Var-Matin n°2015-11-27 vendredi
Var-Matin n°2015-11-27 vendredi
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°2015-11-27 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 91,9 Mo

  • Dans ce numéro : 1 an après les inondations dans le Var... se reconstruire.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Le dossier du jour Des entrepreneurs sinistrés qui se battent Quand elles n’ont pas mis la clef sous la porte pour s’installer ailleurs, les sociétés les plus touchées en 2014 s’en sortent après de très lourds efforts, et redoutent un nouveau drame D es dégâts considérables. En janvier et en novembre2014, la ZA de la Pabourette, sur les rives du Maravenne, aété saccagée par les flots déchaînés. Depuis, quatre entreprises ont quitté le site. Alain Guibert, lui, est toujours là. Impossible pour le moment de trouver un autre terrain pour son garage, AG mécanique, spécialisé dans le gardiennage et la réparation de bateaux de plaisance. « L’eau est montée à 2mètres en janvier et à2,50 mètres en novembre », explique-t-il en montrant le liseré de boue qui marque encoreles murs. « Lapremière fois, les bateaux -une cinquantaine-sont restés dans le parking. La deuxième, ils ont été emportés jusque sur la voie rapide ».'1111. ! \\11\I Alatête d’AGMécanique, sur les rives duMaravenne, Alain Guibert asubi deux inondations et cherche àdéménager. Sans succès pour le moment. (Photos N. B.) Cherche terrain désespérément Quatre mois de nettoyage ont été nécessaires, et l’entreprise n’a pu avoir d’activités commerciales durant six mois. Il afallu racheter le matériel, les véhicules, réparer les bateaux… « Ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent pas comprendre ce que c’est. Deux fois en moins d’un an, c’est énorme », assure Alain Guibert. « Notre assurance ne nous apas bien remboursés. On pensait être mieux assurés en novembre que pour la première inondation, mais non. D’abord, il y a 10% de franchise. Nous avions droit au total à45000 euros maximum. Nous avons récupéré en tout 34000 euros pour novembre.Moins qu’en janvier ou nous avions obtenu une perte d’exploitation ! On ne voulait pas signer mais cela retardait le dossier. Sur le nettoyage, on a touché 2500 euros ! Onapassé quatre mois à travailler… Prendre une entreprise, ça coûtait 10000 euros. Les assurances, quand vous avez la tête dans l’eau, elles vous l’enfoncent ».Alain alachance d’avoir une clientèle fidèle. « Les deux tiers sont restés mais je ne peux pas accepter de nouveaux bateaux ». Il multiplie depuis des mois les recherches pour trouver un terrain àlouer ou àacheter. « Mais c’est rare et très cher,les gens en profitent. Le seul que j’aurais pu acquérir sans problème, se trouve au bord d’un ruisseau, en zone inondable… Autant dire que ça ne m’intéresse pas ! ». Alain n’a pas refait ses peintures, prospecte et angoisse quand la météo s’emballe. « Trop de mauvais souvenirs », dit-il. L’expert Julien Savelli, président de la Fédération nationale de l’immobilier du Var « Informer sur les risques est obligatoire » Quel a été l’impact le plus marquant des inondations dans l’exercice de votre profession ? Un coup d’arrêt des ventes. En particulier à La Londe où les événements dramatiques ont étérelayés par les médias nationaux. Les images sont passées non-stop d’un village et d’un port dévastés. ÀLaLonde, le territoire était vaste et il y a eu beaucoup de résidences secondaires sinistrées. À Hyères, c’était plus sectorisé, mais essentiellement des habitations principales. Autant les médias locaux ont su faire la part des choses,autant les nationaux ont pu donner l’impression globale que les deux villes avaient été rayées de la carte. Du temps a passé, l’impact est-il le même aujourd’hui ? Sur le coup,le marché de l’immobilier s’est arrêté, surtout àLaLonde. Et puis,une fois que les images se sont éloignées,que les beaux jours sont revenus,ça a repris un peu. Ça se vend mieux sur La Londe depuis cet été.Les professionnels ont réussi à expliquer où étaient les zones inondables et les zones à risque.À Hyères,en revanche,le PPRI (Plan de Prévention du Risque Inondation) ayant été annulé en mars 2014, on ne dispose pas d’une cartographie précise pour expliquer où se situent ces zones inondables ou à risque. Et pour nous,c’est un gros problème car nous avons une obligation légale et déontologique de donner l’information la plus transparente possible de façon à ce que les clients puissent acheter en connaissancedecause,ensachant quelle est la naturedurisque. Quelle est votreanalysedelasituation ? Il faut être clair. Si des zones inondables sont identifiées,pourquoi ne délocalise-ton pas les habitations en indemnisant les habitants. Aujourd’hui, les collectivités engagent d’importants travaux de sécurisation. Mais il faut peut-êtrese poser la question de savoir s’il ne coûte pas plus cher de réaliser ces travaux d’envergure que de délocaliser.Est-ce que tout cela a été chiffré ? Les sinistrés ont-ils été nombreux à vouloir vendre leur bien ? À La Londe,le phénomène a été une totale surprise,donc les gens ont eu très peur et il y a eu une grosse augmentation des produits à la vente, parfois cinq maisons dans le même périmètre, d’autant qu’il y a une majorité de résidences secondaires. À Hyères,les sinistrés habitent sur place, dans le même quartier et avaient déjà subi des épisodes d’inondation. Ils savent qu’il est difficile de vendre, donc il yamoins de biens àlavente. Mais il yena. Est-ce que ce que l’on arriveàvendreun bien dans une zone sinistrée ? C’est difficile. Même s’il peut y avoir un effet d’aubaine quand les vendeurs sont prêts à faire de gros efforts. Et beaucoup Mobalpa : reconstruction réussie Face aux marais des Vieux Salins,lazone commerciale privée qui borde la RN 98 aété inondée comme l’ensemble du quartier,en janvier 2014. Durement impacté comme ses voisins,le magasin Mobalpa inaugurait en mars dernier son nouveaushow-room flambant neuf : 700 m2 dédié àlacuisine,lasalle de bain et l’aménagement intérieur.Une renaissance rapide et maîtrisée qui a permis à cette entreprise familiale bien implantée dans son créneau, de rebondir. « On avait 25 cm d’eau, des pertes colossales entre le mobilier et le sol. Avec l’informatique, plus rien ne fonctionnait, plus question d’accéder aux dossiers… », explique Fabienne Jourdan qui gère le magasin implanté depuis 25 ans sur ce site. Lesdégâts ont étéestimés à100000 euros,et un important investissement (Photo E.P.) Les dégâts aux magasins Mobalapa ont été estimés à 100 000 euros. (Photo N.B.) a été nécessaire pour reconstruireleshow-room littéralement imbibé d’eau. « Nous avons la chanced’êtreépaulés par notreassureur,l’agence MMA de la rue Peyron à Hyères,qui a été très réactif. Aujourd’hui, les activités ont repris et nous tenons la route. Nous nous maintenons et nous essayons de faire du bon travail.Mais nous ne vous cachons pas que lorsqu’il pleut, on tremble… ». de professionnels ne veulent plus proposer ce type de bien, car nous avons ce rôle de conseil et on craint, faute d’information, d’êtreprisendéfaut. La décoteest de quel ordre ? ÀHyères,leprixduM 2 àlaventeest estimé 3500 €, dans le quartier sinistré on est passé aux environs de 2300 €.Enfait, on arrive à vendre quand les vendeurs consentent des baisses importantes. RECUEILLI PARE.P.
var-matin Le dossier du jour Vendredi 27 novembre 2015 La Londe : dix millionsd’euros de travaux ont étédébloqués Selon le maire François de Canson, la sécurisation des secteurs les plus exposés est àceprix dans la commune, de loin, la plus durement touchée dans le département, il yaunan L aLonde apayé un lourd tribut aux inondations qui ont ravagé la commune à deux reprises l’an dernier : 15millions d’euros de dégâts. En janvier prochain, 2millions d’euros seront investis dans les derniers réaménagements. « Ils s’ajoutent aux 8 millions d’euros déjà débloqués pour protéger les secteurs les plus touchés et les plus exposés de la commune. Ainsi, 92% du territoire communal sera prémuni contre le risque inondation », commente le maire, François de Canson. Ce qui aété fait… -Notre Dame des Maures : La zone a été débroussaillée entièrement et les embacs enlevés. Des gradins de gabions ont été installés et la route menant à Notre Dame reconstruite. -Maravenne : Les berges ont été « retalutées » jusqu’au confluent du Pansard-Maravenne. Un élargissement de la confluence jusqu’au port a été réalisé. Le système d’assainissement du Maravanne a été revu. -La Brulade : leparc dela Brulade a été refait, comme le stade Vitria, très touché. -Port:Une nouvelle digue a été créée àl’entrée du port. Des piliers de soutènement ont été reconstruits et le port a été curé. Ce qui reste à faire… -Notre Dame des Maures : Un projet de création d’un bassin de rétention àNotre Dame des Maures est en cours. La commune aacquis trois terrains jouxtant des propriétés sur place. -Argentière : une évacuation pluviale plus efficace est prévue pour éviter toute inondation à l’Argentière, à partir des vignes du Château des Bormettes jusqu’à la mer. Le canal des Bormettes, qui collecte les eaux pluviales, sera doublé en 2016. -Port : Leréseau d’évacuation des eaux du quartier des Tritons va êtrerevu et la route reconstituée. -Pansard-Maravenne : Un nouvel enrochement en gambions va être réalisé à la confluence du Pansard et du Maravenne. -Pont et canaux : Lepont proche de la coopérative va être redimensionné ainsi que le pont Ducourneau. L’étude hydraulique préconise la création de deux canaux de délestage de 30 à45mdelarge, le long de la plaine du Bastidon et dans la partie basse du pont des Bormettes. F. D. Bormes-Le Lavandou : gros chantier dans le lit du Batailler Au Lavandou et à Bormes, suite aux inondations de 2014, de gros travaux financés par le SIPI (Syndicat intercommunal de prévention des inondations) ont été entrepris dans le lit du Batailler. Ce qui aété fait… Ces aménagements hydrauliques des rives de la rivière consistent à conforter les berges et àélargir le lit à 14 mètres. Plus de 2M € ont été engagés sur le tronçon aval, entrel’embouchuresituée au Lavandou et le chemin des Berles à Bormes. Des cages grillagées remplies de gabions ont été installées sur le long des berges afin de lutter contre l’érosion. L’ensemble est recouvert de géonattes végétalisées apportant une protection esthétique. « Depuis 18 mois, nous avons pu réaliser ce que malheureusement beaucoup de communes inondées comme les nôtres n’ont pas encore pu réaliser », a indiqué récemment François Arizzi, le mairedeBormes. Ce qui reste à faire… Ces travaux visant à mettre les personnes et les biens en sécurité vont se prolonger en amont, jusqu’au confluent avec le Castelan. Le montant de la dernière tranche est estimé à1,50 M €. Le 27 novembre2014, le tablier du pont de Bénat s’était affaissé au niveau de la D298, desservant le quartier de la Favière. D’importants moyens avaient été mobilisés dans l’urgence pour renforcer l’ouvrage. « Malgré ces travaux, nous ne serons vraiment sereins que lorsque le pont de Bénat sera élargi », estime Gil Bernardi, maire du Lavandou. Le conseil départemental, en charge de cet aménagement, a promis de débuter les travaux d’élargissement en octobre 2016. L’ouvrage sera redimensionné à 14mètres, rehaussé de 70 cm. Une fois tous ces aménagements achevés, courant 2017, le Batailler devrait être capable d’absorber une crue centennale de 93 m 3/seconde. B. K. Des aménagements conséquents, prévus pour absorber une crue centennale. (Photo B.K.) Il yaunan, La Londe était l’une des communes les plus touchées du département par les inondations. (Photo Laurent Martinat) Hyères : « Surtout, ne faites pas de travaux tout seuls ! » L acommune d’Hyères a investi 4,8 M € dans les travaux et réaménagements nécessaires sur le territoire et tous les quartiers sont concernés. Ce qui aété fait… - L’Oratoire : l’hermétisation des lotissements du quartier aété menée et la réhabilitation du bassin Jean Salusse terminée ainsi que l’installation de clapets pluviaux et de murets. - La gare-Le Roubaud : Les travaux de confortement des berges du Roubaud sont terminés. -Les cabanes du Gapeau : Unebuse (énorme canalisation) aété installée et un enrochement important a été réalisé pour protéger la zone. Au Plan du Pont, l’enrochement est en cours. (Photo Laurent Martinat) Ce qui reste à faire… -L’Oratoire : Leconfortement des berges se poursuit ainsi que la pose de gabions (pierres concentrées dans des contenants métalliques). « Priorité pour la commune : acheter les berges et voiries dans le quartier pour être plus efficace. Le projet d’acquisitions de terrains est également engagé », confie le maire, Jean-Pierre Giran. -LePlan du Pont : L’enrochement et la procédure d’aménagement de la zone d’expansion de crues sont en cours (étude sur la faune et la flore, négociations pour l’achat des terrains…). « Nous voulons créer cette zone unique qui va bénéficier àtoute la ville. Les travaux devraient débuter fin 2016 ». -Lagare : Lapose d’un cadre pluvial est prévue l’année prochaine au parc de la Marquise. -LeGapeau : C’est l’un des points les plus sensibles de la ville. « Hyères est la commune la plus impactée parce que c’est elle qui est la plus en aval », ajoute le maire. « Nous travaillons avec le syndicat mixte du Gapeau qui comprend la situation mais n’est pas en capacité de procéder àtous les aménagements avant 2018. Hyères a donc obtenu du préfet des mesures dérogatoires permettant de réaliser les travaux sur le territoire. Ces derniers vont s’intensifier en 2016. Mais, partout, je déconseille aux particuliers de faire des travaux seuls, comme construire une digue pour protéger sa maison. Cela peut s’avérer dangereux pour les zones voisines. Le service grands projets-inondations de la commune est mobilisé pour cela ». F. D.



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