Var-Matin n°2015-11-26 jeudi
Var-Matin n°2015-11-26 jeudi
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°2015-11-26 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 73,2 Mo

  • Dans ce numéro : le Var a chaud.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Toulon Place Vu, lu... entendu Parkings : un air de fête Les automobilistes qui, chaque matin, rongent leur frein dans les embouteillages ne boudent pas leur plaisir à stationner quelques heures gratuites dans certains parkings durant la période des fêtes. La ville avec le concours de l’Office du commerce et de l’artisanatdeToulon. propose,ainsi, le samedi, aux clients de bénéficier de deux heures gratuites, aux parkings de la place d’Armes,Falcultés et Liberté,et une heure gratuite, le mercredi matin, àLafayetteet Peiresc.Les dimanche 6, 13 et 20 décembre, les commercesducentre-ville seront ouverts,etles parkings Liberté,place d’ArmesetFacultédu centre-ville seront gratuits les 13 et 20 décembre. Au Pont-du-Las,animé par l’association des commerçants et artisans du Grand Pont du Las, le parking Delaunesera gratuit les mercredis 16 et 23 décembre. Monoprix ouvrira le 2décembre à14h30 L’enseigne Monoprix ouvrirases portes, dans les locaux rénovés de l’exbourse du travail,rue Ferdinand-Pelloutier,le mercredi 2 décembre, à 14h30, comme en atteste un pannonçeauaffiché depuis quelques jours. Soit quelques heures après l’inauguration du magasin, dirigé par Eric Pacsa, en présence du sénateur-maire, Hubert Falco, et du président de l’enseigne,Stéphane Maquaire. L’enseigne nationale a choisi un mode publicitaireoriginal pour sa campagne d’ouvertureenprenant pour modèle une boîte d’œufs sous le slogan « Monoprix, enfin un voisin qui vous fait les œufs doux ».Que les mauvaises langues se rassurent : cela ne signifie pas que les autres voisins ne sont pas sympathiques. Manifestement, l’enseigne entend séduire la clientèle non-stop : du lundi au samedi de 8h30 à20h30 et le dimanche de 9hà13h. I ln’est pas fétichiste, assure-t-il dans un sourire. Pourtant, lorsque, une fois chez lui, Léon Lucide adécouvert qu’il avait toujours la carte magnétique de sa chambre d’hôtel, il l’a gardée. Comme une relique. Comme la preuve de ce qu’il a enduré ce vendredi 20 novembre dans la chambre 528 du Radisson Blu de Bamako. Président du groupe CIOA, implanté àLaValette, Léon Lucide arrive au Mali deux jours avant l’attaque des djihadistes de al-Mourabitoune, groupe affilié àal-Qaïda, qui ont tué vingt personnes. Il est là pour inaugurer le nouveau bureau de Bamako, le vingtième en Afrique. Le genre de déplacement auquel il prend habituellement beaucoup de plaisir. Au matin de l’attaque, ce Varois de 58 ans, père dequatre garçons, d’une fille et grand-père desept petits-enfants doit se rendreàune conférence de presse. ‘‘ Mais il est en retard. Peut-être ce qui lui asauvé la vie. « Quand j’ai entendu les premières rafales, je finissais de me préparer et m’apprêtais à descendre prendre le petit-déjeuner. » Dans la salle même où le plus de victimes ont été tuées. « Ça ressemblait simplement à des pétarades, raconte le rescapé. J’aurais très bien pu être Besagne, Bât. A,Z.A.C. Besagne Tél. 04.94.93.31.00 tenté de sortir,pour voir ce qu’il se passait, mais je me suis dit que quelque chose était anormal. » Ce que lui confirme, par téléphone, son associé, présent à seulement quelques centaines de mètres, là où devait se tenir la conférence de presse. « Il m’a prévenu qu’il yavait des terroristes dans l’hôtel. Il m’a dit que ces hommes cherchaient des Français. » Léon Lucide conserve son sangfroid. Il avertit son épouse, Chantal, qu’il va bien, demande à sa famille de ne pas lui téléphoner, seulement d’échanger par SMS : « Je ne voulais pas que les terroristes puissent m’entendre. » Il inspecte sa chambre, cherche un endroit où se cacher. « Le sommier était trop bas pour que j’aille en dessous. » Son lit, justement, il l’arrange comme si quelqu’un yétait endormi. Ce n’est que lorsqu’il ASFALT TRAVAUX Pas entend les terroristes tirer dans son couloir du quatrième étage, peut-être autour de 9 heures, qu’il trouve refuge dans un placard. « Là, on voit vraiment sa vie défiler,onsedit que oui, ça peut arriver. Que, comme le disent les Africains, « la vie, c’est cadeau ». » Il s’interroge alors sur les personnes avec qui il entretient un contentieux, envoie par SMS des recommandations àses enfants… « J’étais dans l’acceptation. J’espérais seulement qu’ils ne me feraient pas mal. » « Je suis un peu poltron », lancet-il dans un rire, comme pour dédramatiser.Ilsesouvient ainsi être parfaitement conscient de la situation qu’il est en train de vivre. Sans pour autant avoir la notion du temps qui s’écoule. Il est environ ‘‘ 15 heures lorsqu’il est finalement exfiltré. Quelques instants auparavant, son épouse l’a informé que des personnes commençaient àêtre libérées. « J’ai entendu que ça appelait dans le couloir, alors, après être sorti de ma cachette, j’ai ouvert laporte de ma chambre et passé la main pour me signaler. » D’abord évacué vers le stade de Bamako, puis accueilli –et « réconforté » –àlarésidence de l’ambassadeur, il rentre chez lui dès le soir, par le vol affrété spécialement pour rapatrier les Français, et notamment les personnels d’Air France. Celui-là même qui, quelques heures plus tôt avait amené les militaires du GIGN. Dans l’avion, le chef d’entreprise est àcôté d’un Sénégalais, salarié d’une entreprise française. Le jeune homme apassé la matinée au cœur de l’horreur,caché dans les toilettes II) www.asfalt.fr 04.94.35.30.87 DEVIS GRATUIT GOUDRONNAGE (Noir ou coloré) Abords de villas H voies d'accés Gravillonnage II Bordures « Faceauterrorisme, nous sommes tous égaux » Chef d’entreprise àLaValette, Léon Lucide était au Radisson Blu de Bamako lorsque des djihadistes ont pris d’assaut l’hôtel malien. Et tué vingt personnes Léon Lucide a créé le groupe CIOA dans l’idée qu’« en aidant les gens à se lancer en affaires, en les assistant pour qu’ils réussissent et s’ouvrent à une vision internationale des affaires, ils participent [...] à la paix sociale et à la liberté individuelle ». Une conception qui prend désormais plus de sens encore pour ce rescapé de l’attaque du Radisson Blu de Bamako auMali. (Photo Patrick Blanchard) Je ne voulais pas qu’ils m’entendent » de la salle du petit-déjeuner.Léon Lucide àaussi en tête le jeune Dieudonné avec qui il avoyagé àl’aller, puis qu’il a retrouvé à l’hôtel lors du « check in ». Mais qui ne fera jamais plus le « check out ». « Je pensais à sa famille, à ses enfants en bas âge. Ça m’a permis d’objectiver, explique-t-il, de me rendre compte concrètement de ce qu’il s’est passé, de ce àquoi j’ai échappé. Et que face au terrorisme, on est tous égaux. Ça me donne un sens des responsabilités plus grand. » Aujourd’hui, président d’une entreprise génératrice de richesse, Léon Lucide voit d’autant plus, d’autant mieux, l’intérêt de ce qu’il fait. De créer un réseau « capable de permettre à chacun de développer ses capacités pour atteindre une autosuffisance financière dans un cadre favorisant les échanges et la solidarité ». C’est ce à quoi il croit depuis plus de vingt ans et la création du groupe CIOA, puis son développement dans trente-sept bureaux à travers le monde. C’est aussi ce qu’il perçoit comme une réponse possible dans une société où la désespérance est telle que « des hommes préfèrent mourir en se faisant exploser plutôt que vivre ». VIRGINIE RABISSE vrabisse@varmatin.com J’espérais qu’ils ne me feraient pas mal »
var-matin Toulon Jeudi 26 novembre 2015 Le FN s’engouffredans la crèche Le Front national affirme qu’un forain du marché de Noël aété contraint par la mairie de retirer sa crèche. Le propriétaire du manège et la ville démentent, mais la polémique enfle Quand le FN allume la mèche sur une crèche, la rumeur enfle...et s’étend sur les réseaux sociaux. Jeudi dernier, la conseillère municipale d’opposition FN, Laure Lavalette, s’en prend au maire etrapporte des propos « entendus sur le marché » selon lesquels « la mairie aurait fait supprimer une crèche visible ». L’élue fait référence à un forain du marché de Noël, qui ainstallé un sapin-manège sur la place de la Liberté accompagné d’une crèche. Selon Mme Lavalette, la municipalité lui aurait demandé de retirer ses santons. Et le FN de lancer : « La politique culturelle de la Ville est-elle de se coucher devant les islamistes pour ne pas créer la polémique, pour ne pas mettre de l’huile sur le feu ? ». Le maire avait vertement répliqué que le forain avait lui-même retiré sa crèche. Richard Kerwich, propriétaire du sapin-manège installé place de la Liberté, ne comprend pas pourquoi des élus FN l’ont impliqué dans une polémique. (Photo Patrick Blanchard) L’ami qui aentendu... Au moment où Laure Lavalette fait son intervention au conseil municipal, elle n’a pourtant aucune preuve tangible si ce n’est les dires d’un ami qui aurait « entendu l’adjoint au maire, Monsieur Navarro, demander au forain de retirer sa crèche ». Mais le forain en question, rencontré hier sur le marché de Noël, dément formellement cette version (lireci-dessous). LaureLavalette persiste dans sa lutte contre « l’intégrisme laïcard », certifie ne pas faire « d’intox » et suppose aujourd’hui des « pressions » sur le forain pour justifier une toute autre version que la sienne. Quoi qu’il en soit, la rumeur est lancée. Dans la foulée du conseil municipal, une page Facebook faisait son apparition, intitulée « Touche pas àmacrèche de Noël -Toulon ». LaureLavalette affirme ne pas connaître les petites mains qui se cachent derrière. Son intervention yest pourtant relayée. Un communiqué du FN Toulon aaussi été partagé dans lequel le Front affirme carrément, cette fois, que la mairie a « exigé le retrait » desantons de la crèche installés près du manège. « Je fais confiance àl’ami qui m’a rapporté l’information », dit-elle pour justifier ce glissement de langage. Contactés, deux autres élus FN du groupe, Jean-Yves Waquet et Amaury Navaranne, renvoient vers leur collègue. « C’est Mme Lavalette qui asuivi cette histoire », indiquent-ils. Sur cette fameuse page Facebook, un autre communiqué incite la population àcontacter directement la mairie (en donnant le numéro de téléphone du standard etle mail du service communication) pour que les citoyens « demandent des explications au maire. » Visiblement, quelques-uns ont suivi la consigne puisque la mairie, consternée, confirmait avoir reçu des appels, y compris d’un Rouennais ! « Lamairie ne m’a jamais demandé de retirer ma crèche » Richard Kerwich, le forain devenu l’attraction de cette polémique lancée par le FN, tombe des nues. « « La mairie ne m’a jamais demandé de retirer quoi que ce soit,dément-il fermement. C’est la premièrefois que je viens sur le marché de Noël de Toulon avec ce manège, que j’ai acheté spécialement pour ce marché. J’avais installé sous le sapin une crèche, mais en voyant qu’il y en avait une très belle juste derrière (la crèche son et lumière sous chapiteau, qui elle est payante,Ndlr), je me suis dit que c’était idiot qu’il yenait deux. De mon propre chef, j’ai enlevé la mienne. En plus, je m’entends très bien avec les personnes qui s’occupent de la grande crèche animée, ce sont des gens charmants. Ils ont la plus belle crèche de France ! Vous savez,entre forains, on auncode de déontologie. Je ne sais pas d’où sort cette polémique, elle ne tient pas debout. Je n’ai jamais discuté avec le maire. En plus, s’il avait voulu faireretirer la crèche parce que ça le dérangeait, il aurait fait aussi enlever l’autre sous chapiteau... Je crois qu’il y ades gens qui aimentfoutrelam... », souffle-t-il.Quant à Gérard Abbes,responsable de la crèche animée sous chapiteau, il affirme ne pas avoir suivi la polémique. « On m’en aparlé, mais vous savez,j’ai dormi 14 h en cinq nuits pour que tout soit fin prêt pour l’ouverture du marché de Noël alors ce genre d’histoires... Et puis,vous ne pensez pas qu’il se passe des choses plus graves ? », interroge-t-il. Depuis plus de dix ans, Gérard Abbes, installe sa crèche animée au marché de Noël. (Photo doc. Luc Boutria) Enregistrement Hier, unenregistrement (non authentifié) était posté sur le réseau social. On peut yentendre un homme téléphoner au cabinet du mairedeToulon afin de connaître la raison du « retrait de la crèche ». Al’autrebout du fil, une femme répond que le forain « n’a pas demandé d’autorisation pour occuper le domaine public » pour sa crèche, et qu’une autre crèche existe déjà sur le marché de Noël grâce àHubert Falco. Charles Pellayo, l’un des administrateurs de la page Facebook que nous avons pu joindre, affirme avoir passé ce coup de fil en mairie. « Je suis un professeur toulonnais et suis très attaché aux crèches, aux traditions provençales. C’est notre culture chrétienne. J’ai suivi la polémique de l’association des maires de France (qui préconise de ne pas installer de crèches dans les mairies, Ndlr). Je m’insurge contre cette offensive globale que subit l’héritage culturel chrétien de la France. Et le retrait de cette crèche gratuite et visible est un scandale ». L’homme réfute être adhérent ou militant du Front national et assure qu’il va continuer àmener « toute sorte d’actions » pour faire entendre savoix. En tout cas, cette promotion sur Facebook tombe étonnamment à point nommé pour servir la communication du FN... àquelques jours des Régionales. MARIELLE VALMALETTE Joint hier,Hubert Falco estime que « le FN orchestre une rumeur car il est en pleine campagne et en plein délire. Cette histoire de crèche est totalement ridicule, ils en ont fait un argument de campagne. La crèche animée (sous chapiteau) existe depuis plus de dix ans. C’est la plus belle du Var etc’est nous qui l’avons fait venir avec le marché de Noël. Parce qu’au temps du FN, il n’y avait rien : unpauvre arbre sous un lampadaire même Le Billet de Karine Michel Un peu de décence ! Certains débats n’ont pas lieu d’être... S’emparer une nouvelle fois du retrait –non avérée –d’une crèche de Noël en attisant les crispations religieuses n’a pas lieu d’êtrequelques jours après le 13 novembre2015. Lesélus frontistes de Toulon ont sans doute voulu faire du bruit à quelques jours du scrutin régional.Beaucoup de bruit relayé sur lesréseaux sociaux... Beaucoup de bruit pour rien. Allons,unpeu de décenceàl’égard des familles qui n’ont pas toutes encore enterrées leurs morts,dix jours après les attentats de Paris. De la décence, encore,pour celles et ceux toujours cloués sur un lit d’hôpital. Que les élus frontistes interpellent la majoritésur les mesures de sécurité prises dans les lieux publics auraient été bien plus légitime eu égard leur programme en la matièremais là, quel triste et amer spectacle. La politique locale n’avait pas besoin d’un telégarement, àl’heuredelasolidariténationale... même si parfois,et la preuveen est hélas -une fois de plus, « solidarité » est un vain mot. HubertFalco : « Autemps du FN, il n’yavait qu’un pauvre arbresous un lampadaire » pas décoré. La place de la Liberté était noire. Le forain qui ainstallé son manège a de lui-même enlevé ses sujets de crèches parce qu’il a vu que juste àcôté il yavait la belle crèche de M. Abbes. Le FN fait de la politique à dix jours des régionales, alors que moi, je suis ne suis pas dans la polémique. Mais cette élue (Mme Lavalette) s’est adressée àmoi avec une violence et une telle haine qu’une petite fille présente au conseil en a pleuré. Ca m’a bouleversé ».



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