la petite s’était noyée. Son grand-père Brian a essayé de la sauver et a nagé vers elle, mais il a été emporté, lui aussi. » Puis elle ajoute : « Lara était une magnifi que petite fille, pleine de vie et d’énergie. Elle respirait la joie de vivre. C’est une véritable tragédie que nous vivons. Et encore aujourd’hui, six mois après le drame, la famille n’arrive pas à s’en remettre. » Sian raconte l’irracontable : « Nous étions là, à quelques mètres, et nous avons entendu des cris. J’ai vu mon père se jeter à l’eau et nous avons couru à en perdre haleine en hurlant, mais nous n’avons rien pu faire… ils étaient partis, emportés par cette énorme vague. » Le commandant Antonio Albuquerque Silva, Chef de la police maritime à Nazaré, a déclaré : « La petite fille jouait avec des coquillages au bord de l’eau. Elle n’était pas dans l’eau mais une vague l’a surprise et l’a entraînée dans la mer. Les grands-parents se sont jetés à l’eau pour tenter de la sauver mais malheureusement le grandpère est mort. C’est une plage non surveillée et elle reste dangereuse. Il y a souvent des accidents mais les panneaux ne servent à rien. On pense toujours que ça n’arrivera pas. » Nuno Carreira, sauveteur enchaîne : « Les vagues étaient mauvaises ce jour-là et nous avions affi ché le drapeau rouge. Nous avions demandé aux gens de ne pas se baigner parce que c’était trop dangereux. Nous ne pouvons couvrir qu’une partie de la longue plage mais les grands-parents sont partis hors de notre vue. Ils étaient à environ 400 mètres en dehors de la zone surveillée. Quand nous avons entendu les cris, avec mon collègue, nous avons couru aussi vite que nous avons pu mais lorsque nous sommes arrivés, nous avons vu des pêcheurs avec la petite fille dans les bras. Elle ne respirait plus et était très pâle. Tout est allé très vite. Et pendant que je lui donnais les premiers soins, mon collègue s’est jeté à l’eau pour aller chercher le grandpère. Nous avons tenté de la ranimer pendant plus d’une heure, mais rien n’y a fait. La grand-mère est arrivée ensuite et elle criait et pleurait. C’était très très triste. » La tragédie s’est passée l’été dernier à Salgado, sur une magnifi que plage à proximité de Nazaré, un ancien village de pêcheurs à environ 130 kilomètres de Lisbonne. Les parents de Sian étaient venus s’installer là depuis leur retraite. Ils rêvaient de soleil et étaient ravis de pouvoir y accueillir leur famille. Depuis le drame, Jill est rentrée en Angleterre et ne se remet pas de ce qui s’est passé. « Ma mère se sent coupable et dit que c’est de sa faute. Les médecins disent que c’est toujours ce qui arrive au survivant d’un drame. Elle pense que c’est elle qui aurait dû mourir. Elle se repasse les événements sans cesse dans sa tête mais personne n’y peut rien et nous ne pouvons revenir en arrière. J’ai perdu mon père et ma fille le même jour, et maintenant je vois ma mère devenir folle et mourir petit à petit alors que je ne peux rien faire, je suis impuissante, comme quand Lara et mon père se sont noyés » raconte Sian. Une tragédie comme il s’en déroule tant, chaque année sur les plages… 15



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :