Var-Matin n°2015-12-15 mardi
Var-Matin n°2015-12-15 mardi
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°2015-12-15 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 60,4 Mo

  • Dans ce numéro : Ttout commence;

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
Après une campagne éprouvante, tendue à l’extrême par l’incertitude de l’issue du scrutin, Christian Estrosi aurait pu s’octroyer une journée « off » au lendemain de sa victoire contre Marion Maréchal Le Pen. Mais non. Le futur nouveau président (1) du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur a repris la route dès hier. Et pour sa première sortie, « non officielle » donc, le député-maire de Nice a opté pour une double visite « extrêmement symbolique, aux deux derniers présidents du Conseil régional ». À savoir le maire Les Républicains de Marseille Jean- Claude Gaudin et le socialiste Michel Vauzelle [lire ci-dessous]. Spécial élections Christian Estrosi Au lendemain de sa victoire aux élections régionales, le député-maire de Nice s’est rendu, hier dans la cité phocéenne pour yrencontrer son maire Jean-Claude Gaudin et... Michel Vauzelle « La rencontre s’est faite de façon très républicaine et très courtoise. Nous avons débattu des dossiers en cours. » Ce sont les seuls mots que Christian Estrosi a prononcés à l’issue de sa rencontre avec Michel Vauzelle. (Photo Franz Chavaroche) Pasdegrande effervescence Sans doute fatigué par la répétition des joutes oratoires ces dernières semaines, Christian Estrosi n’a pas souhaité faire de déclaration à l’issue de ses rencontres avec deux grandes figures de la vie politique régionale. Tout au plus a-t-il confirmé sa volonté de créer un conseil territorial « de façon à ce que les milliers d’électeurs qui ont fait le choix des valeurs républicaines puissent être entendus pendant les six prochaines années ». Son double déplacement marseillais, et notamment àl’hôtel de Région, s’est en tout cas déroulé dans la plus grande indifférence. Sinon médiatique. Et dans le plus grand calme. Rien de bien surprenant à vrai dire. « Le mois de décembre est généralement assez calme car c’est la période où les fonctionnaires soldent leurs derniers jours de congé », explique un responsable de la communication. « Depuis six mois, on vit une ambiance de fin de règne, une ambiance mortifère », assure pour sa part Luc Léandri, ancien conseiller régional du Front de gauche, mais qui avait choisi de ne pas repartir en campagne. Dans le hall d’entrée de l’hôtel de région, il n’est pas le seul représentant de l’ancienne majorité à « faireses cartons ». On Gaudin, Vauzelle et Pezet invités à mettre en place le « conseil territorial » On en sait un peu plus sur la création, par le futur exécutif régional,d’un « conseil territorial » qui offriraune tribune pour la gauche privée d’élus. Christian Estrosi, le nouveau président (LR) de la région Paca,élu en partie grâceauretrait de la listesocialiste, ademandé àses trois prédécesseurs à la région, Michel Pezet, PS (1982-1986), Jean-Claude Gaudin, LR (1986-1998) et Michel Vauzelle, PS (1998-2015), de mettre en place ce « conseil territorial ». Après Jean-Claude Gaudin et Michel Vauzelle hier [lire ci-dessus], Christian Estrosi doit rencontrer Michel Pezet mercredi. « Prochaines étapes vendredi » « Pour les prochaines étapes (de la mise en place du conseil, ndlr), il faudra attendre vendredi », a-t-il déclaré àlapresse àson arrivée àlamairie de Marseille. Son entourage a cependant fourni quelques précisions sur cette future instance dont « l’un des buts est que les partis aient une tribune » mais « nous ne sommes pas dans la cogestion », a-t-il été précisé. Le conseil territorial sera mis en place en janvier et se réunira au minimum une fois avant chaque séance plénière du conseil régional pour examiner, en amont, les projets soumis aux élus. D’ici à janvier, sur proposition des « trois sages », son mode de fonctionnement devra être déterminé de même que le nombre de personnes y siégeant, bénévolement. EELV et des personnalités PS ont fait part de leur intérêt. Pour M. Estrosi et sa majorité, il s’agit de « donner les moyens à l’opposition de gauche de s’exprimer », indique l’entourage, mais aussi « de ne pas s’enfermer avec une opposition FN » dont la nouvelle majorité craint qui « s’oppose systématiquement à tout ce que la majoritépropose ». Michael Vauzelle sceptique Pour autant, il ne s’agirapas d’une gouvernanc eentre Les Républicains et la gauche. « Le conseil territorial rendra un avis public, il sera à même de faire des propositions mais à titre consultatif », précise-t-on chez LR. M. Vauzelle a indiqué lors d’une conférence de presse après la rencontreavecM.Estrosi « nepas refuser la main tendue », mais s’est dit « sceptique » : « Je ne vois ce conseil dans aucun texte » législatif, a relevé le socialiste, et « je ne crois pas qu’un pouvoir puisse créer un contre-pouvoir ». M. Gaudin s’est dit, de son côté, très favorable àl’initiative « justeet équitable » de M. Estrosi. « Ilfaudradonner l’idée d’un dialogue »,a-t-il ajouté. (avec AFP) croise aussi Jean-Marc Coppola, vice-président de l’institution et candidat malheureux de la liste Front de gauche -Europe Écologie Les Verts. « Je suis élu jusqu’au 17 décembre, je rendrai les clés de mon bureau le 17 décembre ». Une autre forme de résistance… L’élu, qui entend s’attacher à « reconstruire la gauche », confie qu’il a passé ses derniers jours à la région « àécrire àtous ceux avec qui j’ai travaillé ». Fonctionnaires « rassurés » Jean-Yves Petit, autre vice-président, de retour d’un dernier (?) déjeuner avec des proches collaborateurs, évoque, un peu nostalgique, « une ambiance particulière pour ceux qui, depuis dix-sept ans, ont toujours vu des élus de gauche àla région ». Mais l’élu EELV finit sur une note plus optimiste : « Depuis ce matin, les fonctionnaires sont plutôt rassurés de ne pas voir le Front national diriger la région ». Ce que confirme Sophie, une des rares fonctionnaires ànepas invoquer le devoir de réserve. « Après avoir vécu une semaine assez tendue, on est content que ce soit Christian Estrosi et pas le FN [...] L’annonce des baisses d’effectifs a quand même généré de l’inquiétude, surtout chez les contractuels qui ne savent pas ce qu’ils vont devenir ». L’une des premières tâches de Christian Estrosi sera de les rassurer. P.-L. PAGÈS plpages@varmatin.com 1. Son élection à l’hôtel de Région à Marseille aura lieu vendredi à partir de 9h30. Pierre-Paul Leonelli président de groupe Ça n’a pas traîné ! Legroupe majoritairedeChristian Estrosi adéjà un nom, L’Union pour la Région, et un patron en la personne de Pierre-Paul Leonelli. Conseiller régional sortant et adjoint au maire de Nice, ce gaullisteest un fidèle parmi les fidèles de Christian Estrosi, avec lequel il collabore depuis trente ans. Il a été élu président de groupe à l’unanimité des 81 élus des listes menées par Christian Estrosi. Marié et père de deux filles, ce Corse jovial (qui sait aussi se montrer ombrageux parfois) est originaire de Corte. Aujourd’hui âgé de 58 ans, il a adhéré dès l’âge de 18 ans au RPR.
le « Marseillais » Pendant ce temps-là, Christian Estrosi fait son bonhomme de chemin. Il s’est déjà pris au jeu. La machine de guerre est en marche. Il met sur pied des ateliers de réflexion, réunit des experts tous azimuts pour échafauder son programme. Par une belle journée de juin, tout ce que la région compte de notables de droite se retrouve autour de lui pour évoquer la stratégie, les grandes lignes du projet. Avant une visite du site d’Iter, un étonnant moment de grâce dans une somptueuse bastide du pays aixois : les idées fusent, le débat prend de l’altitude. Magie éphémère. Car la campagne ne va pas tarder àse crisper. Christian Estrosi éprouve du mal à se positionner face à Marion Maré- Un an de folle campagne Drôle de drame. Drôle de ce début prometteur restera propos spécieux sur les chal-Le Pen dont il pointe l’inexpérience, sans concevoir désormais. Il n’a de cesse de Christian Estrosi cogne dur campagne qui aura distillé son lot de rebon- le bilan du gouvernement, milial qui s’ensuit boulever- pour autant de l’attaquer sur décrire en Marion Maréchal sans lendemain. Plombé par chambres à gaz et le clash fadissements douze mois durant. Quand 2015 s’ébroue va très vite s’installer entre la Pen doit laisser le champ libre lontiers de jeunes.Elle le fait abord plus avenant en privé d’espace par le duel qui sent la donne. Jean-Marie Le son âge, lui qui s’entourevo- « lapire des Le Pen »,sous un vers une année qu’on n’imagine pas encore horribilis, l’élection régionale n’est qu’une échéance aussi vague que lointaine. En prélude aux départementales, la rumeur commence néanmoins àen- fler : Eric Ciotti serait pressenti pour conduire laliste tours. Le constat vaut aussi l’Université d’été du FN àMar- droite et le FN, asphyxié enfin par le refus sans aménité du Front de gauche de s’associer àlui, Christophe Castaner ne pèsera vraiment dans cette élection qu’au moment d’en couronner le vainqueur par procuration, entreles deux àsapetite-fille, adoubée fin mai. Malgré les sollicitations de sa vieille garde, il abandonnera toute velléité de candidaturedissidente. Ses proches se rallieront àcelle de Jacques Bompard, pour un score àpeine supérieur à1%. déjouer.Surtout, àlafaveur de son minois angélique, elle effraie bien moins que son oncle, voireque sa tante. trompe-l’œil. Conscient que le PS sera sans doute hors course, il peaufine dès la rentrée sa stratégie de « seul bouclier contre le FN ». Aucamp d’Aix-Les Milles le 6septem- bre, alors que Marine Le Pen conclut au même moment des Républicains en Paca. Le peu ou prou pour EELV etle Estrosi démarre pied seille, Estrosi place déjà résolument sa campagne sous le député azuréen n’en pipe toutefois mot. Il semble, en réa- Front de gauche, dont la faiblesse du score traduira les la- au plancher lité, plutôt indécis sur l’intérêt d’une telle aventure. C’est finalement Nicolas Sarkozy qui tranchera à la mi-avril, dans des conditions que seuls les intéressés connaissent et non sans un agacement perceptible : Christian Estrosi sera le candidat de la droite. Car entre-temps, le députémaire deNice s’est laissé séborieuses semaines passées à finaliser un accord pour une liste commune qui n’aura pas cumulé les espérances des uns et des autres. sceau de la résistance. Tout un symbole : Serge Klarsfeld est ainsi le premier à annoncer spectaculairement son soutien inquiet au maire de Nice, voyant en lui « le rempart des libertés républicaines ». D’autres suivront au fil des semaines, de Mourad Boudjellal àFrédéric Mitterrand, pour ne citer qu’eux. duirepar ce nouveau défi, ce Sarkoregarde possible rôle-titreàlatête ailleurs d’une entité appelée à prendre davantage la lumière. La gauche réussit son entrée... et sa sortie Dès début janvier, le président socialiste sortant Michel Vauzelle a annoncé qu’il ne sollicitera pas un quatrième mandat. Le PS prend alors les choses par le bon bout. Le 5 février, le député-maire de Forcalquier Christophe Castaner est choisi par les militants de Paca. Dans une primaire à trois, il s’impose nettement avec 54% des voix devant le Niçois Patrick Allemand et la Fréjusienne Elsa Di Méo. Pour les socialistes, Jean-Marie Le Pen se saborde Quand bourgeonne le printemps, c’est Jean-Marie Le Pen qui est censé mener la liste du Front national en Paca. À 86 ans, le fondateur du parti n’a rien perdu de sa verve, distribuant les saillies ou versifiant avec gourmandise à chaque point presse. Mais évidemment, le discours tourne un peu en rond. Et dans les rangs des Républicains, on n’est pas forcément fâché de l’avoir pour adversaire… La réitération de ses vieux L’étééchauffe les esprits On imagine la fureur contenue du maire de Nice lorsque, début juillet, Olivier Bettati, son ancien adjoint,qu’il a côtoyé chez les gaullistes vingt ans durant, annonce son ralliement à Marion Maréchal- Le Pen (mais pas au FN) pour conduire saliste dans les Alpes-Maritimes. Cette arrivée suscite aussi une belle vague de turbulences au FN, les frontistes historiques criant à la trahison et à l’usurpation. Mais de fait, au premier tour principalement, un peu moins au second, l’ancien conseiller général UMP aura boosté le scoreduFN, en ralliant àlui un électorat moins radical. Dès lors, le combat va devenir sans merci. S’enliser dans l’animosité, au détriment de programmes relégués au second plan, plus encore après les attentats de novembre etlamontée du FN dans les sondages. Klarsfeld entre en scène aux Milles Julian Le pari sera finalement gagnant au second tour, non sans quelques sueurs froides. La campagne, même victorieuse, aura toutefois laissé des cicatrices chez les Républicains. À Avignon, avant le 1er tour, Nicolas Sarkozy l’a conclue un peu comme il l’avait lancée… Par un soutien sans enthousiasme débordant à Christian Estrosi. Joailliers. 1610 PASSAGE DU PORT - 83990 SAINT-TROPEZ +33(0)4 94 97 20 27 Notre boutique est ouverte sans interruption le samedi 19 et dimanche 20 décembre de 10h30 à 19h Le billet de Thierry Prudhon Le débutant Tout est bien qui finit bien, dira-t-on, pour 55% d’entre nous du moins. Tout est bien qui finit, surtout… Inutile de s’en cacher, cetteélection régionale n’aurapas réconcilié grand monde avec la politique. La fin y aura, trop souvent, justifié de vilains moyens. Lescandidats ont pourtant brassé quantitéd’idées, étouffées hélas sous un épais tapis de rouerie et de politicaillerie. Christian Estrosi, le premier, avait pris soin d’étayer un solide programme. Il n’en apas moins raturé sa campagne,confrontéà une jeune fille à l’habileté de vieille briscarde assez effarante pour son âge. Resteunrésultat. Et un homme. Qu’on partage ou non toutes ses convictions, sa propension à dégainer sur tout et sur rien, il faut lui concéder trois qualités majeures : le volontarisme, l’efficacité et, peut-être la principale, un inaltérable enthousiasme de débutant. Une chose fait donc peu de doute : il saura impulser à la Région le dynamisme qui a jusqu’ici soufflé sur Nice. Il faudra au moins cela pour gommer les balafres d’une campagne bien délétère. Un soutien dans lequel nous a même semblé percer une pointe de courroux, lors de cette scène surréaliste où l’ancien chef de l’État fut le seul à détourner ostensiblement le regard d’un petit film vantant les mérites du maire de Nice que la salle tout entière zyeutait. Mais peut-être est-ce juste une interprétation fielleuse de journaliste… THIERRY PRUDHON tprudhon@nicematin.fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :