Vérité n°3 mai/jun/jui 2012
Vérité n°3 mai/jun/jui 2012
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°3 de mai/jun/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 22,2 Mo

  • Dans ce numéro : « Mon fils couche avec une femme plus âgée que moi. »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« Mon père es 24 Ma Vie… « Issu de la DDASS, mon père n’a pas de famille. Il a toujours dû se débrouiller par lui même… » Son papa, c’est le plus grand, le plus beau, le plus, fort. Mais il arrive que derrière le bon père de famille se cache un gangster. Il devient alors compliqué de combiner vie de famille et activité illicite. Pierre, 18 ans, a découvert par hasard que son père, Didier, était un dealer. « J’ai un super papa. Il s’est toujours super bien occupé de nous. Très présent, il jouait toujours avec nous, suivait notre scolarité, nous organisait des Noël magiques, il n’y avait vraiment rien à redire. Surtout que tout n’a pas toujours été facile pour lui. Issu de la DDASS, mon père n’a pas de famille. Il a toujours dû se débrouiller par luimême. Quand ma mère est morte, ça a été un gros coup dur pour moi, mes frères et sœurs et aussi pour lui. Il devait désormais tout assumer tout seul. Ouvrier à l’usine, il ne gagnait pas beaucoup d’argent mais suffi samment pour nous offrir tout ce dont nous avions besoin. Il travaillait beaucoup pour sa famille jusqu’à faire passer son bien-être au second plan. Après le décès de ma mère,
t un dealer » on a réussi à s’organiser une petite vie bien à nous. Même si tout n’était pas rose, on faisait avec et tout roulait. À croire que rien ne lui serait épargné, mon père a perdu son emploi. D’un naturel optimiste, il se disait qu’avec son chômage, il aurait le temps de retrouver un travail et que fi nancièrement on pourrait s’en sortir. Sauf qu’à 49 ans, ce n’est pas toujours facile de retrouver du travail. Plus les mois passaient, plus notre situation devenait délicate. En fi n de droits, mon père nous a annoncé qu’on devait déménager pour un appartement plus petit. Pour les repas, c’était pâtes ou patates. Pas question non plus de partir en vacances. On se serrait vraiment la ceinture mais on s’aimait tous et on se soutenait. Un jour, il nous a annoncé en grande pompe qu’il avait trouvé un nouveau travail. C’était la fête à la maison ! On allait enfi n sortir la tête de l’eau. Quand on a demandé à mon père de quoi il s’agissait, il nous a tout simplement dit qu’il avait décroché un poste de commercial. L’explication nous suffi sait et on était contents pour lui. Avec son premier salaire, il nous a gâtés comme jamais. Tout le monde a reçu des cadeaux plus beaux les uns que les autres. On lui a dit qu’il était fou, qu’il devrait économiser mais rien à faire, il voulait nous faire plaisir après ces mois diffi ciles. Très vite on a re-déménagé. Du jour au lendemain on vivait grand train. Nouvelle voiture, vacances de rêve, nouveaux vêtements, plein d’argent de poche, on trouvait tout ça super mais moi, je me disais que quelque chose clochait. » Du JOuR Au LeNDeMAIN, LeuR TRAIN De vIe A RADICALeMeNT CHANGÉ « Mon père avait l’air de gagner énormément d’argent mais ses horaires de travail étaient vraiment bizarres. Il était souvent à la maison et partait dès qu’on l’appelait sur son portable à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Il avait aussi toujours beaucoup de liquide sur lui. Quand je lui demandais pour quelle entreprise il travaillait et ce qu’il vendait, il restait toujours très évasif. J’ai voulu fouiner à la maison un soir où il n’était pas là mais la porte de sa chambre était fermée à clé. Je commençais vraiment à m’inquiéter. À chaque fois qu’il venait me chercher à l’école, tous mes potes venaient lui dire bonjour. Mais comment mon père était devenu la coqueluche de mes copains ? Ok, il est sympa mais quand même. Quand je lui ai demandé comment ils se connaissaient, il me disait qu’à force de venir me chercher il avait appris à les connaître. Tout ça était vraiment étrange. J’en ai parlé à mon meilleur ami qui m’a dit que mon père leur vendait de l’herbe. Je suis resté sans voix. Mais comment mon père avait-il trouvé de l’herbe ? Je ne comprenais rien. Mais j’ai rapidement fait le rapprochement entre notre nouveau train de vie et sa nouvelle activité. Il fallait que je sache. J’ai attendu que mon père sorte et j’ai forcé la porte de sa chambre. Je n’en croyais pas mes yeux. C’était le repère d’un dealer. Il y avait de tout : herbe, cocaïne, ecstas, des balances, des liasses de billets, etc. Étant l’aîné, j’ai tenu mes petits frères et sœurs à l’écart de tout ça. Quand mon père est rentré, je l’attendais dans sa chambre. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il comprenne que j’avais tout découvert. Il vendait de la drogue et à mes amis en plus. J’étais en colère. C’était dangereux, tout pouvait s’arrêter du jour au lendemain, sans compter que c’est complètement illégal. Je lui ai demandé d’arrêter mais il n’a pas voulu. Il n’avait pas de boulot et le mec qui l’avait branché sur ce coup là était selon lui tombé du ciel. Pour moi il venait plutôt des enfers. Je ne pouvais rien faire pour l’en empêcher. On n’avait aucun autre moyen de vivre. La seule chose sur laquelle je n’ai pas cédé c’est qu’il ne devait plus vendre de la drogue à des mineurs et en particulier mes amis. Il était d’accord. Depuis ce jour quelque chose s’est brisé. Je ne suis plus fi er de lui comme avant. Je sais qu’il se donne du mal mais j’ai peur à chaque fois qu’il sort. Je n’envisage plus l’avenir de notre famille de la même manière. » « La seule chose sur laquelle je n’ai pas cédé c’est qu’il ne devait plus vendre de la drogue à des mineurs et en particulier mes amis… » 25



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