Uniformes n°289 jui/aoû 2013
Uniformes n°289 jui/aoû 2013
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°289 de jui/aoû 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 67,2 Mo

  • Dans ce numéro : normandie 44, les Gliders U.S. à Carentan.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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COLLECTION HISTOIRE D’UN COMBATTANT La vareuse bleu horizon de type nouvelle en gabardine ayant appartenu au chef de bataillon Goüin. Tout comme le képi, on peut raisonnablement estimer qu’il l’a faite confectionner lors de sa promotion comme officier supérieur en mars 1917, car elle correspond précisément aux tendances vestimentaires du moment, assez inspirées par les officiers de sa Gracieuse Majesté. Ses caractéristiques reprennent les standards de la période, tels que la fausse ceinture dorsale, le col demi-saxe ou les pattes d’épaules... A noter les deux chevrons de la manche droite indiquant les deux blessures de l’officier, et les sept de gauche pour quarante-huit mois au front. Brides et barrettes de décorations ont été ajoutées dans l’immédiat après-guerre, on y distingue la rosette d’officier de la Légion d’honneur (1928), la croix de guerre, l’insigne des blessés militaires et les commémoratives courantes. Le képi au chiffre du 37 e RI d’Emile Goüin, de forme polo typique. Il a vraisemblablement été réalisé lors du passage de l’officier à ce grade. Avec l’apparition du casque comme coiffure de combat en septembre 1915, ces képis aux couleurs d’avant-guerre réapparaissent comme coiffures de repos et supplantent peu à peu les modèles en drap bleu-horizon de confection et de forme diverses. 40 UNIFORMES | COLLECTION
Son bonnet de police de coupe rectangulaire lui donnant la forme fantaisie dite Empire particulièrement affectionnée par les élégants cavaliers d’abord, puis par les officiers en général. Le passepoil jonquille indique l’infanterie depuis mai 1915, et la coiffure en drap fin d’officier est ornée des quatre galons d’or de chef de bataillon. Fanion du 3 e Bataillon du 37 e RI, 1917-1919. C’est l’emblème du III/37 e RI en usage lors de la Grande Guerre et conservé par son chef, qui fut probablement à l’origine de sa création. Il s’agit sans aucun doute du premier emblème de l’unité, fabriqué début 1917 si l’on s’en tient aux inscriptions brodées se rapportant à des épisodes tous antérieurs à cette date : Neuville St Vast (sic, noter l’erreur à Vaast) en Artois, où le 16 juin 1915 le bataillon est engagé dans la conquête du cimetière. C’est d’ailleurs l’action qui lui vaut la croix de guerre épinglée sur le fanion, avec citation à l’ordre de la division. Béthincourt en mars-avril 1916, secteur de la cote 304 à Verdun où il défend héroïquement un bois douze jours durant, au prix de lourdes pertes. Curlu, village sur la Somme qu’il enlève de haute lutte lors de l’offensive de juillet 1916.Quant au fond jonquille du fanion, c’est la couleur réglementaire de la troisième fraction d’une unité d’infanterie depuis le premier Empire. Quant au capitaine Goüin, remis sur pied au terme de trois mois de soins il fait jouer ses relations pour remonter en ligne dans un régiment d’active. Sa demande acceptée, l’officier intègre sans tarder le 37 e RI de Nancy, où le poste d’adjudant-major (adjoint au commandant) au 2 e Bataillon est vacant. Commandant de bataillon au 37 e RI, 1917-1919 Le 1er juillet 1916, jour-même de son affectation au régiment, les vagues d’assaut du 37 e RI s’élancent à l’aube contre les positions allemandes de Curlu, sur la Somme : le village ne tombe qu’en fin de journée après un combat acharné à la grenade pour la conquête de chaque bâtiment (trois officiers et cent cinquante hommes capturés). A Noël 1916 Emile Goüin est fait chevalier de la Légion d’honneur. Après quelques mois comme second du 2 e Bataillon, il est pressenti pour exercer des responsabilités plus importantes : lieutenant de réserve à la veille de la mobilisation, le voilà officier supérieur ! Il accède au grade de chef de bataillon (à titre temporaire) le 18 mars 1917 et prend le commandement du 3 e Bataillon qu’il va conduire jusqu’à la victoire. Un mois plus tard, la première action majeure dans laquelle il entraîne ses hommes est l’offensive du Chemin des Dames le 16 avril 1917, avant de rejoindre un secteur plus calme en Lorraine. L’année 1918 est faste pour le Bataillon Goüin particulièrement actif. En début d’année l’unité est engagée sur le front de Verdun, puis dans les Flandres au printemps. Un audacieux coup de main nocturne exécuté le 5 avril est salué par le commandement et vaut une seconde citation à son chef. Le 11 mai le commandant Goüin est brièvement évacué après avoir été gazé lors d’une patrouille de nuit dans le secteur tenu par ses compagnies. En juillet, engagé dans la contre-attaque générale sur la Marne, le bataillon Goüin réussit à prendre pied sur la ferme des Savarts – une position fortement défendue à l’ouest d’Epernay : le commandant du bataillon y gagne sa troisième citation, et cette fois-ci à l’ordre de l’armée : A mené avec entrain son Bataillon à l’attaque d’une ferme et d’un bois bourré de mitrailleuses, est parvenu à enlever un saillant de la ferme et a maintenu sa troupe dans le plus grand ordre face à l’objectif attendant que l’arrivée en ligne de chars d’assaut de renfort permette de reprendre l’attaque. Enfin, le 37 e RI prend part aux dernières offensives victorieuses puis à la poursuite dans l’Aisne et l’Oise, jusqu’à l’Armistice en Dix ans après l’Armistice de 1918, le chef de bataillon Goüin porte encore sa vareuse de guerre lors de ses périodes de réserve. Il s’engage en septembre 1939 pour la durée de la guerre, à 67 ans ! A Noël 1916, le capitaine Goüin est fait chevalier de la Légion d’honneur. Il termine la guerre avec trois citations sur sa croix de guerre, dont une palme. novembre 1918. Durant les derniers mois de la guerre, le chef de bataillon Goüin exerce à plusieurs reprises le commandement temporaire du régiment de février à avril, en juillet puis décembre 1918. D’une guerre à l’autre Après la guerre le commandant Goüin demeure en activité quelques années encore. En 1919-1920 il est détaché comme commandant du Quartier général de la 1 re Armée en Rhénanie puis comme officierinstructeur à Saint-Cyr (Promotion Croix du drapeau), avant de basculer définitivement en réserve spéciale… retrouvant ainsi son statut de 1914. Prenant définitivement la quille en 1928 mais rappelé régulièrement pour des activités de réserve dans les années trente, le chef de bataillon Goüin participe à la campagne de France en 1940 comme engagé volontaire… à 67 ans au commandement du centre de renseignements de Tours, dans le cadre de la défense aérienne du territoire. Le cessez-le-feu de juin 40 – si dur au cœur d’un vétéran de la Grande Guerre - sera donc le triste point d’orgue d’une carrière commencée en 1894. Emile Goüin est décédé à Tours en avril 1960 et ses souvenirs récemment dispersés. COLLECTION | UNIFORMES 41



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