Uniformes n°287 mar/avr 2013
Uniformes n°287 mar/avr 2013
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°287 de mar/avr 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 73,9 Mo

  • Dans ce numéro : 44 panzerpolizei.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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OBJETS ET DOCUMENTS COLLECTION Remise du drapeau d’une section de province par Jean Renaud. La vente d’objets divers (pipes, canifs, miroirs de poche…) frappés de l’emblème du mouvement est une pratique très usitée durant l’entre-deux-guerres, comme nous le rappelle cette publicité tirée d’un numéro du Journal de la Solidarité Française daté de 1935. Brassards de gradés de la Solidarité française présentant les deux modèles de coq ayant existé. Divers papillons de propagande aux thèmes variés, dont un prônant l’organisation corporative du pays, sujet fétiche du théoricien du corporatisme, Louis Mouilleseaux. les ligueurs ont, à certains moments, trouvé interminables ces douze mois d’organisation sévère (...) Le but visé par les deux ligues est atteint. Le travail de la LNGF et de la LNJF est donc terminé. Les ligues disparaissent. Mais les hommes demeurent. Et c’est en plein jour que désormais, tous unis dans la Solidarité française, anciens combattants et jeunes doivent agir, pour la réussite complète de notre mouvement national ». Le 19, Le Figaro se fait plus précis encore : « Dans le courant de la semaine, nous publierons des facsimilés de la carte d’adhérent qui, enfermée dans une pochette de cellophane transparent, constituera une véritable carte d’identité. Deux clichés d’insigne seront aussi donnés. Cet insigne sera envoyé à chaque adhérent contre remboursement ou dès réception de sa cotisation ». Sous l’emblème du coq gaulois L’emblème de la Solidarité française est le « coq gaulois défendant son sol ». Jean Renaud, dans L’Ami du Peuple du 15 mai 1933, présente aux lecteurs ce gallinacé : « Un coq tout noir, panache au vent, crêté de rouge, découpé en silhouette précise sur un fond d’argent, arc-bouté, le bec sur la défensive, prêt à l’attaque ou à la riposte, les pattes solides, bien musclées, enfoncées dans SA terre qu’il défend, tel est l’emblème créé et arrêté par celui qui a conçu et animé la SOLIDARITE FRANÇAISE en publiant en même temps la Réforme de l’Etat. Le destin de cet emblème est d’être à la fois un insigne de Rassemblement et une marque de reconnaissance entre tous ceux qui le porteront (…) Il est appelé à fleurir toutes les boutonnières en France, aux Colonies. Il permettra, puisque pas un métèque n’osera s’en parer, à ceux de France de se compter ». La Solidarité française est finalement fondée le premier juillet 1933 afin, officiellement, de se consacrer à « l’étude et la solution des problèmes se rattachant à toutes les questions économiques, financières, politiques et sociales ». Les statuts sont déposés à la Préfecture de police. Coty est riche, ambitieux, connu… et débordant d’énergie. Ses ennemis sont légion, mais son entregent reste proverbial. Ce dynamisme de la SF attire ainsi rapidement plusieurs dizaines de milliers de membres et de sympathisants. Un an plus tard, l’organisation doit être scindée en deux branches : les miliciens, ou « Chemises bleues », formant les Sections d’assaut ou les Groupes de protection, et les « simples » membres de la SF, parfois férocement qualifiés de « pantouflards » par les plus activistes. Il existe même des « Chemises bleunoir » dans lesquelles s’inscrivent, à Paris comme en province, les plus déterminés des hommes de Coty. Pourtant, les concurrents sont nombreux. Le « socialiste national » Gustave Hervé a, par exemple, lancé une Milice socialiste nationale (MSN) en novembre 1932 d’où se détache, en août 1933, le Francisme de Marcel Bucard. Immédiatement, Solidarité française et Francisme entrent en conflit. En effet, seul un œil politique exercé peut alors distinguer une chemise bleue… d’une autre 70 UNIFORMES | COLLECTION
Affiche représentant un sans-culotte battant le rappel devant le drapeau du mouvement comportant les lettres « SF » dans chaque angle. Almanach de la Solidarité française pour l’année 1936. Photographie d’un membre de la Solidarité française au garde-à-vous devant le drapeau du mouvement. Il est en tenue réglementaire (chemise bleue, pantalon marron, béret). La chemise est « de la couleur du ciel de chez nous, choisie en souvenir de l’uniforme bleu horizon que portaient les poilus sauveurs de la France envahie ». Insigne de la Ligue nationale des Jeunesses françaises. Deux variantes de l’insigne général de la Solidarité française. Insigne émaillé du journal L’Ami du Peuple. Trois variantes (bronze, argent et or) de la médaille de table émise par L’Ami du Peuple ainsi que sa réduction dorée sous forme de petite médaille. chemise bleue ! Cependant, dans l’esprit du public, la confusion est, on s’en doute, totale entre les deux organisations. La surenchère activiste est enclenchée. La Solidarité française pleure ainsi deux morts au lendemain du six février 1934 : Gratien Cheynier de Noblens et Galli Mezziane. En mai 1934, ses militants vont encore constituer la « cheville ouvrière » du Front national de Charles Trochu, mais la « presse Coty » est financièrement fragilisée. Le 25 juillet 1934, François Coty, meurt à l’âge de soixante ans. Ce décès prématuré porte le commandant Jean Renaud, dont nous avons vu la part active qu’il a pris dans la rédaction des éditoriaux anticommunistes enflammés de L’Ami du Peuple, à la présidence de la Solidarité française. Ecrivain « colonial », il lance rapidement, le 25 août 1934, un hebdomadaire intitulé Le Journal de la Solidarité Française. Organe écrit de combat, ce dernier se heurte immédiatement à ses confrères de gauche, dont L’Œuvre et Le Populaire. C’est pourtant également en 1934 qu’une minorité activiste, exaspérée par « l’attentisme » supposé de la SF, va créer une éphémère… Solidarité nationale. Le 22 décembre 1935 est enfin officiellement déclaré, depuis le neuvième arrondissement parisien, le Parti de la solidarité française (mouvement national et social) dont le but avoué est de « grouper les Français partisans de la réforme de l’Etat par les moyens légaux, de la collaboration des classes par l’organisation des corporations et du perfectionnement des institutions nationales ». Il s’agit ici, bien entendu, de « prendre de vitesse » la future loi du 10 janvier 1936 portant sur les groupes de combat et milices privées et d’ancrer fermement la Solidarité française dans la notion de parti… Dans un ordre d’idées identiques, Jean Renaud et ses amis déclarent encore, le 26 décembre 1935, la création d’un Parti national corporatif (mouvement national et social) dont l’objectif est, une fois de plus, de grouper les Français partisans : 1/de la réforme de l’Etat par les moyens légaux pour la rénovation de la société et de la nation française ; 2/de rechercher la collaboration des classes par le corporatisme ; 3/de contribuer à l’accroissement de la prospérité et au perfectionnement des institutions nationales… L’Ami du Peuple porte comme sous-titre : « Grand quotidien d’informations du Rassemblement social et national » et le régime nazi n’y est certes pas ménagé. Jean Renaud y reprend également le thème d’une certaine union des nationaux, cher au défunt François Coty. On peut lire ainsi sous sa plume de pressants appels en ce sens : « Républicains patriotes, comment voulez-vous vaincre si vous êtes désunis et si vous n’établissez pas, partout, l’accord immuable qui dirigera et liera vos efforts ? ». De dissolutions en reconstitutions Mais ce petit goût de déjà vu et de multiples précautions juridiques ne peuvent cependant empêcher la dissolution du Parti national corporatif le 18 juin 1936, les législateurs « ayant en effet estimés que ce nouveau parti n’était autre qu’une simple reconstitution de l’ex-Solidarité française ». Quant au capitaine Jean Renaud, il est accusé de « menaces d’attentat contre des personnes ». L’ex-Solidarité française va alors connaître de nombreuses dénominations. En 1937, et pour quelque mois, naît un Parti de rassemblement populaire français (RPF). Mais on reconnaît encore la Solidarité française dans le mouvement des Amis de la S.F. et dans le Parti du faisceau français (qui succède au RPF), deux organisations dirigées par… le commandant Jean Renaud. Enfin, le 26 août 1938, est déclarée une Association des amis du journal La Solidarité Française dont le but est d’assurer le « soutien moral et matériel du journal » … « La guerre », nous dit l’écrivain et archiviste Henry Coston, « met fin à cette lente agonie ». En 1940, Jean Renaud reprend l’uniforme et commande la DCA d’une Région militaire. Sous l’Occupation, ce « chargé de mission pour l’Empire » donne des conférences sur l’empire français et publie chez Albin Michel, en 1941, un roman intitulé Jean-Pierre de Montastruc. La Solidarité française aurait compté en France, à l’été 1935, 30 000 ligueurs (dont 2 000 pour la Seine). COLLECTION | UNIFORMES 71



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