Vérité n°4 aoû/sep/oct 2012
Vérité n°4 aoû/sep/oct 2012
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°4 de aoû/sep/oct 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 26,9 Mo

  • Dans ce numéro : « J'ai perdu 60 kilos grâce au sexe ! »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« Je n’aime pa 40 Ma pSy… « Je n’aime pas ma mère. Ce n’est pas facile à dire, mais c’est une vérité. C’est une névrosée qui dit aimer ses enfants... » Aimer sa mère, aimer ses enfants, voilà le schéma traditionnel de la famille, pourtant bien souvent mis à mal. Si dire qu’on n’aime pas ses parents est souvent mal vu dans notre société moderne, force est de constater que certains enfants ont eu des expériences perturbantes qui font qu’ils s’éloignent de leur géniteurs dès que possible et coupent définitivement les ponts avec eux. Stephen, en pleine révolte... je n’aime pas ma mère. Ce n’est pas facile à dire, mais c’est une vérité. C’est une névrosée qui dit aimer ses enfants mais qui en est profondément indigne. Aujourd’hui, je sais que c’est à cause d’elle si j’ai eu une enfance horrible, elle a essayé de me modeler sur son modèle, reproduire son propre échec sur ma personne. Elle s’est toujours déresponsabilisée quand un problème survenait. Ce n’était jamais de sa faute et bien souvent, quand j’étais plus petit, je me remettais en question, et pensais alors que c’était de la mienne. À cause d’elle, je suis une personne en révolte mais pas du tout sûr de moi. Heureusement que j’ai
s ma mère » des amis, des vrais pour me soutenir, parce qu’elle, elle n’a jamais été vraiment là quand j’en avais besoin. Je pense qu’elle a de vrais problèmes psychiatriques car elle n’est pas capable d’agir rationnellement. Elle est castratrice au possible, n’écoute pas quand on lui parle et peut mentir effrontément en disant une chose et son contraire dans la même phrase, et maintenir son mensonge même si on lui prouve qu’elle a tort. Elle rentre alors dans des colères si folles qu’on pourrait la croire enragée. Elle est manipulatrice et égoïste. Elle a déjà fait pleurer des amies qui étaient venues chez moi pour un travail d’équipe. Elle est intolérante et a le don de contaminer tous le monde avec ses problèmes. Elle est très compliquée et rien n’est clair dans sa tête. Elle n’a pas de classe et s’est déjà battue avec ma tante le jour de mon anniversaire. Elle a le don de gâcher les bons moments et de rendre sale les belles choses. Elle n’a pas d’autocritique et croit aux solutions magiques comme les médicaments, l’astrologie ou la voyance. Je pense qu’un fils doit aimer sa mère pour ce qu’elle est, mais là avec les derniers événements je peux dire qu’elle vient de dépasser le point de non-retour. Cela fait dix ans qu’elle dit qu’elle est malade et qu’elle ne veut plus travailler, alors elle est toujours à la maison à me surveiller. J’ai 23 ans et j’en ai marre. Elle ne fait jamais à manger et lorsqu’elle fait les courses, c’est n’importe quoi. J’ai deux sœurs plus âgées qui sont parties depuis bien longtemps, mais je ne me sens pas responsable d’elle. Dernièrement elle passe toutes ses journées en pyjama et sort de sa chambre uniquement pour m’empêcher de sortir ou pour venir m’énerver avec ses problèmes. C’est vraiment devenu invivable. C’est un peu comme si j’étais son souffre-douleur. Alors je vais partir le plus tôt possible car je souffre vraiment à ses côtés. J’ai besoin de me construire loin d’elle et chercher tout seul mes propres repères. L’AVIS DU PSY « Une mère, ça reste socialement sacré, assure la sociologue Christine Castelain-Meunier, et se dire que l’on a une mauvaise mère, ça peut détruire, affirme le psychanalyste Alain Braconnier. Vous imaginez, elle vous a donné la vie, elle aurait donc le pouvoir de vous donner la mort… C’est le mythe de Médée, l’infanticide. » « Quand l’enfant est tout petit, sa maman est un être idéal, capable de subvenir à tous ses besoins, rappelle la psychologue Danielle Rapoport, auteure de La Bien-Traitance envers l’enfant. Lorsqu’il se rend compte qu’elle est imparfaite, le choc est brutal. Plus la relation est mauvaise, plus l’impact est violent, et génère parfois un ressentiment profond qui confi ne à la haine et nous avons tous connu ces moments de violente colère contre notre mère, parce qu’elle n’a pas satisfait un désir, parce qu’elle nous a déçus ou blessés. Nous nous sommes tous dit, en serrant les poings très fort : « Je la déteste. » C’est même un passage obligé : « Ces moments d’hostilité font partie du développement de l’enfant, explique Alain Braconnier. Tout va bien s’ils sont ponctuels. En revanche, s’ils s’installent dans la durée, c’est plus problématique. C’est souvent le cas avec les enfants de mères narcissiques, dépressives, trop exigeantes ou abandonniques. » Et quand les relations sont trop douloureuses, la prise de distance devient cruciale. Les enfants blessés se lancent alors dans la quête de l’indifférence pour se protéger de cet affectif mal dirigé, mal compris et mal exprimé. 41



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