Vérité n°3 mai/jun/jui 2012
Vérité n°3 mai/jun/jui 2012
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°3 de mai/jun/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 22,2 Mo

  • Dans ce numéro : « Mon fils couche avec une femme plus âgée que moi. »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« Mon mari es 42 Ma pSY… « Ce n’est pas l’homme que j’ai aimé et épousé. J’ai du mal à le dire, mais il me dégoûte et il me fait honte aussi, bien souvent. Je refuse de plus en plus d’invitations » Aujourd’hui, l’alcoolisme est vrai phénomène de société. S’il touche une majorité d’hommes, les femmes sont de plus en plus concernées par le phénomène. Il existe plusieurs degrés d’alcoolisme, le plus inquiétant étant la dépendance qui est très dure à soigner, d’autant plus que les personnes concernées refusent de l’accepter. La situation est pourtant bien difficile à vivre pour l’entourage de l’alcoolo-dépendant. marie, femme de René et mère de Lucien et Séverine « René à commencé à boire, comme tout le monde, dans les dîners entre copains, les soirées foot et parfois avec ses collègues de bureau, après le travail. » Mariée depuis 12 ans avec René, Marie s’entendait bien avec son mari et a décidé, à la naissance de son aîné, Lucien, de quitter son travail de secrétaire pour rester à la maison s’occuper des enfants. « En fait, aujourd’hui je me demande si c’était le bon choix et si ça lui a convenu. » Petit à petit, Marie se pose des questions. « Il rentrait de plus en plus tard et je voyais bien qu’il n’était pas toujours très frais. » René se met à boire, de plus en plus, tous les jours, pour un oui et pour un non. « Avant il ne buvait à la maison que quand nous avions des invités mais je
t alcoolique » crois, maintenant, que pour lui, inviter des gens lui permettait de boire comme si de rien n’était. Maintenant, il rentre du travail tard et a déjà fait un tour au bar du coin, je le sais. En plus, il boit jusqu’à une demi bouteille de whisky quand il est à la maison. Quand je lui en parle, il me dit que je divague et me dit de le laisser tranquille. Bien évidemment, très rapidement j’ai eu droit à la réfl exion « C’est pas toi qui bosses et qui ramènes l’argent alors laisse-moi un peu de liberté et faire ce que je veux de mon fric. » Il faut dire que l’alcool grève nos fi nances et que les fins de mois deviennent diffi ciles. Je n’arrive pas à entamer le dialogue. Il devient violent et m’insulte, alors je préfère me taire mais je ne veux pas que les enfants voient leur père se tuer à petit feu. Ce n’est pas l’homme que j’ai aimé et que j’ai épousé. J’ai du mal à le dire, mais il me dégoûte et il me fait honte aussi bien souvent. Je refuse de plus en plus souvent les invitations et je n’invite plus personne. J’ai plusieurs fois refusé de dormir dans le même lit que lui, mais il m’a forcée et j’envisage maintenant de partir avec les enfants. Le gros problème, c’est que je n’ai pas de revenu et que je ne sais pas où aller, et puis j’ai peur de sa réaction. De toute façon, je reste dans l’angoisse de son retour à la maison tous les soirs. Je ne sais jamais à quelle heure il va rentrer et dans quel état. » Marie semble à bout et avoue qu’elle rêve juste d’une vie normale pour sa famille, elle est stressée et se sent coupable. « Je pense que je ne lui apporte pas la vie qui lui convient alors il s’évade dans l’alcool. D’ailleurs il m’a plusieurs fois insultée en me traitant de bonne à rien, de mémère et de mauvaise épouse. Tout cela devant les enfants. » Marie s’effondre alors en larmes. « La moindre remarque prend des proportions démesurées et je vis maintenant avec la peur au ventre. S’il ne lève pas vraiment la main sur moi, il m’a quand forcée plus d’une fois à avoir des rapports sexuels et à faire des choses que je refusais jusqu’alors. » Il reste à Marie de se décider à le quitter ou à arriver à lui faire comprendre qu’il est malade et qu’il faut qu’il se soigne. L’AvIS Du pSY L’alcool n’est pas qu’un problème individuel et a de graves conséquences sur une famille. En général, de nombreuses disputes éclatent, les personnes s’éloignent, et l’alcoolique a souvent un sentiment de honte ou d’abandon de son entourage. Le problème, c’est que bien souvent il minimise ou réfute sa maladie, car c’est une vraie maladie qu’il faut considérer comme telle. La problématique est d’autant plus complexe qu’elle concerne un membre de la famille qu’on ne peut isoler et laisser pour compte. Outre les disputes, l’alcool peut mener à la maltraitance, c’est-à-dire à un comportement brutal envers un être plus faible. Ainsi, les enfants vivant auprès d’alcoolo-dépendants sont fréquemment victimes de maltraitance. Celle-ci peut être verbale, physique ou due à une inattention ou un manque d’intérêt. Dans tous les cas, ces carences auront un impact négatif sur l’enfant et son développement. Le conjoint et les enfants de l’alcoolique vivent un grand sentiment de culpabilité. Ils reprennent espoir lorsque la consommation diminue mais le désespoir revient lorsque celle-ci augmente. À cela s’ajoute la peur des réactions de l’alcoolique et des conséquences que cela peut avoir au sein de la famille. On appelle les personnes qui vivent à proximité d’alcoolo-dépendants ou qui partagent son quotidien des co-alcooliques, et même sans boire, ces personnes développent bien souvent des troubles psychologiques propres aux alcooliques notamment sur le système nerveux. Alors comment sortir de ce cercle infernal ? La réponse est sans appel : « Des structures existent pour aider les alcooliques et ne pas les dénoncer, c’est les laisser livrés à eux-mêmes et donc les maintenir dans leur état, sans les mettre face à leurs responsabilités. » Ce qu’il faut savoir avant d’entamer une cure de désintoxication, c’est qu’à l’avenir, pour les alcoolodépendants, la lutte sera quotidienne et que le sujet ne pourra en aucun cas retoucher à un verre d’alcool. « Le sevrage alcoolique n’est pas l’objectif du traitement mais le moyen d’y parvenir. Ce n’est que le premier pas. La fi nalité d’une cure doit être le maintien de l’abstinence. » 43



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