Vérité n°5 nov-déc 12/jan 2013
Vérité n°5 nov-déc 12/jan 2013
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°5 de nov-déc 12/jan 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : elle a couché pour son animal « Prête à tout pour sauver mon chien ! »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Ma vIe… « j’aurais pu tuer t « Ce n’étaient que les premiers signes de Troubles Obsessionnels Compulsifs dont je souffrais. » Le soir, elle était capable de se mettre 40 fois de suite dans son lit, jusqu’à ce que ce soit fait parfaitement, après avoir lavé ses dents six fois et s’être coiffée autant de fois. Ce n’était pas mieux le matin car elle devait se lever à exactement la même heure et poser ses deux pieds en même temps sur le sol. « Ce 14 n’étaient que les premiers signes de Troubles Obsessionnels Compulsifs dont je souffrais. J’avais 7 ans et cela allait empirer. » Aujourd’hui âgée de 27 ans, Charlotte reconnaît que ses rituels de coucher ou de lever n’étaient pas les pires : « J’ai commencé à avoir des pensées très négatives et à voir des images dans lesquelles je faisais mal aux membres de ma famille. » De Aujourd’hui Charlotte Ayley-Smith pense être guérie. Ce qui ne l’empêche pas de croire qu’elle aurait pu aller jusqu’à tuer sa fille : aux prises avec des TOC, sa vie était devenue un vrai cauchemar. telles pensées sont fréquentes chez les personnes qui souffrent de TOC, mais peu osent l’avouer et le dire. Ils ont en général trop peur de se confi er à leur entourage. « Je ne savais pas comment gérer ces pensées et encore moins à quoi elles étaient liées, » raconte Charlotte, qui vivait à l’époque avec son frère aîné et sa mère, ses parents étant divorcés. « Presque chaque jour je recevais comme des fl ashes d’images. Je me voyais poignarder mon frère ou ma mère. » Charlotte panique, d’autant plus qu’elle est somnambule. « J’ai alors pensé que je pourrais saisir un objet et leur faire mal avec, dans une crise de somnambulisme. Je me voyais les frapper avec des objets lourds et leur écraser la tête. » Charlotte essaie de contrôler ses pensées et d’arrêter les images, mais elle n’y peut
oute ma famille ! » rien. Elles reviennent de plus en plus souvent, et elle prend peur. Elle éloigne de sa chambre tout objet lourd ou pointu. « J’avais l’habitude de mettre des vêtements ou des objets devant ma porte pour que cela fasse du bruit si je me réveillais. Je tentais de trouver des moyens pour ne pas faire de mal à ma famille. » Charlotte n’ose pas parler de « ses visions » mais elle a maintenant 13 ans, et son quotidien devient très diffi cile. Elle commence alors à s’automutiler. « J’ai acheté un canif pendant un voyage scolaire en Autriche et je m’en servais pour me gratter la peau jusqu’à me faire saigner. Chaque fois que j’avais une pensée négative et que je me voyais faire du mal à quelqu’un, je me coupais à la place. Personne n’en a jamais rien su puisque je portais toujours des hauts à manches longues. » Charlotte souffre énormément, et prie chaque soir pour que ses pensées s’arrêtent. À 15 ans, Charlotte décide d’aller vivre chez son père et c’est à cette époque que les rituels communément associés aux TOCs ont commencent à dégénérer. « Mon père travaillait beaucoup et souvent très tard ou était en déplacement. Je me retrouvais donc souvent seule à la maison. Je suis alors devenue obsédée par tout. Je vérifi ais 20 fois, 50 fois, parfois jusqu’à 100 fois s’il n’y avait pas de fuite de gaz ou si le four était bien éteint. C’était la même chose tous les soirs ou lorsque je devais quitter la maison. J’avais peur que nous ne nous fassions cambrioler et je comptais 50 fois que la porte était bien fermée. De plus, il fallait toujours que je répète les mêmes gestes dans le même ordre et exactement de la même façon, sinon je devais recommencer. » Charlotte est alors à l’université et elle travaille à temps partiel, mais toutes ces vérifi cations et ces rituels l’épuisent, et elle commence à ne plus beaucoup dormir. C’est alors qu’un ami qui effectue des rituels similaires aux siens est diagnostiqué comme souffrant de TOCs. Charlotte se dit qu’elle doit souffrir de la même chose sans toute fois expliquer ses pensées négatives. « J’avais peur de nuire à mon père, mais c’était complètement illogique car mon père est énorme. Il fait deux fois mon poids et mesure plus de 30 cm que moi, mais je ne pouvais pas arrêter de me voir le poignarder. » C’est alors qu’elle rencontre Luke. Elle a 20 ans et est une belle jeune fille malgré sa maladie. « Ce fut le coup de foudre, lors d’une soirée avec des amis. » Après quatre mois de relation, Charlotte tombe enceinte et trois mois plus tard, son père leur donne de l’argent pour qu’ils s’installent ensemble. Luke travaille la nuit et Charlotte se couche seule le soir, ce qui lui permet de garder secrets ses rituels de coucher. Elle arrive à lui cacher sa maladie mais les choses se compliquent quand elle donne naissance à sa fille. Pour la jeune maman, le bonheur est de courte durée. « Dès que je suis rentrée de la maternité avec Jess dans les bras, j’ai développé toutes sortes de rituels. Je comptais le nombre des respirations qu’elle avait toujours en groupes de quatre, mais si l’une de ces quatre respirations était un peu différente, je recommençais à compter. » Faire un biberon pouvait prendre des heures. « Si une bouteille de lait n’était pas droite, je devais tout recommencer. » Puis Charlotte a commencé à avoir de nouvelles pensées négatives, dirigées cette fois envers sa fille, alors que celle-ci venait d’avoir six mois. « Je savais que jamais je ne ferais de mal à ma fille et je pensais que je devenais folle. J’ai fi ni par de moins en moins m’occuper d’elle tellement j’avais peur de lui faire du mal. Je cachais les ceintures et les couteaux et j’étais terrifiée et horrifiée des pensées que je pouvais avoir. » Charlotte pense alors à son ami qui souffrait de TOCs et commence à se renseigner. Elle apprend alors que les « pensées intrusives » sont liées à la maladie. « J’avais un début d’explications mais il fallait que j’agisse. Je me suis rendue à l’hôpital où ils ont diagnostiqué un TOC et une dépression. J’ai pris un médicament et j’ai commencé une thérapie comportementale cognitive pour apprendre à faire face à mes pensées intrusives. » Aujourd’hui Charlotte est sortie de son cauchemar et sait mieux gérer son quotidien. Elle a avoué à sa famille et son entourage ce qu’elle vivait depuis son enfance. Luke et sa famille, loin de la juger, ont juste été dévastés de ne rien avoir vu et de ne pas avoir su l’aider. Elle a avoué qu’elle avait peur qu’on la sépare maintenant de sa fille, mais son homme a su la rassurer : « Luke m’a assurée de son soutien et il m’a demandé de lui dire à chaque nouvelle pensée et qu’il raisonnerait avec moi pour m’aider à m’en sortir. Je suis tellement heureuse de l’avoir rencontré ! » Aujourd’hui Charlotte raconte son histoire pour faire connaitre les symptômes du TOC et pour que d’autres jeunes ne souffrent plus en silence. 15



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