Uniformes n°288 mai/jun 2013
Uniformes n°288 mai/jun 2013
  • Prix facial : 7,95 €

  • Parution : n°288 de mai/jun 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 92,4 Mo

  • Dans ce numéro : le 2e B.E.P. en Indochine.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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HISTOIRE D’UNE UNITÉ COLLECTION capitaines tués, une cinquantaine d’hommes de troupe blessés, dont la moitié sont restés aux mains de l’ennemi. II n’est plus question d’aller à Berlin qui est bien loin de là ». Le drapeau du 119 e R.I. présenté ici vers 1917-1918, par un officier du 319 e R.I., entouré d’une garde de cinq caporaux et premiers soldats. Le 319 e R.I. constitue le régiment de réserve du 119 e, constitué à la mobilisation par l’afflux des réservistes Ce jeune officier, photographié comme les précédents au même endroit, est affublé d’une tenue plus discrète, se rapprochant sensiblement de celle du simple soldat, ceci pour des raisons de visibilité. En effet, au début de la campagne, rien ne permettait de confondre l’encadrement avec la troupe, ce qui aura pour cause d’occasionner des pertes sévères parmi le corps des officiers ; les allemands les désignant à leurs meilleurs tireurs. Ce lieutenant, porte une capote à large col, avec boutons de corozo, et galonnage de manche beaucoup plus discret, officiellement supprimé par une directive du 23 septembre 1914. Le képi est recouvert d’un manchon, l’équipement restant le même qu’au moment de la mobilisation. La retraite La retraite générale commençe sur le front de la Ve armée, et le 119 e entame, dès le 24 août un mouvement de repli particulièrement pénible, tout en soutenant des combats d’arrière-garde. Suite du récit de Vincent Martin : « La retraite générale commence sur le front de la V e armée. Le 119 e régiment d’infanterie, dés le 25 août au matin et dans des conditions de fatigue extrême, entame la retraite sans autres incidents, pendant cinq jours, exceptées de petites affaires d’arrièregarde sans importance. Mais l’ennemi nous talonne et cherche à nous encercler. A la fin de la deuxième journée de bataille aux environs de Charleroi, dans le cantonnement où nous nous préparons à nous reposer, nous dormons déjà profondément dans un grenier à foin lorsque tout à coup, on nous réveille vivement en criant « voila les boches !... ». Comme j’avais défait les courroies de mon havresac des épaules pour mieux me reposer, mon fusil restant accroché par la bretelle à mon bras droit, je fus réveillé dans une précipitation sans égale laissant sur place mon linge de rechange, mon rasoir et mon livret militaire individuel. Dans cette confusion, ce n’était simplement qu’une compagnie française de notre régiment qui se repliait même dans la nuit. Plus tard, dans les environs de Vervins, mon livret individuel me sera restitué mais rien d’autre ; ni rasoir, ni linge, ni mes affaires de première nécessité : savon, couteau, cuiller et fourchette. » « Nous sortons de Belgique en repassant de nouveau en pleine nuit à Momignies, le pays belge où nous fûmes si bien reçus avant de nous rendre à Charleroi, mais nous ne rencontrons plus personne, les habitants ont fui vers la France. Nous passons à Anor dans le département du Nord, à Hirson et Vervins dans celui de l’Aisne. A Vervins, nous rentrons dans une grande distillerie où, dans un hall impressionnant de tonneaux, tout le monde se sert à qui mieux et il y a tellement de liquide de toutes sortes (les troupes laissant les robinets ouverts) que nous sommes mouillés par dessus les godasses. A ce moment j’aperçois un beau robinet en cuivre sur un tonneau ; l’ayant reniflé j’ai failli en tomber asphyxié ; ne pouvant plus respirer je n’ai plus rien pris, j’ai été surpris : trop gourmand !... J’avais pourtant soif mais mes camarades avaient rempli leurs bidons, je n’en ai pas souffert. Finie la rigolade, nous obliquons franchement à gauche et le 29 août, nous nous rendons à la ferme La Jonqueuse à Origny-Sainte-Benoite. Le 119 e régiment d’infanterie qui fait partie de la Ve armée, a reçu l’ordre de reprendre l’offensive, à hauteur de Guise, pour retarder la marche de l’ennemi. » La bataille de Guise Suite du récit de Vincent Martin : « Pendant la matinée du 29, le régiment est maintenu en réserve de division ; l’ennemi, en force, menaçant le flanc droit du 13 e corps d’armée, le 2 e bataillon (commandant Carlier) est lancé vers midi sur la ferme de La Jonqueuse pour enrayer la marche des allemands. Progressant difficilement sous un feu nourri de mitrailleuses, il réussit néanmoins à s’accrocher au terrain conquis ; vers 14 heures une violente contre-attaque l’oblige â fléchir légèrement. Le 1er bataillon (le nôtre, commandant Rignot) intervient à la gauche du 2 e bataillon et rétablit un moment la situation. Comme je fais partie de la 2 e compagnie (capitaine Tresillard) et mon camarade Fernand de la 1 re compagnie (capitaine Bédoura) nous sommes tous les deux en plein dans bataille. » « La nuit vient enfin séparer les combattants et permet à nos unités épuisées de se regrouper à Courjumelles et Pleine-Selve. C’est tout à fait compréhensible que nous soyons épuisés ; depuis le 21 août à Charleroi le ravitaillement ne nous est pas parvenu. Pendant toute la retraite, il en sera ainsi. Le lendemain sur la ligne ferme de Viermont- Signal d’Origny, nous reprenons le combat avec l’ennemi qui s’est considérablement renforcé ; nous avions avancé le 29 août de 6 à 7 kilomètres en profondeur, mais le lendemain, la bataille reprend, terrible. Dans les champs de blé, nous apercevons les allemands qui, de nouveau, avancent sous la protection des gerbes qu’ils déplacent avec eux. Quelles astuces n’ont-ils pas ces genslà ! Tout leur est bon et par tous les moyens. Nous tirons dans les tas qui se meuvent et nous descendons les allemands qui se trouvent derrière ; en fait d’éducation militaire ils nous rendent des points. Dans l’aprèsmidi, sur le soir, ordre nous est donné de rompre le combat ; le mouvement s’exécute sous une chaleur torride. Le commandant Rignot, chef du 1er bataillon à cheval à quelques centaines de mètres de l’ennemi, prend les noms des derniers qui se trouvent encore là, une quarantaine au maximum et nous dit : « je vous ferai récompenser par une citation mes enfants, c’est bien ». Je ne le revis plus jamais, le fait suivant qui dénote le sacrifice de sa vie donne la certitude de ce qui lui est arrivé. Après la guerre, mon camarade Fernand, lorsqu’il fut rentré (il était prisonnier) alla plusieurs fois rendre visite à la caserne Charras à Courbevoie d’où nous étions partis ensemble le 5 août 1914 ; il a remarqué que le bâtiment de l’horloge que nous occupions (le 1er bataillon) portait le nom de « Bâtiment RIGNOT » donc aucun doute sur le sort qui lui a été réservé. Ce fut sa plus belle citation ; les nôtres, il les emporta dans son secret perpétuel. Ces deux journées ont été, pour le 119 e régiment d’infanterie, aussi meurtrières que celles de Charleroi, trois capitaines ont été tués : le capitaine Trésillard (le mien) et les capitaines Marc et Busson. Très regrettable, l’historique du régiment oublie les sous-officiers, les caporaux et les hommes de troupe ! Ça c’est du menu fretin à tel point que l’officier chargé de l’établir ne daigne même pas en parler. Durant toute la guerre ce sera la même insuffisance de reconnaissance ; quelle différence avec les historiques des 334 e et 416 e RI auxquels j’appartiendrai par la suite ! Ici ce sont les officiers et hommes de troupe, avec mention de leur grade, qui seront mentionnés. En agissant ainsi le colonel et l’étatmajor du 119 e n’a pas voulu dévoiler ses pertes mais la population civile, prévenue par les maires, n’est pas dupe des pertes subies par le régiment. » Le 2 septembre, le 119 e R.I. passe la Marne à Verneuil. Est-ce la défaite ? Les hommes, épuisés, démoralisés s’attendent au pire. L’enthousiasme du départ a disparu. La victoire de la Marne allait le réveiller… 62 UNIFORMES | COLLECTION
NOUVEAU 1914 LA FRANCE ENTRE EN GUERRE : Le choc de l’été 1914 La grande retraite Le miracle de la Marne La bataille des Flandres EN KIOSQUE EN AVRIL 2013 84 pages - 11,50 euros L’histoire vue au travers de photos inédites des conflits du XX e siècle UN MAGAZINE DU GROUPE RÉGI’ARM



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