Var-Matin n°2015-12-06 dimanche
Var-Matin n°2015-12-06 dimanche
  • Prix facial : 1,50 €

  • Parution : n°2015-12-06 de dimanche

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 61,5 Mo

  • Dans ce numéro : larges vainqueurs 53-23 du SU Agen, les Rouge et Noir n’ont pas vraiment forcé.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MA PLANÈTE Environnement Q C-7 LLI C Q COP 21 MA RÉGION La citoyenne Noëlle Perna et l’artiste Mado la Niçoise commentent le sommet sur le climat à Paris. Vous en entendrez sûrement parler dans son spectacle. Prochaines dates à Sanary et Nice C omment fairel’interview de Noëlle Perna, sans laisser la parole àMado la Niçoise. Lacitoyenne et l’humoriste ne font qu’une et sont bien souvent d’accord.Sauf que la seconde al’art et la manière defaire passer les messages. Les deux sont fans de Pierre Rabhi, un des pionniers de l’agriculture biologique,écrivain et penseur français d’origine algérienne.Elles rêvent aussi de rencontrer YannArthus- Bertrand et Nicolas Hulot. Nicolas Culot dit Mado, « parce qu’il ose dénoncer les choses. » Noëlle Perna, et Mado La Niçoise, font cause commune pour la planète. La COP21 rend-elle les Français plus attentifs au réchauffement climatique ? Mado : Jen’aipas besoin de la COP21 pour savoir qu’il yaleréchauffement climatique. Je l’avais remarqué depuis longtemps,avant tout le - Dans La vraie vie, Noëlle Perna cir de cule à vélo, ne mange pas viande, veille à ne pas gaspiller L'eau et espère qu'à Paris, Les chefs d'État seront plus forts que Les Lob- (Ph. Franck Fernades) bies. monde. Mon mari, ça fait un moulon de temps qu’il a le glaçon qui fond plus vite dans le pastis ! Vous arrive-t-il d’imaginer les conséquences de la hausse des températures ? Mado : On est en train de perdrelenord avec la banquise qui fond. Un jour,on va se voir flotter au large de Nice, un morceau de banquise avec deux manchots dessus. Climat&météo : le bulletin de la semaine On en aassez comme ça à la mairie hein ! Croyez-vous qu’un accord seratrouvéàParis entre tous les États ? Mado:S’ils ne trouvent pas de solution àlaCOP21, pour fairerespirer la planète, moi je te leur en trouve. Les voitures, on les laisse plus entrer en ville. On récupère les pets de vache,on en fait un gaz et on fait rouler les voitures au gaz bovin. C’est très polluant les pets de vache. Icidans les Alpes-Maritimes, on pourrait aussi rouler au jus de blette. On abeaucoup de culturedeblette dans la région. ‘‘ Dans la vraie vie, Noëlle Perna circule à vélo, ne mange pas de viande, veille ànepas gaspiller l’eau etespère qu’à Paris, les chefs d’État seront plus forts que les lobbies. (Ph. Franck Fernades) On peut avoir une économie qui respecte les valeurs de la vie. » Avez-vous d’autres solutions àproposer au casoùFrançois Hollande lirait cetteinterview ? Mado : Tous les gens qui courent sur les tapis des salles de sport, il faut qu’ils arrêtent de courir pour rien. On les branche à une dynamo, et ils nous fournissent du courant électrique. On mettrait ce slogan : « C’est en courant, qu’on aura plus de courant. » Et àla COP21, je t’en planterai une d’éolienne au milieu du Bourget, avec tout l’air qu’ils brassent les politiques,çafera de l’électricité pour toute la France. Au moins, ils ne seront pas venus pour rien à150. Qu’est-ce que vous aimeriez que le changement climatique balaie dans votre environnement ? Noëlle : La voiture en ville. Je suis une fanduvélo et je prends les transports en commun. Faut se garer autour des villes ; à l’intérieur,onnecircule plus. C’est infernal ce qu’on prend. Les enfants dans les poussettes sont à hauteur des pots d’échappement. Faut pas s’étonner qu’il y a tant de bronchiolites et d’asthme. Ça nous paraît normal de respirer tout ça, mais c’est complètement anormal.On s’est habitué. C’est comme avant, quand on était dans les bars,où tout le monde fumait. J’ai vécu dans un bar,on ne voyait pas où était le problème. Là, ce sera pareil pour la bagnole. Dans cinq ou six ans,on dira:comment on apu supporterdeprendre les pots d’échappement en pleine poire. C’est ça qui me paraît le plus urgent. Ya-t-il d’autres urgences dans nos comportements ? Mado : Le traitement des déchets. C’est vrai qu’il ya la vague zéro déchet en ce moment. Mado,par exemple,elle aquatre poubelles et quand elle sait plus dans quelle poubelle il faut jeter le truc parce qu’il yaducarton, du plastique,dumachin, etc, elle s’est fait une cinquième poubelle,qu’elle aappelée Langue au chat. Noëlle : Le ‘‘ problème c’est qu’on atropde déchets. Et ça c’est Noëlle qui vous le dit. Il faut relancer le vrac,voilà. Lesemballages, ça pollue vachement avec les usines d’incinération. C’est terrible ce que ça dégage. Faut pas qu’on soit des consommateurs mais des « consomActeurs ». Qu’on soit conscient de ce qu’on achète. Là ça va êtreNoël,la gabegie. Acheter tout et n’importe quoi. Manger tout et n’importe quoi. Et si le réchauffement climatique menaçait quelque chose que vous Sur scène Noëlle Pernaest Mado la Niçoise qui n’apas attendu la COP21 pour prendre conscience duréchauffement climatique : cela fait longtemps qu’elle voit les glaçons fondre plus vite dans le pastis du mari (Photo J.-F. Ottonello) Je t’en planterai une d’éolienne au milieu du Bourget, avec tout l’air qu’ils brassent les politiques, ça ferade l’électricitépour toutelaFrance. » ne voudriez pas voir disparaître ? Noëlle:Yauntruc,cela m’arrangerait qu’il disparaisse,par contre. C’est la sculptureavec les neuf barres rouillées de la promenade des Anglais, qui représentent les neuf vallées. Sinon je voudrais que soit préservé tout ce qui est verdure. C’est ça qui nous fait respirer. Pour vous le développement durable c’est quoi ? Noëlle : On peut avoir une économie qui respecte les valeurs de la vie. Ce n’est pas antinomique. Êtes-vous prête à changer certaines habitudes pour la planète ? Noëlle:Je suis tout le temps en recherche de changement. Là en ce moment, je me focalise sur les déchets àessayer d’en avoir moins,par ma manièred’acheter.Sinon je roule à vélo,je ne mange pas de viande.Après je fais vachement gaffe à l’eau, à l’économie d’électricité dans ma piaule. Des détails du quotidien. Quel message feriez-vous passer var-matin Dimanche 6décembre 2015 aux chefs d’État à Paris ? Noëlle : Je suis un petit peu circonspecte parce que je sais très bien que ce n’est pas eux les décideurs. Ce sont les lobbies. Alors faut bien les prendre par les sentiments : pensez à vos enfants quoi ! Soyez un peu plus forts que les lobbies. C’est tout ce que je peux dire. C’est surtout qu’ils sont pieds et poings liés àces grandes industries qui ne veulent pas faire d’effort.L’industrie pétrolière par exemple, je les vois pas se ranger derrièredes mesures contraignantes. Je sais très bien que le changement ne va pas être facile, ni idyllique. PROPOS RECUEILLIS PARRÉGINE MEUNIERrmeunier@nicematin.fr Les prochains spectacles : ÀSanary,mercredi 9etjeudi 10 décembre, 20h30. À Nice,samedi 9 et dimanche 10 janvieraupalaisdelaMéditerranée,20h30.
l’Histoire Responsable : Régine Meunier -Contact : rmeunier@nicematin.fr Dimanche 6 décembre 2015 PEUR DE RIEN Au XIX e siècle, les Toulonnais entreprennent le reboisement du Faron, devenu complètement chauve au fildes siècles àforce d’être surexploité. Des milliers d’arbres sont plantés dans les trous réalisés à coups de barre àmine Le Faron est un désert sous le pinceau de Vincent Courdouan ou le trait de Pierre Letuaire. Ces artistes toulonnais n’exagèrent pas lorsqu’ils dessinent au XIX e siècle une montagne complètement chauve. Elle n’a plus le moindre petit arbrisseau àmontrer aux marins qui l’aperçoivent, depuis le large, lorsqu’ils rentrent de leurs grandes expéditions avec Dumont D’Urville, dans le port de Toulon. Le mont Faron aperdu sa forêt communale. Elle est partie en fumée dans les cheminées des Toulonnais, aété engloutie dans le ventre dechèvres insatiables ou afini en poutreslors de la construction de bâtiments, comme la mairie qui sera détruite par les bombardements de la Seconde guerre mondiale. En été, sa roche blanche et calcaire recrache sur la ville toute la chaleur qu’elle accumule. Lorsqu’il pleut, plus rien ne retient l’eau qui se déverse en torrent dans les rues. Premiers semis près de la tour Beaumont La situation est àcepoint alarmante que le conseil municipal décide le 25 février 1850, de procéder àson reboisement. Dans la foulée, Auguste Reynaud, le maire deToulon, ancien directeur du bagne, décide qu’il « cesse d’être permis aux bergers et àtoute personne de faire paître ou d’introduire aucun troupeau sur lesdits terrains sous peine d’être poursuivi conformément aux lois pour atteinte portée à la propriété. » André Pellicot, président du Comice agricole et conseiller municipal, se rendant dans la colline évoque des arbres « nivelés àunmètre par la dent cruelle des troupeaux ».Ilfait voter un petit budget pour tenter quelques semis. Nicolas Robert, pharmacien de la marine et directeur du jardin de l’École de médecine supervise les travaux de reboisement. Dès 1850, il tente les premières expériences non loin de la tour Beaumont*, construite cinq ans plus tôt pour surveiller la rade. C’est un des rares endroits où il yaencore un peu de terre.Les graines de pin d’Alep y sont semées à la volée. « Les résultats s’avérèrent encourageants. Il existe encore aujourd’hui des survivants de cette période héroïque sur le plateau de la tour Beaumont » raconte Jean-Paul Meyrueis, membre del’Académie du Var, dans un ouvrage sur le Faron, paru en 2011. C’est alors qu’un redoutable insectemenace de réduire à néant ces plantations : la chenille processionnaire. Des ouvriers sont donc envoyés Cette photo, montrant le retour de la végétation sur les pentes du Faron, a été réalisée en 1878. Elle aété présentée la même année àl’Exposition universelle de Paris. Un Toulonnais, Laurent Turrel, ancien chirurgien de la marine, avait suggéré cette idée de fairedes prises de vue chaque année pour les archives de la commune « afin que nos successeurs puissent de visu se faire une idée exacte de la difficulté vaincue, et des héroïques travaux au moyen desquels,à travers l’impossible, ils auront été,par notregénération, mis en possession du bien-êtredontils jouiront ». (DR) Lestableaux de Vincent Courdouan, peintrené et mortàToulon (1810-1893) sont un témoignage de ce qu’était la ville au XIX e siècle.Lemont Faron yapparaît complètement dénudé. (Petite rade de Toulon, 1882, collection Musée d’Art de Toulon - DR) Émile Vincent, inspecteur des Eaux et forêt, prend la direction des opérations de reboisement àpartir de 1866. La tâche est tellement énorme que la municipalité comptedésormais sur ce service pour accélérer la cadence. (DR) Ci-desous,cette gravuredeLouis Lebreton d’après Letuairedate de 1846. Pasun arbresur le Faron. (DR -Alamo) « aufront ».Armés de gants et de serpettes, ils coupent les branches colonisées, qui sont brûlées avec les nids. Un rapport affirme qu’en 1861, les opérations d’échenillage ont permis la destruction de cent kilos de nids, après 200 heures de travail. En 1864, àpeine 50 ha sur 365 sont reboisés. Décision est prise, afin d’accélérer la cadence, de passer le relais à l’administration des Eaux et Forêts, en la personne d’Émile Vincent, inspecteur. Des photographies du Faron à l’Exposition Universelle de 1878 Les ouvriers attaquent alors la colline au pic et àlabarre àmine. Ils réalisent des milliers de petits trous. Ils font 80 cm de diamètre, sont distants de trois mètres les uns des autres et profonds de 50 cm àunmètre. « Ces dépressions nommées « potets » étaient réalisées de préférence aux endroits où il existait quelques fissures dans la roche, afin que les jeunes arbres puissent enfoncer plus facilement leurs racines, explique Jean- Paul Meyrueis. Avec un peu d’entraînement, chaque homme pouvait faire six à sept potets par jour. » D’autres hommes se chargent ensuite de les remplir de terre, d’y enfouir des graines de caroubier, d’eucalyptus, de chêne vert, de cyprès,degenévrier,decèdreduLiban et bien sûr de pins pignon, maritime ou d’Alep. À Toulon, on parle de « travaux héroïques », « de la difficulté vaincue ». En 1878, les arbres commencent à colorier le Faron en vert. L’inspecteur Émile Vincent fait réaliser quelques photographies, présentées à l’Exposition universelle àParis. Le pin d’Alep se révèle plus fortque la caillasse et que les autres espèces. Ses racines savent trouver le chemin de la terre. Ilcolonise peu àpeu la montagne. En 1882, au prix de beaucoup d’efforts et d’argent, les 365 hectares sont reboisés. RÉGINE MEUNIERrmeunier@nicematin.fr Le Mont Faron et son histoire par l’Académie du Var ; Autres Temps Éditions.30euros. *La tour Beaumont est aujourd’hui le musée Mémorial du Débarquement des Alliés d’août 1944. ACHETONS DIAMANTS MONTRES BIJOUX de QUALITÉ n OBJETS D'ART GAUCHERAND-J.L. Joailliers ESTIMATION GRATUITE 9, Bd. La Croisette - CANNES Tél. 04.93.39.71.50 - Fax 04.93.99.29.22 Soit dit en passant AMenton, les rues Acquassoma, Lampedoza et Capodana porteraient les noms des trois pirates qui auraient fondé la cité. Mais d’autres explications concurrencent sérieusement cette légende Dans la légende populaire, restée ancrée dans les esprits, mais sans la moindre preuve historique, trois forbans issus de l’île de Lampedusa, située entre Malte et la côte africaine, seraient les créateurs de la ville de Menton. Ils se nommaient Acquassoma, Lampedoza et Capodana. Des rues portent en tout cas ces noms. Mais sont-ils réellement ceux de ces personnages ? Entre explications linguistiques et légende qui en cache une autre, le doute n’est pas prêt d’êtrelevé. En fait, on connaît mal les origines de Menton et de ses premiers habitants, sauf qu’elle fut effectivement, autour du X e siècle, un repaire deforbans. La rue Acquassoma* est une venelle d’environ cinquante mètres de long, en partie voûtée, qui part delarue Mattoni et s’arrête aux rampes de l’église Saint-Michel. Au Moyen Âge, elle était le passage obligé des bergers qui remontaient de la mer vers les collines. Coulait alors en son centreune petite source, qui en mentonnais se dit « Aiga ». Les habitants yavaient installé un abreuvoir qui permettait aux paysans d’y faire boire leurs bêtes, notamment leurs ânes. Et à Menton, un âne était appelé un « sauma » : bête de somme. De là àendéduireque de l’union de aiga et de sauma est née Acquassoma… il n’y aqu’un pas ! Un admirateur de Robespierre fait murer une Madone Le forban Lampedoza aurait aussi laissé son nom à la rue éponyme. Là encore, la réalité aévincé la légende. En fait dans cette rue, un porche abritait depuis toujours une effigie de la Madone de Lampedusa, « la petite Madone de la rue », particulièrement vénérée des Mentonnais. En 1789, elle fut murée dans sa niche par un admirateur de Robespierre.On raconte que quand, quelques années plus tard, la niche fut rouverte, la statue avait disparu et que tous les enfants du bouillant révolutionnaire naquirent aveugles. On suppose que c’est pour obtenir sa clémence que le nom de Lampedoza aété donné àcette ruelle. Quant au troisième larron, qui aurait laissé son patronyme à la rue Capodana, ce serait en réalité, une altération de « Carrriera capuana ».Ceterme désignait alors la rue laplus haute de la cité. Sous le nom de Capodana, on trouve une ruelle, une descente et une impasse ! NELLYNUSSBAUM *On trouve aussi cette écriture : Acquasoma. Source : Histoire des rues de Menton, Office du Tourisme. Service histoire et patrimoine Ci-dessous, la rue Acquassoma. C’est une source qui aurait donné son nom à la rue Acquassoma. (Office du tourisme de Menton)



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