Vérité n°2 mar/avr 2012
Vérité n°2 mar/avr 2012
  • Prix facial : 1,90 €

  • Parution : n°2 de mar/avr 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 27,7 Mo

  • Dans ce numéro : prête à tout pour s'en sortir... « Je me suis mise en vente sur Internet ! »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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38 L’affaire An EXTRAORDINAIRE… bolcheviks, continua de se cacher. Elle fi nit par épouser un des frères, dont elle eut un enfant en décembre 1918. Peu après, son mari, reconnu dans la rue par des agents bolcheviques, fut arrêté et exécuté comme déserteur. L’enfant lui fut retiré pour être confi é à une autre famille et Serge son beau-frère, décida de la conduire à Berlin, ou elle serait plus en sécurité. Elle pensait alors pouvoir rejoindre sa tante, la princesse Irène de Prusse. Mais, le jour même de leur arrivée, en février 1920, Serge disparaît à son tour. Elle hésite alors à se rendre au Palais de peur que personne ne la reconnaisse, vêtue de simples vêtements des rues, et que l’on apprenne qu’elle avait eu un enfant hors des liens sacrés du mariage. À bout de fatigue et de désespoir, Anastasia avait alors décidé d’en fi nir et se jetait dans le canal. Son histoire rend un tel son de vérité que bien des exilés de la noblesse russe, parmi les plus notoires, sont gagnés à sa cause ; et si d’autres l’accusent d’imposture, l’inconnue croit vraiment qu’elle est Anastasia. Durant les années qui suivent, l’inconnue, qui a commencé une lutte juridique pour se faire reconnaître, est l’invitée de la diaspora russe. Elle séjourne aux États-Unis, chez le fils du médecin personnel du Tsar, où on lui donne un nom légal, Anna Anderson. Beaucoup disent d’elle qu’elle a mauvais caractère et traite
astasia »...(suite) les gens de haut. Cependant, sa naïveté l’entraîne malgré elle dans des escroqueries visant à s’approprier la fortune dutsar. La plupart des personnes qui auraient pu l’identifi er avec certitude sont mortes. Quant aux survivants, ils risquent de perdre leur part de l’héritage des Romanov si la jeune fille est bien Anastasia. Les intérêts en jeu sont considérables. une reconnaissance qui ne vient pas La princesse Irène, sœur de Nicolas II, vient la visiter, incognito. Elle ne la reconnaît pas du tout. En revanche, une autre réfugiée russe, Harriet von Rathlef-Keilman, 40 ans, est convaincue de son identité. L’ancien valet de chambre de la tsarine, Volkof est sceptique. Physiquement, il ne voit pas de ressemblance mais elle a très bien répondu à toutes ses questions. Le Français Pierre Gaillard qui a vécu douze ans dans l’intimité de la famille impériale ne la reconnaît pas mais elle connaît des détails troublants sur la famille, comme le nom affectueux « Schwibs » que la grande-duchesse Olga donnait à Tatiana ce que peu, très peu de personnes savaient. De son côté, le grand duc Cyrille, cousin dutsar, désormais chef de la famille Romanov et prétendant de la couronne, refuse de lui accorder seulement une entrevue et déclare que l’affaire est classée. Et pour cause : si Anastasia est vraiment en vie, c’est à elle que revient la couronne. En 1933, la cour de justice de Berlin reconnaît les prétentions de six survivants de la famille impériale sur les propriétés dutsar en Allemagne, ce qui revient à reconnaître qu’il n’y a eu aucun survivant de la famille impériale. Anna n’entend pas abandonner la lutte et accepte de se soumettre à des examens médicaux détaillés. Les rayons X révèlent de sérieuses blessures à la tête qui peuvent avoir été provoquées par la crosse d’un fusil, et une cicatrice à l’omoplate droite qui ressemble beaucoup à celle que présentait Anastasia selon les documents médicaux de la famille impériale. Elle porte au pied une cicatrice en forme de triangle qui pourrait correspondre à un coup de baïonnette, semblable à celles utilisées par les bolchéviks pour exécuter la famille impériale. La Seconde Guerre mondiale empêche l’affaire d’être portée devant les tribunaux. En mai 1968, le tribunal de Hambourg prononce un arrêt défavorable et Anna abandonne la lutte judicaire, lasse de tout ce déballage. La même année, elle se marie avec un certain Jack Manahan, de vingt-et-un ans son cadet, à Charlottesville aux États-Unis. Elle meurt en février 1984 et se fait enterrer sous le nom d’Anastasia Romanov. Le fin mot de l’histoire Jusqu’à la chute du communisme en Russie, beaucoup demeurent persuadés que l’histoire d’Anna est véridique. L’ouverture des archives de la police secrète bolchévique sème le trouble : parmi les documents administratifs se trouve une retranscription d’un interrogatoire dans lequel un soldat aurait certifi é qu’il manquait un corps au moment de les enterrer, et que pendant le trajet, il aurait entendu des gémissements humains. Cependant, les analyses de l’ADN, effectuées sur le corps de la défunte Anna réfutent l’une des plus grosses supercheries de l’Histoire. Anna n’a jamais été Anastasia. Mais le mystère demeure. En 1990, les corps de la famille impériale ont été retrouvés et exhumés avant d’être identifiés par une analyse ADN. Mais deux corps manquent : celui dutsarévitch Alexis et celui de l’une de ses sœurs, Anastasia. D’après des documents, ces deux corps auraient été brûlés à part, dans les bois voisins, mais il n’existe aucune preuve réelle. En 2000, de nouvelles fouilles sont entreprises pour retrouver les restes de la famille. Sur le lieu probable où les corps dutsarévitch et de l’une de ses sœurs auraient été enterrés, on retrouve les ossements de deux corps d’adolescents. En 2008, des tests sont effectués, en Russie et aux États-Unis et tous confirment qu’il s’agit bien dutsarévitch et de sa sœur. Ainsi, tous les membres de la famille Romanov ont bien été exécutés ce 16 juillet 1918, à Iekaterinbourg. 39



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