Universalia n°1979 l'Année de 1978
Universalia n°1979 l'Année de 1978
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1979 de l'Année de 1978

  • Périodicité : annuel

  • Editeur : Encyclopædia Universalis France

  • Format : (198 x 292) mm

  • Nombre de pages : 658

  • Taille du fichier PDF : 591 Mo

  • Dans ce numéro : les événements, les hommes, les problèmes en 1978.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vies et portraits ensuite les grandes affaires où sa voix ronde et si caractéristique ne s'éleva pour défendre. Parmi les plus célèbres, il faut citer l'affaire Michel Fauqueux, le ravisseur de la petite Sophie Duguet, devant la cour d'assises de l'Aisne, le double procès de Pierre Goldman à Amiens, puis à Paris ; l'affaire Mémé Guérini à Paris, procès difficile et passionné de celui qu'on considérait comme le « parrain » Jean PROUVOST 1885-1978 Lorsque, le 18 octobre 1978, s'éteint Jean Prouvost, industriel nonagénaire de la laine et du journalisme, quotidiens et hebdomadaires rendent un dernier hommage, chaleureux ou crispé, à celui en qui ils voient l'un des précurseurs, des inventeurs — et le plus grand parfois — de la presse française. Mais le patron (comme l'appelaient ses collaborateurs), le « géant » « diplodocus », « dinosaure » des salles de rédaction —, l' « animateur de génie », le « gentilhomme de la presse » et « seigneur du journalisme » n'avait pas attendu son crépuscule pour entrer dans la légende. Il n'est pour s'en convaincre que de se rappeler les ouvrages qui lui furent consacrés, à lui (Oui Patron, de Philippe Boegner), ou aux fleurons de son empire (La Fabuleuse Aventure de Paris-Match, Guillaume Hanoteau ; Le Cas Paris-Soir, Raymond Barillon). Il n'est que de se souvenir de l'élégance athlétique, du visage presque oriental aux sévérités frémissantes qu'accentuaient — ou déjouaient tout à coup — les yeux ronds et vifs de celui dont Jean d'Ormesson écrit qu'il commença « comme un héros de Morand et finit comme un personnage de Shakespeare ». Né à Roubaix le 24 avril 1885, Jean Prouvost avait devant lui l'avenir bien tracé et sans panache du grand industriel du Nord. Après des études sans surprise commencées chez les jésuites et peaufinées en Angleterre, il prend la tête du peignage Amédée Prouvost, une affaire qui marche mais qu'il enrichit et transforme — par son mariage puis par la création de la Lainière de Roubaix. La filature succédant au peignage fait le succès de l'entreprise qui se placera au premier rang de l'industrie textile européenne. De son groupe, Jean Prouvost s'occupe. Mais de loin et en mesurant structement son temps. Car c'est à la construction d'un autre empire — papier journal contre pelotes de laine — qu'il consacre la démesure et la passion qui l'habitent. L'occasion de faire ses premières armes lui est fournie à deux reprises par un compatriote, collaborateur de Clemenceau, Louis Loucheur, qui lui demande en 1917 de racheter le quotidien défaitiste Le Pays, détesté par le Tigre, et qui le mettra, en 1924, sur la piste d'un autre titre. C'est ainsi que Jean Prouvost devient propriétaire de Paris-Midi — 4 000 exemplaires ; il va, en six ans, y roder une formule coup de poing, conjuguant politique commerciale et politique rédactionnelle (avec, déjà, Pierre Lazareff et Hervé Mille), qui le conduira au succès. Paris-Midi tire à 100 000 exemplaires quand son propriétaire et rédacteur en chef rachète Paris-Soir en 1930. « Un journal qui se vend est un journal bien fait. » Cet axiome — cynique ? — fut la règle d'or et de conduite qu'adopta Jean Prouvost pour tous ses titres, et que devait ratifier une époque sans radio ni télévision. Pour côtoyer, puis pour vaincre son rival L'Intransigeant, Paris-Soir joue d'abord sur la présentation. La mise en valeur des grands titres à la une et celle des photos spectaculaires imposent un papier de qualité, satiné... que va fournir Ferdinand Béghin, industriel de la betterave et du sucre, appelé à la rescousse et qui deviendra le partenaire du patron. 622 dii milieu ; l'affaire Kaddour Mehyaoui devant la cour d'assises de Laon, puis devant celle d'Amiens après cassation. Emile Pollak évoque d'ailleurs tous ses grands procès dans un ouvrage intitulé  : La parole est à la défense, paru en 1975. Le célèbre avocat du barreau de Marseille est mort le 6 janvier 1978, à l'âge de soixantequatre ans. Il laisse le souvenir d'un homme Jean Prouvost à « Paris-Soir », avec Gaston Bonheur  : un grand patron de la presse (W. Carone, Paris-Match). Quant au contenu du journal, il est surveillé sans complaisance par son directeur et rédacteur en chef, omniprésent, omnipotent. Servi par un talent infaillible pour pressentir les mouvements de l'opinion publique, et les amplifier, ayant un goût prononcé pour les potins, Jean Prouvost évite tout de même à ses journaux de s'enliser dans la presse à scandale par son goût de la qualité et de l'écriture. Pour lui, c'est vrai, il n'y a de presse qu'à succès, mais les meilleurs journalistes seront des écrivains, et que lui importe si leur talent sert trop souvent à la faire osciller entre le songe et le mensonge. En six ans, Paris-Soir, qui passe de 70 000 à 1 700 000 exemplaires, signe sa réussite. Au rang de ses meilleures trouvailles  : l'invention des reportages à plusieurs voix et le prestige de ses signatures. Winston Churchill lui donnera un article par semaine ; Colette couvre les faits divers ; Jean Cocteau refait le tour du monde en quatre-vingts jours ; Georges Simenon enquête sur le meurtre du conseiller Prince. Les correspondants de guerre ont nom Blaise Cendrars (pour le Chaco), Joseph Kessel, Antoine de Saint-Exupéry, Gaston Bonheur pour la guerre d'Espagne. Maurice Dekobra et Pierre Mac Orlan jouent les envoyés spéciaux à Berlin ; Pierre Daninos rend compte de la visite des souverains anglais à Paris en 1938 ; Paul- Émile Victor raconte le Groënland... Il n'est jusqu'à Roger Vailland, qui, sous la signature de Robert François, ne s'exerce au journalisme dans ses colonnes. Non exempt de reproches, Paris-Soir fut malgré tout bien autre chose que le Pourri Soir dénoncé par ses détracteurs. Marie-Claire, hebdomadaire féminin, acheté en mars 1937, atteint le million d'exemplaires à l'époque de la transformation de Match, journal sportif (racheté en 1938), en hebdomadaire d'actualité illustré. Aux heureux du « quatrième pouvoir », la politique offre parfois ses mirages qui sont généreux, humble et ardent défenseur d'une justice à la dimension de l'homme. BibliographieL.C. É. POLLAK, La parole est à la defense, Laffont, Paris, 1975. autant de pièges. Jean Prouvost s'y laisse prendre, à l'époque la plus néfaste, et entre le 6 juin 1940 dans le gouvernement Paul Reynaud en tant que ministre de l'Information. Le 19 juin, il est nommé haut commissaire à l'Information du gouvernement Pétain. Il démissionne le 10 juillet. Quant à Paris-Soir, il continue... Il y a un Paris-Soir collaborateur (désavoué par son état-major et par son patron), qui sort à Paris, et un Paris-Soir, équivoque, qui paraît à Lyon, tandis que Sept Jours remplace Match. Le Paris-Soir de la zone libre se saborde, mais un peu tard... A la Libération, Jean Prouvost, qui aura su se faire détester aussi bien par Vichy que par la Résistance, est frappé d'indignité nationale. Pour subsister au milieu de tous les réquisitoires qu'il a pu provoquer, il fallait qu'il eût la vie dure. Il fit mieux. Il s'obstina. Alors même que la nouvelle presse, née de la Résistance, fait ses griffes dans l'enthousiasme et l'effervescence d'une création protéiforme, en 1947, Jean Prouvost, fort du non-lieu que* lui accorde la Haute Cour de justice, s'attelle, avec plus d'acharnement que jamais, à la reconstruction de son empire. Si Paris-Soir, « maudit », est à jamais disparu, Match renaît de ses cendres, bien que difficilement, sous le titre de Paris-Match. Marie-Claire réapparaît en 1954. Le patron recommence à hanter les salles de rédaction, jonglant avec les photos, triturant les légendes. En 1950, le groupe Prouvost-Béghin rachète la moitié du Figaro, la rédaction du Rond- Point sauvegardant toutefois son indépendance. En février 1952, Paris-Match tire à 1 200 000 exemplaires pour les funérailles de George VI. En 1960, Jean Prouvost achète Télé 60 pour aussitôt le transformer avec Hachette (50-50), et c'est la sortie de Télé 7 Jours dont, trait d'époque correspondant à l'émergence de la société audio-visuelle, l'insolent succès (3 millions d'exemplaires en 1978) va accompagner le déclin de Paris- Match. En 1966, les rotatives ne lui suffisant plus, Jean Prouvost prend pied à la radio  : il achète 12,8 p.100 des actions de Radio-Télé-Luxembourg et, devenu administrateur délégué, nomme Jean Farran directeur de l'antenne. Dans l'orbite de Marie-Claire (plus d'un million d'exemplaires en 1959) naissent La Maison de Marie-Claire, Parents, 100 Idées, Madame Fouineuse, Cosmopolitan. Mais, au Figaro, tout est loin d'aller pour le mieux. Affrontements entre les propriétaires, difficultés avec la rédaction se succèdent et, si en 1970 Jean Prouvost rachète les actions de Ferdinand Béghin, il échoue dans sa volonté de diriger la rédaction. L'empire n'est pas à l'abri par ailleurs de difficultés de tous ordres qui l'assaillent  : crise générale de la presse, grèves d'imprimerie, manque de confiance des banques. C'est le commencement de la fin. Et, en juillet 1975, Jean Prouvost vend Le Figaro à Robert Hersant. En juin 1976, Hachette rachète Télé 7 Jours et Paris-Match (qui sera ensuite cédé au groupe Filipacchi). Seules les publications féminines, grâce aux « cinq petites-filles », restent dans la famille Prouvost. Jean Prouvost survécut deux ans à son empire éclaté. « Ce qui compte, c'est l'intensité », disait-il. Il n'aura pas fait mentir cette devise empruntée un jour à Clemenceau. J. P.
Mark ROBSON 1913-1978 Décédé à Londres le 20 juin dernier, Mark Robson était né à Montréal (Canada). Diplômé de l'université de Californie, c'est à la 20th Century Fox que Robson avait débuté dans le monde du cinéma, en tant qu'accessoiriste. De la Fox, Robson était ensuite passé à la R.K.O. où il devait travailler pendant plus de douze ans. D'abord associé à Robert Wise, Mark Robson, comme lui à l'époque, y est monteur et, à ce titre, il collabore à plusieurs films prestigieux dont Citizen Kane (1941) et La Splendeur des Amberson (1942) d'Orson Welles, Voyage au pays de la peur (1943) de Norman Foster et Orson Welles. Le producteur Val Lewton, qui dirigeait à la R.K.O. une unité de production spécialisée dans les films d'atmosphère, le remarque et Robson monte pour lui La Féline (1942), I Walked with a Zombie (1943) et Leopard Man (1943), aujourd'hui trois classiques du genre. Grâce à Val Lewton, Robson peut enfin devenir réalisateur en 1943 avec La Septième Victime, qui met en scène une secte d'adorateurs de Satan. The Ghost Ship, L'Île de la mort (1945) avec Boris Karloff et Bedlam (1946), inspiré des peintures de Hogarth et consacré au fameux et horrifique asile londonien du xviiic siècle, trois films à nouveau tournés pour Val Lewton, suffisent à prouver l'efficacité de Robson et la manière dont il sait créer une atmosphère. 1949, c'est l'année du Champion avec Kirk Douglas et Arthur Kennedy. Le film, qui raconte l'ascension et la mort d'un boxeur ambitieux, attire l'attention de la critique sur son auteur. Sous l'impulsion du producteur Stanley Kramer, la R.K.O. s'attache à plusieurs des problèmes de l'Amérique contemporaine et Home of the Brave (Je suis un nègre), mis en scène par Robson avec James Edwards, pose avec virulence le thème du racisme, en pleine guerre du Pacifique. La Nouvelle Aurore (1951), qui décrit la difficile réinsertion dans la vie civile d'un soldat (Arthur Kennedy) que la guerre a rendu aveugle, peut laisser croire que Mark Robson va devenir l'un des cinéastes « à thèse » du Hollywood des années cinquante. Retour au paradis (1953) avec Gary Cooper, L'Enfer au-dessous de zéro (1954) avec Alan Ladd, et Phffft (1954), une comédie avec Judy Holliday, Jack Lemmon et Kim Novak, infirment brutalement cette hypothèse. Les Ponts de Toko Ri (1954), avec William Holden, Grace Kelly et Fredric March, prend pour cadre la guerre de Corée et le film permet à Robson de mettre en doute, assez courageusement pour l'époque, les raisons de l'intervention militaire américaine. L'année suivante, Robson tourne pour la Metro Goldwyn Mayer Mon fils est innocent (Trial), l'un de ses meilleurs films. À partir d'un fait divers (un jeune Mexicain est accusé Norman ROCKWELL 1894-1978 Norman Rockwell est, de très loin l'artiste le plus populaire qu'aient connu les Etats-Unis. Pendant soixante ans, il collabore régulièrement au Saturday Evening Post, hebdomadaire pour lequel il réalise plusieurs centaines de couvertures, au Boy's Life, l'organe des scouts américains (un volume entier a été consacré récemment à cette seule collaboration) et, plus irrégulièrement, à Look et à Life, aujourd'hui disparu ; il a illustré également de nombreux ouvrages et exécuté des Mark Robson sur le tournage de « Von Ryans's Express » montre à Trevor Howard l'art et la manière de manier la mitraillette (coll. Cahiers du cinéma). d'avoir violé et d'avoir provoqué la mort d'une adolescente blanche), Robson dénonce la corruption politique et l'affairisme syndical. GlennFord, Arthur Kennedy et Dorothy Mac Guire sont les héros de cet étonnant réquisitoire contre l'intolérance. Plus dure sera la chute (1956) est tout à la fois le dernier film d'Humphrey Bogart et l'adaptation du roman Knock-out de Budd Schulberg. Le livre s'inspirait, parait-il, de la vie de Primo Carnera et c'est avec une réelle puissance que Robson s'attaque ici au racket de la boxe, symbolisé par Rod Steiger. Robson décrit avec brio un univers de combats truqués, de boxeurs minables et de promoteurs véreux. Après avoir tourné La Petite Hutte (1957) avec Ava Gardner et David Niven, d'après la pièce d'André Roussin, Robson met en scène à la Fox pour le producteur Jerry Wald Les Plaisirs de l'enfer, adapté de Peyton Place de Grace Metalious, dans lequel il peint l'hypocrisie et les turpitudes d'une petite ville de province américaine. Le film remporte un succès public considérable, qui incite alors la Fox à produire à partir du même sujet une série de plusieurs centaines d'épisodes pour la télévision... Conforté par cette réussite commerciale, Robson poursuit alors une carrière totalement disparate  : L'Auberge du sixième bonheur (1958), avec Ingrid Bergman ; Du haut de la terrasse (1960), d'après John O'Hara, avec le couple Paul Newman-Joan Woodward ; A neuf heures de Raina (1963), consacré aux affiches. En 1975, une exposition rétrospective de son oeuvre a lieu à la galerie Danenberg, à New York (Norman Rockwell, soixante ans de rétrospective, catalogue, texte de Thomas S. Buechner, Editions du Chêne, Paris). Après avoir reçu l'adhésion sans réticence du grand public, il est enfin reconnu par les critiques d'art qui l'avaient longtemps boudé et lui avaient préféré les productions issues des grands courants de la peinture européenne. L'apparition de l'hyperréalisme, il est vrai, appelait de nouveaux rapprochements... La tendance à la représentation minutieuse de la réalité fait partie intégrante de la jeune tradition américaine  : Charles Marion Russell, Grant Wood, Irving R. Bacon, Vies et portraits dernières heures de Naturam Godse, le meurtrier du Mahatma Gandhi ; Pas de lauriers pour les tueurs (The Prize, 1963), avec à nouveau Paul Newman, une espèce de pastiche de La Mort aux trousses d'Alfred Hitchcock. Joué en vedette par Frank Sinatra, L'Express du colonel von Ryan (1965) n'est guère plus intéressant, alors qu'en revanche Les Centurions (1966), d'après Jean Lartéguy, décrit avec objectivité la guerre d'Algérie et les excès qui y furent commis de part et d'autre. La Vallée des poupées (1967), tiré du best-seller de Jacqueline Susann, vaut à Robson un nouveau succès commercial, et le public américain se passionne pour cette histoire où l'on parle de drogue, d'ambition et de cinéma pornographique ! Robson délaisse pour un moment les films à gros budget et tourne trois « petits » films  : La Boîte à chat (1969, un film d'angoisse, Happy Birthday Wanda June (1971), d'après la pièce de Kurt Vonnegut et — le plus intéressant des trois — Limbo (1972), qui s'attache au drame des femmes américaines confrontées à la guerre du Vietnam. Tremblement de terre (1974), avec Charlton Heston et Geneviève Bujold, imagine que Los Angeles a été ravagé par un tremblement de terre. Ce fut, avec La Tour infernale et Les Dents de la mer, l'un des plus célèbres films-catastrophe. Robson commence enfin Avalanche Express, mais il succombe à une crise cardiaque quelques jours avant la fin du film. P.B. Edward Hopper, Andrew Wyeth ont été des « imagiers » de la vie américaine avant ou en même temps que Norman Rockwell. Ce dernier se distingue néanmoins de ses prédécesseurs et de ses contemporains par l'esprit de ses compositions. Il se montre avant tout comme un peintre de la vie urbaine et il insiste moins sur la spécificité du phénomène américain qu'il ne souligne le lien de filiation qui unit son pays à l'Angleterre. Ses cartes de voeux, ses couvertures du Saturday Evening Post pour les fêtes de fin d'année expriment cette présence de la « patrie originelle ». Elles semblent être des illustrations des oeuvres de Dickens dont la lecture avait bercé son enfance. Dans ses oeuvres picturales, il aime a 623

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