Uniformes n°299 mar/avr 2015
Uniformes n°299 mar/avr 2015
  • Prix facial : 7,50 €

  • Parution : n°299 de mar/avr 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 62 Mo

  • Dans ce numéro : le blouson US M41.

  • Prix de vente (PDF) : 3 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 66 - 67  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
66 67
COLLECTION p Photographie d’un bulletin des Jeunes de l’Europe nouvelle et du groupe Collaboration intitulé « Sous l’étendard de l’Europe » tirée de l’ouvrage « Histoire des prisonniers de guerre français 1939-1945 » par Yves Durand. Cet auteur y précise également que, le 7 mai 1943, deux prisonniers de guerre écrivent à Laval lui exprimant leur vive reconnaissance pour la Relève et ajoutent « Nous plaçons notre confiance en vous, ainsi qu’en notre camarade Masson. Nous plaçons nos espoirs en Darnand et en ses troupes. Il existe ici un cercle Pétain, mais il faut bien le dire en grande partie composé de gaullistes ayant pour mission de placer la Révolution nationale sur une voie de garage. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes dressés en fondant le journal Sous l’étendard de l’Europe ». La brochure porte le cachet de censure du Stalag VI C de Bathorn. diat (lancé en mars 1942) afin d’acquérir, au passage, une certaine visibilité. Pourtant, le mouvement ne « décolle » pas et stagne autour de mille cinq cents membres. Une Section des cadets, créée en février 1944, reste ainsi… une simple vue de l’esprit. Pire encore, depuis le milieu de l’année 1943 et surtout le début 1944, l’activité des JEN (qui sont pourtant présents dans les Stalags comme à la LVF) a semblé s’enrayer progressivement, puis se réduire considérablement. Il est vrai que les exécutions de militants collaborationnistes par la Résistance et les représailles qui en découlent rendent ardues les plus banales activités de recrutement et de propagande. Certains JEN (sans doute issus du fameux Groupe de protection, chargé du service d’ordre dans les réunions) se dépouillent alors de leur spécificité, durcissent leur attitude et se fondent dans les rangs de la Milice française où ils espèrent bien trouver une certaine protection... A Grenoble se met parallèlement en place, pour les mêmes raisons, un petit groupe de JEN encasernés, dépendant des polices allemandes et, surtout, armés. Ce sont les hommes de Guy Eclache, responsable régional des JEN en novembre 1943. D’autres, moins compromis, parviennent par la suite à gagner les rangs de la première armée française ! Le chef national, Jacques Schweizer, est condamné à mort après la Libération, puis 78 Uniformes COLLECTION t Photographie de l’insigne émaillé noir des Groupes de protection des JEN (55 mm x 40 mm) tirée de l’ouvrage « Partis et Mouvements de la Collaboration Paris 1940-1944 » par LAMBERT Pierre- Philippe et LE MAREC Gérard. u Photographie d’un membre des Groupes de protection arborant sur sa cravate la plaque GP. Il porte également un insigne à tête de mort dont la signification nous reste inconnue. p Pour la deuxième fois, dans la nuit du 14 au 15 décembre 1943, les six principaux groupements de jeunesse (Jeunes de l’Europe nouvelle, Jeunesses populaires françaises, Jeunesses nationales populaires, Milice révolutionnaire française, Jeunesse franciste et Avant-garde de la Milice française) se sont assemblés avec leurs drapeaux autour du tombeau de l’Aiglon pour une veillée funèbre. Cette photographie a été prise le 14 décembre 1943. Au pied du cercueil, des fleurs ont été déposées : les violettes des autorités allemandes, la couronne du prince Napoléon, et la gerbe unique portant sur six rubans aux couleurs nationales les noms des six groupements de jeunesse. On peut distinguer un JPF du Corps Franc de la jeunesse « Jacques Doriot » portant la bande de bras « JACQUES DORIOT » au bas de la manche gauche ainsi qu’un membre de la Milice révolutionnaire française de Costantini arborant sur sa manche gauche l’écusson tricolore aux trois lettres MRF. Au niveau de son visage, on distingue un fanion comportant une tête de mort et un grand écusson du MRF porté derrière lui par l’un de ses camarades miliciens. gracié. Il se retire alors de la vie politique et se consacre à ses activités de juriste. « JEUNE EUROPE » : UNE DISSIDENCE DES JEN C’est dans le numéro de novembre 1942 de leur bulletin mensuel que les JEN signalent l’existence d’un groupe « Jeune Europe » au Stalag VIII C (situé à Sagan en Silésie). Ils précisent également que ce dernier publie une revue dans laquelle il mène une action parallèle à celle des JEN : « Les J.E.N. ont tenu à leur manifester leur sympathie et se sont mis à leur disposition pour les aider dans la mesure de leurs moyens. » Ce groupe ou cercle « Jeune Europe » est effectivement fondé dans ce camp de prisonniers par Pierre Garel suite à son expulsion du cercle Pétain, en septembre 1942, à cause de ses opinions pro-allemandes. Garel crée ce cercle « Jeune Europe » avec le concours de Raymond Douillet, Marcel Lazignac et Robert Widlund appuyé par le lieutenant Gasser. Au Stalag VIII C le groupe « Jeune Europe » ne compte pas plus d’une vingtaine de membres qui se renouvèle au fur et à mesure des libérations des anciens. L’existence de ce groupe « Jeune Europe » va arriver aux oreilles d’un certain Albert
u Carte de membre de « La Jeune Europe » frappée de son emblème aux cinq flambeaux. Au dos une devise : « Faire des Hommes et des Français ». Villot qui, en métropole, a lancé également un groupe « Jeune Europe » depuis le mois de novembre 1942. « Le Petit Parisien », dans son édition du 30 novembre 1942, présente ce groupement en ces termes : « Dans les circonstances actuelles, un groupe d’études s’est formé pour rechercher – en dehors des partis politiques – les solutions objectives aux divers problèmes qui commandent l’avenir de la France et de l’Europe. Ce groupe est Jeune Europe, dont le président est M. Albert Villot. Ceux qui désireraient prendre part à ses travaux, peuvent s’inscrire, 8, rue Jean-Goujon, Paris (VIIIe), en indiquant les questions qui les intéressent. » Fin décembre 1942/début janvier 1943, le groupe animé par Albert Villot fusionne avec celui constitué au Stalag VIIIC. Villot crée ainsi, à l’intérieur de son groupement, une section des prisonniers de guerre « pour continuer les efforts entrepris dans les camps de prisonniers en vue d’une solution pratique des problèmes européens ». Cette nouvelle section est désormais dirigée par deux anciens prisonniers de guerre : Jean Fleureau, secrétaire général de Jeune Europe et par Pierre Garel. Ce dernier ayant peut-être bénéficié d’un rapatriement rapide pour « services rendus ». Le 6 avril 1943, le foyer de « Jeune Europe » est inauguré au 8, rue Jean-Goujon. Tous les partisans du rapprochement franco-européen peuvent s’y retrouver. De plus, Albert Villot est le représentant en France d’une revue de la jeunesse universitaire européenne intitulée La Jeune Europe. Le gérant en est le Dr Ruppert Ruppà Berlin. Editée aux éditions « Echanges culturels inter-universitaires », imprimée à Berlin, le texte est en français mais il y a des éditions allemande, italienne, finlandaise, norvégienne, hollandaise, espagnole, portugaise, hongroise, roumaine, bulgare et grecque. Cette revue s’adresse prioritairement à « tous les universitaires européens qui combattent sur le front de l’Est, (aux) volontaires des Légions et aussi (aux) lutteurs spirituels des écoles ou de la vie professionnelle universitaire ». L’objectif est ambitieux, car il s’agit ici de « défendre la tradition de la culture européenne et de lutter pour les nouvelles idées des jeunes peuples ». Ainsi, prophétise (avec un bel optimisme) Jeune Europe, « les ponts solidement bâtis de l’esprit européen formeront le lien indissoluble u Journal (juillet 1942) dirigé par Marc Augier et dont le gérant est Emile Berthier. u Affiche artisanale, intitulée « L’Union de la Jeunesse Européenne », réalisée par « La Jeune Europe » sous forme d’un montage de différentes photographies de jeunes de pays d’Europe. de cette vraie camaraderie, plus vivace que jamais dans la lutte européenne pour la liberté de nos peuples ». Surtout, pour ces intellectuels, le but même de la guerre est avant tout de résoudre le dysfonctionnement du capitalisme par la création d’un « bloc économique eurafricain, acheminement vers l’institution d’une économie mondiale unifiée ». Les membres du groupement « Jeune Europe » de Villot portent l’uniforme frappé de l’insigne représentant les cinq flambeaux cousu au-dessus de la poche gauche de poitrine. Jacques Schweizer confiera dans les années soixante-dix que ce groupement était une dissidence des JEN. LES GROUPES DE PROTECTION Les Groupes de protection (GP) assurent principalement les divers services d’ordre ainsi que les distributions de tracts. Pour être GP, il faut s’engager à répondre à toute convocation et ne peuvent être admis que les membres inscrits depuis au moins trois mois. En janvier 1943, Jacques Schweizer confie la direction des GP de la Région Parisienne à Robert Despeux lequel laissera sa place, suite à sa démission, à Jean Grau. Les Groupes de protection sont divisés en sections et en mains. La main est la plus petite unité de combat des GP, elle comprend 4 hommes au moins et 10 au plus. Elle est commandée par un chef de main qui se distingue par le port de deux galons rouges sur l’épaulette. La section, quant à OBJETS ET DOCUMENTS elle, comprend deux mains au moins et quatre au plus. Son chef se distingue par le port d’un galon argent et d’un galon rouge sur l’épaulette. Le Groupe de protection de Paris est réparti en 4 sections dont les chefs sont : Jacques Lescasse (1 re Section), André Sellier (2 e Section), Jean Lhoste (3 e Section), André Caruel (4 e Section). Les 1 re et 3 e Section, composées d’étudiants, sont placées sous les ordres de Jean Bringuer, chef du Groupe universitaire ; les 2 e et 4 e Section sont placées sous les ordres de Robert Giroix, chef-adjoint de la région parisienne. Les meilleurs des membres des Groupes de protection peuvent se voir attribuer un insigne spécial (ou plaque) en métal émaillé noir représentant un trident avec les lettres G et P.Ils s’engagent en le recevant à accepter les missions les plus dangereuses, les plus périlleuses. La plaque GP, véritable récompense, n’est remise que par le chef des GP ou son représentant qu’à ceux ayant manifesté une activité leur permettant le port de « cet honneur ». Son retrait ne peut être effectué que sur la décision du chef des GP et constitue un blâme. n Remerciements : M. Pierre-Philippe LAMBERT Bibliographie : LAMBERT Pierre-Philippe et LE MAREC Gérard, Partis et Mouvements de la Collaboration Paris 1940-1944, Jacques Grancher, Editeur, Paris, 1993. Uniformes COLLECTION 79



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 1Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 2-3Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 4-5Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 6-7Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 8-9Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 10-11Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 12-13Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 14-15Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 16-17Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 18-19Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 20-21Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 22-23Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 24-25Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 26-27Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 28-29Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 30-31Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 32-33Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 34-35Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 36-37Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 38-39Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 40-41Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 42-43Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 44-45Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 46-47Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 48-49Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 50-51Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 52-53Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 54-55Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 56-57Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 58-59Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 60-61Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 62-63Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 64-65Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 66-67Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 68-69Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 70-71Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 72-73Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 74-75Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 76-77Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 78-79Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 80-81Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 82-83Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 84-85Uniformes numéro 299 mar/avr 2015 Page 86