Vérité n°2 mar/avr 2012
Vérité n°2 mar/avr 2012
  • Prix facial : 1,90 €

  • Parution : n°2 de mar/avr 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 27,7 Mo

  • Dans ce numéro : prête à tout pour s'en sortir... « Je me suis mise en vente sur Internet ! »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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24 MA VIE… « Nous avons dérivé pendant plus de 40 jours »... (suite) La dernière tempête avait quand même laissé des traces sur le bateau. Ce fut une expérience effrayante. Peu importe alors votre expérience en navigation, vous êtes toujours seul à bord quand survient une tempête. » C’est alors que le panneau solaire, par manque de soleil, ne sert plus à rien et que le bateau ne dispose plus d’énergie. Malgré un ultime SOS, les gardecôtes ne peuvent intervenir et le couple commence à désespérer de la situation dans laquelle ils se trouvent. Mais alors qu’Andréa commence à montrer des signes de faiblesse et qu’elle sait qu’elle ne tiendra plus longtemps, un navire qui se « Quand nous avons vu le yacht, il était tout petit et nous avons tout de suite compris qu’il avait traversé une rude épreuve, mais il flottait toujours... » trouve à 70 miles de leur position, détourne sa route pour leur venir en aide. Le capitaine du pétrolier confi e : « Quand nous avons vu le yacht, il était tout petit et nous avons tout de suite compris qu’il avait traversé une rude épreuve, mais il fl ottait toujours. En revanche, le sauvetage fut compliqué car Andréa n’avait pas la force de monter à bord avec l’échelle habituellement utilisée. » Stuart continue : « Le capitaine et tout l’équipage ont tout simplement été géniaux. Le pétrolier était énorme et lorsqu’il s’est approché de nous, nous avons été littéralement projeté sur sa coque. L’opération de sauvetage a pris près de deux heures car la situation était critique et qu’il fallait être prudent. L’équipage a jeté un harnais de sécurité que j’ai passé autour d’Andréa avant de lui donner un baiser et de lui souhaiter bonne chance. Puis elle a sauté dans la mer pour que l’équipage puisse la treuiller jusqu’au pont. Puis se fut mon tour et nous nous sommes retrouvés tous les deux à bord du pétrolier. » Le couple a ensuite été admis au centre médical du navire où en dehors du choc psychologique et de quelques contusions, aucune blessure n’a été constatée. Andréa conclut : « Nous sommes très reconnaissants envers le capitaine et tout l’équipage qui nous ont sauvés. Ils ont effectué une opération très délicate et diffi cile. J’ai eu très peur de sauter dans la mer mais j’ai mis toute ma confi ance en eux et ils ont été magnifi ques. Par contre la chose la plus triste et poignante de l’histoire a été d’abandonner notre yacht, le Sara. Il n’y avait rien d’autre à faire. Il était impossible de le remorquer. Nous avons laissé une note à bord avant de partir, au cas où quelqu’un le retrouve. Il a été notre maison pendant huit ans et maintenant nous l’avons perdu, mais nous sommes en vie, et ça, ça n’a pas de prix. »
« Ma nouvelle vie sans mes jambes » Le sergent Daniel Barnes, 29 ans, était en mission de nuit sur une route près de Bagdad quand une grenade propulsée par une fusée a frappé son camion. MA VIE… Quelques heures plus tard, les médecins de l’hôpital de soutien au combat de la 10ème brigade amputaient le sergent des deux jambes. Commençait alors pour Daniel Barnes un long combat. « Daniel était un grand sportif mais l’amputation au-dessus du genoux l’a empêché pendant longtemps d’avoir des prothèses. Il a été très fort car il ya eu beaucoup de frustration dans sa vie depuis cet accident », confi e aujourd’hui sa femme. Daniel a deux enfants, Tobias, âgé de 7 ans et Jacob, 2 ans, et pour eux, il a décidé de ne pas se laisser aller à la mélancolie. « Je suis heureux, vous savez. J’ai encore mes mains et c’est très important car je peux prendre mes enfants dans mes bras », explique-t-il lorsqu’il parle de sa condition. Aujourd’hui il participe activement à toutes les réunions des vétérans revenus d’Irak et participe régulièrement à des conférences organisées par l’armée. Il s’investit aussi beaucoup auprès des anciens combattants et milite pour leur apporter son aide après leur retour. « Lorsque j’ai été amputé, le Wounded Warrior Project m’a beaucoup aidé. C’est un groupe à but non lucratif qui soutient les combattants dans la diffi culté. Ils ont été là lorsque je me remettais de mes blessures. Après mon retour au pays, je suis resté plusieurs mois au centre médical de l’armée, à San Antonio, loin de ma famille. Ils sont venus régulièrement dans ma chambre, m’ont apporté des vêtements et des articles de toilette, raconte-t-il. Je pense qu’il est très important d’aider ses camarades, les autres soldats qui sont dans la diffi culté. Il faut rester soudés, même après note retour. » Le Wounded Warrior Project fait partie des 250 entreprises et organisations qui participent aux États-Unis à un programme de soutien des citoyens pour les militaires et Daniel Barnes a décidé de les aider à son tour, car aujourd’hui, si il a réussi à refaire surface, c’est en partie grâce à eux. « J’ai maintenant des prothèses et je peux envisager de refaire un peu d’exercices mais la plupart du temps je suis sur ma chaise roulante. Mais c’est bien car je reste indépendant. Je peux aller chercher mes enfants à l’école et les emmener avec moi. Les enfants ont accepté la situation. J’avais peur au début d’un rejet mais ce ne fut pas le cas. Ils étaient trop contents de retrouver leur père et nous passons du bon temps ensemble. » Daniel sait qu’il a de la chance, et même s’il traverse parfois des diffi cultés ou des moments de doute, sa famille est là pour le sortir de sa morosité. Entre ses anciens collègues et sa famille, Daniel a su redonner un sens à sa vie et il arrive à vivre heureux avec son handicap : « Rien n’est facile dans la vie, même pour quelqu’un qui a ses jambes. Sincèrement je peux dire que je suis heureux et que j’ai eu de la chance. J’ai deux enfants super. Je ne suis pas tout seul et je pense souvent à mes copains qui rentrent et qui n’ont pas de femme. C’est beaucoup plus dur pour eux de rentrer et de reprendre une vie « normale ». On a subi les pires trucs là-bas et ce n’est pas facile de trouver le sommeil. Moi, j’étais en pleine forme, je faisait du sport tous les jours et en une fraction de seconde ma vie a basculé dans ce qui aurait pu être un enfer. Mais j’ai été entouré, j’ai eu du soutien et aujourd’hui j’aimerais apporter mon témoignage et aider ceux qui rentrent. » 25



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