Uniformes n°276 mai/jun 2011
Uniformes n°276 mai/jun 2011
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°276 de mai/jun 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 75,2 Mo

  • Dans ce numéro : insurrection Varsovie 1944.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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OBJETS ET DOCUMENTS COLLECTION Texte : Philippe Guimberteau Documents : Collections Privées Sous le signe de l’hermine : Symboles bretons 1919-1945 De nos jours l’hermine est un symbole idéologiquement neutre. En effet, il est employé aussi bien par la gendarmerie française… que par les activistes bretons les plus radicaux. Il n’en fut pas de même, nous le verrons, durant le second Emsav (Redressement), période politique agitée courant de 1919 à 1945. Il y voisine alors avec la branche de gui, la faucille, l’hévoud, le triskell, le tribann, la harpe et la croix celtique. L’Union de la jeunesse de Bretagne célèbre la branche de gui En mai 1920 se fonde l’Union de la jeunesse de Bretagne (Unvaniez Yaouankiz Vreiz, ou UYV) afin de travailler « au relèvement de la Bretagne par le développement du sentiment national, la renaissance de la civilisation celtique et le retour à la vie nationale autonome ». Cette UYV s’inscrit dans la droite ligne d’un éphémère Groupe régionaliste breton surtout actif en 1919 mais dont l’organe écrit, Breiz Atao (Bretagne toujours), sera pourtant promis à une postérité exemplaire. Elle se place alors sous le symbole du gui lequel, toujours vert, est source d’éternité, de vigueur et de régénération physique. Succès et recrutement étant au rendez-vous, l’UYV et son q Extrait d’un tract de 1941 du Parti national breton présentant le drapeau breton « Gwennha Du » (« Blanc et Noir ») et l’insigne du Parti. « écu breton à la branche de gui » s’effacent, le 10 septembre 1927, devant le Parti autonomiste breton, bien plus fermement structuré et combatif sur le plan local. A cette époque, Breiz Atao, qui parait les premier et troisième dimanches de chaque mois, est édité sous le signe de la blanche hermine. Du fait de cette blancheur immaculée, « l’hermine (petit animal carnassier proche de la belette) symbolise la pureté et la croyance veut, et ceci est noté depuis l’Antiquité, que l’hermine préfère mourir plutôt que de se souiller ». L’organe écrit du Parti autonomiste breton présente également, de part et d’autre de son titre, des représentations de l’hévoud celtique adopté en septembre 1927. Il s’agit d’une figure initialement formée de deux spirales entrecroisées, visible sur de nombreux mégalithes et très proche parent… du svastika. Hévoud, en langue bretonne, veut pourtant avant tout dire « bien-être ». C’est donc, tout simplement, une sorte de porte-bonheur. Enfin, le fameux « drapeau breton » blanc et noir dessiné par Morvan Marchal connaît ici les prémices d’une popularité jamais démentie depuis. Infinie diversité de l’Emsav durant les années trente : les instituteurs laïques « partisans de l’enseignement du breton » s’y rangent sous le signe de la serpe ou de la faucille (laquelle évoque tant le druidisme… que le moderne prolétariat), les admirateurs de la Tradition celte se réunissent sous la protection d’un « oiseau prophétique » juché sur un glaive évoquant le combat (kad en langue bretonne) alors qu’un stupéfiant Groupement des nationalistes bretons chrétiens se donne pour emblème une hermine noire couronnée, avant de sombrer dans la moquerie générale. L’apport d’Ar Seiz Breur On note ici qu’un évènement intellectuel majeur devait profondément influencer la symbolique et le graphisme invariablement associés à une grande partie des composantes militantes du second Emsav. En effet, le samedi 8 septembre 1923, trois jeunes artistes talentueux se retrouvent ainsi au fameux pardon du Folgoët et constituent alors, si l’on en croit la petite histoire, le groupe Ar Seiz Breur (Les Sept Frères). Il ne s’agit de rien de moins que de « renouveler l’art populaire breton » ! Dès 1928, le groupe ― à présent bien étoffé ― possède sa propre revue, Kornog (Occident), au graphisme celte offensif… et « furieusement moderne ». En 1931, il fonde les cahiers Keltia, afin de tenter d’y « fédérer les diverses composantes artistiques de la Celtie ». p Dessin illustrant un papier à lettre de l’hebdomadaire Ololê créé pour les enfants, en 1940, par les frères Henri et Ronan Caouissin et Geneviève de Bellaing dite Vefa de Bellaing. « DOUE » et « BREIZ » signifiant « DIEU » et « BRETAGNE ». 62 uniformes | COLLECTION
t Membre des Bagadou Stourm. Tenue noire, cravate blanche, bonnet écossais, brassard ornementé d’un triskell. Photo extraite de l’album du congrès des cadres du PNB (7 septembre 1941). Un des chefs de file de cette agitation créatrice multiforme, René-Yves Creston, grave et dessine alors notamment pour le Parti autonomiste breton et pour le leader nationaliste François Debeauvais. Après l’attentat du mois d’août 1932, revendiqué par la mystérieuse organisation Gwennha Du (Blanc et Noir) et qui détruit à Rennes la statue représentant Anne de Bretagne soumise devant le roi de France, la police saisit d’ailleurs les archives de Keltia. Quelques années plus tard, le groupe Ar Seiz Breur trouve pourtant encore la force de s’investir au sein de l’Exposition universelle tenue à Paris. Le Parti national breton : de l’hévoud au triskell Repères chronologiques : - 1911 : création du Parti nationaliste breton. - Mai 1920 : création de l’Union de la jeunesse de Bretagne. - 1931 : constitution du Parti national breton (PNB). - 3 juillet 1940 : fondation du Conseil national breton. - janvier 1941 : création des Bagadou Stourm. - mai 1943 : lancement de l’Ordre de l’espérance de Bretagne. t Petit drapeau en papier de l’Urz Goanag Breiz (Ordre de l’espérance de Bretagne) lancé en 1943 par Henri Caouissin. Croix celtique blanche avec hermine noire. Cependant, dés le 27 décembre 1931, s’est constitué véritablement un Parti national breton (PNB) lors du mini congrès de Landerneau. Mais la donne internationale évolue considérablement… et l’hévoud héritée du défunt Parti autonomiste breton devient « infréquentable » dès 1933, car « il ressemble par trop à l’emblème du national-socialisme ». Dans l’immédiat, Breiz Atao se transforme pour sa part en une sorte d’organe de liaison destiné aux militants. Mais il n’a pas « la vie facile » et le groupuscule PNB se débat alors, lui-même, au milieu des difficultés de tous ordres. Un ultime numéro de Breiz Atao paraît ainsi le 27 août 1939. Puis vint la guerre. Et la défaite. Le 18 juin 1940, l’armée allemande atteint Brest. Le réduit breton n’a donc été qu’une chimère. Une de plus… L’Heure Bretonne remplace Breiz Atao. Lorsque, le 7 septembre 1941, se tient à Rennes le congrès des cadres du PNB, c’est, cette fois-ci, sous le signe du triskell (lequel est adopté depuis la Pentecôte en remplacement de l’hévoud). Cette figure noire, blanche et orange, formée de trois spirales, suggère en effet un mouvement giratoire autour d’un centre et supplante, de très loin, l’hermine car elle présente « une connotation plus celtique et plus nationale ». Les croyants y voient de surcroît une représentation de la sainte trinité. Pour les autres il s’agit, plus prosaïquement, d’une évocation de la terre, de l’eau et du feu. Combien sont-ils, alors, ces activistes celtiques. Cinq mille ? Dix mille peut-être en comptant les proches sympathisants ? Sur leurs marges évolue, en 1941, un squelettique Mouvement ouvrier social national breton placé sous le signe de l’hermine noire. Avant de disparaître aussitôt. Une autre poignée de militants, souvent adeptes du port de l’ancien insigne à l’hévoud, se serre alors autour d’une fantomatique Section bretonne du Parti national-socialiste. p En-tête du journal Breiz Atao (juillet 1928), organe du Parti autonomiste breton. On notera, de part et d’autre de son titre, des représentations de l’hévoud. Ce dernier apparaît pour la première fois dans le numéro 74 de février 1925. p Détail de l’illustration de la couverture d’un numéro de la revue Stur (« Gouvernail ») de 1937. Le premier numéro sort en juillet 1934. Olivier Mordrelle en assure la direction. Stur tente de réaliser la « synthèse du romantisme celtique et de l’éthique de la vieille Prusse ». u Revue consacrée à des études et statistiques sur l'économie bretonne, son rôle dans la France et dans le Monde et sur les conditions de vie du peuple Breton. Réalisée par la section économique de Seiz Breur pour le pavillon breton à l'Exposition de Paris 1937. Auteurs : René-Yves Creston, G. Jouan, P.Péron. Fondée en 1923 afin d’assurer la défense et la rénovation de l’art breton, Ar Seiz Breur (Les sept frères) avait été placée symboliquement sous le patronage des sept saints de Bretagne, fondateurs du pays. p En-tête de Triskell (mars 1944), lettre-circulaire mensuelle du Parti national breton. COLLECTION | uniformes 63



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