Vérité n°5 nov-déc 12/jan 2013
Vérité n°5 nov-déc 12/jan 2013
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°5 de nov-déc 12/jan 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : elle a couché pour son animal « Prête à tout pour sauver mon chien ! »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Ma vIe… 20 20 « j’ai été abusée et agressée s par le grand mé Daniela Delmondes, 32 ans a été la victime malheureuse d’Antonio Gobbato, un escroc qui a travaillé à Londres entre août 2009 et juin 2010. L’homme se faisait passer pour un médecin spécialisé en massages, homéopathie, iridologie (science qui s’appuie sur le décryptage de l’œil), acupuncture et l’utilisation des herbes médicinales. Il n’avait cependant aucune qualifi cation médicale et n’était qu’un escroc qui a abusé de nombreuses personnes. Portugais d’origine, Antonio Gobbato sévissait parmi les communautés portugaises et brésiliennes de Londres, en raison du lien linguistique et culturel qui existait entre eux. Il a ainsi pu se faire une clientèle discrète et fi dèle, grâce au bouche à oreille. Daniela fut l’une de ses nombreuses victimes, mais l’une des seules qui eut le courage de parler et de témoigner à visage découvert.
chant loup ! » exuellement La police redoute cependant qu’il ait fait bon nombre de victimes qui ne témoigneront jamais, soit par honte, ignorance de leurs droits, ou parce qu’elles se trouvent en situation irrégulière et qu’elles ont peur d’aller voir les autorités. Antonio Gobbato a été arrêté en juin 2010 grâce au témoignage de Daniela Delmondes et la police craint qu’il ne se soit occupé de plus de 700 personnes en tout. Elle a mené une enquête de plus de deux ans pour retrouver les anciens « patients » du faux médecin. En juin a enfi n eu lieu le procès de Gobbato et il a été reconnu coupable de cinq chefs d’agression sexuelle, de deux chefs de tentative de fraude et un chef de fraude pour s’être fait passer pour un médecin. Il est maintenant derrière les barreaux pour un long moment. Daniela raconte comment elle a aidé la police dans son enquête : « J’ai demandé publiquement aux autres victimes de cet escroc de se faire connaître auprès de la police. Ce fut très diffi cile pour moi d’apparaître à visage découvert et de reconnaître publiquement qu’il m’avait violentée sexuellement. Vous savez, chez moi, nous sommes très pudiques, et ce fut un vrai déchirement, une vraie douleur. » Même maintenant que le procès est passé, Daniela continue de mener la parole dans sa communauté car il n’est pas trop tard pour se faire connaître en tant que victime. Elle a trop souffert pour ne pas savoir par quoi passe une femme qui se fait abuser. La colère, la honte puis le dégoût sont des sentiments qu’elle ne connaît que trop bien. « Trois femmes sont venues témoigner après moi au procès mais j’ai peur qu’il y ait d’autres victimes. La police avance le nombre d’une centaine de femmes. Elles ont besoin de savoir qu’elles peuvent obtenir réparation de la justice. Il ne faut pas enterrer les faits et se taire. C’est trop grave ! » dit-elle en étouffant un cri. Daniela, créatrice de mode, a courageusement renoncé à son anonymat pour témoigner. « Ce monstre m’a laissée humiliée et désemparée. J’ai peur maintenant, tout le temps, mais je sais qu’il est derrière les barreaux pour un bon moment et c’est un énorme soulagement. Mais pour tout vous dire, j’aurais aimé qu’il y passe le restant de ses jours. » La jeune femme, brésilienne, avait été voir le soi-disant docteur Gobbato sur les conseils d’une connaissance, suite à une opération de chirurgie esthétique. « J’avais besoin d’un massage pour me soulager des douleurs des suites d’une chirurgie esthétique et c’est alors qu’il a commencé à me faire des choses… très particulières. J’étais effrayée et je n’ai rien osé dire sur le moment. J’avais juste honte. Il a vu ma gêne et m’a alors affirmé qu’il ne fallait pas que je sois gênée, que c’était une pratique courante en médecine et qu’il faisait cela avec beaucoup de ses patientes. Je ne savais plus quoi penser mais au fond de moi, je savais bien que ce n’était pas normal. Il m’a prescrit des massages sur plusieurs séances mais je ne voulais pas y retourner. Je me sentais humiliée. » Elle conclut : « Aujourd’hui je sais que c’est Gobbato qui devrait avoir honte et pas moi, ni les autres femmes qu’il a traitées. » Antonio Gobbato s’est fait passer pour un médecin pendant plus d’un an et a même réussi à convaincre la maman d’une petite fille malade de lui payer des vacances en Italie pour accompagner la famille, disant que la petite fille ne pouvait pas se passer de ses soins pendant son congé. C’est un véritable escroc qui a utilisé la détresse de gens en diffi culté. Il se qualifi e lui-même de « grand méchant loup », dans un courrier qu’il a adressé à un « collègue » médecin : c’est devenu son nouveau surnom. « J’ai demandé publiquement aux autres victimes de cet escroc de se faire connaître auprès de la police. » 21



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