Uniformes n°290 sep/oct 2013
Uniformes n°290 sep/oct 2013
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°290 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 72,7 Mo

  • Dans ce numéro : légion étrangère, le 1er R.E.C. en Indochine.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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HISTOIRE D’UNE UNITÉ COLLECTION Les travailleurs français en Allemagne TEXTE : Philippe Guimberteau PHOTOS : Collections privées 1940-1944 Le processus de travail imposé au service de l’Allemagne va connaître différents stades au fur et à mesure de l'évolution des hostilités, allant de l'appel pressant au volontariat à la contrainte directe, avant de s'achever par une véritable tentative de « levée en masse », en 1944. Ce sont ces différentes phases, s’inscrivant d'octobre 1940 à juin 1944, que nous allons ici évoquer. Cette montée en puissance des exigences de l’Allemagne en guerre procède, bien sûr, d’une absolue nécessité de palier les vides creusés dans ses usines par la mobilisation militaire de ses propres ouvriers. Mais elle révèle, également, une volonté - fatalement déçue - de priver les forces de résistance locale d'un vivier d’opposants à ses troupes d’occupation. Echec du volontariat Prenant la mesure du chômage créé par le chaos économique et humain hérité du désastre de juin 1940 (lequel prive trop souvent les fabriques françaises des matières premières et des spécialistes indispensables), promettant des salaires attractifs et des conditions d'existence aménagées, les vainqueurs ouvrent promptement des bureaux d'embauche. Ainsi, dès l'automne 1940, des volontaires, au début majoritairement d'origine étrangère (Russes, Polonais ou Italiens) vont-ils choisir de partir travailler outre-Rhin. En tout, pendant la Seconde Guerre mondiale, on estime que plus de deux cent mille travailleurs venus de France se seraient ainsi portés volontaires pour l’Allemagne, dont un tiers de femmes. C'est aussi durant l'automne 1940 que l'Occupant procède à des rafles arbitraires de main-d'œuvre dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, tous deux rattachés à l’administration militaire de Bruxelles. Pourtant, le résultat global est si décevant que, dès le mois de février 1942, les Allemands vont exiger la fermeture des chantiers relevant du Commissariat au chômage des jeunes de l’Etat français, afin de tenter « d'accélérer le mouvement » vers l’outre- Rhin. Hélas pour eux, du mois d’octobre « Jeune Pétain » en grande tenue prêt au départ pour l’Allemagne. Sur la manche gauche, au-dessous du drapeau français, est cousu un écusson aux armoiries de la Normandie. (Photo datée du 3 novembre 1943). Le « coq » de l'Association nationale des amis des travailleurs français en Allemagne (ANATFA) en métal peint avec anneau de suspension (hauteur : 13 cm). 1940 au mois de juin 1942, ils n’ont convaincu que cent cinquante mille volontaires… Un hebdomadaire, Le Pont, est pourtant spécialement conçu pour eux, depuis Berlin. Deux évènements politiques survenus au milieu de l’année 1942 vont cependant précipiter l’adoption d’une grande « escroquerie », selon la terminologie employée à l’époque par les ouvriers concernés. Fritz Saückel, Reichsverteidigungskommissar (Commissaire à la défense) à Kassel, est nommé de fait, par Hitler, Plénipotentiaire général au service de la main-d'oeuvre dans les territoires occupés en mars 1942 et Pierre Laval devient, le 18 avril, Chef du gouvernement de l’Etat français. Le Werksausweis, véritable "carte d'identité de travail", veut être difficilement falsifiable. Le modèle protégé par un entourage métallique et recouvert de rhodoïd est le plus représentatif de la période. 68 UNIFORMES | COLLECTION
Pierre Laval en vient à proposer le système de la Relève (consistant à libérer un prisonnier de guerre pour trois départs en Allemagne de travailleurs libres), lequel est annoncé le 22 juin 1942. Malgré les aspects ludiques de ce dépliant, le manque de succès de la mesure (17 000 volontaires fin août) dénote un tarissement certain du volontariat. Dépliant datant de l'été 1942. Le but théorique de cette Relève est le retour des prisonniers de guerre français détenus en Allemagne. Tous deux, courant juin, acceptent le principe de la « Relève » : pour trois travailleurs français partant en Allemagne, un prisonnier serait libéré. Ce chantage psychologique imprègne le discours de Pierre Laval tenu le 22 juin 1942 : « Un nouvel espoir se lève pour nos prisonniers. Je sais que l'on n'a jamais fait appel en vain à la raison et la générosité des ouvriers de France. C'est vers eux que maintenant que je me tourne, car c'est d'eux pour une large part que va dépendre le sort de nos prisonniers ». L'opération échoue, en dépit d'une propagande et d'une pression morale soutenue. En effet, les Allemands attendaient cent cinquante mille spécialistes, il leur en vient moins de vingt mille au premier septembre 1942. Vers un Service du travail obligatoire L'appel aux ouvriers français volontaires a donc été fort décevant pour ses promoteurs. D'autre part, le nouveau ministre de l’armement du Reich, l’ingénieur Albert Speer - surnommé « l’architecte d’Hitler » - a été notamment chargé de la mobilisation progressive des travailleurs allemands (ce qui implique, nécessairement, leur remplacement par des travailleurs étrangers). Le 22 août 1942, Fritz Saückel, devenu progressivement le « négrier de l’Europe », prend ainsi une ordonnance précisant les conditions d'emploi des travailleurs dans les pays occupés. En France, il en résulte la loi du 4 septembre 1942 ― publiée au Journal Officiel du 13 ― qui précise que « toute personne du sexe masculin de plus de 18 ans et de moins de 50 et toute personne du sexe féminin de plus de 21 ans et de moins de 35 peuvent être assujetties à effectuer tous travaux que le gouvernement jugera utile dans l'intérêt de la Nation ». C'est un authentique projet de réquisition… et c’est, surtout, la première phase de la mise en place du concept de travail obligatoire. Cet appareil législatif est complété par un décret daté du 19 septembre (et une circulaire d'application du 22) faisant obligation à ces mêmes personnes, n'ayant pas une activité d'au moins trente heures hebdomadaires, « d'en faire déclaration à la mairie ». Le piège se referme ainsi, inexorablement, sur les ouvriers de France. Les fichiers d'entreprise sont donc promptement « épluchés », et tout embauchage (ou licenciement) est soumis à la stricte autorisation de l'Inspection du travail. Mais toutes ces dispositions, pourtant conduites avec l'appoint de l'administration, ne donnent pas les résultats escomptés. Avec la réquisition, s’additionnent les premières rafles à la sortie des usines, des cinémas et, même, dans la rue. Ce n'est donc plus seulement une recherche de spécialistes, mais une Le Front du travail national socialiste français, qui dépend de l'Organisation Todt, est notamment impliqué dans l'aménagement du camp « Mackensen » dont une carte de l’amicale est présentée ici. Ce camp se trouve, au début de l'année 1943, dans la région de Saint-Nazaire et héberge dans ses baraques en bois des ouvriers français mais aussi néerlandais. véritable « chasse à l'homme ». Bien que Vichy ait pris l'engagement de faire rechercher avant le 25 janvier 1943 plus de trente mille métallurgistes, Fritz Saückel rédige un texte comportant l’indication suivante : « On COLLECTION | UNIFORMES 69



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