Uniformes n°288 mai/jun 2013
Uniformes n°288 mai/jun 2013
  • Prix facial : 7,95 €

  • Parution : n°288 de mai/jun 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 92,4 Mo

  • Dans ce numéro : le 2e B.E.P. en Indochine.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Le lieutenant Tommy-Martin en uniforme beige de l’infanterie coloniale. subordonnés, le lieutenant-colonel D’Ornano et le commandant Hous. Le 28 décembre, Abel Tommy-Martin fait partie du fameux vol effectué par deux avions Bristol Blenheim de Fort-Lamy à Ounianga, via Faya. Parmi les passagers se trouvent les premiers combattants de la France libre, le lieutenantcolonel d’Ornano, le commandant Hous, le capitaine Lager, les lieutenants De Pange et Meurant, le sous-lieutenant D’Estachen, l’Adjudant Guini. Abel Tommy-Martin raconte le vol dans son carnet de route : « Contact avec le grand désert. Koro-Toro, tout petit vu du Blenheim qui m’emporte sur Faya. Quelques dunes éparses, croissants perdus sur le sable. J’oubliais le Bahr-El Ghazal, sinuosité de couleur sombre où l’on essaye de deviner les nombreux troupeaux d’antilopes. Faya : D’abord une masse sombre aperçue à 50 kilomètres, puis trois tours rapides effectués au dessus de la palmeraie. Les haricots Abel Tommy-Martin en tenue de l’infanterie coloniale : le galon de lieutenant apparaît sur l’avant du calot. La carte de visite du souslieutenant Abel Tommy-Martin, de l’infanterie coloniale. goranes (autochtones) sont caractéristiques. Je distingue l’ombre de l’avion qui file à travers les palmiers. L’appareil du colonel qui a soudain plongé à notre droite vient de se poser. C’est notre tour, un choc un nuage de poussière blanche, puis le vrombissement des moteurs s’éteint et j’aperçois les officiers de la garnison Faya, en particulier Arnaud. Le soleil éblouissant sur le terrain de bancs blanc. Déjeuner casse croute rapide dans la case du commandant sur la place blanche puis nouveau départ. Je m’accroche dans la tourelle arrière pendant le décollage. Grosse impression du sol qui file à toute allure et des dunes qui soudain s’affaissent. Je suis couché à plat ventre sur les bagages, ma tête à quelques centimètres derrière celle du pilote. Le vent de sable arrive et le paysage au dessous de nous se voile de temps à autre. Nous descendons : Quelques arbres sont aperçus dans les dunes de sable. Un brusque virage à droite et subitement j’aperçois à la verticale le lac d’Ounianga. Il paraît noir, strié de longues traînées d’écume blanche. Les palmiers sont échevelés par le vent. Nous frôlons la falaise du poste dans lequel nous voyons courir quelques hommes. Trois tours de terrain que je vois prendre, dans les virages secs des inclinaisons bizarres. Le petit cercle de bancs ou est inscrit Ounianga se déplace curieusement et disparaît au milieu des nuées de sable. Je ne vois guère à la place du pilote. Atterrissage plutôt brutal ». Dans le même temps, le 27 décembre, deux patrouilles britanniques du long range desert patrol du major néo-zélandais Clayton et de la garde Crichton-Stuart quittent Le Caire en camions Bedford pour se joindre aux forces françaises libres du Tchad : l’histoire est en route. Raids dans le désert : les premières reconnaissances Koufra est considéré par les Britanniques comme un objectif militaire puissant et Le pistolet Beretta modèle 1935 en calibre 7,65 mm et son étui pris par Abel Tommy-Martin à Koufra. Cette arme équipait la marine royale, l’aviation et les troupes coloniales italiennes. Les autres unités militaires étaient équipées de Beretta mod.34 en 9 mm court. imprenable. La garnison est constituée d’environ 400 soldats dont une centaine d’italiens mais les chiffres sont contradictoires et évoquent également une force de plus de 1000 hommes. La compagnie saharienne, la sahariana di Cufra montée sur véhicules A S 37 et équipée de mitrailleuses Breda et de canons Scotti est très mobile et bénéficie de l’appui aérien de 7 avions Ghibli et Savoia- Marchetti. Mais Leclerc veut une victoire symbolique. Il croit en la valeur militaire des colonnes de véhicules mobiles : « la valeur d’une voiture, c’est la valeur de son équipage » dit-il. Juin 1939 : sur le « Brazza », le souslieutenant Tommy-Martin en route pour son affectation au Tchad. COLLECTION | UNIFORMES 31
HISTOIRE D’UN COMBATTANT COLLECTION Enveloppe italienne « Base militaire de Koufra cercle des officiers ». Souvenir du champ de bataille de Koufra rapporté par le lieutenant Tommy-Martin : il s’agit d’une douille italienne de calibre 20mm/77 pour le canon antiaérien Scotti (à ne pas confondre avec le calibre 20mm/65 Breda). Les entailles autour du culot indiquent que cette douille a été rechargée. Les lettres LN identifient Leggiadre Nicola, inspecteur à l’établissement pyrotechnique de Capoue de 1916 à 1934, PC 31 correspondant à Capoue et à l’année de fabrication de la munition. Médaille coloniale à laquelle manquent les trois agrafes, Koufra, Fezzan et A.F.L. Les opérations dans le désert vont créer entre les hommes un esprit d’équipage, véritable cellule de combat. Bon dessinateur, Abel Tommy-Martin devient le topographe de Leclerc : c’est lui qui va dresser les cartes des routes d’approche et les plans des objectifs militaires. Le 31 décembre un vol de reconnaissance est effectué en Blenheim sur l’oasis de Koufra : les photos aériennes seront la base du travail du lieutenant Tommy-Martin. Les premiers raids sur Mourzouck et Tedjere sont menés au mois de janvier. Le lieutenant-colonel d’Ornano trouvera la mort au cours du raid sur Mourzouck. Ce sont les premiers accrochages avec la redoutable compagnie saharienne italienne et les premiers revers britanniques. Le 5 février 1941, Leclerc ordonne une reconnaissance sur Koufra, constituée de deux pelotons motorisés. Abel Tommy-Martin intègre la patrouille numéro 1 du capitaine Geoffroy à bord de camions Bedford : font également partie de cette patrouille, les lieutenants Dubut et Sammarcelli, l’aspirant Lami, les sergents-chefs Peretti, Korone, Bourre, Giudicelli. La patrouille numéro 2 est commandée par le Capitaine de Rennepont, alias Pierre de Hautecloque, cousin de Leclerc. Ce sont au total, 60 hommes et 22 voitures. Abel Tommy-Martin fait partie du peloton de tête avec le colonel. Le 7 février à 19H30, en vue de Koufra et de l’oasis d’Ez Zurgh, trois patrouilles à pied sont constituées. Le lieutenant Tommy- Martin intègre la patrouille numéro 1, toujours sous les ordres du Capitaine Geoffroy et avec les lieutenants Dubut et Eggenspiller : mission, reconaître le village dEl Giof et essayer de faire des prisonniers. Signe de reconnaissance, siffler le refrain « tu auras du boudin ». Le retour est fixé au plus tard à 3 heures 30 du matin, aux véhicules. La patrouille du lieutenant Tommy-Martin revient à 2 heures du matin avec un prisonnier italien, un radio télégraphiste de Koufra, seul européen à n’avoir pas regagné le fort d’El Tag : ce dernier, alors que les français détruisent le poste radiogoniométrique qui servait à guider les avions effectuant le trajet de l’Italie à l’Abyssinie, s’écrie désespéré : « trecento mille lire » ! (300 000 lires !). Abel Tommy- Martin rapporte de la patrouille des documents italiens et des cartes qui lui serviront à renseigner le commandement en vue de l’attaque sur Koufra. Il s’empare surtout du pistolet Beretta modèle 1935, calibre 7,65 qu’il a pris sur le radiotélégraphiste italien qu’il a lui-même désarmé. Au retour de la mission, la colonne sera mitraillée par les avions italiens et subira des pertes mais la réussite de cette mission audacieuse conforte Leclerc dans ses projets d’attaque sur Koufra : il s’aidera en cela des plans et croquis très précis dressés par le lieutenant Tommy-Martin de l’oasis et du fort d’El Tag. L’attaque et la prise de Koufra Pour l’offensive sur Koufra, la composition de la colonne d’attaque sera sensiblement identique. Abel Tommy-Martin fait toujours partie du peloton Geoffroy : il passera au peloton Rennepont le 20 février. Entre le 18 et le 20 février, les deux pelotons affrontent la compagnie saharienne italienne qui, malgré une supériorité en armement, nombre et matériel et l’appui de l’aviation est défaite à deux reprises et mise en fuite vers le nord. Le siège du fort d’El Tag pendant les dix jours suivant aboutira à la prise de la place forte et à la reddition de la garnison italienne le 1er mars 1941. Les français font plus de 300 prisonniers et s’emparent d’un matériel considérable, armes, véhicules, munitions, radios, vivres. Ordre de déplacement n°298 du 16 décembre 1940 issu du Chef de Bataillon Ingold, ordonnant au lieutenant Tommy-Martin de se rendre à Largeau pour « y continuer ses services ». Le déplacement est « définitif ». Opérations du Fezzan, 1942 : les camions Bedford sont maintenant armés de redoutables canons mitrailleurs antiaériens Breda de 20/65 modèle 35 pris aux italiens. 32 UNIFORMES | COLLECTION



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