Var-Matin n°2015-03-06 vendredi
Var-Matin n°2015-03-06 vendredi
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°2015-03-06 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 61,9 Mo

  • Dans ce numéro : 146 élèves-officiers ont appareillé hier pour cinq mois en mer.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Var F in janvier,Thales, actionnaire dugroupe DCNS à hauteur de 35%, avait déjà vendu la mèche en annonçant 300 millions d’euros de pertes en 2014 pour le leader européen du naval de défense. Finalement l’addition est encore plus salée. Le 24 février dernier, la direction de DCNS a ainsi révélé l’étendue des dégâts en rendant public un résultat net de -336 millions d’euros ! Et ce en dépit d’une augmentation de 59% des prises de commandes par rapport à 2013. Nommé à la tête du groupe DCNS l’été dernier, Hervé Guillou doit donc jouer les pompiers de service. Fort des audits qu’il avait lancés sitôt arrivé aux commandes, le PDG connaît d’ores et déjà les programmes où DCNS perddel’argent. Pour l’essentiel, il s’agit du nucléaire civil (notamment le réacteur Jules Horowitz pour le Commissariat àl’énergie atomique de Cadarache), ainsi que du programme des sous-marins nucléaires d’attaque de type Barracuda. Renouer au plus vite avec le profit Si les activités de services, notamment le maintien en condition opérationnelle, principale activité de DCNS Toulon, affichent « une bonne tenue » pour reprendre les termes du communiqué officiel de la direction, les sites varois de l’industriel ne seront pas forcément épargnés par le plan d’économies décidé par la direction parisienne, qui entend « renouer avec la profitabilité dès 2015 ». Outre un plan d’économies de 100 millions d’euros appliqué en urgence, et dont la principale conséquence est le gel général des salaires pour l’année en cours, la direction prépare ce qu’elle appelle « unplan de progrès ». Avec une baisse significative du plan de charge àla fin de la décennie, les syndicats, qui accusent la direction d’avoir « plombé artificiellement les comptes 2014 pour mieux justifier une cure d’austérité », redoutent désormais une déflation des effectifs. Si l’on ne parle pas encore de licenciement, le chiffre HELION LA SEYNE S/MER 46, vieux chemin des Sablettes miantino@osimmo.com SERVILES le.101111.1.5 PALLADIUM GROUP HELION SAINT-MANDRIER 32, quai Jules Guesde smanmeenen@osimmo.com 06 61 65 13 34 06 69 49 85 34 04 94 94 80 14 04 94 63 62 39 www.os I mmo.com 1.11.011.11 300 millionsdepertes : Les résultats 2014 sont mauvais. Le groupe perd de l’argent. Un plan d’économies, auquel tous les sites participeront, aété lancé. Avec de possibles répercussions sur l’emploi, dans le Var Les arrêts techniques majeurs des SNA de type Rubis font vivre un quart des 2200 personnels de DCNS Services Toulon. Qu’adviendra-t-il si les Barracuda sont entretenus àBrest àl’avenir ? (Photo Fabien Groué) de 200 départs non remplacés circule déjà pour le seul site de DCNS Services Toulon. Le climat social sur les Cinq ans pour se préparer àune baisse de charge « C’est à sa capacité à rebondir qu’on mesure la performance d’une entreprise », déclare sereinement François Demoulin, le directeur de DCNS Services Toulon. S’il ne nie pas la crise que traverse actuellement le groupe DCNS, le directeur toulonnais se refuse àcéder à la panique. Son calme, son optimisme, François Demoulin le puise sans aucun doute dans les cinq ans de plan de charge de son établissement. « Ça aide pour effectuer en douceur les transformations nécessaires ». L’incertitude après 2020 Principalement dédié au maintien en condition opérationnelle (MCO) des sous-marins nucléaires d’attaque et de la grande majorité des bâtiments de surface de la Marine nationale (dont le Charles-de-Gaulle), une activité qui représente un tiers du chiffre d’affaires du groupe et qui afait preuve d’une « bonne tenue » en 2014, DCNS Services Toulon peut voir venir. D’autant plus que le leader européen du naval militaire, en association avec les chantiers STX, vient tout juste de remporter le contrat pour le MCO des trois bâtiments de projection et de commandement de type Mistral, et du transport de chalands de débarquement Siroco. « Avec les arrêts techniques majeurs (1) des SNA Améthyste et Perle, et celui du porteavions nucléaire, il faut bien avoir en tête qu’on aunbon plan de charge jusqu’en 2019-2020 », insiste François Demoulin. Et après ? « Après ces trois IPER, on aura une baisse de charge. La 3 e IPER du Charles-de-Gaulle n’est en effet pas programmée avant 2025 et celle du premier Barracuda, qui n’est pas encore acquise à Toulon, n’interviendra qu’en 2026-2027 », reconnaît le directeur de DCNS Services Toulon. La qualitéplus que la quantité François Demoulin entend justement mettre àprofit les 5prochaines années pour se préparer àaffronter des lendemains moins chantants. « Jusqu’à présent, on remplaçait tous les départs. Al’avenir, on va continuer à recruter mais plus prudemment », annonce-t-il. Et François Demoulin, le directeur de DCNS Services Toulon. (DR) de préciser : « L’enjeu sur les effectifs n’est pas tant quantitatif que qualitatif. Avec l’arrivée des Barracuda et des frégates multimissions, des bâtiments plus modernes, avec plus d’électronique, plus d’automatisme, il va falloir adapter nos compétences ». Autre solution avancée pour palier la baisse attendue du plan de charges : l’internalisation. « C’est l’une des clés. Progressivement, on va moins recourir à la sous-traitance qui représente aujourd’hui 30 à 35%de notre activité. Fin décembre, on a d’ailleurs réuni les 100 plus grands fournisseurs de DCNS Toulon pour réfléchir ensemble à une nouvelle façon de travailler ». Partant du principe que « c’est avec les petits ruisseaux qu’on fait les grandes rivières », le parc de véhicules et les frais de déplacement devraient subir une cured’amaigrissement. Toujours en parlant de déplacement, « DCNS entend en finir avec le modèle des missionnaires », ces personnels envoyés régulièrement à l’étranger auprès des clients. « Ça perturbe trop la production en France. L’idée à l’avenir est de mettre en place des vraies implantations dans les pays auxquels nous vendons des bateaux ». Le plan de progrès, attendu pour mi 2015, devrait dévoiler pour sa part une nouvelle organisation industrielle. P.-L. P.1. C’est le nouveau nom donné aux IPER ou indisponibilité périodique pour entretien et réparation. Les grands carénages en langage « civil ». bords de la rade s’annonce tendu pour les mois à venir. P.-L. PAGÈS plpages@varmatin.com St-Tropez s’en sort DCNS Saint-Tropez, s’en sortdeson côté plutôt bien. L’activitérestesoutenue sur le sitequi après avoir durant plusieurs années conçu et produit des torpilles légères,travaille depuis l’an passé pour la Marine nationale avec la nouvelle torpille lourde F21. En cours de développement, elle devrait êtrelivrée fin2015. L’activité torpille de DCNS St-Tropezreprésente100 millions d’euros sur les 3milliards du groupe. 300 salariés travaillent sur le sitedont 60% d’ingénieurs et cadres de haut niveau. DCNS St-Tropezs’est d’ailleurs fait une spécialitédehaute technologie. Et selon la direction de la communication, le plan de charge du siten’est pas en péril.
var-matin Var Vendredi 6mars 2015 Optimistes sous-traitants Interrogés sur la volontéaffichée par DCNS « d’internaliser de la charge »,plusieurs chefs d’entreprise sous-traitante toulonnaise se veulent optimistes. « DCNS ServicesToulon aperdu des contrats face à It 1[, la concurrenceparce qu’elle était trop chère. Ce seraencorepiresielle fait moins appel àlasous-traitance »,affirment-ils. En revanche,laréduction du nombrede bateaux de guerreles inquiètedavantage. mape.a., 0., [_10.11fflOwftfd i›. ki'r MU LIliMie,411111111.N I, , , r_..v u liq 1 1h1in 111111U -..e...e. I.% MERMIM^,.1.. F, MMIMIII, 61W = MilineirLa ; Aure DCNS en chiffres Dans le Var, DCNS emploie 3330 personnes sur trois sites différents. Avec quelque 2000 salariés, DCNS ServicesToulon, implantée dans la base navale,est la plus importante. Vient ensuite l’arsenal du Mourillon avec un millier de salariés, appelés àdéménager à Ollioules courant 2016. Spécialisé dans les torpilles, Saint-Tropezemploie environ 300 personnes. le navire DCNS tangue Soumis àrude concurrence Si l’entretien des bâtiments nucléaires et des frégates de 1er rang (frégates anti-sousmarines, frégates antiaériennes) échappe encore àla concurrence, les autres naviresdeguerre ne sont plus la chasse gardée de DCNS. L’industriel l’a appris à ses dépens il yadeux ans en perdant le contrat de maintien en condition opérationnelle (MCO) des avisos. François Demoulin, directeur de DCNS Services Toulon, l’affirme sans détour : « Toulon est l’un des sites de DCNS le plus en concurrence ». Si le contrat SNA 15 (1), encore en cours de négociations, n’a aucune chance d’échapper à DCNS, on comprend mieux la satisfaction du géant du naval militaire d’avoir arraché le MCO des trois bâtiments de type Mistral ainsi que du Siroco. Les syndicats, la CFTC en tête, sont pourtant inquiets. « DCNS aurait été mis en concurrence avec les Italiens pour la maintenance des frégates multimissions (FREMM) », avance Fabrice Pellestor, président de la CFTC Défense pour le sudest. Philippe Di Muzio et Philippe Cogordan, ses collègues de la CFDT,confirment. « On a des craintes effectivement, mais uniquement pour l’entretien des tourelles de 76 mm où on serait en concurrence avec une filiale de l’industriel italien Fincantieri ». Pour François Demoulin, le directeur de DCNS Services Toulon, cette mise en concurrence concernerait plutôt les frégates de défense aérienne de type Horizon Fini le monopole. DCNS Services Toulon doit se battre deplus en plus pour arracher les contrats de maintien en condition opérationnelle. (Photo Patrick Blanchard) également équipées de tourelles de 76 mm. « On se bat pour que DCNS soit maître d’œuvre de la totalité du bateau ». Quant à la vente de la FREMM Normandie à l’Égypte, « cela n’aura aucun impact sur l’activité de DCNS Toulon, affirment la CGT et la CFDT, àpartir du moment où la Marine prolonge la durée de vie du Montcalm ». P.-L. P.1. Ce contrat prévoit une cinquantaine d’indisponibilités pour entretien (IE) des actuels SNA de classe Rubis,le retrait actif des deux premiers sous-marins de cette même classe et l’indisponibilité périodique pour entretien et réparation des deux derniers.Enfin,l’IE duSuffren,premiersousmarin de la Barracuda. L’inquiétudegrandissantedes syndicats L’automne dernier, chacun des personnels de DCNS avait reçu un courrier dans lequel Hervé Guillou, le PDG du groupe, donnait le ton. « DCNS aborde une période difficile : malgré une activité soutenue, la situation économique du Groupe s’est significativement dégradée au cours de ces derniers mois… », pouvait-on lireendébut de missive. Personne n’a donc été surpris fin février lorsque les résultats consolidés, annonçant 336 millions d’euros de pertes, sont tombés. « Ces résultats sont la conséquence des mauvais choix faits. Ce n’est pas faute d’avoir alerté la direction », commentent MarcDalmasso et Stéphane Cournil, élus CFDT sur le site toulonnais de DCNS. Salaires gelés Sans nier les difficultés actuelles de l’entreprise, la CGT émet quelques doutes sur les chiffres présentés par la direction centrale. « Les dés sont pipés. Les pertes provisionnées ont été surévaluées. C’est une façon de justifier par la peur le fait qu’il va falloir se serrer la ceinture », dénoncent Philippe Di Muzio et Philippe Cogordan, deux Marc Dalmasso et Serge Aubin, représentants du syndicat CFDT sur le site toulonnais de DCNS. (DR) représentants du syndicat majoritaire. Et de rappeler au passage que « le plan de charge est rempli jusqu’en 2019, les prises de commandes et la trésorerie sont en hausse. C’est loin d’être la Berezina ! » Qu’importe. La cure d’austérité annoncée n’a pas mis longtemps àseconcrétiser. « Les négociations annuelles obligatoires, qui concernent les personnels de droit privé, ont conclu qu’il n’y aurait pas de hausse de salaire en 2015. Pour les ouvriers d’Etat, le point d’indice est gelé depuis déjà 5 ans », constatent Marc Dalmasso et Stéphane Cournil. Et un « plan de progrès » est en cours d’élaboration. « Il est basé sur la rentabilité, la compétitivité et la croissance, les piliers du plan Championship lancé par le précédent PDG. Les têtes changent, mais pas les cerveaux », dénonce la CGT qui refuse de participer àlarédaction du futur document. Baisse des effectifs programmée Philippe Di Muzio et Philippe Cogordan regrettent que seul l’argent soit au cœur des discussions. « On ne parle pas de l’outil de production pourtant en grand danger. En diminuant le nombre d’emplois, on risque surtout de perdre des compétences. On ne va pas vraiment faire d’économies ». Pour étayer leurs propos, les deux élus CGT évoquent « la suppression de 450 emplois sur 5ans à la Division Services. 200 sur Toulon et 250 sur Brest ». ÀlaCFDT,l’approche est différente. « On préfère participer au plan de progrès. Pas pour le cautionner,mais pour peser davantage », explique Stéphane Cournil, secrétaire de la section CFDT chez DCNS Toulon. Revenant sur « la déflation prévue des effectifs de l’ordre de 10% », Serge Aubin, élu CFDT au Comité d’entreprise émet lui aussi des craintes sur la perte de compétences. « Chaque bateau est un prototype. Le métier s’apprend sur le tas. Si on fait partir les anciens, il yaura forcément des pertes de compétences ». Déjà, la situation est tendue pour certains métiers sensibles comme mécanicien-diéséliste ou soudeur. P.-L.P. Pôle emploi, rédacteur en chef de la semaine « Une méthode de recrutement sur mesure » Isabelle Lamezec, agence de services spécialisés « Pour certains postes,ce qui compte le plus,c’est l’habileté à exécuter un ensemble de tâches,et non le diplôme ou la somme des connaissances techniques. Les employeurs veulent évaluer les candidats en situation réelle de travail. Pour cela, Pôle emploi a conçu la « Méthode de recrutement par Simulation (MRS). Nous identifions avec l’entreprise les habiletés attendues pour le poste et concevons des exercices de simulation, testés auprès des salariés au préalable.Lamotivation du candidat est vérifiée tout au long du processus Vous n’avez pas ou peu de qualification et vous souhaitez vous orienter vers les métiers techniques de maintenance oude réparation ? ERDF propose un contrat de travail (professionnalisation en alternance) de 18 ou 24 mois, associée àune formation diplômante en électricité. Ces contrats vous donneront la possibilité dedevenir monteur de ligne aérosouterrain et d’obtenir le titre Vde monteur aérosouterrain, ou technicien d’intervention réseaux clientèle, avec, àlaclé, du recrutement. C’est l’entretien final avec l’employeur,qui valide ou non l’embauche.Les recrutements sont plus efficaces,plus rapides, équitables… et au final, le turn-overdiminue.La méthode afait ses preuves pour 130 métiers, tous secteurs confondus. Elle est régulièrement utilisée pour le recrutement d’agents techniques ou de maintenance, mais aussi pour des postes de chauffeur urbain, de technicien de salle blanche,d’employé polyvalent de restauration, de téléconseiller ou d’intervenant à domicile ». Le recrutement du jour Se qualifier avec ERDF un bac professionnel ELEEC. Ceux qui postulent seront sélectionnés en fonction de leurs habilités, etnon de leur CV, grâce àlaméthode de recrutement par simulation (voir cidessus). Première étape : postuler sur pole-emploi.fr aux offres pour participer àla réunion d‘information organisée le 11 mars par ERDF et Pôle emploi. Si vous êtes intéressés, entrez dans le processus de recrutement qui se déroulera jusqu’à fin avril. Les postes seront à pouvoir en septembre.



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