Var-Matin n°2015-11-25 mercredi
Var-Matin n°2015-11-25 mercredi
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°2015-11-25 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 56,7 Mo

  • Dans ce numéro : faut-il réinstaurer un service national obligatoire ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Après l’horreur du 13 novembre, quelétat d’esprit ressentez -vous chez les habitants de notre région ? En province, l’angoisse et les peurs semblent moins fortes qu’à Paris. Mais les gens m’interrogent beaucoup sur la sécurité, disent avoir apprécié l’attitude de François Hollande mais ont un discours dur sur la désunion nationale.Etbien sûr, ils m’interpellent : « Pourquoi n’avezvous pas pris toutes ces mesures avant ? » QuelrôlepeutjouerlaRégion dansuntelcontexte ? Je ne feraipas le cow-boy de service, je laisse cela à d’autres,en disant « Moi, président je réglerai les problèmes d’insécurité ! » En revanche,laRégion aune responsabilité sur « le vivre ensemble ». Un exemple : Marion Maréchal-LePen veut supprimer les repas de substitution dans les établissements de la Région. Imaginez les conséquences dans certains établissements où 70% des Castaner (PS), l’anti C hristophe Castaner,c’est pasMister fantaisie. Costume impeccable, cravate bien ajustée, barbe taillée au cordeau. Seul dénote un bracelet de montreendeux couleurs. L’argumentaire, il le déroule mezzo voce,nitropfort, ni trop doucement. Look un peu austère duBas-Alpin insensible au bling-bling, bon sens du paysan gardant les pieds sur terre quand ses adversaires, qu’il qualifie de bons « papillons médiatiques », se prendraient les ailes dans la lumièredes projecteurs. Traduction politique : unvrai Rocardien qui peaufine sa réputation de bûcheur. « Jesuis un candidat qui bosse, qui connaît ses dossiers ». Pas de fiche, mais une bonne mémoire, il maîtrise bien son territoire. Juste pris en défaut quand il prononce Corrins pour évoquer Correns dans le centre-Var.Un « pragmatique »,pas un « dogmatique » qui assume sa fibresocial-démocrate sans trop critiquer les écologistes et le Front de gauche, avec qui il faudra bien négocier un accord au soir du 1er tour.UnhussarddelaRépublique laïque version 2015, en phase avec « Manuel » (Valls), et son ministredel’Économie Emmanuel Macron qui aide ses compatriotes « à sortir du prêt àpenser ». S’il le faut, il peut marquer sa différence avec Michel Vauzelle. Par exemple sur le dossier des transports, quand il défend la logique du « mieux de trains » contrecelle, actuelle, du « plus de trains ». Pas de dérapages, des confessions bien contrôlées sur sa passion pour la culture, de l’humour –sans excès –des formules cruelles pour Christian Estrosi qui roule selon lui « dans la voiture la plus chère de France ».Des piques, répétées, contre « Madame Le Pen », à cause de propositions jugées « irréalistes ». Christophe Castaner n’est clairement pas le favori de cette élection. Mais il pourrait en êtrelasurprise. C’est, en tout cas, l’objectif qu’il s’est fixé. élèves,juifsoumusulmans,ne mangent pas de porc. Cesgamins ne resteront pas àlacantine et ne retourneront sans doute pas en cours à14h.Oncrée ainsi des germes de tension, de haine. La fonction de la Région, et plus largement des politiques aujourd’hui, c’est d’apaiser,de sécuriser.C’est l’inverse de ce qu’a fait la droite la semaine dernière en voulant hystériser le débat. Quand les Républicains ne sont plus des républicains et rompent l’uniténationale, ils le paient immédiatement. Un douanier a été tué lundi à Toulon dans une affaire de trafic d’armes, l’une des priorités du gouvernement. Évidemment, c’est une priorité, pas seulement vis-à-visdeDaesh mais aussi du grand banditisme.Cela implique aussi que les Douanes, asphyxiées sous Sarkozy, aient des moyens. François Hollande a annoncélerenfort de 1000 agents sur un effectif de 12 000. C’est un effort très important. C’est dit « Je suis entré en politique pour Michel Rocard,pour le parler vrai. » « Attention au discours de simplification qui devientsimpliste. Le simplisme, ça n’a jamais marché. Même chez les sept nains. » « Je suis un pragmatique, pas un dogmatique. » « Les premières victimes de Daesh, ce sont les migrants. Que l’on ne les rejettepas àlamer sous prétexte qu’un ou deux terroristes se sont infiltrés parmi eux ! » « Je combats tous les radicalismes : celui de Daesh mais aussi celui du FN. » Face àlarédaction « Notre rôle,c’est d’apaiser » Le candidat du Parti socialiste était à Toulon hier pour répondre aux questions de la rédaction du groupe Nice-Matin. (Photos Dominique Leriche) « Que « Les Républicains » soient républicains » Vous avez plusieurs fois appelé à une union des gauches. En vain. Qu’est-ce qui a achoppé –hormis l’opposition à la politique gouvernementale –avec les Verts et le Front de gauche ? Juste la politique du gouvernement. Parrapportàla thématique de l’austérité. Quand on veut me diaboliser,alors on sort l’arme suprême : il a été rapporteur de la loi Macron. C’est vrai. Mais nous avons 95% du bilan àlaRégion en commun. Et nous l’assumons. Et nous avons 95% du programme commun. Je me suis déjà prêté à l’exercice de prendre leur projet politique : je m’y retrouveentotalité, sauf sur la contestation de l’austérité nationale.Elle n’existe pas. D’autant plus avec la phrase du président de la République qui a annoncé que le pacte de sécurité l’emportait sur le pacte de stabilité... On votait déjà des budgets à moins 70 milliards –ce qui est mieux que la droite, qui était àmoins 140. On ne peut pas François Hollande a pris dix points dans les sondages. Une hausse dont les candidats socialistes aux régionales ne bénéficient pas... C’est le président de la République qui grimpe de dix points. Pas l’homme politique,du moins je ne le crois pas. Mon problème,comme celui de Claude Bartolone –qui abien plus de notoriété que moi –, c’est qu’un électeur sur deux ayant voté François Hollande dit qu’il ne viendra pas voter pour nous. La gauche a déçu et déçoit encore. La droite parler d’austérité. Ils ont nationalisé le débat pour ne pas venir avec nous. Résultat:ils le payent et je le paye.Onn’a pas créé de dynamique de 1er tour, alors que l’union aurait montré qu’il yavait un enjeu majeur : battre l’extrême droite et la droite extrême. Aujourd’hui on a des sondages qui les placent àmoins 8%,ce qui leur enlève la parole. Le soir du 1er tour,ils viendront frapper àmaporte et je les accueillerai. Mais je préférais un accord négocié dans le temps. Construit. Et rendu public. Concernant le 2 e tour,aucas où, comme certains sondages l’annoncent, vous arriveriez en 3 e position, seriez-vous prêt à vous retirer ? À vous allier à Christian Estrosi ? Sur la fusion, ce n’est pas envisageable une seule seconde. Le retrait non plus,car je ne serai pas dans cettesituation-là au premier tour.C’est langue de bois,mais ne demandez pas àun déçoit. Les électeurs sont prêts à l’aventure, regardent vers le Front national. Etre un proche d’Emmanuel Macron : cela peut desservir auprès de certains électeurs de gauche, notamment ceux qui reprochent au gouvernement sa politique libérale... C’est marrant parce que j’ai encore lu ce matin un sondage sur les hommes et les femmes politiques les plus populaires et j’ai vu que Macron était au sommet. Quand vous l’analysez,vous vous var-matin Mercredi 25 novembre 2015 candidat de se projeter,quand il est en campagne,sur sa défaite. Quand vous rencontrez un suicidaire, vous ne lui demandez pas « tu préfères la cordeoule pistolet ? ».C’est pas cool... Manuel Valls l’a fait avant nous... Parce que Manuel Valls s’est projetédans un cadretrès théorique.Jeregretted’ailleurs que la droitenel’ait pas fait lors des dernières départementales, où partout où il yavait des duels FN-PS, elle n’apas appelé àvoter contre le Front national,elle n’a pas appelé àvoter pour le Parti socialiste. Il y a des endroits comme àBerre(13), alors qu’elle avait la possibilitédeseretirer pour empêcher l’élection du FN, elle s’est maintenue.Je voudrais qu’on arrêtededemander aux socialistes d’êtreplus républicains que « Les Républicains ». Que Christian Estrosi soit républicain, et je le serai aussi. Gouvernement : de François à Emmanuel... apercevez que même à gauche,il est au sommet de la popularité. En revanche, il y a des gens,notamment au Front de gauche,pour qui Macron c’est le diable, la loi Macron c’est terrible.Mais il n’yen apas un qui peut direcequ’il yadans les 400 articles de la loi. Il faut sortir du prêt-à-penser.EtMacron aide àensortir. Si je suis rapporteur de la loi Macron, c’est qu’il yades gens qui pensent que je suis compétent. Je suis un candidat qui bosse,qui travaille ses dossiers,qui veut décliner concrètement la politique.
« papillons médiatiques » Les forces et les faiblesses du bilan régional de Michel Vauzelle ? Àson crédit, il afait la région. Celle-ci a aujourd’hui une identité qu’elle n’avait pas. Il a construit un sentiment d’appartenance forte. Nos concitoyens appartiennent à une région avant d’appartenir à un département. Nous sommes aussi la premièrerégion de Franceàavoir progressé en matièredetransports et de TER.Sur la dernière mandature, il y a eu 40%d’augmentation de fréquentation dans les TER,aucune autre région n’a autant progressé. La Région a investi 3milliards d’euros dans ce domaine. Ceci étant, il reste une faiblesse.Michel Vauzelle a fait la région, mais qui sait àquoi elle sert ? Personne.Ce n’est pas propreà Paca.L’action de la Région n’est pas perçue,souvent parce qu’on est coinvestisseur et que ça ne se voit pas. Concernant les TER,malgré tout, près de 20% sont en retard, des usagers râlent… Comment comptez-vous remédier à cela ? D’abord, je ne promettrai pas 100% des TER à l’heure, ça n’existe nulle part. En fait, les résultats sont même plus mauvais du côté de Nice. Parce qu’on ades infrastructures qui ne sont plus adaptées et des trains qui n’ont pas la capacité. Moi, j’abandonnerai la logique du plus de C’est dit « Le clientélisme continue àêtreune règle. Et le Sud de la Franceest sans doute plus vérolé que d’autres territoires. » « L’idée même de vouloir diriger la Région tout en restantprésidentdela Métropole NiceCôted’Azur n’est pas éthique... » « Chacun doit faire preuve de modestie. Si vous dites aujourd’hui aux gens que ‘‘moi président, je réglerai les problèmes dès janvier », dès février ils gueuleront, on créeradeladéception et du rejet de la politique. » Face àlarédaction « Conforter les filières qui créent de l’emploi » trains pour du mieux de trains : des trains qui soient àl’heure, où l’on soit assis et avertis en casde difficulté. Je mobiliserai 480 M € sur les infrastructures du quotidien, dont 280 M € uniquement sur les Alpes-Maritimes. Une première réponse,dès 2016, seral’arrivée de treize nouvelles rames,qui ont été commandées par Michel Vauzelle, qui viendront doubler les capacités. Huit iront dans les Alpes-Maritimes. Pour une meilleure sécurité dans les trains,que proposez-vous ? La sécurité est une priorité pour les transports,mais aussi les lycées et bien d’autres domaines. La sécurité est un droit absolu et, en plus,c’est une injustice sociale,car l’insécurité touche les plus démunis. Après, on peut faire le concours Lépine de la meilleure idée,par exemple des drones qui détectent tous les méchants… Dans les faits, il faut des moyens. La vidéo-protection en est un. Avec les nouvelles rames qui seront livrées la semaine prochaine, 70% de notre parc de TER seront équipés de vidéo-protection. Je m’engage à faire 100% de vidéoprotection sous dix-huit mois. Ensuite, il y a le côté shérif de ceux qui veulent créer une police des transports. Monsieur Estrosi amême parlé d’y consacrer cent personnes… Sauf qu’à l’heure actuelle,tous servicesconfondus,quatrecents personnes sont déjà en charge de la sécuritédans nos trains. Le meilleur élément de sécurité, c’est bien la présencehumaine. On compte plus de 70000 chômeurs en Paca.Que ferez-vous pour créer les emplois qui ne l’ont pas été jusqu’ici ? Moi, rien ! Les emplois, ce sont les entreprises. Il faut d’abord conforter les filières qui créent de l’emploi : l’agroalimentaire, la sûreté,la mer et le nautisme, la santé, le bien-être, l’environnement et le sport. Il faut pousser des projets comme le Technopôle de la mer dans le Var, qui ouvre des perspectives de 5000 à 6000 emplois. Ensuite, je veux des formations diplômantes pour tous les individus,en adaptant les formations au marché de l’emploi, ce que tout le monde dit, mais en raisonnant territoire par territoire, à l’échelle des bassins d’emploi. Enfin, il faut des aides aux entreprises,leur faciliter l’accès au crédit. Je veux mobiliser 600 M € chaque année avec la Banque publique d’investissement, pour accompagner 8500 entreprises. Mais je ne veux pas d’aides directes, c’est du clientélisme.Jeveux des fonds de co-investissement, aux côtés des entrepreneurs. Ce qui le distingue des autres... Vos différences avec vos adversaires de droite sur la culture ? J’y crois,c’est une vraie différence. L’une veut une culture administrée, régentée,l’autreaun discours généreux mais sa vision culturelle n’existe pas. La culture, par nature, est libre. Ce qui me distingue,c’est de réclamer la liberté pour la culture. Sur l’agriculture ? ParrapportàChristian Estrosi, je ne citeraiqu’un chiffre:il y avait 10000 agriculteurs en 1970 dans les Alpes-Maritimes,ilen reste769. M me Le Pen, elle, veut fermer les frontières, ce qui aura deux conséquences : la fin des aides européennes pour les agriculteurs et, surtout, la fin de l’exportation pour notreagriculture. Sur les lycées ? Un lycée, c’est 35 M €, ce n’est pas une promesse qu’on peut faire à la légère, comme certains. En revanche,quand l’un et l’autre annoncent qu’ils supprimeront 30% des emplois,ilfaut savoir qu’ils en supprimeront dix par lycée. Surlajeunesse ? Le refus de la stigmatisation. Je veux élargir la carte Zou, en faire un passeport solidarité pour la jeunesse, une cartedelibreaccès, en l’étendant à la santé, l’accèsàlacontraception notamment, mais aussi àla culture, à la prise en charge des transports scolaires. Sur l’équité entre les départements ? Il est logique de donner plus aux départements les plus fragiles,c’est le principe de la solidarité. Je la maintiendrai : cela s’appelle êtredegauche. Ma région àmoi Votresitepréféré L’ancienne base de sousmarins de Saint-Mandrier. Votre ville préférée Correns. Votre monument préféré Je n’aime pas trop les monuments,car ils sont généralement liés àdes personnes. Mais la Porte d’Aix, àMarseille, pour le quartier. Votrepersonnage ou personnalitépréféré : Olivier Py,le directeur du Festival d’Avignon. Votre expression favorite Y’a dégun. Votre plage préférée Le Cap Sicié. Votreplatpréféré Le civet de marcassin. Le lieu que vous rêvez de transformer Je préfèreparler de lieux à protéger comme le littoral et nos montagnes. Il arépondu àleurs questions Patrice Maggio, directeur adjoint des rédactions. var-matin Mercredi 25 novembre 2015 Mireille Martin, reporter en charge de la politique. Stéphanie Mayol, rédactrice en chef adjointe. Thierry Prudhon, reporter en charge de la politique.



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