Vérité n°5 nov-déc 12/jan 2013
Vérité n°5 nov-déc 12/jan 2013
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°5 de nov-déc 12/jan 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : elle a couché pour son animal « Prête à tout pour sauver mon chien ! »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Ma pSY… « Mon fils est p 44 « Plus Nico grandissait, plus je voyais qu’il avait du mal avec son entourage. » Le fils de Nathalie et de Jean a aujourd’hui 6 ans et des problèmes de comportement depuis toujours, semble-t-il. Au début ils pensaient tout simplement qu’ils étaient confrontés à un enfant difficile et que les choses s’arrangeraient. Mais avec la naissance de leur deuxième enfant, aujourd’hui âgé de deux ans, Nathalie et Jean ont dû se rendre à l’évidence : il y a un gros problème avec Nicolas, diagnostiqué comme psychotique par un psy. Nathalie est aujourd’hui une maman désespérée ! nicolas est un enfant qui souffre, mais sa maman, décontenancée par la situation, ne sait plus comment l’aider. Lorsque le petit garçon était bébé, ses parents pensaient que Nicolas était un enfant diffi cile, mais ne lui trouvaient aucune différence avec les autres bébés qu’ils croisaient. Si Nathalie avait eu une grossesse sans souci et plutôt calme, elle était suivie depuis plusieurs années par un psy. Elle se sentait prête à être mère mais ne savait pas s’y prendre avec son nouveau né, et elle a longtemps pensé qu’elle était responsable des colères de son fils, du fait qu’il ne soit toujours pas propre à 5 ans, qu’il se tape la tête contre les murs ou autres
sychotique ! » comportements violents et étranges. Nathalie culpabilisait, Jean ne voulait rien voir et il répétait à qui voulait l’entendre qu’il ne voyait pas où était le problème : aucune discussion n’était possible sur le sujet. « Plus Nico grandissait, plus je voyais qu’il avait du mal avec son entourage. Pour le faire garder, je me débrouillais entre ma mère, ma sœur et mes horaires et je ne me sentais pas le courage de le confi er à une nounou. Les premiers jours d’école ont été très compliqués, et plus il avançait, plus un fossé se créait entre lui et les autres enfants. À la fi n de la grande section de maternelle, on m’a fait comprendre qu’il ne pouvait pas intégrer le CP et il a redoublé. Sa sœur était née, elle était drôle et gaie. Tout le contraire de son frère. Aujourd’hui elle a deux ans et parle, marche et échange beaucoup avec nous, et les problèmes de Nico sont devenus fl agrants. Je consulte moi-même un psy et c’est lui qui m’a dit que mon fils était psychotique et qu’il fallait qu’il voie quelqu’un. Malheureusement je n’ai pas osé lui avouer que mon fils voyait un pédopsy depuis trois ans déjà, mais qu’il n’avait rien décelé d’alarmant. Il va vraiment falloir que nous ayons une discussion avec Jean et j’ai peur de sa réaction. Il ne veut pas qu’on lui dise que son fils a un problème mais cela devient de plus en plus évident. Il est capable de rester prostré plus d’une heure dans son coin, refuse qu’on le touche et après avoir fait ses besoins dans notre lit, c’est maintenant partout dans l’appartement qu’il se laisse aller. Je sens que je suis à bout et qu’il faut faire quelque chose pour cet enfant qui doit souffrir. » L’AvIS DU PSY C’est autour de l’âge de 3 ans, que l’enfant psychotique commence à présenter des troubles du comportement : impulsivité et agressivité sont les principaux symptômes. L’enfant présente bien souvent un retard au niveau mental, et n’arrive pas à s’adapter dans un environnement social. La psychose qui atteint l’enfant entrave son bon développement et son apprentissage. Si les troubles psychotiques infantiles sont souvent dominés par l’autisme, la schizophrénie et la paranoïa en font également partie. Encadrés par des éducateurs, les enfants psychotiques bénéfi cient d’une prise en charge au niveau éducatif (autonomie de l’enfant), mais aussi pédagogique (développement intellectuel) et thérapeutique (développement relationnel). « Leur développement défectueux n’a pas permis aux enfants psychotiques d’élaborer une conduite fonctionnelle et instrumentale ferme. La capacité d’établir des relations d’objet ne se met jamais bien en place. Le sujet n’accède pas à la possibilité de se servir des objets réels pour en tirer satisfaction. Le plaisir et les actes physiologiques qui le suscitent dépendent en effet, à l’origine, de mécanismes distincts. Le plaisir n’est pas assuré mais une liaison doit s’établir entre la capacité de plaisir et l’acte. Boire du lait et y prendre plaisir sont deux processus différents qui doivent s’étayer l’un sur l’autre. Chez le futur psychotique, cet ajustage ne se fait pas ou se fait mal. L’alimentation, les autres actes, physiologiques ou encore relationnels, sont accomplis sans plaisir, sans participation authentique de l’enfant. Celui-ci cherche son plaisir ailleurs. Comme l’écoulement d’un fi let d’eau est dévié par un obstacle posé sur son chemin, l’évolution de l’enfant psychotique est entravée et détournée. L’enfant psychotique trouve ainsi des dérivatifs et il découvre des possibilités de manipuler son corps et ses fonctions corporelles en marge, sinon à contre-pied du fonctionnement et du développement habituels », nous explique Paul Wiener, auteur de La Psychose de l’enfant à la première consultation. 45



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