Uniformes n°275 mar/avr 2011
Uniformes n°275 mar/avr 2011
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°275 de mar/avr 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 72,2 Mo

  • Dans ce numéro : tenue camouflée de la Heer.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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COLLECTION Histoire d’un combattant u Les effets personnels furent renvoyés à la famille après le décès de Charles. Sa plaque d’identité (avec la cordelette), son portemonnaie et son portefeuille avec sa correspondance. Le portefeuille ouvert avec la trace des impacts est visible sur cette photo. petite poupée patriotique à l’effigie d’une infirmière qu’il offre à Noël à sa petite fille Marie-Antoinette alors âgée de 3 ans. Janvier 1916, Charles retourne au front. Sa compagnie revient dans le secteur de Bouconville, elle est positionnée dans la tranchée de Marvoisin. Charles va rester dans ce secteur jusqu’au 17 mai. Sa compagnie sera relevée tous les 4 jours. Le secteur est devenu très actif, le cantonnement est violemment bombardé de jour comme de nuit par des obus de 150 mm. Les tranchées sont en mauvais état, les parois s’éboulent, les abris s’effondrent. Il faut procéder sans arrêt à leur assèchement et à leur réparation. Le régiment va beaucoup souffrir des privations de toutes sortes et surtout du froid. Le régiment allemand qui fait face au 286e est le 358 IR. Le 11 avril 1916, Charles reçoit une lettre de son beau frère qui lui donne des nouvelles de sa femme. Ce dernier, incorporé dans le 42 e RIT, se trouve dans le secteur d’Hamonville, à moins d’une dizaine de kilomètres de Bouconville. Changement de régiment Le 17 mai 1916, le régiment est enfin relevé, Charles part pour le camp de Saffais qui se trouve près de Dombasle-sur- Meurthe. Le 27 mai, suite à des ordres généraux, les soldats apprennent que leur régiment va être dissout. Cette nouvelle provoque une grande émotion parmi les hommes du rang et les officiers. Le 30 mai, les hommes du 286 e défilent une dernière fois devant leur drapeau dans le secteur de Lunéville. Administrativement le 286 e disparaît le 1er juin 1916. Charles qui appartenait au 5 e bataillon est transféré au 4 e bataillon du 252 e RI. Il se retrouve dans la 3 e section de la 10 e escouade de la 14 e compagnie. Le 4 juin, le 252 e R.I débarque à Givryen-Argonne (Marne), le régiment est attaché au 15 e Corps d’Armée commandé par le général de Maud’Huy. Il est dirigé sur le bois Saint-Pierre qui se situe entre Brocourt et Rampont (Meuse). Le 13 juin, le régiment occupe en deuxième position les ouvrages Favry sur les pentes de la côte 304 entre les villages d’Esnes et d’Avocourt, à 20 km à l’Ouest de Verdun. Du 19 au 27 juin, le 252 e R.I. se retrouve en première ligne sur la côte 304. Cette colline est devenue un enfer, le terrain ressemble à un paysage lunaire, il est quotidiennement nivelé par l’artillerie. Les tranchées ont quasiment disparu, les hommes se réfugient dans les trous d’obus. Ils vont repousser les nombreuses tentatives d’attaques allemandes. Le régiment va subir un bombardement extrêmement violent qui va entraîner de lourdes pertes : 156 blessés, 88 tués et 71 disparus, u Quelques documents retrouvés sur le corps de Charles Georges. 32 uniformes | COLLECTION la plupart enterrés vivants par les obus. Les jours suivants, Charles est promu caporal. Il écrit une lettre à sa femme, sans doute la dernière qu’elle recevra. A la fin du mois de juin 1916, son bataillon va cantonner au repos dans le village de Sivry-la-Perche. Vu l’importance capitale de la bataille de Verdun, les permissions des soldats sont annulées. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le 252 e R.I. remonte en ligne sur le front du Mort-Homme, Chattancourt, Cumiéres et Esnes. Il va relever le 203 e R.I. Le 4 e bataillon, celui de Charles est en première ligne, les autres bataillons restent en seconde ligne. A cette période, Charles va recevoir les dernières lettres de sa femme ainsi que celles de sa sœur. Il les range précieusement dans son portefeuille. Le 10 juillet, les Français essayent de reprendre la tranchée Boivin qui se situe entre le village d’Esnes et le Mort-Homme. Les Allemands du 88 IR et du 35 IR se défendent avec acharnement à coup de grenades et de mitrailleuses. Les soldats du 252 e R.I. regagnent leur tranchée d’origine (tranchée Sonnois). Pour répondre à cette attaque, les Allemands pilonnent la 2 e position du régiment dans la nuit du 10 au 11 juillet. Les Français déplorent plusieurs dizaines de blessés et de tués. Le dernier tué de l’attaque Dans l’après midi du 11 juillet, la tranchée de Sonnois est violemment bombardée. A 22h45, les Allemands lancent plusieurs attaques qui durent jusqu’à minuit. Elles sont toutes repoussées mais au prix
de lourdes pertes. Pendant ces échauffourées, 13 soldats du 252 e R.I. ont été tués, la plupart étaient des pères de famille. Parmi les victimes, figure le caporal Charles Joseph Georges qui a été mortellement blessé par une grenade. Il décède peu après minuit, il est le dernier tué de cette attaque. Un camarade de Charles a ramassé ses effets personnels. Néanmoins, sa dépouille, ainsi que celles de ses compagnons, n’ont pu être rapatriées. Quelques heures après ces violents combats, le 252 e R.I. est relevé par le 203 e R.I. Le 18 juillet 1916, Georges Charles est cité à l’ordre du Régiment (N°179), il est indiqué qu’il fut « un très bon soldat, [qui] s’est toujours fait remarquer par son courage et son esprit de discipline. » Il reçoit la mention « Mort pour la France », le 28 juillet 1916. t Il s’agit de l’étiquette réglementaire qui permettait d’identifier le colis renfermant les effets personnels d’un soldat mort au combat. La dépouille de Charles sera retrouvée après guerre. Il sera inhumé quelques temps au cimetière militaire de Fromeréville. En mai 1922, la famille Georges réclamera son corps. Il repose aujourd’hui dans le petit cimetière de Saint-Maurice-aux- Forges à 3 kilomètres d’Ancerviller. près la mort de Charles ses effets personnels furent remis à sa famille par voie postale. Ils furent gardés précieusement par sa fille Marie-Antoinette jusqu’à sa mort en 1993. Aujourd’hui encore les effets de Charles sont toujours minutieusement préservés par ses descendants. L’auteur tient à remercier toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de cet article. Remerciement à Mesdames Lepore Marie-André et Michel Virginie pour le prêt des objets. p Sur le monument aux morts de Saint-Maurice-aux-Forges, le nom de Charles Georges est inscrit. q Ces objets trouvés dans les années 90 et 2000 par les cultivateurs dans le secteur de Chattancourt et du Mort- Homme montre l’extrême violence des combats qui se déroulèrent en 1916. Les objets qui sont en haut à gauche ont été trouvés autour de la tranchée de Sonnois. COLLECTION | uniformes 33



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