Uniformes n°288 mai/jun 2013
Uniformes n°288 mai/jun 2013
  • Prix facial : 7,95 €

  • Parution : n°288 de mai/jun 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 92,4 Mo

  • Dans ce numéro : le 2e B.E.P. en Indochine.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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La plaque d’identité du lieutenant Tommy-Martin, du modèle US. A côté, les fragments de la balle de mitrailleuse allemande de 7,92 tels qu’ils ont étés retirés de sa cuisse droite et qui lui furent fatals, le 26 septembre 1944. Le 23 août 1944, Abel embarque sur leL.C.I. 591 (landing craft infantry) à Pozzioli : le convoi formé de 40L.C.I traverse la Méditerranée, passe les bouches de Bonifacio et débarque le 25 août à Beauvallon, dans le golfe de St Tropez. Le lieutenant Tommy-Martin est affecté au B.M.4 à la compagnie Jeanperrin. A compter du 27 août, les troupes de la première division française libre remontent vers le nord au départ d’Aix-en-Provence. Alès le 31 août, Privas le 8 septembre puis Lyon, Villefranche. Le 11 septembre à Autun, il relève le bataillon de légion qui la veille a anéanti une colonne allemande faisant 3500 prisonniers. Il ne reste plus dans la région que quelques allemands isolés qui se rendent les uns après les autres. A partir de cette date, l’itinéraire s’oriente vers l’est, le 15 septembre, la compagnie est à Chalon et Beaune, puis à Dols le 17 septembre. Le secteur est tenu par les Américains. Abel rejoint le B.M. 4 à Villersexel et rapporte que partout les tirailleurs sénégalais sont bien accueillis et explique à des membres de sa famille que chaque fois qu’il y a un coup dur à donner, les américains laissent passer les français devant eux. Abel évoque également sa prochaine promotion au grade de capitaine. Le dernier combat Le 20 septembre, le lieutenant Tommy- Martin reçoit la mission de reconnaître le val de Gouhenans : la compagnie passe à La Vergenne et combat à La Vacheresse. Le 21, une reconnaissance des bois de Fraymont est effectuée et le 22, la compagnie assure le flanc-garde du bataillon de marche n°5. Le 25, c’est l’attaque et la prise de Lyoffan : les hommes passent la nuit devant Andornay, en Haute-Saône. Le 26 septembre à 10 heures 30, à la tête de ses tirailleurs, il fait partie de la première vague d’assaut. Une mitrailleuse allemande placée dans une maison ouvre le feu sur les « africains » à moins de 100 mètres : Abel reçoit deux balles, l’une qui brise la paire de jumelles qu’il porte en sautoir en provoquant des éclats, l’autre qui pénètre dans son abdomen et s’arrête sur le fémur droit. Perdant l’usage de sa jambe, Abel se glisse dans un trou de combat alors que le tir continue. Il avale toutes les pilules de son paquet de pansement. Un char fait taire la mitrailleuse et après trente minutes d’attente, Abel est secouru par des brancardiers. Grièvement blessé, il est évacué à l’hôpital de Villersexel dans un premier temps, puis à l’hôpital de Besançon et Mâcon ensuite. Dans les jours qui suivent, les tirailleurs sénégalais sont retirés du front en raison du froid qu’ils ne peuvent supporter. Malgré les soins, l’état de santé du lieutenant Tommy-Martin se dégrade et la plaie s’infecte, provoquant une hémorragie : il décède dans les bras de sa mère des suites de ses blessures le 4 novembre 1944 à 22 heures à l’hôpital de Mâcon : il est inhumé au cimetière de Fragnes (Saône-et-Loire). La famille Tommy-Martin a payé un lourd tribut à la libération de la France. Le frère d’Abel, Laurent, caporal-chef à la 2 e compagnie du 13 e régiment du génie de la 2 e DB est tué à Azerailles (Meurthe-et-Moselle) le 1er novembre 1944 par une mine allemande. Le cousin d’Abel, Guy Tommy-Martin, 2ème classe à la 2 e section du régiment de marche du Tchad, 2éme DB est tué le 28 janvier 1945 par des éclats d’obus à Grussenheim (Haut-Rhin). Le lieutenant Tommy-Martin est récipiendaire de la médaille coloniale avec agrafes Janvier 1943 : les « Africains » du lieutenant Tommy-Martin. Koufra, Fezzan et AFL, de la croix de guerre avec palme et étoile vermeil : il est fait par décret du 25 avril 1946 chevalier de la légion d’honneur à titre posthume. Il est titulaire d’une deuxième citation, celle-ci à l’ordre de l’armée, parue au journal officiel du 22 avril 1945, par décision n°515 du 16 mars 1945 signée du Général de Gaulle : « Tommy-Martin Abel, lieutenant au 4ème bataillon de marche : à l’attaque du village d’Andornay le 26 septembre 1944, est tombé grièvement blessé alors qu’il entraînait ses hommes dans un combat de maison à maison. La veille, avait enlevé avec brio la partie du village de Lyoffan qui avait été donnée comme objectif à sa section. Fait preuve au combat d’un sang-froid et d’une maîtrise de soi qui l’imposent à ses hommes. Son allant les entraîne dans les cas difficiles. Est mort des suites de ses blessures après plus d’un mois de souffrance ». En 1975, le général Massu, dans une lettre à la famille Tommy-Martin, décrit son ancien subordonné : « de votre frère Abel, je conserve le souvenir d’un beau garçon fin et distingué, réservé mais enthousiaste et ardent, habile topographe et dessinateur ». Dans ses souvenirs, j’ai découvert cette citation de Charles Péguy, qu’il avait recopié : « heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre, heureux les épis mûrs et les blés moissonnés ». Il fut parmi les tout premiers français libres, acteur et témoin d’une fantastique épopée qui mènera les hommes de Leclerc des confins du Tchad au nid d’aigle de Berchtesgaden à travers le désert libyen, tous unis par le serment prononcé à Koufra. Bibliographie : « L’odyssée de la colonne Leclerc », Didier Corbonnois, éditions Histoire et collections. « L’épopée Leclerc au Sahara », général Ingold, éditions Berger-Levrault. « Forces françaises libres, combats de l’espoir », Jean-Pierre Bernier, éditions Heimdal. Les effets de passementerie de l’uniforme du lieutenant Tommy-Martin : sa « banane » France porte encore les traces de son sang, les barrettes de grade, une patte de collet d’infanterie coloniale en cannetille, un insigne France Libre. Remerciements : Merci à Vianney Tommy-Martin et sa famille pour cette page d’histoire richement illustrée. COLLECTION | UNIFORMES 35
REVUE DE DÉTAILS COLLECTION Le blouson IKE 2 e partie, suite d'Uniformes N°285 TEXTE ET PHOTOS : Daniel Blanchard La 2 e version du blouson ETO, cousin américain du 1er modèle confectionné au Royaume-Uni, a été développée sans enthousiasme sous les auspices de l’OQMG. Les améliorations apportées au 2 e modèle sont reportées sur le blouson M-1944 produit aux USA et commandé par le général Eisenhower, auquel il doit son surnom d’Ike Jacket. Il est intéressant de constater que le blouson M44 est entré en service lorsqu’Eisenhower commandait l’ETO et qu’il a été déclassé à la fin de son mandat de Président des Etats-Unis d’Amérique. La fabrication restreinte du blouson ETO est suivie en juillet 1943 du deuxième modèle modifié par l’Intendance américaine. De nombreuses recommandations ont été formulées au QG-ETO par l’Office of the Chief Quartermaster pour apporter des transformations sur le 1er modèle, inspiré du blouson de battledress britannique et prévu pour remplacer la vareuse à quatre poches et le blouson M41, aussi bien sur le champ de bataille qu’en tenue de service. La 2 e version ETO est identifiable aux deux poches plaquées sur la poitrine avec rabat et qui remplacent les poches latérales ouvertes en biais. Celles-ci étaient inaccessibles quand le sac à dos était porté et, une fois pleines, elles devenaient inconfortables sous la cartouchière. Des pattes d’épaule sont ajoutées pour l’apparence mais aussi pour recevoir les insignes de grade et attacher le brassard de détection des gaz. Le col est élargi pour empêcher le gonflement sous les brelages et afin de permettre le port de l’effet en tenue de sortie, accompagné d’une cravate. Les soufflets dans le dos sont modifiés pour donner plus de liberté d’action. La longue languette avec la boucle en métal à la taille étant peu commode, elle est remplacée par une patte boutonnée sur le devant et par des sangles à boutonnière réglables sur les côtés. Les manches dont les pattes de serrage présentaient un inconvénient, sont converties en manches ouvertes et fermant par un bouton ajustable. Le blouson n’étant plus destiné à être imprégné contre les gaz vésicants, le rabat anti gaz sur le devant devient inutile. Une poche intérieure est ajoutée pour fournir un espace supplémentaire accueillant les effets personnels. Des échantillons du 2 e modèle sont manufacturés en Grande-Bretagne avec de la serge de laine et une doublure en coton. Ils sont ensuite envoyés aux Etats-Unis pour y être fabriqués. Le brigadier-général Robert Littlejohn, chef du Bureau du Quartermaster-ETOU- SA en distribue aussi aux officiers de l’European Theater Operation. Afin d’obtenir un plus large soutien pour le nouveau blouson ETO, il dresse la liste de ses principaux avantages : liberté d’action, apparence plus élégante, plus de chaleur et simplicité du dessin pour faciliter la fabrication. Persuasif, Littlejohn obtient les résultats escomptés car l’US Army recommande le 14 septembre 1943 que le blouson Sur ce portrait du général de l’US Army Ike Eisenhower à la fin de la guerre, son blouson M-1944 d’une teinte brun foncé, est orné des 5 étoiles de son grade et de l’insigne de l’état-major sur les épaulettes, de l’écusson du SHAEF sur la manche gauche, de l’insigne de nationalité sur les collets et de rubans de décorations sur la poitrine (US Army). Vue de l’intérieur du blouson M-1944 découvrant la doublure en coton brun. Il en existe aussi de teintes plus claires. L’étiquette réglementaire Contractor’s Label est cousue dans la poche intérieure droite, taillée dans du coton ocre. ETO 2 e version soit fourni à toutes les troupes en 1944. L’Office of Quartermaster General approuve officiellement le blouson modifié et incorpore les changements dans le cahier des charges n°U/1379 pour une version finale et révisée du blouson baptisé ETO, Jacket, Field, Wool, OD, Second Version. La conception du blouson Ike Le blouson ETO était développé exclusivement pour l’European Theater Operation. Mais Washington était informé de la création de ce vêtement, malgré son manque de soutien. Pendant la période où l’OQMG a contrarié le développement du blouson ETO, sa branche Recherches et Développement a commandé un effet similaire pour l’Air Transport Command au début de 1943. En effet, l’ATC a demandé l’étude d’un équipement fonctionnel à la fois comme vêtement de vol et pour le personnel au sol. Cette étude aboutit à la redécouverte par la branche « R. et D. » qu’il existait des vareuses, tenues qui ne valaient rien au combat bien qu’utiles dans les situations administratives et pour les cérémonies. Une de ses recommandations est que l’ATC adopte un effet court. L’Air Force accepte immédiatement et l’OQMG fournit des patrons, des ébauches de cahier des charges et des échantillons de blousons. Mais dès juillet 1943, il est souhaité que la production des blousons en Grande- Bretagne soit arrêtée parce qu’un autre modèle était en cours de développement aux Etats-Unis par le Quartermaster Corps. Le Chef de l’USAAF propose en septembre 1943 que l’ETO Jacket soit développé comme vêtement optionnel par les pilotes. Cette proposition résulte de la popularité de l’effet à la 8th Air Force, renforcée par la recommandation 36 UNIFORMES | COLLECTION



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