Uniformes n°290 sep/oct 2013
Uniformes n°290 sep/oct 2013
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°290 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 72,7 Mo

  • Dans ce numéro : légion étrangère, le 1er R.E.C. en Indochine.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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OBJETS ET DOCUMENTS COLLECTION 1 2 Planche d’insignes 1) et 2) Insignes imprimés du SET. Celui de droite étant recouvert d’un produit pour le solidifier. 3) Insigne tissé avec la mention « RELEVE ». 4) Insigne d’un Français travaillant dans une usine allemande. 5) et 6) Deux variantes de taille de l’insigne de l'Association nationale des amis des travailleurs français en Allemagne (ANATFA). 7) Insigne de l’Amicale des travailleurs français en Allemagne (ATFA) d’Erfurt. 5 6 7 3 peut en France faire pression et employer des mesures plus sévères dans le but de se procurer de la main-d'œuvre ». Le 10 janvier 1943, le « négrier de l’Europe » réclame encore, avant le 15 mars, l'envoi de deux cent cinquante mille ouvriers (dont cent cinquante mille spécialisés). En conséquence, une circulaire datée du 2 février 1943 exige des préfets un recensement général des Français nés entre le premier janvier 1912 et le 31 décembre 1921. Le 12 septembre 1942 est cependant née la JOFTA, Jeunesse ouvrière française travaillant en Allemagne, fondée afin d’éviter l’éparpillement des départs vers l’industrie germanique. En octobre 1943, cette appellation devient Service encadré du travail (SET). STO Mais revenons au mois de février 1943. Le Conseil des ministres décide alors, « en application de la loi du 4 septembre 1942, 4 Aujourd'hui, journal notoirement anglophobe, Le Matin, quotidien antiparlementaire et anticommuniste et L'Œuvre, chantre de l'antipétainisme et de la collaboration... tous sont mobilisés dans le cadre du recrutement pour l'Allemagne. de créer un Service du travail obligatoire pour mettre un terme à l'inégalité choquante qui faisait peser seulement sur les ouvriers des charges qui doivent être équitablement réparties sur tous les Français, quelle que soit leur catégorie sociale... ce texte législatif rend le Service du travail obligatoire aux champs, à l'usine, à l'atelier pour tous les jeunes gens nés entre le 1er janvier 1920 et le 31 décembre 1922 ». Le 16 février, la loi instaurant le STO est là publiée. Le texte adopte, à l'encontre de ceux qui voudraient l'enfreindre, des peines d'emprisonnement de trois mois à cinq ans et de lourdes amendes. Des peines sont également applicables aux personnes ayant contribué à faire échec à la réquisition. Cette dernière disposition, dont les conséquences sont incalculables, explique en partie Cartes émanant de l'Association nationale des amis des travailleurs français en Allemagne (ANATFA) et du Commissariat général à l'action sociale pour les Français travaillant en Allemagne (CGASFTA), cette dernière dénomination étant véritablement adoptée après le mois de janvier 1944. les difficultés rencontrées (emploi, hébergement) par les jeunes réfractaires. En Zone sud, les Chantiers de la jeunesse sont à leur tour touchés par ces mesures. Cependant, avant d’être embarqués pour l’Allemagne, la plupart de ces jeunes vont percevoir un paquetage neuf « Chantiers » et, pour certains, bénéficier d’un encadrement « Chantiers ». De plus, une guerre larvée se déclare immédiatement, au sein de l’Hexagone, entre les services du STO et l’Organisation Todt (OT). L’OT est en effet accusée d’approcher les permissionnaires du STO en leur proposant des conditions de vie alléchantes en France. D’un autre côté, « la Todt proteste vigoureusement lorsque les services du STO viennent prendre manu militari la main-d’œuvre de ses chantiers pour l’envoyer en Allemagne, raflant les jeunes ouvriers à la fin de la semaine, attendant le moment où ils sont tous réunis, le jour où ils viennent récupérer leur paie ». On estime, qu’à la fin du mois de juin 1943, quatre cent mille Français ont été ainsi 70 UNIFORMES | COLLECTION
L'hebdomadaire de l'ATFA se nomme Le Pont. On y trouve des informations pratiques mais aussi, par exemple, de courtes histoires destinées à divertir les ouvriers partis en Allemagne et les prisonniers de guerre français transformés en travailleurs libres. Le livret de travail pour étranger, institué par Fritz Sauckel en 1944, doit permettre, « après guerre, de faire la preuve de l'effort fourni pour l'Europe », mais aussi d'attester la capacité professionnelle acquise par son propriétaire au sein des entreprises germaniques. On notera le port de l’insigne de fidélité au maréchal Pétain, la francisque sur fond blanc, par le titulaire de ce livret. « traînés » en Allemagne, contraints et forcés. La plus grande partie, issue des milieux ouvriers, n'a pu en effet, dans un état devenu progressivement très suspicieux, sans relations, privée de ses cartes d'alimentation, trouver l'échappatoire. Que ceux qui disent, parfois, « qu’ils n'avaient qu'à pas partir » se souviennent, un instant, des cruelles circonstances du moment. Mais les besoins de l'Allemagne en main-d'œuvre se font de plus en plus pressants, alors que les ordres de réquisition se heurtent, au sein de l’Hexagone, à une résistance accrue due au développement des maquis et, bien entendu, de la légendaire « débrouille individuelle ». Une loi du premier février 1944 étend ainsi la réquisition à tous les hommes, de seize à soixante ans. On procède alors au « peignage » des entreprises, sans grand succès cependant, du fait de l’inertie générale, et du manque évident de bonne volonté locale. Mais les rafles, elles, s'intensifient. A la fin du mois de mars, une circulaire émanant du délégué pour la Zone nord du Secrétariat général au maintien de l'ordre durcit encore la chasse aux réfractaires. Pourtant, « le peignage, les rafles et la recherche des réfractaires n'offriront dans le premier semestre 1944 que quarante mille hommes, alors que l'Allemagne en espérait plus de deux cent cinquante mille » ! L’image de Vichy en est encore dégradée, pour un acquis modeste. Il est presque certain que Fritz Saückel pense alors, pour sa part, à mobiliser la classe 1944, et à précipiter son envoi outre- Rhin. Le succès du débarquement allié va heureusement en décider autrement. En tout, et en chiffres ronds, six cent mille Français ont cependant été requis au titre du Service du travail obligatoire. Il faudrait encore ajouter, parmi les « travailleurs » français d’outre-Rhin, les deux cent mille prisonniers français « transformés » en ouvriers civils, le million de prisonnier de guerre et, même, les soixante-cinq mille déportés politiques soumis, pour leur part, à l’horreur absolue. Ces cartes, de confections fort diverses, relèvent de sections locales de l'Amicale des travailleurs français en Allemagne (ATFA). Cette structure est une émanation du Commissariat français à la main-d’œuvre en Allemagne, et date de l'année 1942. Les griefs des requis français Les griefs des six cent mille Français forcés de travailler au sein du Reich au titre du STO vont être, on s’en doute, innombrables : « le logement en baraques avec des chambrées surchargées, des paillasses, souvent sans chauffage. La nourriture, réduite au strict minimum. Les soins sanitaires ridicules. Les conditions d'hygiène pas même élémentaires. Les horaires de travail, avec des pointes allant jusqu'à quatre-vingtquatre heures par semaine ». Les permissions sont, elles, très rapidement restreintes, leurs bénéficiaires ayant « trop souvent oublié de revenir ». Les requis se nomment Blondin, Brassens, Cavanna, Devos… Aux « meilleurs » des ouvriers étrangers, des volontaires très souvent, le Reich accorde un Arbeitsbuch (livret de travail) dont la couverture est ornée d’un aigle « flatteur ». Il existe également, bien sûr, l’ANATFA (Association nationale des amis des travailleurs français en Allemagne). Cette association a remplacé, en 1943, le Comité national des amis des travailleurs français en Allemagne créé, lui, en 1942… Mais comment soulager tant de misères, et gérer tant de conflits ? Notons enfin que, par un décret daté du mois de novembre 2008, placé sous la signature du secrétaire d’Etat à la Défense chargé des anciens combattants et victimes de guerre, la qualité de « Victimes du travail forcé en Allemagne nazie » va être finalement reconnue aux requis du Service du travail obligatoire. COLLECTION | UNIFORMES 71



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