Var-Matin n°2015-03-08 dimanche
Var-Matin n°2015-03-08 dimanche
  • Prix facial : 1,50 €

  • Parution : n°2015-03-08 de dimanche

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 55,8 Mo

  • Dans ce numéro : le RCT n’a pas tremblé face à Brive (34-11).

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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var-matin Le Fait du jour Dimanche 8mars 2015 Interview Nathalie Rocailleux, psychologue clinicienne « Unécart qui se creuse » « C’est un fait qu’il ne faut pas se cacher : la conditiondes femmes régresse dans certaines franges de la population ». Directrice de l’association familiale laïque AFL Transition, Nathalie Rocailleux dénonce l’écart qui se creuse entre les conditions faites aux femmes, dans notrepays. Àl’image du fossé qui va aujourd’hui croissant entreles classes sociales… Quinze ans que vous travaillezaux côtésdes femmes. Qu’est-ce qui a changé ? L’égalitéentreles hommes et les femmes est l’objet d’une plus grande préoccupation. Que ce soit dans les domaines politiques,économiques et dans l’esprit du grand public.Mais en même temps,et c’est là tout le paradoxe,la condition des femmes régresse fortement dans certaines classes sociales et dans certains quartiers. Un état de fait qui restesouvent ignoré. On laisse faire, comme si ces femmes-là n’avaient pas la même valeur que les autres. Et que les principes de notre République n’étaient pas les mêmes sur l’ensemble de notreterritoire. C’est ce que vous constatez dans votre pratique quotidienne ? Oui, nous voyons tous les jours des femmes dont la parole est complètement verrouillée.Elles vivent sous une pression constante, familiale et sociale,une pression de proximitéàlaquelle il est presque impossible d’échapper.Alors que ces femmes sont souvent les piliers des familles. Et pas seulement économiques. Elles portent tout, leurs parents,leurs frères et sœurs et leurs propres enfants. Pourtant, elles n’ont pas droit à la parole. Et le phénomène a tendanceàs’amplifier. Jusqu’où ? Les violences morales et physiques intrafamiliales dans cettefrange de la population sont en hausse. Il faut aussi attirer l’attention sur le phénomène de harcèlement de rue qui se répand. Qui n’arien d’anodin. Avec des jeunes filles et des jeunes femmes complètement traumatisées. Se faire lourdement draguer, siffler avec instance, sans parler des insultes à connotation sexuelle,c’est une agression, une atteinteàladignité. Certaines jeunes filles ont peur de sortir.Ettoutes cesfemmes qui n’osent plus s’habiller comme bon leur semble parce qu’on les insulte et leur crache dessus ? Ilfaut que les servicespublics soutiennent plus les femmes qui se regroupent et essaient de faire changer les choses. Et ne jamais oublier,que la cause de l’égalité des hommes et des femmes fait progresser l’humanité touteentière. C’est aussi l’affairedes hommes. PROPOS RECUEILLIS PARM.M. Macho man L’association féministeLes Chiennes de garde adécerné vendredi le prix du macho de l’année (1).LedéputéUMP du Var, Philippe Vitel se « hisse » àla2 e placepour ses propos sur Valérie Trierweiler : « EtValérie, elle n’a pas droit àun ministère comme Ségolène ? Aunom de la justice du plumard ! ». Le « lauréat » est Franck Keller,conseiller municipal UMP deNeuilly-sur-Seine,pour son tweet : « Quels atouts Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle utilisés pour convaincre Hollande de la nommer àungrand ministère ? ». Des « réflexions » qui se passent de commentaire... Toute l’année,l’association note des déclarations publiques machistes.Une sélection de 11 d’entre elles aété soumise au vote des membres de l’association,sans indication du nom des auteurs. JamilaAri : l’éducation, le premier droit revendiqué dans la cité L a détermination et l’intelligence font briller les beaux yeux noirs de Jamila Ari, directrice de l’association Femme dans la cité, au cœur du quartier Berthe àLaSeyne-sur-Mer. Que de chemin parcouru pour cette mère detrois garçons qui avait interrompu ses études après son mariage et la naissance du premier. « Je voulais travailler. M me Benzorha (1) m’a offert ma première chance en tant qu’animatrice socioculturelle àl’association varoise d’insertion par l’économie, dit-elle. Elle m’a formé àlagestion administrative et financière, m’a incité àpasser un diplôme. Elle acru en moi, même plus que moi ». Après un BPJEPS (2), lajeune femme commence à mettre en place des projets, tout en préparant une licence obtenue depuis avec mention très bien. Devenue directrice, elle développe avec l’équipe de multiples outils : accès àl’éducation, accompagnement àl’emploi, actions de prévention et d’information sur les questions de santé, activités sportives, appui àlaparentalité, participation à la vie de la cité, valorisation des savoir-faire, et même un salon de thé et Jamila Ari ne veut pas être un modèle. L’association qu’elle dirige est dans une démarche participative où chacune est libre de son destin.(Photo Dominique Leriche) beauté solidaire ! « Enfait, c’est un réseau de socialisation et d’intégration des femmes par les femmes. Nous recevons un public de diverses origines, de tous âges. Ici, elles se sentent écoutées. On essaye de s’adapter à leurs besoins » explique-t-elle. Chacune accueillie telle qu’elle est Jamila Ari remarque que parfois la demande initiale de ces femmes concerne un domaine, et puis au fil du temps, d’autres questions émergent. « Onaccueille chacune telle qu’elle Claudine Richard:sur le plan des salaires, « on a encore du boulot » 0 -I ii% ‘ le...-c, i. A bie, 11% 1 11.1 t I es è ; *.'g l'- Ol.41 11..) I le Claudine Richard, militantedelongue date, toujours aussi passionnée par la cause des femmes. (Photo Laurent Martinat) Crinière blonde et cœur de lionne, Claudine Richard est présidente et fondatrice du Centre d’Information du Droit des Femmes et des Familles du Var(CIDFF) qui œuvre sur l’ensemble des problématiques féminines et familiales.Elle totalise 33 ans de bénévolat de combat pour les femmes en difficulté. Un monument àl’échelle départementale. Arrivée àcinq ans àHyères où ses parents tenaient le bar-tabac de la place de la République, elle est titulaire d’un professorat de physique chimie qui lui a, somme toute, peu servi. Directrice de service pour la mairie du Pradet depuis 1993, après avoir passé 15 ans àlamairie d’Hyères, cette mèredefamille battante et empathique a mis son énergie et sa foi au service des femmes dans les années soixante-dix. « Je m’occupais des jeunes filles en consultation familiale, c’était l’après 74, la contraception, la loi sur l’IVG avec une grosse demande d’informations. Je me suis rendu compte d’une très grande détresse –l’IVG est toujours subie –avec d’autres problématiques : juridiques, personnelles, professionnelles, etc… Je me suis dirigée sur une globalité ». C’est la naissance de l’AHIC, l’association hyéroise d’information et de consultation planning familial. « Une femme bien organisée peut faire des tas de choses » « J’ai fait ça le soir,endehors des heures de travail. Mon mari qui est horticulteur et qui m’a toujours soutenue, a lui aussi une grosse activité. Les femmes peuvent faire des tas de choses est. C’est ce vivre-ensemble qui permet àchacune de faire son chemin, avec sa culture, sa religion, sa cellule familiale. En situation, elle peut réfléchir,voir d’autres personnes, d’autres modes de fonctionnement. Cela peut bouillonner en elle et on la voit prendre conscience, évoluer,chercher des solutions par elle-même. Cela ne vient pas de nous, nous n’imposons aucune norme. » Et de souligner : « Lepremier droit, c’est l’éducation. Elles viennent le revendiquer car c’est un droit qu’on ne leur apas donné dans les pays d’où elles viennent ou dans leur cellule familale. Elles revendiquent aussi beaucoup le droit de pouvoir travailler. » Ainsi une femme apprend-elle à lire, écrire, às’exprimer, mais aussi àprendre le contrôle d’elle-même, àdécider. Alors, Jamila Ari pense-telle être unmodèle pour ces femmes ? « Surtout pas, répond-elle. Qu’elles apprennent àseconnnaître, qu’elles pensent à leurs rêves àelles, et qu’elles se disent qu’il n’est jamais troptardpour les réaliser. » V. G. 1. Cofondatrice deFemme dans la cité avec M me Martinez. 2. Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport. lorsqu’elles savent s’organiser ! ». En 1981, Yvette Roudy lance les CIDF. Claudine se bagarre pour que le siège départemental soit à Hyères. En 82, le CIDF varois y ouvre ses portes. Entretemps, elle apassé un DESS de droit public. Le centre élargit son action au suivi et àlaformation des femmes Rmistes et à l’aide parent isolé. Puis, parité oblige, il devient CIDFF, avec l’ajout du Fdefamilles. Aujourd’hui, les hommes représentent 30% du public. « Je ne suis pas du tout MLF.L’important c’est de bien vivre ensemble sans que l’un prenne la suprématie sur l’autre. Des métiers traditionnellement masculins se féminisent et vice versa. Mais àcompétences et diplômes égaux, les femmes gagnent encore 16% de moins au niveau européen et 8,5% demoins en France. On aencore du boulot… ». Avec des permanences dans tout le Var, une équipe de passionnés et un solide réseau de partenaires et de financeurs, le CIDFF poursuit avec pertinence son œuvre sociale. Et reste vigilant. N. B. CIDFF duVar, 42 avenue des Iles d’Or, 83400 Hyères. Tél. 04.94.65.82.84. Fax.04.94.35.33.67. directioncidff.var@orange.fr/www.infofemmes.com
Toulon Place À 80 ans, Susan George, présidente d’honneur de l’organisation altermondialiste Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) n’est pas près d’arrêter le combat. Dans sa ligne de mire:les traités transatlantiques qu’elle attaque dans son ouvrage,paru en octobre dernier aux éditions du Seuil. Ce lundi, salle Mozart à Toulon, elle donnera une conférence (ci-dessous) sur ceux qu’elle appelle « les usurpateurs ». Votre livre publié en 2014 s’intitule LesUsurpateurs. Pourquoi ? Parce qu’il évoque ces entreprises qui prennent le pouvoir à la place de ceux qui sont élus pour s’occuper des affaires publiques. Ceci sans gouverner pour autant. Quel impact ont aujourd’hui les multinationales directement sur notrequotidien ? Les impacts sont multiples car, aujourd’hui, les lobbies ne sont pas seulement organisés entreprise par entreprise,mais par corporation, par profession. Un exemple : les lobbies agricoles veulent impose des techniques coûteuses et qui découragent le bio.Ils définissent la régulation au travers des traités transatlantiques. Ainsi, les États-Unis veulent se débarrasser de notre législation en ce qui concerne les OGM (organismes génétiquementmodifiés, Ndlr), de nos principes de précaution. Et ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres… Comment est-on arrivélà ? Ces lobbies se sont organisés et on ne s’en est que mal rendu compte. Je ne parle pas de Besagne, Bât. A,Z.A.C. Besagne Tél. 04.94.93.31.00 conspiration, mais médiatiquement, on n’en a–et cela continue –peu parlé. Tout acommencéilyaune vingtaine d’années,en même temps qu’est née l’Organisation mondiale du commerce. ARTISAN COUVRE enieirdi Couverture ne u ve et rénovation Traitement de charpente Nettoyage et impérméabilisati Ravalement de façades Deaceitent efDacik Aujourd’hui, ils ont l’habitude d’êtrereçus par nos dirigeants. Dans mon livre, je donne une statistique : sur les 127 réunions de préparation au Tafta (Transatlantic free trade agreementoutraitédelibreéchange transatlantique, Ndlr), 93% sesont tenues avec les représentants des entreprises. Seuls les 7%restants ont eu lieu en présence d’écologistes ou de membres de la société civile. Face aux traités transatlantiques,aussi bien avec les États-Unis que le Canada, comment luttez-vous ? On essaie d’imiter leurs méthodes : nous nous sommes, nous aussi, unis avec d’autres organisations et syndicats au travers du collectif « Stop Tafta ». Avec celui-ci,nous avons lancé une pétition d’initiative citoyenne européenne qui a déjà recueilli plus d’un million et demi de signatures de personnes originaires de onze pays de l’Union. Elle devrait obliger la commission européenne àtenir comptedeceux qui sont contre. Une journée de protestation en Europe et aux États-Unis est d’ailleurs prévue le 18 avril. Entre la publication de votre premier livre Commentmeurt l’autre moitié du monde en 1976, et celui-ci,votre vision du monde a-t-elle changé ? Comment ? Ma façondevoir le monde a toujours consistéenl’observation GARANTIE P d DÉCENNALE 7,7 lita Bandol Toulon La V lelln Susan George : « Lesentreprises ont usurpé le pouvoir » Interview La présidente d’honneur de l’organisation altermondialisteAttac sera en conférence ce lundi. En avant-première, elle livre certaines de ses considérationssur le monde capitaliste Pour rectifier la condition des pauvres et de ceux qui ont faim, il faut observer l’organisation du pouvoir. C’est en tout cas laconviction de Susan George, présidente d’honneur d’Attac qui sera en conférence celundi àToulon. (Photo DR) « Le citoyen avant les multinationales » Susan George aété sollicitée par le groupe Attac Varpour animer la conférence-débatsur le thème « Grand marché transatlantique ! Pour quel avenir en Europe ? » Elle auralieu demain lundi 9mars à19h30, salle Mozart (1). Pour les membres d’Attac Var, il est en effetindispensable « demobiliser la population contre le Tafta, briser l’omerta autour de ce traitéetexpliquer les conséquences dans la viequotidienne des citoyens »,selon Denise Reverdito, membredubureau. Car si le Tafta peut effrayer par son nom barbareetrestepeu connu du grand public,les membres d’Attac en ont fait l’un de leur combat. En effet, selon Attac,ce « traitétransatlantique renforcera le pouvoir des multinationales au détrimentdes états. Lorsqu’il yauraunconflit entre une entreprise multinationale et un État, par exemple sur des questions de normes que la sociétéjugerait trop contraignante,elle pourrafaireappel àuntribunal arbitral.Or, ce type de traité, (qui existedéjà dans d’autres paysendehors de l’Europe, Ndlr) montreque dans la très grande majorité des cas, le tribunal arbitral tranche en faveur des multinationales »,explique Jean-Jacques Taurines,président d’Attac Var. Si le Tafta était ratifié par l’union européenne –oupar chacun des pays membres –, « ilcasserait nos lois sociales et environnementales au profit des seules entreprises »,estime Denise Reverdito. Cela dit, l’espoir est permis,selon M me Reverdito.Un appel européen contreleTafta aété signé par 375 organisations. « EnFrance, une résolution aaussi étévotée par le Sénat, le 3février dernier,indiquantque ce traitéporterait atteinte ànos lois. Cela va dans le bon sens »,explique-t-elle. Resteàéclairer un peu plus le citoyen lambda, quineconnaît pas forcément les rouages de ce projet de texte. Cetteconférence-débatdevrait déjà largement répondreaux questions que l’on peut se poser. M. V. 1. 68 boulevard du maréchal Leclerc àToulon. Contact : 06.81.18.93.39. ou e-mail : attac.83@orange.fr ‘‘ On essaye d’imiter leurs méthodes » du pouvoir : j’ai en effet très vite compris que si on étudiait les pauvres,ceux qui ont faim, on ne ferait rien pour rectifier leur condition. En réalité, les maux viennent du pouvoir exercé sans contrepartie et sans égard pour les plus faibles. L’évolution de ce monde vient surtout d’une meilleureorganisation du pouvoir.De là à diresic’est pire ou non… Une chose est sûre:moi, je continue. Et même si elle est moins visible que lorsqu’on manifestait pour que les Etats- Unis sortent du Vietnam, la relève est là aussi pour poursuivrelecombat. Comment vos conférences sontelles accueillies ? Elles engendrent toujours de nombreuses questions, notamment en ce qui concerne la croissance et l’emploi : des économistes ont en effet démontré que les modèles utilisés par la commission pour bâtir le Tafta sont irréalistes. Ce traité conduirait à la perte de six cent mille emplois en Europe, dont cent trente mille rien qu’en France ! PROPOS RECUEILLIS PARVIRGINIE RABISSE vrabisse@varmatin.com Attac Var souhaite mobiliser la population contre les conséquences d’un traité transatlantique qui, selon le groupe, favorisera les multinationales au détriment des citoyens. (Photo M.V.)



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