Var-Matin n°2015-09-27 dimanche
Var-Matin n°2015-09-27 dimanche
  • Prix facial : 1,50 €

  • Parution : n°2015-09-27 de dimanche

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 63,5 Mo

  • Dans ce numéro : la Fête du livre du Var, à Toulon, s’achève aujourd’hui.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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l’Histoire Dimanche 27 septembre 2015 RÉCIT Il était un temps où les princes de Monaco allaient chasser au Cap-Martin -cette péninsule qui fait aujourd'hui partie de la ville de Roquebrune- Cap-Martin, entre Monaco et Menton. Les rois de France avaient la forêt de Fontainebleau, les Princes de Monaco le Cap- Martin. Ils franchissaient les espaces campagnards où se trouve aujourd'hui Monte-Carlo et gagnaient cette zone boisée et rocheuse qui s'avance dans la mer, sous le soleil éclatant de la Méditerranée. Le Cap Martin était leur propriété. Ils ytraquaient hardiment le lièvreoulechevreuil. Arrive la Révolution. Monaco devient Fort-Hercule et le prince Honoré III perdleCap. En 1802, la préfecture des Alpes-Maritimes arrête : « L’adjudication du droit à couper du bois ou récupérer ceux tombés àterre àl’intérieur du Cap-Martin est désormais faite au bénéfice de la commune de Menton ». Monaco n'a plus droit à la moindrebrindille, même tombée àterre ! Mais l'Histoire sait, parfois, revenir en arrière. En 1814, Monaco redevient Principauté. Les temps, pourtant, ont changé. L'esprit de la République s'est répandu jusque sur nos rivages. En 1848 Menton et Roquebrune se séparent de la Principauté. Que va-t-il advenir du Cap-Martin ? Lasuite est racontée dans les différents ouvrages de l'historien Jean-Claude Volpi. Après les têtescouronnées, les spéculateurs Le roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II, futur roi d'Italie, sous l'autorité duquel Menton et Roquebrune se sont placées, attribue un « droit de pâturage » sur le Cap à un certain comte Jules de Mouchy,membre de la maison de Noaïlles. Voilà qu'en 1859, le comte en question a d'autres ambitions. Il achète le Cap-Martin pour 60000 francs avec un génois, Ange Borgo, dans le but de construire et Cap-Martin, la péninsule Sissi, l'impératrice Eugénie et bien d'autres têtes couronnées ont séjourné sur ces anciens terrains de chasse des princes de Monaco, où le tramway finira par faire sa révolution Le Danois Hans-Georg Tersling aété l'architecte favori du Cap-Martin. (DR) ❶ ❸ ❹ vendre des villas, des hôtels, ainsi qu'un hôpital public. Hélas pour lui, il arrive ce qui arrive souvent entre associés dans les milieux financiers : labrouille. Ils se séparent et le Cap est remis en vente. Nous sommes en 1861. Le comté de Nice aété rattaché à la France un an plus tôt et Menton et Roquebrune ont été absorbées par le département des Alpes-Maritimes. Le temps des aristocrates n'est pourtant pas fini. Une certaine comtesse Pauline Tosty rachète le Cap-Martin pour 275000 francs ors. Comme elle aeules yeux plus gros que le ventre etqu'elle'iûf ALliti il irt 0 0-, 44LLI641ridt, v 0 I, F I iu i g I 1Î II I - -l'Hans-Georg Tersling, architecte des aristocrates L'architecte danois,qui aédifié le Grand Hôtel et les premières grandes villas du Cap-Martin aégalement construit plusieurs bâtiments emblématiques de la Côted'Azur : l'Hôtel Métropole àMonte-Carlo,lePalais Carnolès et le Palais de l'Europe àMenton, l'Hôtel Bristol àBeaulieu, la VillaMasséna àNice, l'Hôtel du golf àSospel,l’Église russe et l'Hôtel Impérial àMenton.'_i i n'arrive pas àrembourser ses dettes, elle se fait confisquer son bien qui est vendu aux enchères. Bonne affaire pour un médecin parisien, Guillaume Sabatier de Pierrefond, qui, en 1868, acquiert le Cap Martin pour 110000 francsor. Lemédecin qui soigne prioritairement ses propres affaires va découper le Cap en lots. Quatre hectares seront acquis par Louis- Henri de Royer, président de la Cour d’appel de Paris, fils du ministre delajustice de Napoléon III. Le bel endroit pour faire construire une résidence secondaire ! La villa « LeVerger » sort de terre. Lorsqu'en 1889 meurt le Il n'est d'aristocrate qui ne rêve d'avoir sa propriété au Cap-Martin. docteur Sabatier, saveuve propose àlaville de Menton de racheter le Cap. Mais la municipalité, dont les finances ont été mises àmal par le tremblement de terre de 1887, n'a pas les moyens. Le temps des merveilles architecturales C'est alors qu'arrive un ressortissant britannique, George White, constructeur des tramways dans son pays. Il sort desabourse Le Cap-Martin ❶, dont l'évolution est largement décritepar l'historien Jean-Claude Volpi, dans ses différents ouvrages,fait rêver depuis longtemps des gens de la haute société. C'est le lieu où se sont rencontrées les impératrices Sissi et Eugénie ➋,oùaété construit l'un des plus beaux hôtels de la Côte, le « Grand Hôtel du Cap- Martin » ➌ et où les plantations de palmiers ont occasionné d'importants travaux ➍. (DR) 575000 francs or et le Cap-Martin est àlui. Prenant une carte et un crayon, il dessine des lots et des sentiers et se lance dans ce qu'on appelle aujourd'hui la spéculation immobilière. Il va faire entrer en scène l'un des meilleurs architectes de la région, le danois Hans-Georg Tersling. Celui-ci construit quelques merveilles : le Grand Hôtel en 1890, la villa Cyrnos en 1892, la villa Aréthuse en 1893, la villa Casa del Mareen 1904. Le Grand Hôtel, trônant en Le Tir aux pigeons de Monaco Au milieu des espaces verts qui restaient, entre les villas,àlafindu XIX e siècle au Cap-Martin, futaménagé en 1885 une annexe du Tir au pigeon de Monaco–cejeu auquel s'adonnait la hautesociété qui consistait àtirer au fusil sur des cibles en argile. En1886, est réinstallé un domaine de chasse privé. Il n'est plus réservé aux seuls princes de Monacomais àtoutel'aristocratie de la Côte. ❷
l’Histoire Dimanche 27 septembre 2015 des princes et desimpératrices Somptueuses demeures Le Cap-Martin est un monde de villas somptueuses, que l'on peut toujours admirer aujourd'hui, parmi les frondaisons. Elles sont décrites dans l'ouvrage « Belles demeures en Riviéra » de Didier Gayraud. (Editions Giletta). En 1897 est édifiée la villa Cypris,construite dans un style néo-byzantin rappelant la cathédrale de Monaco. Sa propriétaire est Olympe Hériot, héritière des Grands Magasins du Louvre àParis. Depuis ses terrasses, elle pourra observer les régates auxquelles participe sa fille Virginie Hériot, championne olympique de voile en 1928. C'est également en 1897 que sont construites les villas Cynthia et Dragonnière, habitées par deux journalistes new-yorkais célèbres, Joseph Pulitzer et Charles Norris. En 1900 sortent de terre lavilla laLoggia, édifiée par le baron Henry Foster, gouverneur d’Australie, ainsi que la villa Kahn, du banquier Albert Kahn – l’une des plus grandes fortunes d’Europe, avant sa ruine lors s du krach de 1929. La villa Torre Clementina est construite dans un style gothique vénéto-byzantin par Erna Stern, épouse..pouse du banquier Louis Stern et romancière connue pour ses contes vénitiens. La villa passe en 1926 entre les mains du parfumeur François Coty, propriétaire du « Figaro ». En 1910, la villa Zoraïda est construite pour la célèbre « Daisy »,égérie, des années folles, fille de la multimilliardaire héritière des machines àcoudre Singer. Son frère Paris, lui, achoisi un autre cap, leCap Ferrat, pour yépouser la danseuse Isadora Dunkan. Le tramway,avec sa perche tremblante qui capte l'électricité sur un câble aérien, et son contrôleur en uniforme qui hèle les passagers depuis son marchepied, aété l'une des attractions du début du XXe. (DR) majesté sur son promontoire rocheux, est l'une des splendeurs touristiques de la Côte àlafin du XIX e siècle. Séphen Liégeard, écrivain qui adonné ànotre région le nom de « Côte d'Azur » qualifie le Grand Hôtel de « Leviathan de luxe et de confort ». L'établissement recevra la reine Victoria, le roiEdouard VII d'Angleterre,l’empereur d’Autriche François-Joseph et sa femme Sissi, l'Impératrice Eugénie, le roiAlbert1er de Belgique et son épouse Elizabeth, l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche- Hongrie (dont l’assassinat déclenchera la 1 ère guerre mondiale), Sir Winston Churchill. Hélas, malgré la richesse de son livre d'or,l'Hôtel du Cap Martin ne survivra pas aux cataclysmes des deux guerres mondiales et sera transformé en appartements. C'est pour l'Impératrice Eugénie, veuve de Napoléon III, qu'Hans-Georg Tersling construit la villa Cyrnos. Le nom, qui signifie Corse en grec, est donné en hommage àNapoléon 1 er.L'édifice est somptueux, décoré d'aigles impériaux sur les corniches et terrasses. Tersling édifie la villa Aréthuse -dunom de la chasseresse mythologique -pour le comte de Montgomery, etlaCasa del Mare pour le capitaine Wentworth, descendant du comte Strafford, ancien secrétaire du roi d'Angleterre. Il n'est d'aristocrate qui ne rêve d'avoir sa propriété au Cap-Martin. Les villas continuent àpousser parmi les frondaisons, dressant leurs façades somptueuses à la gloire deleurs propriétaires (voir encadré). Entre Grand Hôtel et villas, on croise les équipages conduisant les têtes couronnées. Les dîners élégants s'enchaînent aux rendez-vous mondains. Sissi et Eugénie se reçoivent, évoquent les douleurs de leur vie déclinante et parlent des splendeurs passées de l'histoire de l'Europe. Les allées du Cap voient aussi passer D'abord Roquebrune-Cabbé Afindesedistinguer de la cité du Varqui porte le même nom, la cité de azuréenne de Roquebrune s'est d'abordappelée « Roquebrune-Cabbé »,empruntant le nom du quartier de Cabbé qui longe la plage du même nom. C'est en 1913 qu'elle engloba administrativement le Cap-Martin, situé àl'Est de cetteplage et changeason nom en « Roquebrune-Cap-Martin ». ❶ ❷ smsopi D1111/1ER ET D'ÉTÉ MM Je MO SEFNICE or CARS GRATUITS mem MONTE-CARLO,12 Gare MIÊ 1. NTOṄ AM LI Par. 114Nr= " 1 erse. Le grand journaliste américain Joseph Pulizer (dont un célèbre Prix de journalisme porte le nom) se fit contsruire la Villa Cynthia àlafin du XIXe. (DR) on, /1/7 cenciracii-inininne ri'ni n Une arrivée va révolutionner la vie du Cap au XIX e siècle.Celle d'un roi, d'une impératrice ? Non : celle du tramway ! Victoria dans son landau royal. Nous sommes au début du XX e siècle. Une arrivée va révolutionner la vie du Cap. Celle d'un roi, d'une impératrice ? Non : celle du tramway –letramway avec sa perche tremblante qui capte l'électricité sur un câble aérien et son contrôleur en uniforme qui hèle les passagers depuis son marchepied. Le Cap-Martin -si 4 ; , t ""- La villa Cypris ❶ aété construite pour Olympe Hériot, propriétairedes Magasins du Louvre àParis, qui yaccueillit sa fille,Virginie Hériot, championne olympique de voile en 1928 ➋. (DR) met ainsi le cap vers la modernité. Mais tandis que le wagon s'élève en cahotant au dessus de la mer et prend hardiment le virage qui le conduit vers le tunnel, qui se souvient qu'à cet endroit, quelques siècles plus tôt, les princes de Monaco chassaient, incognito, le lièvre ou le renard ?... ANDRÉ PEYREGNE La reine Victoria, dans son célèbre landau, fréquentait les palaces de la Côte:leRegina àNiceaussi bien que le Grand Hôtel du Cap Martin. (DR) Le Cap-Martin dès le XI e siècle Le nom du Cap-Martin apparaît dans les textes historiques dès le XI e siècle. Onsignale l'existence d'une seigneurie et la présence d'une église. C'est la construction de la route du littoral, décidée par Napoléon en 1804, qui changea sa destinée et justifia en 1913 son rattachement àla commune de Roquebrune. ;



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