Vérité n°5 nov-déc 12/jan 2013
Vérité n°5 nov-déc 12/jan 2013
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°5 de nov-déc 12/jan 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : elle a couché pour son animal « Prête à tout pour sauver mon chien ! »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« j’ai été désc Ma pSY… 40 « J’ai été déscolarisée et je ne sais pas comment revenir dans le circuit. » En classe de troisième, Aurélie n’aime pas les cours, s’ennuie et ne comprend rien à rien. Elle sèche les cours, de plus en plus. L’école est de plus en plus synonyme de prison pour elle. Jusqu’à ce qu’en milieu de son année scolaire de seconde, elle décide d’arrêter l’école. Ne faites pas la même erreur que moi ! quand j’étais en troisième je n’aimais pas du tout les cours, je n’y allais pas souvent ou quand j’y allais, je faisais n’importe quoi. À la fi n de l’année je n’ai pas eu mon brevet, et je ne voulais pas aller en CAP petite enfance ou BEP sanitaire et social. Je suis passée en seconde générale, moi qui avais 9 de moyenne. Je voyais des sourires sur tous les visages, et moi je pleurais. Ma mère savait que j’allais sécher les cours, elle ne m’a pas empêchée d’arrêter l’école. Je n’écoutais rien de toute façon. Sur le coup ça m’allait bien, j’étais contente de faire ce que je voulais, faire des conneries, jeune fille encore immature. Puis j’ai rencontré mon copain qui est militaire et qui a 10 ans de plus que moi. Il m’a aidée à remonter la pente, j’étais tombée plus bas que
olarisée ! » terre, une vraie délinquante. J’ai compris que j’avais fait des erreurs mais impossible de revenir en arrière, c’était trop tard, le passé reste le passé. La période 2011-2012 a été une année sabbatique pour moi, je restais à la maison tous les jours, puis mon copain m’a motivée. J’ai cherché un emploi, mais je n’ai rien trouvé. Pas un seul patron ne m’a laissé de l’espoir, ils m’ont tous jetée. Ils me demandaient mes qualifi cations, mais comment voulez vous que j’aie un CAP si je ne trouve pas une société pour effectuer mon CAP ? Aujourd’hui, je me sens rejetée par tout le monde. J’ai fait une erreur que je regrette. J’ai été déscolarisée et je ne sais pas comment revenir dans le circuit. J’ai tout essayé pour cette année, tout, fast foods, garder des enfants, faire les ménages je n’ai rien trouvé. Je commence à baisser les bras. Ne faites donc pas l’erreur de quitter les cours parce que vous en avez marre ou que vous pensez reprendre plus tard parce que PLUS tard, c’est malheureusement TROP tard... » L’AvIS DU PSY Les causes les plus fréquentes de déscolarisation sont d’une part les familles en diffi culté et un manque de cadre éducatif, des troubles anxieux ou des troubles de l’humeur. Dans le cas d’un manque de cadre familial ou éducatif, le jeune élève n’a pas intégré la notion de respect de l’adulte, qu’il s’agisse de ses parents ou de ses professeurs, comme dans le cas d’Aurélie. Le jeune veut satisfaire ses plaisirs et désirs immédiats : il s’embête à l’école et préfère rester chez lui ou sortir avec ses copains. Dans le cas d’un trouble anxieux, le jeune est pris de panique, souffre d’anxiété sociale majeure, d’agoraphobie ou de trouble obsessionnel compulsif (TOC). A partir d’une évaluation clinique et d’un diagnostic, des soins spécifi ques peuvent débuter en centre médicopsychologique et amener rapidement à une guérison, puis au retour logique à l’école. Dans le cas d’un trouble de l’humeur, il s’agit bien souvent d’une dépression qui peut conduire à une déscolarisation, faisant suite à un isolement social avec repli sur soi, des troubles somatiques (maux de ventre par exemple en lien avec la dépression), un échec scolaire, et une tristesse avec perte de l’élan vital (le tonus, l’envie d’entreprendre). Le diagnostic conduit à une prise en charge rapide en psychothérapie, et parfois l’adjonction d’un traitement antidépresseur. En quelques semaines, parfois moins, un retour à l’école est possible, en parallèle avec l’amélioration clinique. Un nouveau trouble vient souvent s’associer à cette dépression depuis ces deux dernières années et sa fréquence augmente rapidement : la cyberaddiction ; forme d’abus et de dépendance aux jeux vidéos, conduisant à une insomnie, un isolement du monde réel avec déscolarisation progressive, afi n de passer plus de temps devant l’écran. Dans tous les cas, les parents ne doivent pas baisser les bras mais aider le jeune à rentrer dans le droit chemin, quitte à trouver des solutions avec une équipe psychologique ou socio-éducative. La solution peut être un autre chemin que celui de l’école mais il ne faut surtout laisser le jeune gérer lui-même son emploi du temps car il privilégiera la grasse matinée, la télé, les jeux vidéos, les copains à toute action l’aidant à trouver sa place dans la société. Surtout, il ne faut pas qu’il pense qu’il peut faire ce qu’il veut, car il s’y perdra. 41



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