Uniformes n°285 nov/déc 2012
Uniformes n°285 nov/déc 2012
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°285 de nov/déc 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 83,8 Mo

  • Dans ce numéro : le béret bleu des Paras Métros.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
Histoire d’une unité COLLECTION Le 5 e Régiment du Génie 1920/2010 (2 e partie - Suite d’Uniformes 274) Texte et photos : Frédéric Coune Au lendemain de la 1 re Guerre mondiale, le 5 e Régiment du Génie voit son drapeau s’orner de 4 nouvelles batailles : Champagne 1915 - Verdun 1916 - La somme 1916 - l’Aisne 1917. Si l’on ne peut pas dire que ce régiment est été engagé en toute première ligne de front, puisque tel n’était pas sa vocation, il aura néanmoins été amené à travailler au plus près des champs de batailles en participant à l’établissement de voies ferrées, indispensables à l’approvisionnement des tranchées et citadelles, et en rétablissant les ouvrages d’arts liés à ces voies et détruits par l’ennemi. Le rôle du chemin de fer aura été primordial pendant cette guerre, mais l’armistice ne sonne pas pour autant la fin des activités pour ce régiment. Des 100 000 hommes engagés sous le drapeau du 5 et des compagnies de Chemins de Fer, la démobilisation ne conservera en octobre 1919 que les 4 bataillons d’avant-guerre dont un, devenu 52 e bataillon du Génie sera affecté à l’armée du Rhin, avant d’être dissous en 1927. En cette fin 1918, la 1 re des taches qui incombera au régiment sera sa participation à la reconstruction du pays. Le travail est immense : on compte encore 3700 km de voies ferrées à réparer sur les 5600 détruites par la guerre, auquel il faut ajouter les 15 tunnels et 1260 ponts encore impraticables, que recense le journal officiel de 1919. La remise en état des lignes commerciales s’effectue par les compagnies et des entreprises civiles, mais le génie militaire s’emploie également à réparer le réseau afin de permettre l’évacuation des troupes des anciennes zones de front, tout en acheminant les vivres et de ramener chez elles les populations déplacées. Une partie des voies se trouvent dans des zones dont le terrain recèle encore de nombreuses munitions non explosées et ce travail de dépollution s’impose avant toute remise en état des lignes. Ce n’est qu’aux prix de plusieurs années d’effort que le 5 e génie pourra alors regagner ses quartiers à Versailles, pour recommencer une vie de garnison. Outre, l’aide à la population civile, mission récurrente du 5, le régiment ne cessera d’innover et d’expérimenter de nouvelles techniques ferroviaire ou de génie civil et militaire. La ligne Maginot sera le plus bel exemple de cette modernité des années 30, avec ses voies ferrées de 60 acheminant vivres et munitions au cœur même de l’ouvrage, lui même desservi par une voie normale. L’Orient Outre son activité métropolitaine, le 5 e Génie participe aux missions de conquête et de pacifications coloniales. Ces deux premières inscriptions au drapeau concernent d’ailleurs les expéditions de Madagascar en 1895 et du Maroc en 1911-1913. Pendant la 1 re guerre la 6 e compagnie débarque à Salonique le 10 octobre 1915, rapidement rejoint par la 10 e compagnie le 4 décembre. Chargées de la construction et de l’entretien des voies qui assurent l’approvisionnement et le déplacement de l’armée d’orient volant au secours de l’armée serbe, ces deux compagnies assureront également le repli et la destruction des mêmes ouvrages lors de la retraite vers le futur camp retranché de Salonique. Ces deux compagnies poursuivront leurs activités tout au long de ce conflit, établissant une ligne de communication avec Cette tenue a appartenu au capitaine Lambert, de la 6 e compagnie, engagée depuis l’année 1917 sur le front de l’armée d’Orient. Les personnels métropolitains qui y sont détachés, contrairement à leurs homologues des troupes d’Afriques, n’ont pas de tenues moutarde, mais des effets bleus horizon. Aussi notre officier s’est il fait confectionner un ensemble en toile sable, dont tous les attributs sont amovibles pour permettre facilement le lavage. Les boutons sont en corozo marron, montés sur des annaux métalliques, tandis que les galons sont cousus sur des pattes maintenues par deux boutons. Le casque Adrian, a été repeint en kaki afin de s’accorder d’une part à la tenue sable et d’autre part aux autres troupes coloniales en tenues et casque moutarde. 30 uniformes | COLLECTION
Souvenir d’un appelé du 5 : 1932 – 1940. Marcel Reymond (au centre tenant son ceinturon et une cigarette. (Photo Guy Reymond) Apprenti ajusteur au dépôt PLM de Veynes, Marcel Reymond devance l’appel et, en raison de sa qualification, incorpore le 5 e Génie à Satory en octobre 1933. Marcel gardera le souvenir du tristement célèbre 6 février 34 où son régiment sera consigné dans les quartiers, en état d’alerte, près à intervenir sur de violentes manifestations. Il profite des permissions du dimanche pour visiter, obligatoirement en uniforme, la capitale et les champs de bataille de la grande guerre. Son temps de service s’achève en octobre 34 et il passe alors dans la « disponibilité. Convoqué pour sa période de réserve obligatoire de 15 jours en 1936, il en garde le souvenir de jours terriblement longs, traités comme de jeunes pioupious avec des cadences élevées dans les 1 ers jours, puis de lenteur et d’inactivités. Devenu chauffeur de route dans la toute nouvelle S.N.C.F, Marcel est mobilisé le 2 octobre 1939, avec un mois de retard, pour permettre d’assurer le transport des rappelés rejoignant leurs différentes casernes d’affectations. Envoyé sur le front de l’Est et du Nord avec sa section, il fera sauter un pont pour retarder l’avance des blindés allemands et faute d’ordre, se repliera dans un long périple vers le sud à bord d’une B 14, avec 13 copains, surnommés entre eux « les 13 hiboux de la B 14 », car roulant surtout la nuit, pour éviter les allemands qui les suivaient de près ! Démobilisé le 14 juillet 1940, il rentre dans se foyers et reprend son indispensable travail de cheminot. l’Italie. Dans le milieu des années 20 ces 2 compagnies VF seront envoyées au levant et participeront à la campagne de Syrie en 1925-26. Elles forment le 53 e bataillon du Génie qui sera dissous en 1928. En 1925, 3 autres compagnies VF sont stationnées au Maroc et forment le 51 e bataillon. En France, à partir des années 1925 et la fin de la reconstruction des départements dévastés, le 5 mène à nouveau sa vie de garnison, de chantiers et d’exploitation et s’essaye aux nouveaux matériels et moyens ferroviaires. Enfin, l’une des taches moins connue, dévolue aux armées est le maintien de l’ordre public. Ainsi, pendant la grande grève générale du mois de mai 1920, le gouvernement envoie 600 hommes du 5e Génie dans dépôts de chemins de fer bloqués par des grévistes, afin d’assurer la sécurité des dépôts et des gares contre les sabotages et de permettre la circulation d’une partie du trafic voyageur. En février 1934, le 5 sera également mis en alerte, ainsi que le 4e RI et le 21 e RIC, afin d’assurer le maintien de l’ordre sur les manifestations. 1939/1945 La mobilisation du 1er septembre 1939 transforme le régiment en Dépôt de guerre du Génie n°5, comprenant sous les ordres du colonel Colette une trentaine de compagnies de construction, 5 d’exploitation, 5 sections de levers et 10 compagnies de spécialistes. Appelés fêtant le « père 100 ». Dans les années 20, c’est le bleu horizon qui équipe désormais l’ensemble de l’armée métropolitaine. Le bourgeron de travail est une pièce d’habillement indispensable pour le sapeur à la tâche. On trouve également des tenues sable car les 2 compagnies présentes d’abord à Salonique puis au Levant seront équipées des tenues chaudes portées outre-mer. L’adoption du drap kaki à la fin des années 20 va prendre plusieurs années avant de pouvoir équiper l’ensemble de l’armée française, tant les stocks existants sont encore conséquent. Et ce n’est réellement que dans les années 37/38 que la troupe commencera à la toucher, et selon le type d’arme également. Jusqu’à la période fatidique de mai-juin 40, l’essentiel du travail de ces compagnies sera l’acheminement du matériel et des hommes, la préparation de certains sites et la réalisation d’ouvrages et de voies complémentaires. La gare de triage de Romescamps dans l’Oise, réalisé conjointement avec les Britanniques, en sera un bel exemple. Une fois l’attentisme de la drôle de guerre passé, la rapidité de l’offensive allemande va amener essentiellement les hommes du 5 à des missions de couverture d’arrière garde et donc de destructions afin d’empêcher la progression des troupes ennemies. Parmi ces faits d’arme, on peut citer celui de la compagnie 580, qui détruira pendant ce mois de combat, 35 ponts (29 VF et 16 routiers) et 3 tunnels. Son train de cantonnement sera attaqué pendant deux jours par la 3e division blindée allemande et la résistance des sapeurs se soldera par la mort d’une quarantaine d’entre eux et 70 blessés. La trentaine de survivants se rendra à l’épuisement des munitions sur ordre de leur capitaine Henri Joseph de Lipkowski. Cet officier de réserve originaire de la noblesse polonaise, industriel dans le civil, vétéran de la 1ère guerre, déjà titulaire de 2 citations, recevra sa 3 e citation pour ce fait d’arme. Il sera fait prisonnier le 13 juin 40 puis libéré en octobre en raison de son âge. Celui-ci rejoint alors le réseau de résistance Fer, participe, ainsi que sa femme, à diverses opérations de parachutages, fera rallier Londres à son fils qui deviendra officier parachutiste des FFL, et continuera ses sabotages jusqu’en avril 1943, où il est arrêté, emprisonné à Fresnes, puis déporté à Buchenwald où il mourra en 1944. Ce cas d’officiers du 5 entrés dans la résistance ou morts en déportation n’est pas isolé. A l’armistice, le dépôt du génie n°5 est dissous et près de 3000 sapeurs sont prisonniers en Allemagne. L’armée d’armistice ne comprend pas de spécialistes des chemins de fer, mais de nombreuses compagnies sont maintenues en unités du Génie en zone libre, soit retransformées en unités de travailleurs civils. Parmi les dédommagements et contributions versées au Reich, la France doit effet, au titre de l’article 13, participer à la reconstruction de ses infrastructures rou- COLLECTION | uniformes 31



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 1Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 2-3Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 4-5Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 6-7Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 8-9Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 10-11Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 12-13Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 14-15Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 16-17Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 18-19Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 20-21Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 22-23Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 24-25Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 26-27Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 28-29Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 30-31Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 32-33Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 34-35Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 36-37Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 38-39Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 40-41Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 42-43Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 44-45Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 46-47Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 48-49Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 50-51Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 52-53Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 54-55Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 56-57Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 58-59Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 60-61Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 62-63Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 64-65Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 66-67Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 68-69Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 70-71Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 72-73Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 74-75Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 76-77Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 78-79Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 80-81Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 82-83Uniformes numéro 285 nov/déc 2012 Page 84