Uniformes n°272 sep/oct 2010
Uniformes n°272 sep/oct 2010
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°272 de sep/oct 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 90,3 Mo

  • Dans ce numéro : le 8e chox à Dien Bien Phu.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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COLLECTION HISTOIRE D’UN COMBATTANT L’école supérieure de guerre En 1931, Gibon Guilhem se présente à l’Ecole supérieure de guerre. A la fin de l’année, il passe les examens écrits suivis des examens oraux finalisant son admission. En1932, il va effectuer une série de stages : il rejoint d’abord l’école des chars à Versailles et Satory ; Nancy au 8e régiment d’artillerie de campagne ; puis Compiègne au 6e régiment de spahis. Il fait son entrée à l’E.S.G. au mois de novembre 1932. L’escadrille des requins En novembre 1934, Gibon Guilhem est affecté au ministère de l’air (4 e bureau). Sa carrière militaire semble avoir prit un nouvel essor, et se poursuit au fil des affectations. En juillet 1938, il est nommé au commandement du groupe de chasse II/8 à Marignane. En janvier 1939, l’escadrille reçoit des appareils Potez 63 en remplacement des Dewoitine 510. A cette même période il est nommé officier de la légion d’honneur. En août, afin de participer aux manœuvres de la chasse, le II/8 part à Toul. A la déclaration de guerre, le groupe, toujours basé à Marignane est p Quelques insignes du groupe de chasse II/8 ayant appartenus au commandant Gibon Guilhem : insigne et écusson de la 3 e escadrille représentant un requin. Formée le 1er janvier 1936. Cette unité était issue de la marine. En haut à gauche insigne de la 4 e escadrille de la 8 e escadre. Formée le 1er janvier 1939, cette unité fut autorisée à reprendre les traditions et l’insigne (le chardon de Lorraine) de la SPA 38, une des plus brillantes formations de chasse de la grande guerre. équipé de seize chasseurs bimoteurs Potez 631. « Je suis nommé lieutenant-colonel. Le I/8 part à Hyères pour protéger Toulon. Le II/8 reste à Marignane pour protéger Marseille à la disposition de l’amiral Muselier. Je poursuis l’entrainement et en profite pour dresser mes pilotes au vol de nuit. » Au mois de décembre, l’activité des hydravions allemands, mouillant des mines sur les côtes du nord de la Manche, cause la perte de nombreux bâtiments de la marine marchande. Le groupe de chasse II/8 est mis à la disposition de l’amiral commandant les forces maritimes du nord. Le 24 novembre 1939, le commandant Gibon Guilhem est convoqué au grand quartier général. En raison des mauvaises conditions climatiques, ce n’est que trois jours plus tard qu’il arrive chez le général Vuillemin, grand patron de l’armée de l’air française, qui lui expose la situation. Quelques jours plus tard, l’escadrille relie le terrain de Calais Marck « L’ordre est venu : embarquement de l’échelon roulant suivi des escadrilles, via Orléans, où je vois mon frère. Les moteurs ont froid. Départs par patrouilles, je pars le dernier, atterris à Calais. La vie s’organise, p Janvier 1939, remise de la rosette de la légion d’honneur par le général Vuillemin. 60 UNIFORMES | COLLECTION reconnaissance du secteur, patrouilles... » Fin janvier, Gibon Guilhem quitte le groupe de chasse II/8 « On m’enlève mon groupe : rien à dire. Je suis lieutenant-colonel et le cède à mon successeur le commandant d’Amécourt. Mais j’ai gros cœur. Je suis affecté à la zone Est de Nancy. Le lieutenant-colonel Gibon Guilhem est nommé chef du 4e bureau soit la logistique de la zone aérienne Est (ZOAE), poste qu’il occupe à la date du 10 mai 1940 : « La vraie guerre va commencer !!! Je commence par envoyer mes commandants de parc à fonctionner vers Dijon ! Retraite : Dole, Bourg, Valence, Nîmes » C’est un convoi de 150 camions qui échappe de peu à la capture à Gray, au sud de Chaumont. L’Afrique du Nord A l’issue de la défaite, le lieutenant-colonel Gibon Guilhem part pour Alger. Il se trouve à Tébessa au moment de l’Armistice, la démobilisation commence. Au mois de juillet 1940, il est affecté à Tunis en qualité de sous-chef d’état-major. Au mois d’octobre, il est rappelé à Alger pour occuper une fonction similaire. Le 8 novembre 1942, c’est le débarquement allié en Afrique du Nord (opération Torch). Une résistance « improvisée » se met en place sous l’œil des commissions d’armistice, mais très rapidement les troupes d’Afrique du nord, se rallient aux forces alliées. A la suite de cet évènement, étant le plus ancien dans le grade le plus élevé, c’est tout naturellement que François Gibon Guilhem prend provisoirement le commandement de l’armée de l’air française en Afrique du Nord. Il se met en rapport avec les officiers alliés (une parfaite connaissance de l’anglais facilitant une étroite coopération avec ces derniers) «... Et je trouve mon point de chute auprès des Anglais avec l’air vice marshall Dawson et avec les Américains – chef d’état major du général Mendigal pour l’Afrique du nord jusqu’à ma nomination au grade de colonel, je brigue le poste sur le plan technique de liaison avec l’air vice marshall Dawson et de la direction du matériel anglo américaine. » En 1943, un brusque changement intervient suite au limogeage de deux officiers supérieurs « Grand chambardement : le général Mendigal et le général Gama sont
p Alger 1943, Le colonel Gibon Guilhem en compagnie de l’Air commodore Ryley des forces aériennes britanniques. limogés. Le général Bousout prend le commandement de l’Afrique du nord, avec le colonel Gerardot chef d’état major. Celuici me hait : lors de l’arrivée des Allemands à Tunis, le colonel Gerardot a déserté son commandement de la base d’El Aouina (il avait été fait prisonnier des Allemands et avait magnifiquement réussi son évasion) n’empêche qu’il a plaqué ses gens battant en retraite, il a déserté. » La Chine Afin de l’éloigner du principal théâtre d’opération, François Gibon Guilhem est envoyé en Chine. La France est soucieuse de u Dague de l’armée de l’air modèle 1934 ayant appartenu à François Gibon Guilhem. u Casquette d’officier de l’armée de l’air, ayant appartenu au colonel Gibon Guilhem. Munie de différentes coiffes, elle possède sa valisette de protection, fabriquée en aluminium aux initiales de son propriétaire. p Equipage embarquant sur appareil bimoteur Potez 631. En 1939, basé à Marignane sa base d’opérations de guerre, le groupe de chasse II/8 est affecté à des missions de jour et de nuit du littoral méditerranéen. En janvier 1940, le groupe sera transformé sur monomoteur Bloch M.B. 152. récupérer ses possessions coloniales d’avant guerre, occupées par les Japonais. La mission, qualifiée secrète (presque d’espionnage) qui lui incombe, comporte trois aspects : -Prendre contact avec les aviations alliées, afin de suivre leurs activités et connaitre leurs intentions pour l’avenir ; s’attacher tout particulièrement aux questions d’aviation commerciale ; -Prendre des contacts avec l’aviation d’Indochine ; -Préparer l’intervention éventuelle en Extrême Orient d’un corps aérien français. « A cette nouvelle la baronne de Blonay me remet une lettre de recom- mandation pour le commandant du South- Eastern command : Lord Louis Mountbatten. Je pars le 19 mai 1944 avec le colonel Dol attaché militaire : séjour au Caire et à New Delhi. Après une reconnaissance du terrain et par ma lettre et par retour je pars à Kandy (emmenant l’attaché militaire : c’était une erreur). Nous sommes déçus par notre guide (le colonel Guise) puis à l’état major je fais une conférence exposant la situation française en Indochine. Au bout de trois quarts d’heures de conférence en anglais, je crois avoir raté. Le colonel de Guise me dit bravo. Je déjeune chez lord Louis, bien reçu et il me dit que la décision doit être prise à la conférence des chefs d’état major à Washington et qu’il est prêt à recevoir le général Weygand comme commandant du corps expéditionnaire. Retour après huit jours à New Delhi d’où j’envoie un télégramme chiffré à Alger. Félicitation par retour sur le résultat. » Retour en France Au mois de septembre 1944, François Gibon Guilhem quitte la Chine, suite à un mauvais état de santé lié aux conditions climatiques de ce pays. Après avoir transité par Alger, il rentre définitivement en France. On cherche un poste pour lui. Il sera finalement nommé commandant de la zone de défense aérienne de Paris, place de la République. Accusé par certains d’avoir fait tirer sur les Anglo-américains lors de l’opération Torch ; remercié par d’autres de ses efforts faits envers les Alliés, François Gibon Guilhem est chassé de l’armée en 1946. De retour pour la seconde fois à la vie civile, l’ancien chef d’escadrille va se reconvertir dans la fabrication de couvre-chefs. En 1949, il devient directeur à « La manufacture de poils pour chapellerie », située à Montreuil. En 1956, l’établissement ferme ses portes, Gibon Guilhem retrouve une situation à la CSF SFR (Société française radio électrique), où avaient atterri nombre d’anciens aviateurs. Il prend définitivement sa retraite à 65 ans. Il se retire à Paris, puis finalement à Genève où il disparait à l’âge de 89 ans en octobre 1987. COLLECTION | UNIFORMES 61



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