Uniformes n°293 mar/avr 2014
Uniformes n°293 mar/avr 2014
  • Prix facial : 7,50 €

  • Parution : n°293 de mar/avr 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 64,9 Mo

  • Dans ce numéro : front de l'ouest 1944-1945.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
HISTOIRE DE COMBATTANTS COLLECTION nous étions en haut d’une colline d’où on voyait beaucoup d’appareils passer. Mais de ces avions, on a vu beaucoup d’Américains qui sautaient en parachute. Il y en a qui sont tombés pas très loin de nous. J’avais déjà fait prisonnier deux parachutistes quand un troisième - un gamin -, est tombé à un mètre de moi ! Je lui ai dit de filer car je ne savais pas quoi faire de lui. Je lui ai crié : « Part ! Va t’en ! » en lui faisant signe de s’en aller. Ensuite le matin, on a entendu un tir de barrage d’artillerie. C’étaient les canons de gros calibre des navires qui tiraient depuis le large. Puis il y a eu de nouveau les Jabo qui volaient en rase motte et qui tiraient sur tout ce qui bougeait et des bombardiers qui pilonnaient la côte ». Le Jour J, les péniches approchent de la côte à pleine vitesse. Lors de la progression, les hommes recroquevillés entendent siffler les balles et voient les obus tomber, soulevant des gerbes d’eau autour des chalands. Du fait des horaires des marées dans le Cotentin, la 4 e DI devient la première unité à fouler le sol français pour la libération de l’Europe.C.V. : « Je me souviendrai toujours de ce matin du 6 juin, avec trois douzaines de compagnons inquiets mais heureux quand même d’atteindre enfin cette plage. Moi, j’ai ressenti une envie pressante d’uriner mais je ne voulais pas me soulager dans mes pantalons. La rampe s’est abaissée alors qu’on se trouvait à plusieurs centaines de mètres de la plage à marée basse. Nous devions être débarqués à pieds secs et à marée haute ! Nous avons sauté par-dessus bord sans nous soucier des tirs ennemis. J’avais de l’eau jusqu’aux épaules. Mais je ne pensais qu’à mon envie et j’ai couru sur le sable vers le haut de la plage. J’ai débarqué sur Utah Beach vers 6h30. Il faisait gris, froid et pluvieux ». Avec le 8 e RI en pointe, la 4ème DI s’empare d’une bande de rivage de 4 kms de long puis, sans rencontrer de véritable résistance, elle progresse à l’intérieur des terres submergées pour réduire les positions ennemies derrière les dunes et pour éviter les obus ennemis qui commencent à pleuvoir sur la plage.C.V. : « J’ai dépassé la dune et couru vers la seule maison en face de la sortie de la plage (NDLA : il s’agit aujourd’hui de l’établissement Roosevelt’s Bar). J’urinais contre la petite porte sur le côté et là, une vieille dame a ouvert et crié après moi aussitôt. Je n’ai pas compris ce qu’elle disait mais elle était très en colère ! Plus loin, de pauvres vaches mortes étaient couchées dans les champs, sans compter les soldats morts, des deux bords. J’étais dans les troupes de l’avant dans une section de reconnaissance. Il y avait deux Indiens Comanches dans mon platoon. Ils faisaient fonction d’opérateur radio car ils pouvaient communiquer entre eux sans être compris de l’ennemi ». Utah Beach Vers 10h00, la 4 e DI est débarquée et les premières troupes soutenues par des chars entrent dans le village de Sainte-Marie-du- Mont. Peu avant midi, le 8 e RI réalise sa jonction avec les troupes aéroportées du 501st PIR/101st Airborne. Ensuite, mission vitale, il se porte au devant de la 82th Airborne en direction Ste-Mère-Eglise. La 4 e DI avance rapidement dans les terres et le Samedi 16 décembre 1944, 5h00, opération Herbstnebel. Pour l’offensive dans les Ardennes, notre canonnier sur Panzerjäger affecté dans une division de grenadiers, porte un casque M42 camouflé à la peinture brunâtre, une chaude parka réversible à camouflage flou d’un côté et blanc de l’autre, par-dessus le blouson, une chemise italienne et un chandail gris. La culotte tombe dans les bottes à tige haute. Ses équipements pour l’assaut comprennent un ceinturon à boucle peinte en vert de gris, un étui de pistolet P38 et un porte-chargeurs en forte toile kaki pour alimenter un Schmeisser MP40. Disposés réglementairement dans le dos, les accessoires de base du soldat allemand emportés pour l’attaque, comprennent à gauche un étui métallique contenant le masque à gaz, à droite une musette à pain à laquelle sont suspendus la gamelle et le bidon avec sa housse en fine toile ersatz de fin de guerre. L’armement se compose d’un pistolet P38 et d’un pistolet-mitrailleur MP40 ainsi que d’une grenade à manche. Lors de l’opération Goodwood, les Surmgeschütze 40 de la 21.Panzerdivision foncent pour stopper l’attaque de mille blindés britanniques de Montgomery vers Falaise. Ils vont faire des ravages en s’embusquant dans les haies. (Bundesarchiv) 16 UNIFORMES | COLLECTION
Casque allemand modèle 40, à l’aspect granité et camouflé trois tons, à l’aide de tâches brunes, vertes et beiges recouvrant la peinture feldgrau d’origine. Fabriqué seulement de mars 1940 à juillet 1942, le casque M40 est le moins répandu et se distingue du modèle 35 par ses oeillets des trous d’aération emboutis dans le métal et du modèle 42 par son rebord avec bourrelet replié à l’intérieur. La forêt d’Hürtgen en Allemagne est épaisse et obscure car composée de hauts sapins plantés serrés et de sous-bois touffus. Ses pentes sont abruptes et ses ravins profonds. Pendant la terrible bataille de la Hürtgen Wald à l’automne 1944, ces hommes de la 4 e DI progressent difficilement à flan de colline et dans l’enchevêtrement des sapins, sans compter les obstacles constitués de barbelés, de mines et de pièges allemands. (US National Archives) 6 juin au soir, la jonction avec les paras est établie sur la RN13 au lieu dit Les Forges.C.V. : « Le premier jour, nous avons avancé vers Ste-Mère-Eglise où on devait faire la jonction avec les paras. Ce n’était pas si terrible. On était effrayé parce qu’on n’avait pas l’habitude du contact avec l’ennemi. Je n’ai été engagé avec l’ennemi que le lendemain. C’est surtout plus tard avec les batailles pour Montebourg, Cherbourg et Saint-Lô que cela est devenu très dur. Dans l’infanterie, c’est toujours à pied qu’on a progressé jusqu’à Montebourg où les combats étaient terribles. Au début, les camions transportaient uniquement le ravitaillement en vivre et en essence et les munitions La Normandie a été mon baptême du feu mais je suis devenu très vite un vétéran. Je n’avais pourtant que 21 ans. » Ce matin du 6 juin, la Pz.J.-Abt 709 rejoint le I./SturmBataillon AOK 7 du Major Hugo Messerschmitt, stationné près de Foucarville, pour former un Kampfgruppe qui fait mouvement sur Ste- Mère-Eglise aux mains des paras américains pour reprendre cet important noeud routier. Elle est mise à disposition du I./GR. 1058 de la 91. LD pour soutenir la contre-attaque menée au nord de la ville avec des forces conséquentes. Lors de la progression, un Marder est détruit sur la route venant de Montebourg. L’offensive est stoppée par le 505th PIR et à l’entrée nord de Ste-Mère-Eglise, du côté de l’hospice, un canon d’assaut StuG. 40 est touché et se consumera jusqu’au 7 juin. Dans les jours qui suivent le débarquement, la 709. ID essaie de contenir la progression des troupes de la 4 e DI mais elle accumule les pertes. Le 16 juin, elle ne dispose plus que du tiers de ses effectifs. Sa dernière mission est de défendre Cherbourg assiégé. Néanmoins le port finit par tomber le 26 juin, grâce aux assauts des 4 e, 9 e et 79 e DIUS. L’artilleur Kothgasser réalise alors que les lignes de défenses allemandes sont complètement désorganisées. A.K. : « Nous n’avions plus de commandement. On s’est retrouvé seul. On n’était plus qu’environ 55 hommes. Personne ne savait quoi faire ni ou aller. Derrière chaque arbre, dans chaque haie, il y avait un soldat américain. On n’avait plus rien à manger. Alors que les gars d’en face recevaient du ravitaillement. Il a fallu attendre plus de dix jours pour que l’armée allemande se réorganise et que l’approvisionnement arrive sur le front. Jusque là, on courrait, on se cachait. Ensuite on a combattu à la Hayedu-Puits et trois fois, on a avancé puis reculé. On est encore resté deux mois en Normandie et puis cela a été la retraite vers la Seine ». Les derniers engins de la Pz.J.-Abt. 709 sont détruits le 30 juin et l’unité est réduite à néant. Fin juillet, la 7 e armée allemande est menacée d’encerclement lord de la percée d’Avranches puis le 21 août, elle est anéantie dans le chaudron de Falaise d’où les rescapés de ses effectifs réussissent à s’échapper. Le canonnier Kothgasser retraite avec les bribes de la Wehrmacht en déroute et en Gourmette d’achat personnel munie d’un pendentif patriotique, un insigne de nationalité de col du modèle de la troupe mais d’un type de fabrication précoce, monté avec un anneau soudé. septembre, il est réaffecté dans une nouvelle unité en formation. La Belgique Pendant les combats dans la forêt d’Hürtgen fin 1944, le caporal Vissers est grièvement touché dans le dos. L’éclat d’une balle restée fichée dans sa colonne vertébrale, entraîne des séquelles durant toute sa vie. CV : « Depuis la guerre, j’ai du mal à marcher et à écrire à cause de troubles nerveux qui s’aggravent avec l’âge. Mais j’ai été très chanceux de n’avoir eu que cette blessure et près de 50 ans après le Jour J, je suis très content d’être encore en vie ». La 4 e DI est mise au repos le 4 décembre à Echternach (Luxembourg) pour y compléter également ses effectifs. Malheureusement, les Allemands lancent à l’aube du 16 décembre une offensive générale dans les Ardennes belges après un déluge de feu. Selon le plan établi par l’Ober Kommando der Wehrmacht, la 7 e armée allemande contourne Echternach et assure la couverture de l’offensive contre une contreattaque alliée menée sur le flan sud. La 4 e DI est alors engagée par des unités de la 7 e armée derrière les rives de la Sauer et doit céder du terrain. Elle essaie de tenir le contrefort des Ardennes pour empêcher la percée ennemie vers la ville de Luxembourg. Mais le mauvais temps fournit une bonne couverture à la percée allemande qui enfonce le front sur 20 kms jusqu’à Bastogne avec pour premier objectif la Meuse. L’effet de surprise est réussi et la confusion totale. Les troupes américaines se retrouvent brutalement au milieu des Allemands. Profitant du brouillard, les Panzer se glissent parmi les colonnes US et les repoussent.C.V. : « J’avais acheté quelques souvenirs à Paris et je les avais cachés dans les compartiments à l’arrière de la jeep. Plus tard dans les Ardennes, les Allemands nous ont tendu une embuscade et nous avons dû abandonner cette jeep. Heureusement, j’ai pu courir assez loin pour éviter tout danger. COLLECTION | UNIFORMES 17



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 1Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 2-3Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 4-5Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 6-7Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 8-9Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 10-11Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 12-13Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 14-15Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 16-17Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 18-19Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 20-21Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 22-23Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 24-25Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 26-27Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 28-29Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 30-31Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 32-33Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 34-35Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 36-37Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 38-39Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 40-41Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 42-43Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 44-45Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 46-47Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 48-49Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 50-51Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 52-53Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 54-55Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 56-57Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 58-59Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 60-61Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 62-63Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 64-65Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 66-67Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 68-69Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 70-71Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 72-73Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 74-75Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 76-77Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 78-79Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 80-81Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 82-83Uniformes numéro 293 mar/avr 2014 Page 84