Uniformes n°293 mar/avr 2014
Uniformes n°293 mar/avr 2014
  • Prix facial : 7,50 €

  • Parution : n°293 de mar/avr 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 64,9 Mo

  • Dans ce numéro : front de l'ouest 1944-1945.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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HISTOIRE DE COMBATTANTS COLLECTION Ecusson d’épaule de la 4th Infantry « Ivy » Division. Symbolique de l’insigne : dans un losange kaki, 4 feuilles vertes de lierre qui se dit « ivy » en anglais, correspondant phonétiquement au chiffre romain IV et au numéro de l’unité. Mais les Allemands ont récupéré la jeep et mes cadeaux avec ! » Aleksander Kothgasser participe à l’offensive dans les Ardennes avec la Schwere Panzerjäger Abteilung 519, rapatriée du front de l’Est. Début décembre 1944, cette unité est rattachée à la 246.Volksgrenadier-Division et elle est constituée d’une compagnie à 19 chasseurs de chars Sturmgeschütze III et d’une campagnie à 9 Jagdpanther V. En effet, les bataillons de chars lourds sont essentiellement dotés du nouveau Jagdpanther V, équipé d’un canon PAK43 de 88 mm, qui a été livré en juin 1944. Jusqu’à présent, cet engin a été utilisé principalement sur le Front de l’Est. A.K. : « Tout le monde disait que les canons de 88 étaient les meilleurs ! Si les Américains avaient eu la possibilité d’en avoir de semblables sur leurs chars, le cours de la guerre aurait été différent. Dans les Ardennes, j’ai découvert une jeep abandonnée. J’ai récupéré dedans... des rations américaines bonnes à manger. Mais j’étais fatigué de tous ces combats pendant cinq années. Dans les jours qui suivirent, épuisé et toujours affamé, je me suis rendu aux troupes américaines pour enfin pouvoir me reposer et manger à ma faim les vivres que les G.i’s nous distribuaient à présent ». Toutefois l’attaque est bloquée. Le délai de deux jours pour atteindre la Meuse n’est pas tenu. Patton intervient pour prendre les Allemands à revers en lançant une contre-attaque sur Bastogne. Le 21 décembre, il neige, St-Vith tombe et Bastogne est encerclée. Patton est stoppé par la 7 e armée qui l’attend. Il ne peut secourir rapidement la ville assiégée. Le brouillard est très épais et on ne voit pas l’adversaire. La 4 e DI contribue à ouvrir la voie à l’attaque de la 3 e armée US. Le 23 décembre, il fait un temps parfait pour l’aviation alliée qui bombarde l’ennemi, et surtout largue des vivres et des munitions. L’offensive reprend le 26 après la trêve de Noël et les chars allemands entrent dans Bastogne. Une unité de Patton effectue une percée. Partie prenante de l’offensive de la 3ème armée US, la 4 e DI s’empare à nouveau d’Echternach le 27 et réoccupe ses positions sur la Sauer.C.V. : « La bataille des Ardennes et celles qui ont suivi, ne signifient rien pour les Français. Elles se passaient hors de France et la guerre était terminée pour eux. J’étais effaré de voir qu’ils ne réalisaient pas qu’en fait la guerre continuait après la libération de Paris. Je me souviens très bien de cet hiver glacial qu’on a eu au Luxembourg et en Belgique, et des combats jusqu’à la fin en Allemagne et à la frontière autrichienne. La division a livré les batailles les plus dures, depuis la Normandie où elle a connu le baptême du feu, jusqu’en Autriche, en passant par Paris, le Nord de la France, la forêt d’Hürtgen, les Ardennes, la Rhénanie et l’Europe Centrale. Beaucoup d’hommes sont morts ou ont été blessés au-delà des frontières françaises ». Le 17 janvier 1945, la 4 e DI reprend sa marche et attaque en direction du Reich. Le 4 mai, elle termine sa chevauchée en Autriche où elle apprend l’armistice puis où elle sert de troupes d’occupation. Or le caporal Vissers est transféré à la 99 e DI en juin 1945. Au sein de la nouvelle unité, l’entraînement reprend à Carpiagne à côté de Marseille, en vu d’un débarquement au Japon programmé en 1946. Heureusement, la capitulation japonaise le 2 septembre 1945 lui épargne une ultime et périlleuse campagne. Les retrouvaillesC.V. : « Je n’ai pas oublié cette période. Elle a été la plus intense partie de ma vie. Je ne sais pas combien d’hommes de ma compagnie ont survécu. La plupart sont morts au combat. Après tout ce que j’ai vécu, je n’aurais jamais pensé survivre pour voir la fin de la guerre. Elle a fini pour moi à la frontière autrichienne près de Kufstein. La plus proche grande ville allemande à la frontière était Rosenheim dans les Alpes bavaroises, une très belle région ». Ces retrouvailles entre les deux vétérans se sont déroulées le 6 juin 1993 à Utah Beach. « Je suis content de pouvoir revenir chaque année en Normandie où les gens sont si accueillants, si reconnaissants et si amicaux. A Utah Beach, la mer est toujours 27 décembre 1944, Echternach au Luxembourg. Le 8 e RI a été rééquipé à neuf et avec une tenue hivernale après les durs combats de la Hürtgen Wald. Le 27 décembre, le régiment reprend Echternach. Avec l’expérience du terrain, notre éclaireur a aménagé ses équipements. Il est coiffé d’un casque à pontets de jugulaire mobiles et sans filet. Sous la veste de combat M43 écussonnée et munie de la capuche M43, sont portés une chemise M37 et un tricot allemand de prise en laine grise. Le pantalon en coton M43 recouvre le pantalon en serge M37. La casquette Beanie, l’écharpe et les moufles autorisant le tir, toutes tricotées en laine kaki, protègent le crâne, le cou et les mains lors des glaciales reconnaissances en jeep. Les bottes à guêtron M43 se montrent plus pratiques. Sur le ceinturon M36, sont accrochés un étui M16 de Colt 45, une pochette porte-chargeurs de pistolet M18, un bidon M43, une pelle pliante M43 pour creuser le fox-hole et une pochette à pansement M42. En opération, sont emportées deux cartouchières d’allègement bandoleers, deux couvertures M34 roulées et portées en sautoir avec le cordeau, une torche lampe TL122 et la sacoche M6 du masque à gaz M3 pour transporter des grenades, des rations et les couverts. L’armement se compose d’un fusil Garand M1 pour le tir de précision, d’un pistolet Colt 45 pour le combat rapproché et d’une grenade MkII-A1 accrochée au ceinturon tandis qu’un clip de munitions est prêt pour le rechargement tactique. 18 UNIFORMES | COLLECTION
Dans les Ardennes, un G.i en uniforme M-1943 examine un redoutable chasseur de chars Jagdpanther construit sur le chassis du Panzer V Panther et doté d’un canon de 88 mm mais détruit par un coup au centre qui l’a enflammé. (US National Archives) Casque léger US M1 de la 4th Infantry « Ivy » Division. L’emblème est reproduit à l’avant et au pochoir compte tenu de la difficulté du dessin. La couleur kaki foncé du liner correspond à un modèle de coiffe précoce et les deux traits de crayons noirs verticaux sous l’œillet frontal pourraient indiquer le grade de capitaine. ici, le sable aussi, mais heureusement il n’y a plus de canon ! « déclara l’Américain. « J’ai apprécié parler avec cet Autrichien, un ancien de la Wehrmacht. On s’est battu dans le même secteur en Normandie en juin 1944. Et il a participé aussi à la bataille dans les Ardennes. Il a dit qu’il avait pris une jeep US. J’ai vraiment crû que c’était la mienne avec mes cadeaux dedans ! Nous étions ennemis mais maintenant nous sommes devenus amis, une situation unique. Il m’a tiré dessus, je lui ai tiré dessus. Heureusement, on s’est manqué sinon on ne serait pas là pour en parler ». « Je me réjouis d’être ici avec cet homme » ajouta l’Autrichien. « J’ai été blessé en tout cinq fois. Mais Dieu merci, mes blessures n’étaient pas trop graves. Par contre, j’ai un frère qui est tombé en Normandie près d’Alençon et chaque année je me rends sur sa tombe. Je reviens aussi en Normandie car ici j’aime tant la campagne, la mer et le paysage. Et j’ai passé ma jeunesse dans ce pays. J’avais 23 ans en 1944. Ce qui est à la fois bizarre et intéressant, c’est que nous étions tous les deux au même endroit à deux reprises, chacun dans le camp adverse. Mais maintenant, c’est très émouvant d’être réunis tous les deux côte à côte et de boire un verre ensemble ». Près de 50 ans après la guerre, l’heure était à la réconciliation. L’uniforme des combattants Bien sûr après cet entretien, nous n’avons pas été sans évoquer, uniformologie oblige, la tenue et les équipements portés par les deux vétérans. Et il est amusant de constater que, comme dans toutes les armées, chez l’autre c’est toujours mieux ! Concernant le paquetage du G.i., Vissers nous confia d’utiles réflexions personnelles mais appropriées à son unité. « La ceinture de sauvetage gonflable n’était portée que pendant la traversée sur le LCP. Une fois sur la plage, on la jetait tout de suite. J’emportais la sacoche de masque à gaz en toile mais pas le masque à gaz amphibie avec la besace en caoutchouc noir. Ni la demi-toile de tente ni le sac de couchage qui avaient été distribués, n’étaient utilisés au front. En cas d’attaque surprise, on n’aurait pas pu en sortir rapidement. Chaque homme percevait une couverture en été et deux en hiver. On creusait un trou chaque nuit et on s’enveloppait dedans. C’était dur mais bien plus sûr que le sac de couchage et la tente. Sur le terrain, on ne gardait pas tout le paquetage, c’était bien trop lourd. On ne conservait que le plus important : le casque, l’arme et L’Américain Christian Vissers, en blouson Ike et bonnet de police du 8 e RI de la 4ème DI, et l’ancien de la Wehrmacht, l’Autrichien Aleksander Gothgasser, lors de leurs retrouvailles 49 ans après à Utah Beach le 6 juin 1993. (Photo de l’auteur) les munitions. Je n’utilisais pas de filet de casque, ni la cartouchière, ni le brelage, mais le ceinturon avec l’étui du Colt et des bandoulières. Le fusil Garand M1 était notre arme principale. Personnellement, j’utilisais un fusil M1, extra pour le tir de précision, et un Colt 45 pour le combat rapproché. Ensuite, le PM Thompson a été distribué, de loin une meilleure arme que la carabine M1 qui, à mon avis, n’était qu’un mauvais jouet. Globalement, je pense que la Wehrmacht possédait des armes et des équipements bien meilleurs que les Américains. Notamment des bottes bien plus pratiques que nos souliers, les effets camouflés, les casques et les armes. On avait l’habitude de prendre les effets de rechange des prisonniers allemands car ils possédaient de bonnes chaussettes de laine bien chaudes et de meilleurs sous-vêtements. On leur prenait aussi les tricots et les gants en laine grise ou bleue. Depuis, les Américains ont appris beaucoup et adopté des articles similaires au matériel allemand durant tous les derniers conflits ». Les commentaires de Gothgasser sont tout aussi précieux : « On portait le même uniforme en drap de laine et les mêmes équipements jusqu’à leur usure complète ou leur destruction. Et on disposait de la même tenue en toutes circonstances pour toute la guerre, que ce soit au quartier, en permission ou au front. Alors que chez les Américains, tout était consommable et ils utilisaient différents uniformes selon les situations. Les Américains portaient un blouson de combat d’allure sportive et moderne. Certains de nos équipements comme les ceinturons, les cartouchières et les bretelles de suspension qui sentaient le vieux cuir à force d’être portés, étaient démodés comparés aux équipements américains tissés en toile. Notre musette à pain et notre étui de masque à gaz dataient aussi d’une autre guerre. Dans les Ardennes, on a récupéré toutes sortes d’équipements américains, non seulement les vivres mais aussi des surbottes pour se protéger les pieds du froid ». Remerciements : Romain Heuzey, Rémi Mallet, Julien Saddier COLLECTION | UNIFORMES 19



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