Uniformes n°270 mai/jun 2010
Uniformes n°270 mai/jun 2010
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°270 de mai/jun 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 79 Mo

  • Dans ce numéro : mai 40... la bataille de France.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 48 - 49  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
48 49
COLLECTION HISTOIRE D’UN COMBATTANT Raymond Gardebled Un anarchiste français dans la guerre d’Espagne 1936-1937 TEXTE ET COLLECTION : Philippe Guimberteau En juillet 1936, la guerre civile éclate en Espagne. Raymond Gardebled, jeune militant de l’Union anarchiste (UA) âgé de 27 ans, va rejoindre les milices anarchosyndicalistes sur le front d’Aragon. p Dernier numéro de « L’Espagne antifasciste » (8 janvier 1937), que consacré à la défense de l’Espagne anarcho-syndicaliste et dirigée par André périodi- Prudhommeaux ; bulletin (édition spéciale en langue française) du Service d’information de la CNT et de la FAI édité à Barcelone, le 24 juillet 1936 ; brochure de la CNT-FAI réalisée suite au décès de Durruti (20 novembre 1936) ; foulard vendu en souvenir de Durruti ; carte de membre de la CNT ; recueil de 31 aquarelles illustrées par Sim, alias José Luis Rey-Vila (publication de 1936 de l’office de propagande de la CNT-FAI à Barcelone). L e 17 juillet 1936, les généraux Mola à Pampelune et Franco aux Canaries déclenchent un soulèvement militaire contre le gouvernement de Front populaire. Ce soulèvement, parti des casernes du Maroc espagnol, s’étend dès le 18 juillet à toutes les grandes villes d’Espagne. Dès la fin de l’année 1936, le pays se trouve coupé en deux. D’un côté, le camp nationaliste, constitué par des rebelles opposés au pouvoir légal. Ils se dénomment euxmêmes « nacionales » (« nationaux »), tandis que leurs opposants les appelent « fascistas » (« fascistes ») ou « facciosos » (« factieux ») ; quand le général Franco prend leur tête, on se met à les désigner également sous le nom de « franquistes ». De l’autre côté, le camp républicain, composé de nombreux militants issus de diverses tendances (anarchistes, communistes, démocrates, socialistes, autonomistes, etc.). Surnommés indistinctement « rojos » (les « rouges ») par leurs ennemis, ces derniers s’engagent aux côtés des unités militaires restées loyales 62 UNIFORMES | COLLECTION envers la République espagnole, certains pour défendre la démocratie parlementaire ou d’autres pour tenter de constituer des formes alternatives de gouvernement. Le soutien des libertaires français Très rapidement, les anarchistes français se réunissent au sein de comités d’aide aux organisations « sœurs » espagnoles : la Confédération nationale du travail ou Confederación Nacional del Trabajo (CNT) et la Fédération anarchiste ibérique ou Federación Anarquista Ibérica (FAI). Créé en août 1936 à l’instigation des organisations espagnoles, le Comité anarchosyndicaliste pour la défense et la libération du prolétariat espagnol (CASDLPE) regroupe, tant bien que mal, la majorité du mouvement libertaire français en une myriade de comités locaux chargés d’organiser des fêtes, des meetings et, surtout, de collecter des fonds destinés à soutenir les miliciens de la CNT t Photographie de Raymond Gardebled arborant à la boutonnière l’insigne de l’Union anarchiste dont un modèle est présenté ici. (les « cénétistes ») ou leurs familles. Cependant, conformément à leurs pratiques habituelles, deux des organisations constitutives, la Fédération anarchiste de langue française (FAF) et la Confédération générale du travail syndicaliste révolutionnaire (CGTSR) s’opposent à toute véritable coopération avec des mouvements de gauche ou autres organisations ouvrières antifascistes. Largement majoritaire, la troisième composante, l’Union anarchiste, quitte le regroupement en octobre 1936 pour créer le Comité pour l’Espagne libre (CEL) ouvert aux autres tendances ouvrières non staliniennes. Fin 1937, ce comité se transforme en Solidarité internationale antifasciste (SIA), section française d’un organisme espagnol similaire. Louis Lecoin, militant libertaire bien connu, en est le secrétaire et Nicolas Faucier le trésorier. Départ pour l’Espagne En cette fin d’année 1936, Raymond Gardebled part pour l’Espagne. Au début du mois de janvier 1937, il appartient au Bataillon italien de la Division Ascaso (du nom du militant anarcho-syndicaliste Francisco Ascaso, mort à Barcelone, le 20 juillet 1936, au cours de l’attaque de la caserne Atarazanas).
p Carte de membre de l’UA (1939). C’est Carlo Rosselli (assassiné en France par la Cagoule en juin 1937) et Camillo Berneri qui fondent et organisent une colonne italienne, laquelle renforce finalement la colonne Ascaso sur le front de Huesca. A la fin du mois de novembre 1936, Rosselli est pourtant écarté au profit d’une direction purement anarchiste, inspirée par « l’armée insurrectionnelle de Makhno » et menée par Giuseppe Bifolchi. Les colonnes anarchistes La réaction populaire au soulèvement des militaires rebelles a en effet pour conséquence la formation de milices qui se portent au-devant de l’ennemi. En juillet et en août 1936, plusieurs groupes d’internationaux quittent ainsi Barcelone en rejoignant notamment les colonnes de la CNT- FAI (Ascaso, Durruti, colonne de Fer, Tierra y Libertad...). Ces colonnes sont composées pour une très nette majorité de militants et sympathisants libertaires (avec de rares miliciennes). Bien avant l’organisation des Brigades internationales surtout contrôlées par les militants communistes ces colonnes connaissent une rapide internationalisation du recrutement, avec l’arrivée de militants étrangers dès juillet. La plus emblématique de ces formations est sans doute la colonne Durruti, du nom p Foulard portant le sigle de l’AIT (Association Internationale des Travailleurs) et présentant également l’emblème de la CNT. de son fameux meneur : Buenaventura Durruti. Constituée à Barcelone dès le 25 juillet 1936, elle se compose alors d’environ 2 500 miliciens. Les combats de Durruti et de ses compagnons vont permettre de libérer la province d’Aragon et d’entreprendre, dans la sphère ainsi protégée, la collectivisation des terres. En novembre 1936, durant les combats conduits pour défendre Madrid, Durutti est mortellement touché par une balle. L’unité de base est le « groupe », généralement composé de dix hommes ; chaque groupe élit un délégué qui a, à peu de chose près, les mêmes fonctions qu’un sous-officier du grade le plus bas, sans en avoir l’autorité. Dix groupes forment une « centurie » qui élit également son propre délégué et n’importe quel nombre de centuries peut former une colonne à la tête de laquelle se trouve un « comité de guerre ». Ce comité est également élu. Avec le temps, le « savoir faire » de certains soldats de métier est toléré au sein des colonnes. On les qualifie alors parfois de « techniciens militaires ». A partir de septembre 1936, le gouvernement républicain s’efforce pour sa part d’organiser une Armée populaire en s’appuyant sur les unités de l’armée restées fi dèles à la République, mais surtout sur les troupes des milices. Ces dernières vont être alors progressivement intégrées dans la nouvelle u Deux insignes (FAI et CNT) fixés d’époque sur un support cartonné. Une mention manuscrite indique que ces derniers ont été offerts par le Consul Honoraire de France à Alicante « Espagne rouge » en août-septembre 1936. En ce qui concerne la couleur des insignes, le rédacteur de la légende a écrit que le « rouge » faisait référence aux « Soviets ». Ce qui est fort imprécis... Cependant, en aucun cas, cette couleur ne peut être associée à la couleur rouge des Soviets de l’URSS. Elle symbolise ici le monde ouvrier. Le rouge et noir sont bien sûr, dans ce cas, les couleurs de l’anarcho-syndicalisme espagnol. p Carte d’adhérent à la SIA (1938). Aquarelle de Roland Coudon, jadis plus connu pour ses dessins de Poilus du 57 e RI. p Document en date du 4 janvier 1937 attestant que Gardebled appartient au Bataillon italien de la Division Ascaso. Il est signé par Giuseppe Bifolchi. Armée populaire. Cette « militarisation », difficilement vécue par les anarchistes fidèles à leur idéal, semble être globalement acceptée par l’ensemble des colonnes, pour des raisons unitaires antifascistes ou, plus prosaïquement, afi n d’obtenir plus aisément des appuis et des armes. Par contre, les plus hostiles à cette « militarisation » vont alors quitter définitivement les colonnes. Il en est ainsi d’un certain nombre de miliciens de la colonne Durutti, lesquels se retirent et partent constituer le Groupe des amis de Durruti. Au mois de janvier 1937, après avoir quitté la Catalogne « qui, tout en étant révolutionnaire n’en est pas moins autonome avec sa langue et sa monnaie propre », Raymond Gardebled entre à son tour en Aragon et parvient ainsi au terme de son périple hispanique : le Castillo Francisco Ferrer (du nom du libre-penseur libertaire fusillé à Barcelone en 1909), près de la ligne de front situé au cimetière de Huesca. Miliciens sans uniforme En juillet 1936, les militaires et gardes d’assaut (Asaltos) loyalistes ont souvent retiré leurs vareuses avant de se mêler aux ouvriers chassant les « factieux » des rues de Barcelone. Le port de l’uniforme et des insignes de grade est alors en effet vécu comme éminemment réactionnaire, voir dangereux (risque d’être pris pour un « factieux » et abattu). Avec la formation des premières centuries confédérales, le mouvement ne fait que s’amplifier et chacun donne libre cours à ses préférences vestimentaires. George Orwell, ressortissant britannique qui combat aux côté des militants du POUM COLLECTION | UNIFORMES 63



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 1Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 2-3Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 4-5Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 6-7Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 8-9Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 10-11Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 12-13Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 14-15Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 16-17Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 18-19Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 20-21Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 22-23Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 24-25Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 26-27Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 28-29Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 30-31Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 32-33Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 34-35Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 36-37Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 38-39Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 40-41Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 42-43Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 44-45Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 46-47Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 48-49Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 50-51Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 52-53Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 54-55Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 56-57Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 58-59Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 60-61Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 62-63Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 64-65Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 66-67Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 68-69Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 70-71Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 72-73Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 74-75Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 76-77Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 78-79Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 80-81Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 82-83Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 84-85Uniformes numéro 270 mai/jun 2010 Page 86