Uniformes n°256 jan/fév 2008
Uniformes n°256 jan/fév 2008
  • Prix facial : 6,20 €

  • Parution : n°256 de jan/fév 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 75,5 Mo

  • Dans ce numéro : le 9e Spahis en Algérie... 1954-1962.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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La chambrée de la Belle Époque ! [Texte et photos : Yves Béraud] Aspect important de la discipline formelle mais aussi souci de conservation des effectifs et des matériels, la vie du soldat au casernement est régentée par des mesures d’ordre et d’hygiène draconiennes pour l’époque. La vie du soldat au casernement est encadrée par des règles strictes et les responsables de leur mise en œuvre sont clairement désignés. Les règles édictées pour l’ensemble des régiments nous offrent le visage d’une armée moderne, qui tient à conserver ses effectifs tout en contribuant au développement de règles de vie « exportables » dans le civil, une fois les trois ans de service militaire arrivés à échéance. Nous laisserons le soin à ceux qui ont eu la chance et l’honneur de passer sous les drapeaux d’adapter le vocabulaire employé dans les règlements de service intérieur d’avant 1914 ! Certaines des règles 30 - La Gazette des Uniformes et descriptions rappelleront sans doute des souvenirs… car elles ont finalement bien vieilli ! Le casernement Le casernement accueille les unités en dehors des activités d’entraînement et les soldats y passent donc une bonne partie de leur service militaire. En voyant rapidement les attributions des responsables du « bien vivre » en casernement, nous pourrons non seulement cerner l’organisation des unités élémentaires (compagnies, escadrons, batteries), mais également identifier le cadre de notre jeune soldat, les objets familiers Dans cette chambrée d’infanterie, les armes (des fusils Gras) sont dans des râteliers de 12, et elles nous permettent de déterminer l’effectif. Les lits sont métalliques, de solide fabrication (qui variera peu jusqu’à la fin des années 1990 !). Ils sont faits et indiquent, comme le confirme la corvée de balayage en cours, qu’il s’agit du moment du réveil. Cette vue colorisée date sans doute de la fin des années 1880. Murs et plafonds sont uniformément peints en blanc, poutres et solives comprises. En appoint de l’éclairage de la chambre est accrochée une lampe à pétrole. Des éléments de cloisons encadrent sommairement l’entrée de la chambrée mais la rendent presque « chaleureuse ». Le tuyau du poêle est visible à gauche. qui l’entourent dans sa chambrée, ainsi que quelques détails sur le suivi de son paquetage Le capitaine « fait tenir ce casernement dans un parfait état de propreté et d’entretien. [...] Il autorise les hommes à se pourvoir de boîtes fermant à clef, sous réserve, toutefois, que toutes ces boîtes pourront être, en tout temps, visitées en présence des détenteurs, par les officiers, l’adjudant et le sergent-major de la compagnie. Il vérifie ou fait vérifier fréquemment l’état du matériel de couchage et de literie ; il fait exposer périodiquement ce matériel en plein air ; il en provo-
Une activité typique de chambrée : la capote est roulée en fer à cheval pour être fixée sur l’as de carreau. Cette scène a dû être photographiée juste avant ou juste après une revue de détail car une bonne partie du paquetage est sur le lit. que le remplacement lorsqu’il le juge nécessaire. » L’adjudant de compagnie « s’assure de la propreté et de la bonne tenue de tous les locaux occupés par la compagnie sans exception. » Le sergent fourrier « assure toutes les opérations concernant l’entretien du casernement, des matériels de couchage et de campement.[...] Il remplace au besoin le sergent-major pour les réceptions, les distributions et les versements d’armes et d’effets de toute nature. » Le sergent de section « veille à ce que les chambres de sa section soient tenues très proprement et qu’elles soient bien aérées ; il fait battre périodiquement au grand air les couvertures et les matelas. Il veille également au maintien de l’ordre établi pour l’arrangement des effets. [...] Il matricule sans retard tous les effets dont disposent les caporaux et soldats, que ces effets proviennent du magasin de la compagnie ou appartiennent en propre à leurs détenteurs. » Le caporal de chambrée, enfin, « reconnaît avec le fourrier le matériel de casernement qui s’y trouve, signe, avec ce sous-officier, l’état de ce matériel et en devient dès lors responsable ; il veille avec soin à sa conservation [...]. Au réveil, (il) fait lever les soldats, découvrir les lits, aérer les chambres [...]. Il commande chaque jour à tour de rôle un soldat de la chambrée pour nettoyer les planchers, essuyer les tables et les bancs, les planches ou armoires à pain, les planches à bagages et les râteliers d’armes, les portes et les fenêtres, porter les ordures à l’extérieur et remplir la cruche d’eau potable.[...] En hiver, il s’assure que le feu est entretenu avec modération ; il fait placer un bassin plein d’eau sur le poêle. » Le caporal d’ordinaire, « au jour indiqué, fait réunir le linge sale, qui est remis à l’entreprise chargée du blanchissage. » Revue de détail dans la chambrée, illustrée par cette carte écrite à Cagnes le 24 août 1914 ! Les lits sont de fabrication sommaire : trois planches sur deux pieds métalliques ! La colorisation n’est pas extraordinaire mais elle permet de distinguer les différents éléments du paquetage, en particulier le petit équipement : trois coiffures, martinet, nécessaire à couture, brosses, bretelles de suspension, etc.. La comparaison avec les extraits du manuel montre que les cadres avaient quand même un peu d’initiative pour définir le modèle à appliquer. L’adjudant d’unité dicte à un caporal (qui doit être le petit gradé de jour du peloton et non le fourrier, identifiable à un galon doré sur le haut de la manche) les remarques sur la quantité et l’état des effets. « Placement des effets (de petit équipement) pour une revue de détail », selon le Manuel d’Instruction Militaire. Ce croquis doit être complété par le reste du paquetage, partant du pied du lit : « les munitions, le nécessaire d’armes démonté ; le havresac (les courroies roulées et la patelette rabattue en avant) ; 2° les effets d’habillement et l’étui-musette reposant sur le corps du havresac, rangés dans le même ordre que sur la planche à bagages ; les épaulettes, le corps à plat sur le bourgeron, les franges pendantes du côté du pied de lit, surmontées de la deuxième coiffure ; 3° les effets de grand équipement : les cartouchières vides, le ceinturon sur son prolongement, à droite, la plaque ; le porte-épée-baïonnette, la bretelle du fusil ou l’étui du revolver ; 4° les armes : l’épée-baïonnette dans son fourreau ; le fusil ou le revolver (lorsque le fusil reste monté, il est appuyé, muni de la baïonnette dans son fourreau, contre le mur, à la tête du lit) ; 5° l’outil portatif ; son étui ; 6° les ustensiles de campement, sur la même ligne ; 7° la caisse et ses accessoires ou le clairon », bien visibles sur la photographie montrant la revue de détail. La chambrée de la Belle Époque - 31



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