Var-Matin n°2015-11-25 mercredi
Var-Matin n°2015-11-25 mercredi
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°2015-11-25 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 56,7 Mo

  • Dans ce numéro : faut-il réinstaurer un service national obligatoire ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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var-matin L’événement Mercredi 25 novembre 2015 Jean-Marie de Peretti entre douleur et colère Le Varois accompagnera demain sa fille Aurélie, tombée sous les balles au Bataclan, pour un ultime hommage rendu à Saint-Tropez. Il a refusé de se rendre aux cérémonies parisiennes C e mercredi matin, Jean- Marie de Peretti est sur la route du retour vers Saint- Tropez, après un interminable séjour dans la capitale. Le corps de sa fille – Aurélie, 33 ans, tombée sous les balles des terroristes en cette funeste nuit du 13 novembre –, le rejoindra par la route, entouré d’un oncle et d’une tante. Une cérémonie, organisée par la municipalité tropézienne jeudi, réunira la population et les innombrables amis de la jeune femme, qui était très impliquée dans les milieux associatifs. Sa famille sera là aussi, bien entendu. En revanche, son père, Jean-Marie de Peretti, celui qui alongtemps exercé des responsabilités dans notregroupe, ne se rendra pas vendredi àl’hommage national organisé aux Invalides, àParis, en l’honneur des victimes. Et il nous explique les raisons de ce refus. Un hommage national sera rendu ce vendredi aux victimes des attentats du 13 novembre. Y avez-vous été conviés,vous et votrefamille ? Nous avons effectivement été invités par une antenne du Comité d’intervention d’aide aux victimes àparticiper àcet hommage national aux Invalides, àParis. En fait, une délégation de quatremembres par famille est invitée. Et je leur ai fait savoir que je ne viendrai pas. Peut-on savoir ce qui motive votrerefus ? Je me souviens des attentats de janvier. Dès le lendemain, il y a eu des effets d’annonce. Lors du rassemblement dans les rues de Paris, la sécurité était devenue une cause nationale. Ce mouvement n’aurait pas été suivi d’effetsselon vous ? J’y ai cru ! Mais que s’est-il passé ? L’espace Schengen a laissé passer toutes ces personnes pourtant signalées par le fameux fichier S. L’espace Schengen est devenu une passoire qui a permis à ces gens-là de venir perpétrer des actesterribles sur notre territoire. Rien n’a été fait ! Pour preuve, depuis vendredi, ces personnes fichées S ont pu rejoindrelaGrèceetcertains pays limitrophes,voirelaSyrie. Peut-on vous demander comment vous avez vécu cette terrible soirée du vendredi 13 novembre ? Nous savions qu’Aurélie était au Bataclan ce vendredi-là. Nous avons passé une nuit d’angoisse « L’espace Schengen est devenu une passoire qui a permis à ces gens-là de venir perpétrer des actes terribles sur notre territoire. Rien n’a été fait ! »,depuis janvier, explique Jean-Marie de Peretti. (Photo DR) en suivant l’évolution de la situation en direct sur les chaînes d’info en continu. Et nous étions extrêmement inquiets. Vous avez alors pris la décision d’aller àparis ? Mon épouse a pris le premier avion pour Parissamedi matin, depuis Hyères,et moi le TGV un peu plus tard. Mais, depuis l’annoncedes attentats,je cherchais à joindre le numéro d’urgence diffusé sur toutes les chaînes de télé et de radios. Sans succès ? Injoignable ! Je comprends tout à fait que ce numéronesoit pas joignable à minuit, alors que les attentats viennent de se produire. Je comprends àla limite qu’il ne soit pas joignable dans la nuit, parce qu’il ya encore du monde qui cherche à joindreunoudes proches. Mais, au petit matin ou dans la matinée,il n’y avait toujours rien àfaire, injoignable ! Engarede Toulon encore, en prenant le train pour Paris, vers 10 heures, je ne parvenais pas à les joindre. Comment avez-vous alors appris la terrible nouvelle ? Moi, j’ai donc pris un train en matinée pour Paris. Mais mon épouse,qui a pris le premier avion, était sur placedans la capitale. Et elle alistétous les hôpitaux et les aappelés un par un pour chercher une trace d’Aurélie. Pasdenouvelles. Elle a ensuitetéléphoné àl’Institut médico légal. Rien non plus. Puis elle afini par se rendresur place. C’est àl’Institut médico-légal, que l’on lui a annoncé le verdict tant redouté ? C’est ça ! Puis elle m’a prévenu, alors que j’étais encoredans le train pour aller àParis... Que s’est-il passé ensuite ? Terrible ! Il nous afallu aller reconnaître le corps à l’Institut médico-légal,donc. Puis,nous rendre au 36 quai des Orfèvres, pour répondreaux questions dans le cadre de l’enquête judiciaire. Et enfin chez les pompes funèbres. Aujourd’hui, outreladouleur d’un père, d’une famille, que ressentez-vous ? Ce manque de dispositions prises par l’État après les terribles attentats de janvier.Et, aujourd’hui, à quoi sert l’état d’urgence ? Ça me dépasse ! Pourquoi dites-vous que rien n’a été fait depuis janvier ? Des mesures de sécurité avaient étéprises ! Mais pas du tout ! Ma fille, Aurélie,enarrivant au Bataclan en ce terrible vendredi 13 apris un selfie ! Elle montrait cette photo et indiquait en commentaire : « On n’a pas été fouillées » ! Selon vous,d’oùvient la menace ? A titre personnel,je suis militant actif d’une association qui s’appelle France terre d’asile. Depuis des années et des années,nous accueillons des étrangers. Nous les aidons à s’implanter et à s’intégrer.Tout ceci a commencé par des Portugais,des Espagnols,puis des Polonais,puis d’autres. Aujourd’hui, les enfants de ceux que nous avons accueillis tournent leurs armes contre des enfants innocents. C’est insupportable. Les cibles de ces terroristes ont évolué, à vos yeux ? Bien entendu, il y a eu des otages,des diplomates, des journalistes puis maintenant des civils,des jeunes. Ces actes sont des actes de grande lâcheté. Que représentent à vos yeux ces témoignages de sympathie, notamment dans le golfe. Et surtout à Saint-Tropez, où un hommage sera rendu à Aurélie ? Tous cestémoignages de sympathie sont réconfortants, bien évidemment. Je sais que les Tropéziens sont à nos côtés depuis la terrible nouvelle,et ils le montreront encore ce jeudi. Instantanément,quelle image vous revient d’Aurélie ? J’ai dans mon jardin, dans lequel Aurélie apassé son enfance, avec sa sœur Delphyne,un plaqueminier,cet arbrequi donne des kakis. À l’automne, cet arbrenous offredes couleurs flamboyantes. De cette fantastique image,j’ai fait des cartes de vœux l’année dernière. J’en ai fait tellement qu’il en reste quelques unes en cette fin d’année. Des cartes de vœux qui ont une valeur symbolique tellement importanteàmes yeux en cettefin d’année ! PROPOS RECUEILLIS PAR DIDIER ZAÏTOUN dzaitoun@varmatin.com



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